Mort d'un jeune homme à Metz : un meurtre homophobe ? L'enquête avance, un témoignage clé

Mort d'un jeune homme à Metz : un meurtre homophobe ? L'enquête avance, un témoignage clé Un jeune homme de 19 ans est décédé mardi 2 juin à la suite d'une violente altercation qui avait eu lieu samedi à Metz. Alors qu'une rixe sur fond d'alcoolisation a été rapportée, ses proches dénoncent aujourd'hui une agression à caractère homophobe.

La violente rixe survenue samedi 30 mai à Metz, qui a coûté la vie à un jeune homme de 19 ans, décédé des suites de ses blessures mardi 2 juin, est-elle une agression à caractère homophobe ? C'est en tout cas ce que défendent les proches de la victime dans les colonnes de Mediapart. Les faits ont eu lieu samedi au petit matin. Il était environ 5 heures lorsque, "sur le chemin pour aller prendre les vélos", plusieurs amis qui rentraient de soirée ont croisé la route de trois autres jeunes.

"On croise un autre groupe qui avait une enceinte de musique. On n'a pas parlé avec eux, on a juste dansé de loin, à 50 mètres. On a pris des vidéos d'eux, parce qu'ils avaient de la musique", explique une témoin à Mediapart. Une chose qui n'aurait guère plu aux trois individus qui s'en seraient alors pris directement à Noahm, le jeune Mosellan de 19 ans. Le cœur du problème ? Ils souhaitaient qu'il supprime les vidéos qu'il venait de prendre. Le téléphone aurait notamment été jeté par terre.

Des doigts d'honneur et des insultes homophobes

Les trois individus seraient ensuite partis, avant de revenir à la charge, reprochant cette fois-ci au jeune homme de leur avoir dérobé une casquette. C'est alors que l'échange aurait dégénéré. Noahm aurait notamment été projeté au sol, sur le dos et sa tête aurait tapé fort par terre, selon une de ses amies. L'intervention du cousin du jeune homme n'y aurait rien changé. Lui-même aurait été frappé au visage et aurait perdu connaissance. L'échange se serait conclu sur deux coups de pied à l'arrière de la tête de la victime suivis de doigts d'honneur et des insultes homophobes.

Dans une première version un peu différente, Le Républicain lorrain relatait une rixe entre deux groupes de jeunes sur fond d'alcoolisation. Si deux suspects de 27 et 20 ans ont été mis en examen et même placés en détention provisoire lundi 1er juin, il est pour l'heure question de "tentative d'homicide volontaire aggravée" et, à ce stade de l'enquête, les motivations homophobes ne semblent pas avoir pu être démontrées par les enquêteurs.

"Si jamais au cours de l'information judiciaire qui vient d'être ouverte, des éléments étaient recueillis qui permettent d'étayer la motivation homophobe de ces actes […] la qualification pénale serait adaptée et resterait à hauteur de la peine maximale encourue par l'arsenal pénal français, c'est-à-dire la réclusion criminelle à perpétuité", a tenu à assurer le procureur de la République de Metz, David Touvet, auprès de l'AFP, dont Ouest-France se fait notamment l'écho. Selon lui, comme le relaie Le Républicain lorrain, le déchaînement de violence serait survenu "pour un motif futile sur fond d'alcoolisation massive".