Delphine Jubillar : l'audition de Cédric Jubillar a-t-elle fait avancer l'enquête ?

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Delphine Jubillar : l'audition de Cédric Jubillar a-t-elle fait avancer l'enquête ? JUBILLAR. Après quatre heures d'audition, l'ex mari de Delphine Jubillar, Cédric Jubillar, n'a pas livré de nouvelles informations aux juges d'instruction. Une nouvelle demande de liberté a été formulée.

L'essentiel
  • Cédric Jubillar était convoqué devant deux juges d'instruction ce vendredi 15 octobre. Après 4h d'audition au tribunal de Toulouse, l'ex mari de Delphine Jubillar a coopéré avec les juges d'instruction mais a maintenu sa ligne de défense en clamant son innocence comme ont indiqué ses avocats à la sortie du tribunal. "Il a répondu à toutes les questions mais aucun élément nouveau n’est apparu".
  • Les avocats de Cédric Jubillar ont une nouvelle fois demandé sa remise en liberté, "sa place n’est pas en prison" a notamment déclaré Me Martin. Une seconde audition est prévue en décembre prochain. "La défense ne peut que s'indigner, ou être surprise du moins, qu'il faille attendre encore plusieurs semaines avant que Cédric Jubillar soit entendu sur ce qu'on lui reproche. Entre temps, il est toujours en prison. La présomption d'innocence est manifestement flouée" ont déclaré les avocats.
  • Séverine, la nouvelle compagne de Cédric Jubillar, le défend. Invitée de RTL ce vendredi 15 octobre avant l'audition de son compagnon, Séverine espère que la justice innocentera enfin l'ancien mari de Delphine Jubillar. "J'espère que les juges vont enfin ouvrir les yeux : Cédric, pour moi, il est innocent. Il est temps maintenant de le laisser sortir. Je ne lâcherai pas. Bien sûr que la médiatisation a eu un impact sur ma vie, mais j'ai un caractère assez fort. Ce que les gens disent de moi ou de Cédric m'importe peu. J'ai confiance en Cédric, je m'accroche à ça."
  • L'enquête s'est accélérée ces dernières semaines. Un nouvel élément, dévoilé par La Dépêche du Midi ce mercredi 13 octobre, pourrait être abordé par les juges, et surtout par l'avocat du mis en cause. Le média a en effet relayé les dernières expertises réalisées sur l'eau de la machine à laver des Jubillar, prélevée le 17 décembre 2020, contenant une couette. Les enquêteurs suspectaient Cédric Jubillar d'avoir voulu effacer des preuves, or ces analyses n'auraient révélé aucune trace de sang ni d'urine. Le siphon de la salle de bain ne comporte, lui non plus, aucune trace suspecte.
  • D'autres nouveaux éléments de l'enquête, dévoilés par Le Point, ont fait émerger l'hypothèse selon laquelle Delphine Jubillar ne serait jamais sortie de chez elle le soir de sa disparition, alors que son mari avait déclaré, dans une première version, qu'elle ne s'était pas couchée à la même heure que lui et qu'elle s'était absentée pour sortir leurs chiens. Effectivement, son téléphone n'a borné pour la dernière fois qu'à 2 kilomètres de son domicile, et l'un des chiens de la gendarmerie, un Saint-Hubert au flair réputé, n'aurait jamais retrouvé sa piste en dehors de son domicile.
Les dernières infos

17:44 - Une nouvelle demande de remise en liberté va être faite par les avocats de Cédric Jubillar

[FIN DU DIRECT] - Me Jean-Baptiste Alary vient de le confirmer au micro de BFMTV : les avocats de Cédric Jubillar vont bel et bien déposer une demande de remise en liberté ce lundi 18 octobre. L'enjeu pour la défense : éviter au père de famille un isolement plus long, qui serait destructeur pour lui, toujours selon ses avocats. Si cette demande n'aboutit pas, le peintre plaquiste restera en détention provisoire au moins jusqu'à sa prochaine audition, le 3 décembre. Pour rappel : les trois dernières demandes qui avaient été déposées à cet effet depuis juin dernier s'étaient toutes vues refusées par la justice. Cela fait donc aujourd'hui presque 4 mois que Cédric Jubillar est en détention provisoire à la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne), dans laquelle il a été placé en juin 2021.

17:13 - Me Jean-Baptiste Alary renouvelle ses arguments en faveur de la remise en liberté de Cédric Jubillar

"Dans la mesure où, cet homme, depuis quatre mois, est incarcéré dans des conditions qui sont, à mon avis, indignes, puisqu'il est à l'isolement et n'a de contact avec personne ; où il a été interrogé aujourd'hui, quatre mois après sa mise en examen, sur des questions périphériques ; où, enfin, il clame son innocence, la moindre des choses est de demander sa remise en liberté. On ne va pas attendre indéfiniment" a déclaré Me Jean-Baptiste Alary, l'un des avocats de Cédric Jubillar, au micro de BFMTV

16:50 - Une audition fixée le 3 décembre pour interroger Cédric Jubillar sur les faits de la nuit de la disparition

Si cet interrogatoire portait sur des thèmes qu'on pourrait considérer comme périphériques à l'enquête (les relations dans le couple Jubillar, l'histoire du couple, le mariage, la séparation et le divorce), les faits de la nuit du 15 au 16 décembre 2020 n'ont pas été abordés. Cédric Jubillar devra attendre le 3 décembre pour être questionné sur ces faits. Pour rappel : ses différentes versions, parfois contradictoires, de ce qui s'était passé cette nuit-là avaient participé à ce que la justice le considère comme le suspect n°1 dans la disparition de sa femme.

16:23 - Cédric Jubillar retourne à la prison de Seysses

Après quatre heures d'interrogation par les juges d'instruction, et en attendant sa prochaine audition en décembre, Cédric Jubillar retourne à la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne), toujours en cellule d'isolement. Il y restera jusqu'au 3 décembre, date de son prochain interrogatoire, sauf si la demande de remise en liberté que ses avocats déposeront ce lundi 18 octobre porte ses fruits.

16:04 - Pas de nouvel élément pendant l'audition de Cérdic Jubillar

A la sortie de l'interrogatoire de Cédric Jubillar, ses avocats ont annoncé qu'aucun nouvel élément n'avait été abordé : "aucun élément nouveau n'est apparu". Ils ont également maintenu que le père de famille a continué de clamer son innocence pendant ces 4 heures, et qu'il a "répondu à toutes les questions, qui finalement étaient à peu près les mêmes que celles qui lui avaient été posées en garde à vue" : il a, selon eux, donné les mêmes réponses que celles qu'il avait données lors de sa garde à vue, en juin dernier.

15:49 - Les avocats de Cédric Jubillar s'indignent de "l'incarcération abusive" que subit, selon eux, leur client

A la sortie des 4 heures d'interrogatoire de Cédric Jubillar, ses avocats ont exprimé leur indignation face aux conditions de détention de leur client. "Aujourd'hui, la défense ne peut que considérer que, manifestement, la justice est absolument incapable de mettre en avant des éléments qui permettraient d'établir que Cédric Jubillar puisse être coupable des faits qu'on lui reproche. La défense ne peut que s'indigner, ou être surprise du moins, qu'il faille attendre encore plusieurs semaines avant que Cédric Jubillar soit entendu sur ce qu'on lui reproche. Entre temps, il est toujours en prison. La présomption d'innocence est manifestement flouée. Cet homme est détenu abusivement, sa place n'est pas en prison." Avant d'ajouter : "nous allons, dès lundi, déposer une nouvelle demande de mise en liberté", la détention devenant, selon eux, "absolument insupportable au vu des conditions dans lesquelles elle a lieu, avec cet isolement".

15:49 - L'audition de Cédric Jubillar vient de prendre fin

L'audition de Cédric Jubillar a pris fin vers 15h30. Consacrée aux rapports qui existaient au sein du couple (depuis leur rencontre et leur mariage, jusqu'à la disparition de Delphine) dans ce premier temps, elle reprendra en décembre prochain. Les avocats du peintre plaquiste sont attendus par la presse à la sortie du Palais de Justice de Toulouse.

15:34 - La ligne de défense des avocats de Cédric Jubillar

Pendant l’audition de leur client, les avocats de Cédric Jubillar auront plusieurs heures pour réaffirmer les arguments qu’ils martèlent depuis plusieurs mois. Ce jeudi 7 octobre, Me Alexandre Martin répétait ainsi : "Cédric est serein, ce dossier est vide de preuves", selon Le Dauphiné. Egalement interrogé par France 3 Occitanie ce jeudi 14 octobre, la veille de l’audition de Cédric Jubillar, son autre avocat, Me Jean-Baptiste Alary, blâmait le traitement de l’enquête par les juges : "Nous sommes aujourd'hui au seuil d'une erreur judiciaire", allait-il jusqu’à affirmer, s’en prenant notamment au sérieux de l’enquête. "Est-ce que c'est du travail sérieux ? Si les juges d'instruction avaient travaillé sérieusement dans ce dossier, Cédric Jubillar aurait été auditionné au début du mois de juillet [...] Si le travail avait été sérieux, la couette aurait été analysée depuis plusieurs mois et nous aurions eu certainement les résultats d'analyse depuis le mois de janvier ou de février", déclarait-t-il. L’avocat assurait également que les médias étaient instrumentalisés dans l’affaire Jubillar, de sorte à ce que Cédric soit déjà perçu comme coupable au sein de l’opinion publique.

14:40 - Après une pause, l'audition de Cédric Jubillar reprend

Après une pause, l'audition de Cédric Jubillar face aux deux juges d'instruction toulousaines a repris. Cela faisait depuis près de 4 heures que l'époux de Delphine était entendu par les juges. Au retour de cette interruption, ni le père de famille, ni ses trois avocats n'ont souhaité s'exprimer. L'interrogatoire devrait se tenir jusqu'à 17 heures environ, et reprendre le 3 décembre. Il se déroule presque à huis clos, mettant face-à-face les deux magistrates, Cédric Jubillar et ses avocats, et un greffier.

13:22 - Quel est le but de cette première audition ?

Présent au tribunal depuis 8h35 ce matin, Cedric Jubillar va être longuement interrogé par les juges. Selon les infos de TF1 et LCI, lors de ce premier interrogatoire en qualité de mis en examen, il devrait être interrogé sur ses relations avec sa femme Delphine, depuis leur rencontre jusqu’à la procédure de divorce qu’elle avait entamé avant de disparaître. 

12:35 - Ce que les proches du couple pensent de Cédric Jubillar

Depuis le début de l'affaire, plusieurs témoignages de proches du couple font peser des soupçons sur Cédric Jubillar. Ainsi, un proche du peintre plaquiste avait, dès l'ouverture de l'enquête, confié à France Bleu Occitanie : "Plusieurs fois, on l'a entendu dire à sa mère : 'Oui je vais la tuer, je vais l'enterrer, personne va la retrouver. Elle veut me quitter, elle veut demander le divorce'. Déjà il savait qu'il allait tout perdre". Interrogé par BFMTV, un autre proche du couple aurait affirmé que les époux Jubillar "avai[en]t beaucoup de tensions ces derniers temps", précisant que Cédric répétait souvent "des choses mal sur Delphine" et qu'il la "rabaiss[ait]". Il terminait en ajoutant : "Je ne peux pas dire qu'il est coupable, mais j'ai mes doutes". Les menaces de Cédric à l'encontre de son épouse auraient été confirmées par sa mère, Nadine F. Des témoignages contredits par la nouvelle compagne du père de famille, Séverine, interrogée ce matin par RTL : "J'espère que les juges vont enfin ouvrir les yeux : Cédric, pour moi, il est innocent. Il est temps maintenant de le laisser sortir. Je ne lâcherai pas. Bien sûr que la médiatisation a eu un impact sur ma vie, mais j'ai un caractère assez fort. Ce que les gens disent de moi ou de Cédric m'importe peu. J'ai confiance en Cédric, je m'accroche à ça."

12:01 - Comment l'enquête s'est accélérée ces dernières semaines

Les recherches pour retrouver le corps de Delphine Jubillar s'étaient accélérées ces dernières semaines, afin de préparer le terrain pour l'audition de ce vendredi 15 octobre. Plusieurs fouilles avaient été effectuées dès le 5 octobre, dans les cavités souterraines aux alentours de Cagnac-les-Mines : un ancien lavoir à charbon, situé à 7km du domicile des Jubillar, avait notamment retenu l'attention des gendarmes spéléologues. En vain. Les analyses de l'eau prélevée le 17 décembre 2020 dans la machine à laver du couple, dans laquelle avait été placée une couette, ont également été révélées. Cependant, ni urine ni sang n'ont été retrouvés dessus. L'eau du syphon de la salle de bain des Jubillar était, elle aussi, vide de preuves. De surcroit, les enquêteurs en charge de l'affaire avaient repris début septembre, selon Le Parisien, une série d'auditions auprès de connaissances du mari de l'infirmière. Les interrogations des proches de Cédric Jubillar semblaient désormais se centrer sur l'identification d'un lieu qu'il aurait pu repérer. Enfin, des battues hebdomadaires ont continué d'être organisées chaque semaine par les proches et les voisins de l'infirmière.

11:33 - Les éléments qui pourraient innocenter Cédric Jubillar

Plusieurs éléments semblent innocenter Cédric Jubillar. Ils seront probablement évoqués par ses avocats lors de son audition d'aujourd'hui. Ni corps, ni arme du crime n'ont été retrouvés, ce qui ne permet donc pas d'incriminer le père de famille. Les fouilles souterraines, reprises début octobre par des gendarmes spéléologues, n'ont, elles non plus, rien donné. Pas plus que les analyses de l'eau de la machine à laver où avait été mise une couette, la nuit de la disparition de Delphine : ni sang ni urine n'ont été décelés dans l'eau prélevée le 17 décembre 2020, et aucune trace n'a été retrouvée dans le syphon de la salle de bain, selon les dernières expertises. Enfin, Midi Libre avait révélé une piste non explorée, avancée par l'avocat de Cédric Jubillar, Me Jean-Baptiste Alary lors d'un entretien le 30 août dernier : celle d'un texto envoyé par un homme à son ex-compagne, qui affirmerait avoir tué Delphine Jubillar. Le 25 décembre (soit neuf jours après la disparition de l'infirmière du Tarn), il aurait écrit : "j'ai bien tué Delphine, car elle était en couple et qu'elle n'a pas voulu quitter son mari et ses enfants pour moi. On s'est vus, on s'est disputés, je suis sorti de mes gonds, je ne me suis pas reconnu. Je l'ai frappé, frappé, frappé. Elle est morte et je l'ai enterré dans le travers", avant d'ajouter "j'ai tué une femme, je m'en veux, c'est dur à porter, elle travaillait à CCB [NDLR clinique Claude-Bernard à Albi, où Delphine Jubillar était infirmière de nuit] de nuit. Elle n'a pas voulu quitter son mari pour moi. Je l'ai tué." L'homme, interrogé par les enquêteurs, aurait ensuite nié connaître Delphine Jubillar.

11:02 - Pourquoi Cédric Jubillar est-il le suspect n°1 dans l'affaire Delphine Jubillar aujourd'hui ? (2/2)

Plusieurs événements survenus la nuit de la disparition de Delphine Jubillar pourraient également laisser à penser que Cédric Jubillar est coupable. Louis, fils aîné des Jubillar âgé de 6 ans au moment des faits, affirme qu'une dispute aurait éclaté entre ses parents le soir de la disparition de Delphine, ce qui pourrait également peser en défaveur de la défense de Cédric. Des cris de femme auraient, de surcroit, été entendus par une voisine des Jubillar et sa fille, la nuit du 15 au 16 décembre. Enfin, le comportement de Cédric la nuit de la disparition de sa femme laisse planer le doute : s'étant connecté sur un site de rencontres alors qu'il venait de constater la disparition de son épouse, il a ensuite appelé les gendarmes. En les attendant, il aurait lavé une couette, comportement suspect selon les enquêteurs. Enfin, une fois les gendarmes arrivés au domicile des Jubillar, il se connecte sur un jeu Game of Thrones, comportement très éloigné de celui d'un mari inquiet, toujours selon les enquêteurs. De manière générale, les différentes versions livrées par Cédric sur ce qui s'était passé la nuit de la disparition de l'infirmière, sur l'état de leur couple, sur ses habitudes et sur celles de Delphine, semblent se contredire.

10:58 - Pourquoi Cédric Jubillar est-il le suspect n°1 dans l'affaire Delphine Jubillar aujourd'hui ? (1/2)

Comment Cédric Jubillar est-il passé de "partie civile" à suspect n°1 dans la disparition de sa femme ? Le contexte de séparation du couple est un premier élément qui pousse les magistrates à porter leurs soupçons sur l'homme : conflictuelle, contrairement à ce qu'affirmait le peintre plaquiste lors de ses premiers témoignages, la procédure de divorce des Jubillar aurait été entâchée de nombreuses disputes, selon plusieurs témoignages. A ces nombreuses disputes pourraient s'ajouter de potentiels conflits d'argent au sein du couple. Les menaces que Cédric Jubillar aurait professé à l'encontre de sa femme, devant sa mère Nadine notamment, plusieurs semaines avant sa disparition, ajoutent à ces suspicions : selon Le Parisien, la mère du suspect aurait confirmé cet épisode.

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Cédric Jubillar auditionné ce vendredi 15 octobre

Après plus de 4h d'audition de Cédric Jubillar par les juges d'instruction, l'enquête est au point mort. Ses avocats ont indiqué à la sortie du tribunal que leur client n'avait pas changé de ligne de défense et clamait toujours son innocence. L'entretien de Cédric Jubillar ce vendredi 15 octobre avait été présenté par la presse comme "un interrogatoire de fond, le premier depuis sa garde à vue entre le 16 et le 18 juin dernier" (Le Parisien). Jeudi 7 octobre, Me Alexandre Martin, l'avocat de Cédric Jubillar, réaffirmait l'innocence de son client et affichait toute sa confiance avant ce nouveau rendez-vous, comme le rapportait Le Dauphiné. "Cédric est serein, ce dossier est vide de preuves", avait-t-il martelé. De son côté, Dominique Rizet, consultant de l'émission 'Faites entrer l'accusé', estimait au micro de France Bleu lundi 11 octobre que cette audition ne devait pas changer grand-chose : Cédric Jubillar "n'a aucune raison de ne pas rester sur ses positions. Depuis le début, il y a un faisceau de présomption à charge mais un mystère à décharge, ce manque d'éléments. Une audition par deux juges, ce n'est pas une garde à vue de 48 heures", indiquait le journaliste, ajoutant que, "s'il n'a pas craqué jusqu'à maintenant, il n'y a aucune raison qu'il parle. Il faudrait un rebondissement qui irait dans le sens de la culpabilité, que le corps soit retrouvé, avec des éléments particuliers découverts."

Interrogé par France 3 Occitanie jeudi 14 octobre, l'avocat du père de famille, Me Jean-Baptiste Alary, blâmait le traitement de l'enquête par les juges, à la veille de l'audition tant attendue. "Nous sommes aujourd'hui au seuil d'une erreur judiciaire", a-t-il affirmé. L'avocat s'en est notamment pris au sérieux de l'enquête. En premier lieu, selon lui, l'audition de son client a été organisée avec quatre mois de retard - tout comme les analyses de la couette, qui auraient du être faites il y a huit mois : "analyser de l'eau, cela reste basique huit mois après. C'est se moquer du monde." En deuxième lieu, c'est tout le travail des juges qu'il a remis en question : "Est-ce que c'est du travail sérieux ? Si les juges d'instruction avaient travaillé sérieusement dans ce dossier, Cédric Jubillar aurait été auditionné au début du mois de juillet. Quelques jours après sa mise en examen. Pas au mois d'octobre. Si le travail avait été sérieux, la couette aurait été analysée depuis plusieurs mois et nous aurions eu certainement les résultats d'analyse depuis le mois de janvier ou de février", a-t-il déclaré au micro du média. Enfin, Jean-Baptiste Alary a affirmé que les médias ont été instrumentalisés dans l'affaire Jubillar. Selon lui, l'accusation ferait en sorte que, dans l'opinion publique, Cédric Jubillar soit déjà considéré comme coupable, alors que la justice n'a rien annoncé : "On entretient le doute dans la population en utilisant les médias. Car je vous le dis. Vous êtes instrumentalisés, notamment par l'accusation, pour que l'opinion publique ait de Cédric Jubilar les pires des sentiments", a-t-il affirmé dans cet entretien.

Que sait-on de la disparition de Delphine Jubillar ?

La disparition de Delphine Jubillar a eu lieu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Cette infirmière de 33 ans se trouvait à son domicile avant de s'évaporer. Toutes les affaires de la jeune femme, hormis une doudoune et son téléphone portable, ont été retrouvées dans la maison. La seule version des faits est venue de son mari, qui prétend que sa femme a disparu alors qu'il était parti se coucher seul, à 22 heures 30, laissant sa compagne devant la télévision. Le trentenaire a expliqué aux gendarmes qu'il avait été réveillé en pleine nuit par les pleurs de la petite fille du couple, âgée de seulement quelques mois, et avait réalisé à ce moment-là que Delphine avait quitté leur domicile de Cagnac-les-Mimes (Tarn). Aux gendarmes, Cédric Jubillar a aussi affirmé qu'il pensait que sa femme était partie promener les chiens, ayant retrouvé ces derniers à l'extérieur de leur domicile. Une version des faits qui a été largement remise en cause depuis.

Cédric Jubillar a décidé de contacter la gendarmerie aux alentours de 4 heures du matin le 16 décembre pour signaler la disparition de son épouse. Les gendarmes ont tout de suite pris très au sérieux ce signalement et se mobiliseront par centaines pour retrouver la trace de la trentenaire. Le 23 décembre, une information judiciaire a été ouverte pour "arrestation, enlèvement, détention ou séquestration arbitraire".

Delphine Jubillar n'a en tout cas pas été retrouvée. Les enquêteurs, qui se sont d'abord engagés sur la piste d'une disparition involontaire, se sont penchés rapidement sur le bornage de son téléphone portable, qu'elle semblait vraisemblablement avoir emporté avec elle le soir du drame. Ce téléphone, également disparu, a borné une dernière fois à deux kilomètres de chez elle, quelques heures après la disparition de l'infirmière. S'étant éteint à 7h48 le 16 décembre, il avait été réactivé plusieurs fois dans la nuit – sans que les enquêteurs soient capables de déterminer si c'était Delphine elle-même qui l'avait utilisé, ou quelqu'un d'autre. A 22h58, Delphine aurait, selon les éléments de l'enquête, envoyé un message à son amant. Plus tard, c'est son frère qui l'aurait contactée sur WhatsApp, dans un message relatif aux cadeaux de Noël : le message sera lu à 00h11. Enfin, la caméra du téléphone aurait été réactivée à 1h33 du matin, toujours dans la zone dans laquelle le téléphone avait borné.

C'est donc dans cette zone que les espoirs de retrouver l'infirmière se sont d'abord concentrés. Les gendarmes de la Section de recherche ont sondé lacs, rivières et cavités, mené des battues dans les champs et les bois autour du village de Cagnac-les-Mimes, une ancienne cité minière de 3000 habitants, où la jeune femme habitait, avec son mari et ses deux garçons, Louis et Elyah. Le domicile a lui aussi été plusieurs fois perquisitionné. En vain.

Pourquoi Cédric Jubillar est-il soupçonné ?

Incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses depuis le 18 juin 2021, Cédric Jubillar s'est vu refuser à ce jour trois demandes de remise en liberté, lui qui continue de nier quelconque implication dans la disparition de son épouse. Selon des informations rapportées par Le Parisien, c'est lui qui a entrepris la construction de la maison de famille, située à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Cet homme de 33 ans avait rencontré Delphine à seulement 19 ans, à une soirée d'anniversaire d'une amie commune. Ensemble, le couple donne la vie à deux enfants, un fils aujourd'hui âgé de six ans et d'une petite fille de dix-huit mois. Cédric Jubillar est décrit comme un écorché vif par Le Parisien, qui "peut s'énerver pour un oui ou pour un non", mais en même temps "très serviable". Il est aussi écrit dans plusieurs titres de presse que c'est le salaire d'infirmière de Delphine Jubillar qui subvenait aux besoins du couple et du foyer.

Plusieurs soupçons pèsent sur Cédric Jubillar, englué avec son épouse dans une procédure de divorce et de potentiels conflits d'argent avant la disparition. Dès le début de l'affaire, des témoignages laissant imaginer une possible responsabilité de son mari dans la disparition de Delphine Jubillar avaient été rendus publics, en partie sur les réseaux sociaux et le plus souvent sans aucun fondement. "Plusieurs fois, on l'a entendu dire à sa mère : 'Oui je vais la tuer, je vais l'enterrer, personne va la retrouver. Elle veut me quitter, elle veut demander le divorce'. Déjà il savait qu'il allait tout perdre", avait confié anonymement un proche du peintre plaquiste à France Bleu Occitanie. Un autre intime de Delphine et Cédric Jubillar avait également témoigné auprès de BFMTV, faisant état d'"un couple qui avait beaucoup de tensions ces derniers temps", précisant que Cédric "avait tendance à dire des choses mal sur Delphine, à la rabaisser". Et d'ajouter : "Je ne peux pas dire qu'il est coupable, mais j'ai mes doutes".

De nombreuses disputes entre Delphine et Cédric Jubillar

Outre la nette différence de revenus entre les deux membres du couple, le dossier aurait révélé au fil des mois plusieurs faits troublants : Delphine Jubillar avait notamment, peu avant sa disparition, demandé à changer son code de carte bancaire et elle avait rendez-vous, le 18 décembre 2020, à son agence pour faire fermer le compte qu'ils partageaient, selon les éléments dont disposeraient les enquêteurs. L'infirmière aurait également accusé son mari de puiser dans les livrets A de leurs enfants, Louis et Elyah, pour acheter de la résine de cannabis.

Alors que Cédric affirmait devant les gendarmes que la procédure de divorce se déroulait dans l'apaisement, les enquêteurs auraient par ailleurs découvert que le couple a connu de nombreuses disputes dans les derniers mois avant la disparition. Plusieurs messages retrouvés sur les téléphones de Delphine et Cédric Jubillar, et plusieurs témoins, auraient fait état d'une crise que traversait le couple. Par ailleurs, Delphine Jubillar aurait eu une relation extra-conjugale, dans laquelle elle aurait peut-être compté s'engager sérieusement. Selon Le Parisien d'ailleurs, "les gendarmes ont acquis la conviction qu'une dispute a éclaté entre Cédric et Delphine la nuit du drame après une discussion houleuse au sujet de l'avenir de leur couple". Les cris de femme qu'auraient entendu une voisine des Jubillar, Mme Emmanuelle Franck, et sa fille ce jour là, semblent également accabler Cédric Jubillar.

Des éléments troublants sur la nuit de la disparition

Au début du mois d'octobre 2021, l'hebdomadaire Le Point révélait que Delphine Jubillar aurait pu ne jamais avoir quitté son domicile le soir de sa disparition, contrairement aux affirmations de son mari. Le Saint-Hubert de la gendarmerie, réputé pour son flair, n'aurait en effet retrouvé aucune piste de sortie de la jeune femme depuis sa maison. Cédric Jubillar avait pourtant assuré que, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, son épouse était sortie promener leurs deux chiens, comme à son habitude. Cette version était déjà contestée par plusieurs témoignages, qui affirmaient que la jeune femme ne sortait jamais ses chiens, encore moins la nuit. Le père de famille aurait d'ailleurs tenu des propos contradictoires devant les enquêteurs sur cette question, puisqu'en juin 2021, toujours selon l'hebdomadaire, il aurait affirmé avoir lui-même promené les chiens le soir de la disparition de son épouse, alors que cette dernière, selon lui, regardait une émission télévisée avec leur fils aîné, Louis. Il aurait, selon ses dires, pensé qu'elle était ressortie promener les chiens ne la trouvant pas à son réveil, plus tard dans la nuit. Reste que l'enquête aurait établi que Delphine Jubillar s'était mise en tenue de nuit avant de disparaître, ce qui laisse penser qu'elle s'apprêtait à aller se coucher plutôt qu'à sortir ce soir-là. Les chiens, quant à eux, n'auraient jamais quitté le domicile familial, contrairement à ce qu'avance Cédric Jubillar...

Les gendarmes ont également pu s'interroger sur plusieurs éléments avancés par Cédric Jubillar au sujet de la disparition de son épouse, qui n'ont pas été confirmés par l'enquête : l'analyse de son téléphone a fait apparaitre, par exemple, des dissonances avec le discours tenu par Cédric sur son activité la nuit de la disparition de son épouse. Ainsi, son portable aurait cessé toute activité à 22h08, pour être rallumé à 3h53, pour se connecter sur un site de rencontres. Une minute plus tard, à 3h54, le téléphone aurait été utilisé pour contacter Delphine par tous les moyens. Cédric aurait ensuite tenté de joindre son épouse 189 fois en attendant l'arrivée des gendarmes, qu'il avait contacté et qui seront au domicile dès 4h50. Selon l'accusation, il est possible que Cédric Jubillar ait pu utiliser la Peugeot 207 bleue de Delphine dans la nuit du 15 au 16 décembre pour transporter le corps de son épouse, avant de rentrer chez lui. Pour cela, il aurait pu disposer d'une fenêtre de quatre à cinq heures, entre 23 heures et 4 heures du matin environ. Le père de famille aurait alors pu parcourir plusieurs dizaines de kilomètres. Bien que la nuit en question corresponde au début d'un couvre-feu en vigueur de 20 heures à 6 heures du matin – qui augmentait fortement le risque d'être contrôlé, ou d'apparaître sur le champ de caméras de vidéosurveillance –, deux témoignages laissent à penser que la Peugeot 207 de Delphine Jubillar aurait pu changer de sens de stationnement dans la nuit, donc être déplacée. Par ailleurs, ce scénario semble être corroboré par le fait que les gendarmes appelés le soir de la disparition de Delphine Jubillar aient retrouvé de la condensation dans l'habitacle de la voiture, selon Le Point.

Dernier détail dans l'amoncellement d'éléments à charge dans ce dossier : à 7h12 du matin, alors que les gendarmes sont toujours présents chez lui et effectuent des constations dans la maison, Cédric Jubillar se serait connecté à un jeu vidéo – un comportement jugé peu compatible avec l'état d'un mari inquiet, selon les enquêteurs.

"L'ouverture d'une information [judiciaire] a donné lieu à plus de 2 500 actes et procès-verbaux en six mois et a mobilisé des moyens matériels considérables", avait affirmé le procureur du Tarn le 18 juin 2021. S'exprimant sur la disparition de Delphine Jubillar, il avait ajouté : "C'est une disparition inquiétante, qui ne saurait être considérée comme volontaire. L'hypothèse d'un accident a été évacuée (…) La notion de suicide ou de départ volontaire est en contradiction totale avec tous les éléments du dossier. Delphine Jubillar était une mère de famille, une infirmière qui adorait son métier. Elle avait des amis et des enfants. Elle n'avait strictement aucune raison de disparaître." De plus, "elle avait pour projet, dans les semaines qui suivaient, de quitter le domicile et de s'installer avec un autre homme, rencontré l'été précédent". Concernant Cédric Jubillar, le procureur avait précisé : "Contrairement à ce qui a été dit, le contexte de séparation du couple était très conflictuel […] Cédric Jubillar avait une très grande difficulté à accepter cette séparation. Il pouvait se montrer brutal et grossier. Il avait organisé une véritable surveillance de son épouse, essayant même de la géolocaliser. Il était très très intrusif."

De récentes fouilles pour retrouver le corps de Delphine Jubillar

L'audition de Cédric Jubillar survient dans un contexte d'accélération des fouilles pour retrouver l'infirmière du Tarn. Après plusieurs mois de recherches infructueuses, ce sont sur les souterrains de Cagnac-les-Mimes, la commune d'habitation du couple, que les recherches se sont portées, toujours sans succès. Les particularités topographiques de la région avaient effectivement provoqué, mercredi 6 octobre, le déplacement d'unités de gendarmes spéléologues pour fouiller les cavités souterraines. L'équipe spécialisée avait notamment investigué l'ancien lavoir à charbon de Blaye-les-Mines, situé à 7 kilomètres du domicile des Jubillar seulement. La zone, difficile d'accès, aurait été l'endroit idéal pour dissimuler un corps ou des indices. Des fouilles discrètes avaient également déjà été faites il y a plusieurs semaines, dans un puits inscrit dans le cadastre de Cagnac-les-Mines. "C'est un travail de fourmi", avait alors affirmé François Daoust, ancien directeur de l'IRCGN (l'institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale), du pôle judiciaire de la gendarmerie et professeur de sciences criminelles à l'université de Cergy Pontoise. "On peut largement faire disparaître quelqu'un et ne pas le retrouver tout de suite", avait-t-il ajouté.

"Le sol et le sous-sol de cette commune constituent un vaste gruyère, c'est une zone particulièrement difficile pour rechercher un corps", avait précisé au Parisien un "connaisseur". En janvier, la mairie de Cagnac-les-Mines avait recensé tous les puits de l'espace public et ceux présents sur les terrains privés, les cavités de la commune s'étant révélées être une véritable fourmilière. Dans un reportage paru dimanche 3 octobre, La Dépêche du Midi expliquait que "le passé minier et la topographie vallonnée de la commune, avec plusieurs bois et des friches impénétrables, rend[ai]ent les opérations particulièrement difficiles", ce qui justifiait le déploiement de tels moyens dans les fouilles souterraines. Ces recherches récentes n'auront rien donné elles non plus.

Les enquêteurs ont également repris début septembre, toujours selon Le Parisien, une série d'auditions auprès de connaissances du mari de l'infirmière. Les interrogations des proches de Cédric Jubillar, déjà questionnés au début de l'affaire sur le parcours et la personnalité de l'homme, semblent désormais se centrer sur l'identification d'un lieu qu'il aurait pu repérer. Des battues hebdomadaires continuent d'être organisées par les proches et les voisins de l'infirmière.

Parents, enfants, métier...qui était Delphine Jubillar ?

Delphine Aussaguel (nom de jeune fille) Jubillar était infirmière de nuit à la clinique Claude-Bernard d'Albi. Née en 1987, elle est âgée de 33 ans au moment de sa disparition, la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Dès ses 12 ans, la jeune fille perd son père, mécanicien automobile. Sa mère l'élève seule, elle et ses deux petits frères, dans un HLM situé à Gaillac (Tarn). Dès 2014, Delphine voit l'état de santé de sa mère se dégrader peu à peu : atteinte d'une maladie neuro-dégénérative, la femme est admise dans un centre spécial, mais décède en 2016, âgée de 60 ans.

L'ayant rencontré en 2005 à la fête d'anniversaire d'une amie en commun, Delphine avait épousé Cédric Jubillar en 2013, peintre plaquiste autoentrepreneur. Ensembles, le couple a donné naissance à deux enfants : Louis, un garçon de 6 ans au moments des fais, et Elyah, âgée de 18 mois lorsque sa mère a disparu. A l'été 2020, Delphine Jubillar avait fait part de son désir de divorcer de son époux. D'après son avocate, ce divorce paraissait s'effectuer d'un commun accord.