Paris : que sait-on de la mise en examen d'un Afghan pour association de malfaiteurs terroriste ?
Un homme de vingt ans, né en Afghanistan, a été mis en examen à Paris au motif d'avoir participé à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et financé une entreprise terroriste. Il est actuellement placé en détention provisoire, selon une information du parquet national antiterroriste [Pnat] diffusée par BFMTV.
"Manifestement adhérent à l'idéologie jihadiste, il est soupçonné d'avoir été en lien avec l'EI-K [État islamique au Khorassan], notamment par l'envoi de fonds et à des fins de traduction et de relais de la propagande de cette organisation terroriste", a indiqué le Pnat.
Selon Le Parisien, à l'origine des révélations, ce jeune Afghan est arrivé en France il y a quelques années. Il a ensuite été arrêté dans un centre de rétention administrative de Lyon [Rhône] par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI].
D'après le quotidien, les investigations ont montré que le suspect était déjà concerné par une procédure pour apologie du terrorisme.
Par ailleurs, il publiait et diffusait de la propagande de l'État islamique au Khorassan [EI-K] sur des réseaux sociaux tendance chez les jeunes, comme TikTok notamment. Le jeune homme est également soupçonné d'avoir transmis de l'argent vers l'étranger, probablement vers des jihadistes de la branche afghane de Daech, explique encore Le Parisien.
Une menace jihadiste renouvelée
Parmi les dossiers traités par le Pnat, 80 % concernent des menaces jihadistes, selon les propos de septembre 2024 du procureur antiterroriste Olivier Christen. Il avait aussi ajouté que, sur le premier semestre 2024, il y avait eu à peu près trois fois plus de procédures de même type que sur la même période l'année précédente, en 2023.
Une augmentation qui s'expliquerait par l'évolution du contexte géopolitique et par le changement de situation en Afghanistan pour le groupe État islamique. La branche afghane de l'organisation terroriste Daech est très active à l'étranger, en dehors de son périmètre d'action géographique habituel. Ainsi, une attaque meurtrière de l'EI-K à Moscou avait fait 145 morts en mars dernier.
Par ailleurs, l'organisation terroriste a produit de la propagande dans plusieurs langues depuis l'apogée du califat [autoproclamé] en Irak et en Syrie, comme nous l'apprenons de Lucas Webber, cofondateur du site spécialisé Militant Wire. "Cette vision internationale inclut une campagne ambitieuse et agressive pour renforcer ses capacités opérationnelles extérieures et frapper ses différents ennemis à l'étranger".