Prof poignardée à Sanary-sur-Mer : les différentes versions du collégien sur la préméditation des faits
Après avoir poignardé une professeure au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer, l'ado de 14 ans interpellé a reconnu les faits en garde à vue, mais a fait évoluer sa version. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi 5 février.
- L'enquête sur de l'attaque d'une professeure d'arts plastiques au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer dans le Var se poursuit. Poignardée à quatre reprises, l'enseignante se trouve toujours dans un état "préoccupant" et les médecins sont réservés sur son pronostic vital, a déclaré le procureur de la République ce jeudi 5 février.
- Le suspect, un adolescent de 14 ans, a reconnu avoir prémédité l'agression de sa professeure, malgré des changements de versions en garde à vue. Il a été mis en examen pour "tentative d'assassinat" et placé en détention provisoire ce jeudi. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, une peine réduite 20 ans pour un mineur de moins de 16 ans.
- Le mis en cause reprochait à son enseignante "d'avoir inscrit plusieurs incidents le concernant sur l'application Pronote", estimant que c'était "injuste". Il a dit vouloir "se venger, car il craignait d'être exclu".
- "Le collégien a évoqué "un coup de folie" et déclaré ne pas avoir été lui-même au moment des faits. Il a ajouté avoir ressenti "une grosse haine" envers lui-même et avoir "'pleuré toutes les larmes de son corps' en se portant des coups à lui-même". Il a également évoqué "la possibilité de mettre fin à ses jours". Des expertises psychologiques et psychiatriques vont donc être menées pour évaluer la santé mentale du suspect et s'assurer de son discernement.
- Le profil du collégien ne laissait pas vraiment penser qu'il puisse commettre un tel acte. "Aucun élément de dangerosité le concernant n’était relevé par le juge des enfants" en mars dernier relève le procureur. Le garçon possédait en revanche plusieurs armes blanches dans sa chambre, parce qu'il trouvait ça "stylé". Il semble aussi être un adepte des jeux vidéo qu'il dit consommer "pas plus d'une à deux heures par jour".
20:21 - "On ne peut pas accepter que ça se passe à l'école", réagit Emmanuel Macron
Interrogé par le média en ligne Brut, le président de la République est revenu sur la professeure d'arts plastiques poignardée à Sanary-sur-Mer, dans le Var. "On ne peut pas accepter que ça se passe à l'école", a estimé Emmanuel Macron pour qui "il ne faut rien céder" sur cette violence du quotidien. Il faut "renforcer les mesures de sécurité dans les établissements scolaires, en particulier dès qu'il y a une sensibilité, renforcer la lutte contre les narcos, renforcer la lutte contre toutes les personnes qui menacent les équilibres, renforcer aussi la sensibilisation des parents, procéder à des vérifications de ce qu'il y a dans le cartable des élèves", a énuméré Emmanuel Macron, avant de conclure : "On ne cédera rien, les profs ne doivent pas avoir peur quand ils vont enseigner."
18:59 - Des soupçons de violences familiales contestés par le collégien
L'adolescent est suivi en assistance éducative par un juge des enfants depuis septembre dernier, une procédure mise en place après un premier signalement concernant des violences familiales déposé en mars 2025 par le collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer, où est scolarisé l'élève. Le signalement avait été émis pour des soupçons de violences commises par les parents sur la jeune sœur du suspect. Les investigations n'avaient cependant pas permis de prouver que les enfants étaient victimes de violences et le parquet de Toulon avait classé l'enquête sans suite en juin 2025, tout en saisissant le juge des enfants en assistance éducative. Lequel avait ordonner la mise en place d'une thérapie familiale en septembre.
Le procureur de la République précise que le suspect conteste les violences de ses parents. A l'occasion d'un rendez-vous organisé fin janvier entre la famille du suspect et l'éducation de l'Aide sociale à l'enfance, "aucun danger immédiat pour le jeune n'est relevé et aucune décision de placement n'est prise" rapporte BFMTV.
18:38 - Le collégien a dit "regretter" son geste et a "évoqué la possibilité de mettre fin à ses jours"
Après avoir reconnu les faits, le collégien a affirmé "qu'il regrettait beaucoup son geste, qu'immediatement après les faits il avait ressenti une grosse haine envers lui et qu'il avait pleuré toutes les larmes de son corps en se portant des coups à lui-même" a déclaré le procureur de la République. Lors de son défèrement devant le juge "il a répété qu'il regrettait son geste, dont il se rendait compte de la gravité en précisant que la professeure ne le méritait pas" et a déclaré "qu'il n'était plus trop lui-même" au moment des faits "évoquant un coup de folie". L'adolescent a "évoqué la possibilité de mettre fin à ses jours".
18:32 - L'adolescent voulait "se venger" des signalements sur Pronote
Concernant les motivations de son geste, le collégien a expliqué avoir voulu "se venger" de la professeure qui avait fait plusieurs signalements sur son comportement sur la plateforme Pronote. Il a dit "craindre d'être exclu en raison de ces signalements". L'enquête a révélé que 10 signalements figurent bien sur le dossier de l'élève sur Pronote depuis le début de l'année scolaire, 5 de ces signalements ont été faits par l'enseignante attaquée. Les signalements portent sur divers motifs notamment des retards ou des propos irrespectueux à l'égard de plusieurs professeurs.
18:27 - Le collégien mis en examen et placé en détention provisoire
Le collégien interpellé pour l'agression de sa professeure par arme blanche a été mis en examen pour tentative d'assassinat et placé en détention provisoire ce jeudi 5 février. Il est poursuivi pour un crime passible de la réclusion criminel à perpétuité, mais la peine maximale encourue est réduite à 20 ans de réclusion en raison de son âge inférieur à 16 ans.
18:23 - Le collégien a fait des recherches sur les peines encourues pour l'assassinat d'un enseignant
Le collégien a assuré au cours de sa garde à vue "connaître la différence entre un meurtre et un assassinat" et savoir qu'un assassinat est plus grave qu'un meurtre. Il a indiqué avoir fait des recherches sur la peine encourue par un adolescent poignardant sa professeure.
18:20 - L'adolescent a donné plusieurs versions concernant la préméditation de son attaque
Le procureur de la République confirme que le collégien mis en cause a reconnu être l'auteur des quatre blessures infligées à la professeure, trois au niveau de l'abdomen et une au niveau du bras gauche. L'adolescent a toutefois fait évoluer sa version des faits concernant la préméditation de son passage à l'acte. Il a d'abord assuré avoir préparé son attaque et "n'avoir pensé qu'à une chose : assassiner sa professeure" au cours de la matinée précédant l'attaque. Il a déclaré avoir eu l'intention "de la planter". L'adolescent a ensuite déclaré ne pas avoir voulu tuer son enseignante, mais "la planter pour qu'elle ait mal". Il a enfin, dans une dernière version, reconnu la préméditation des faits, a dit regretter son acte et ne plus avoir été lui-même au moment des faits.
18:12 - L'état de santé de la professeure toujours "préoccupant"
L'état de santé de la professeure poignardé reste "préoccupant" à ce jour et les médecins sont "encore réservés sur son pronostic vital compte tenu de la gravité des blessures ayant nécessité de lourdes interventions chirurgicales encore aujourd'hui" a déclaré le procureur de la République de Toulon.
18:00 - La conférence de presse commence
La conférence de presse du procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, débute.
15:47 - L'interrogatoire de l'adolescent est en cours
L'adolescent qui a reconnu avoir poignardé sa professeure d'arts plastiques mercredi 4 février est actuellement entendupar le magistrat instructeur, selon les informations de TF1/LCI. Le média précise que la conférence de presse annoncée par le procureur de la République se tiendra à 18 heures ce jeudi.
Cette attaque au couteau génère une vive émotion dans la communauté éducative. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a réagi sur ses réseaux sociaux : "Mes pensées vont immédiatement à la victime, à sa famille et à l'ensemble de la communauté éducative", a-t-il écrit.