Jérôme Barella suspecté du meurtre de Lyhanna : 9 procédures, "ami", parcours... Qui est le principal suspect ?
Jérôme Barella, 41 ans et principal suspect après la disparition de la petite Lyhanna est un homme marié, père de deux filles âgées de 7 et 11 ans dont l'une est une amie de Lyhanna, et connu de la famille de l'adolescente disparue. Il avait bien travaillé sur le site agricole où le corps de la fillette a été retrouvé, près de Fleurance dans le Gers. Pour rappel, Jérome Barella a reconnu avoir déposé la jeune fille à la piscine le vendredi 29 mai avant de se murer dans le silence lors de sa garde à vue. De plus, il était bien inscrit au traitement des antécédents judiciaires (TAJ) avant l’affaire Lyhanna, a appris BFMTV d'une source proche de l’enquête ce lundi 8 juin. À ce stade de l'enquête, Jérôme Barella reste présumé innocent.
Le principal suspect "est quelqu'un qui se mure dans le silence, dans le déni, qui refuse d'admettre son implication dans ce type d'acte. D'abord pour se protéger car il pense qu'il n'est 'pas vu, pas pris'. Ceci dit, quand on le confronte aux preuves, il aurait dû lâcher un petit peu pour avoir une stratégie de défense beaucoup plus efficace, en reconnaissant ses torts.", estime sur Franceinfo Florent Gathérias, psychocriminologue et directeur général de l'Ecole Supérieure de Psychanalyse, Psychocriminologie et Psychothérapies (ES3P). Il poursuit : "le déni sert aussi à protéger sa propre image. C'est tout ce qui abouti à la mort de cette petite fille qui est insupportable pour lui aussi. Ça lui apporte de la honte, pas de la culpabilité, mais de la honte d'avoir été découvert", estime ce spécialiste, des informations tenues de "sources qui lui parlent" du comportement de Jérôme Barella.
Jérôme Barella "était un ami" pour la mère qui a déposé plainte en 2025
Au micro du 20 Heures de France 2 jeudi 4 juin, la mère de famille, qui a porté plainte contre Jérôme Barella pour viol sur mineure en août 2025, est revenue sur la relation qu'elle entretenait avec le père de famille qu'elle accuse d'avoir violé sa fille. "Je connaissais sa vie, je connaissais ses problèmes de couple. Pour moi, c'était un ami", explique-t-elle. Et de raconter dans quel contexte sa fille, qui était très amie avec son aînée, s'est retrouvée aussi souvent en sa compagnie : "Il proposait, je suis sur Auch, est-ce que tu veux que je récupère ta fille ? Comme toutes les mamans célibataires, si quelqu'un nous tend la main, on prend".
Après que sa fille lui a affirmé avoir été violée par Jérôme Barella, la maman a immédiatement porté plainte en gendarmerie. D'après elle, les gendarmes ont parfaitement fait leur travail. En revanche, lorsque le dossier a été transmis au parquet du Gers, fin 2025, elle n'a plus eu de nouvelle. "Moi, j'appelais la gendarmerie chaque lundi matin pour savoir ce qui avait été fait", raconte-t-elle. Un comportement qui ne semble pas avoir plu à ses interlocuteurs qui ont fini par la menacer de déposer une main courante pour harcèlement à son encontre.
La victime, une amie de ses filles, a témoigné au micro de BFMTV avec sa mère. "Ça ne va pas, mais devant les autres je fais comme si ça allait", dit Rosa, 12 ans. "Quand mon ex-compagnon a posé la question : 'Est-ce qu'il t'a violée?' Ma fille a répondu : 'Oui'", raconte sa maman, reconnaissant s'être "écroulée". Âgée de seulement 10 ans au moment des faits, elle avait dit avoir menti, mais quelques mois plus tard, Audrey, sa maman, comprend que son enfant avait dit la vérité. "Elle raconte qu'il la déshabille. Il essaye de la pénétrer, que ça lui fait très mal et qu'il l'a fait plusieurs fois", déclare la mère de Rosa.
Jérôme Barella visé par 9 procédures
Selon les informations de BFMTV, quatre nouvelles procédures ont été ouvertes contre Jérôme Barella depuis sa mise en examen pour le meurtre de Lyhanna, portant à neuf le nombre d'"affaires" contre le suspect, a indiqué la chaîne info, dimanche 7 juin. "Trois nouvelles plaintes et un signalement de l’ASE ont été portés à la connaissance du parquet", apprend-on. Pour rappel, un renseignement de 2017 classé sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en 2022 et reçue par le parquet d'Auch en 2024 également classée sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en août 2025 pour laquelle une affaire est en cours et une plainte pour viol sur mineur déposée le mercredi 3 juin 2026 concernent également Jérome Barella, en plus de l'affaire Lyhanna, portant à neuf le nombre de procédures déclenchées contre l'homme de 41 ans.
La procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer a, elle, fait état de "trois procédures" anciennes en plus des enquêtes en cours au sujet de Jérome Barella, pendant une conférence de presse organisée le 3 juin : un renseignement de 2017 classé sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en 2022 et reçue par le parquet d'Auch en 2024 également classée sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en août 2025 pour laquelle une affaire est en cours et une plainte pour viol sur mineur déposée le mercredi 3 juin 2026.
"En parallèle de l'information judiciaire ouverte pour 'enlèvement et séquestration'" après la disparition de Lyhanna, "les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineurs vont se poursuivre, et vraisemblablement faire l’objet d’un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres", a-t-elle précisé. Elle a également jugée "envisageable que la procédure qui avait fait l’objet d’un classement sans suite en 2024 soit réexaminée à la lumière des événements récents pour envisager une reprise des investigations". Vendredi 5 juin, la direction de la gendarmerie a exigé un état des lieux de toutes les procédures pour viol et agression sexuelle sur des mineurs, révèle Franceinfo.
Une plainte contre Jérôme Barella mise de côté par manque de temps ?
"Une plainte a été déposée le 22 août (2025) pour viols sur mineure de moins de 15 ans à la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch (près de Toulouse). Ces faits ont donné lieu à un début d'enquête, mais comme les faits s'étaient déroulés à Montestruc-sur-Gers, mon parquet a demandé que cette procédure soit adressée au parquet d'Auch, parquet compétent. Le dessaisissement a été acté début novembre", indique le procureur de Toulouse, David Charmatz, à l'AFP.
De son côté, la procureure d'Auch, Clémence Meyer, a confirmé avoir reçu le dossier en décembre dernier. La plainte a été "transmise pour enquête à la gendarmerie en janvier 2026. Les investigations sont en cours depuis", a-t-elle précisé à l'AFP. Auprès de BFMTV, elle assure avoir demandé à la brigade de Plaisance-du-Touch, saisie initialement de la plainte, de poursuivre les investigations, avant de finalement les confier à la brigade de recherches de gendarmerie de Lectoure, toujours saisie à cette heure de ce dossier".
La procureure d'Auch a assuré le 3 juin avoir été récupéré l'affaire initiée par le parquet de Toulouse en octobre 2025. Elle soutient que la gendarmerie de Lectoure (Gers) a été informée de la poursuite de l'enquête le 6 janvier et que des actes d'enquête complémentaires ont été prescrits à la gendarmerie le 23 janvier ainsi que le placement en garde à vu du suspect en vue d'une audition après les actes d'enquête. Le parquet confirme cependant qu'il n'y a eu "aucune audition" du suspect, celle-ci étant le dernier acte d'enquête à mener. L'une des avocates de l'homme mis en examen le défend et confirme : "Mon client est toujours présumé innocent, il n’a jamais été entendu dans le cadre de cette enquête, il n’a jamais été interrogé". Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez a annoncé mercredi 3 juin l'ouverture d'une enquête administrative pour "identifier d'éventuels dysfonctionnements" dans le traitement de cette plainte pour viols sur mineure déposée en 2025 contre le principal suspect.
Comment expliquer que la plainte pour viol n'ait pas abouti à une enquête sérieuse alors que les magistrats l'ont demandé ? Dans le Gers, il y a "une petite musique qui monte", révélait BFMTV cette semaine. "En janvier dernier, au moment ou la plainte a été donnée par le parquet aux gendarmes et ils doivent l'étudier, à ce moment-là, les gendarmes sont débordés ici", explique-t-il. Il poursuit : "Ils ont beaucoup de travail car il y a à ce moment-là la colère agricole. Une vague d'interpellations, de gardes à vue, il y a beaucoup de travail. Et les agriculteurs ce matin dans le Gers se disent 'si à ce moment-là les gendarmes n'avaient pas mieux à faire ?'", conclut le reporter. "Les délais de traitement de ce type d'affaires ne sont pas acceptables parce que nous n'avons pas les moyens d'aller plus vite et que nous ne rendons pas le service que sont en droit d'attendre les Français de leur justice", concédait Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'Union Syndicale des Magistrats (USM), sur BFMTV.
Le parcours du suspect le jour de la disparition de Lyhanna
Vers 15h05, Jérome Barella est filmé par la vidéosurveillance de la commune de Fleurance, transportant Lyhanna dans sa voiture. Il dit l’avoir déposée aux abords de la piscine municipale, or cette dernière était fermée ce jour-là. Entre 18h30 et 20 heures, il est aperçu par plusieurs témoins à la fête de l’école primaire de sa plus jeune fille, dans le village de Montestruc-sur-Gers où il réside. "Le suspect était présent à la fête de l’école pour la bonne raison que sa fille participait au spectacle", indique Anne-Marie Pisoni, la maire de la commune, pendant le JT de 20 Heures de France 2. "Mon fils, lui, l’a vu, il prenait la vidéo avec son téléphone, il était tout souriant", indique un autre habitant.
Ensuite, il serait retourné à Fleurance alerter les parents d’une amie de Lyhanna de sa disparition. "Le téléphone de mon conjoint a sonné. Il m’a dit : 'C’est Jérôme. Je le rappellerai après'. Il a insisté plusieurs fois et, à 20h15, 20h30, on a entendu sonner à la maison et c’était lui. Il nous a dit : 'La petite Lyhanna a disparu. Vous ne l’avez pas vue ?'", révèle à France 2 Audrey Portalié, maman d’une amie de Lyhanna. Selon elle, le suspect aurait demandé si Lyhanna avait pu fuguer. Enfin, plusieurs témoins disent ensuite l’avoir vu participer aux premières battues avant son interpellation samedi 30 mai.
14:48 - Le frère du suspect placé en garde à vue pour viol sur mineur de plus de 15 ans et viol par conjoint
Le parquet d'Auch confirme le placement en garde à vue du frère de Jérôme Barella "des chefs de viol sur mineur de plus de 15 ans, viol par conjoint, séquestration et menace de mort réitérée par conjoint", révèle BFMTV. Les faits auraient été commis entre 2007 et 2017, précise le procureur de la République d'Auch dans un communiqué.
13:59 - Le frère de Jérôme Barella en garde à vue pour suspicion de viol sur son ex-compagne
Selon les informations de BFMTV, le frère de Jérôme Barella, né en 1982, vient d'être placé en garde à vue au commissariat d'Auch pour suspicion de viol sur son ex-compagne. "La plaignante, une ex-compagne, dénonce des faits ayant eu lieu en 2007 et en 2017, et a déposé plainte en 2024", précise la chaîne info. En revanche, "les deux frères n'entretenaient plus de liens familiaux".
11:52 - Jérôme Barella était bien inscrit au traitement des antécédents judiciaires
Jérôme Barella était bien inscrit au traitement des antécédents judiciaires (TAJ) avant l’affaire Lyhanna, a appris BFMTV d'une source proche de l’enquête. Cela s'explique "car ce dernier avait été impliqué dans différentes procédures, le signalement de 2017 classé sans suite et la plainte pour viol de 2022, aussi classée sans suite", précise la chaîne info.
08:42 - Jérôme Barella impliqué dans neuf procédures
Selon les informations de BFMTV, quatre nouvelles procédures ont été ouvertes contre Jérôme Barella depuis sa mise en examen pour le meurtre de Lyhanna, portant à neuf le nombre d'"affaires" contre le suspect, indique la chaîne info, dimanche 7 juin. "Trois nouvelles plaintes et un signalement de l’ASE ont été portés à la connaissance du parquet", apprend-on.
Pour rappel, un renseignement de 2017 classé sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en 2022 et reçue par le parquet d'Auch en 2024 également classée sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en août 2025 pour laquelle une affaire est en cours et une plainte pour viol sur mineur déposée le mercredi 3 juin 2026 concernent également Jérome Barella, en plus de l'affaire Lyhanna, portant à neuf le nombre de procédures déclenchées contre l'homme de 41 ans.
Jérôme Barella, 41 ans, est le principal suspect dans la disparition de la petite Lyhanna, 11 ans, à Fleurance dans le Gers. L'homme est visé par plusieurs procédures dont certaines sont des plaintes pour viols depuis 2017. Face aux enquêteurs, il préfère pour l'instant garder le silence. Il était connu de la famille de Lyhanna et avait organisé à plusieurs reprises des soirées pyjamas auxquelles plusieurs fillettes étaient conviées. À ce stade de l'enquête, il est présumé innocent.