DIRECT. Coronavirus en France : après la Mayenne, la Gironde en "vulnérabilité"

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DIRECT. Coronavirus en France : après la Mayenne, la Gironde en "vulnérabilité" CORONAVIRUS. L'épidémie de coronavirus a fait plus de 30 000 morts en France, une barre symbolique franchie ce vendredi dans un bilan qui place la Mayenne et la Gironde en "vulnérabilité modérée"...

La Gironde est-elle face à une reprise de l'épidémie de coronavirus ? 

Alors que le bilan du coronavirus en France vient de franchir la barre des 30 000 morts, l'inquiétude grandit au sujet d'une circulation accrue de l'épidémie depuis la fin du mois de juin. Dans le bilan du Covid-19 délivré hier, un quatrième département a été placé en "vulnérabilité modérée" par Santé publique France : la Gironde. Plusieurs signaux laissent croire en effet à une recrudescence des contaminations dans le département. Dans son dernier point, l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine met en garde face à une légère hausse des cas dans la région. L’instance sanitaire souligne que, depuis début juillet, "des frémissements au niveau des indicateurs sont observés". Le nombre de cas testés positif au Covid-19 est passé de 47 du 24 au 30 juin à 82 cas du 1er au 7 juillet, ce qui a poussé l'ARS a diffuser un message de mise en garde : "Dans ce contexte et à la veille d’un week-end prolongé et de départs en vacances, l’ARS en appelle donc à la prudence de chacun et au maintien strict des gestes barrières afin de contenir le virus durant la période estivale.

Alors que jusqu’à présent, la situation était pourtant stable, comme rapporte Sud Ouest, trois clusters ont été recensés en Gironde. L'un d'eux serait lié à une personne de retour de l'étranger. Dès mardi, le Pr Patrick Dehail, conseiller médical du Directeur Général de l’ARS de Nouvelle-Aquitaine, soulignait un nombre de tests positifs "en légère augmentation, à Bordeaux comme en Nouvelle-Aquitaine". "Cela nous rappelle que, même s’il circule à bas bruit, le virus circule toujours", assurait-il, alertant sur un relâchement "notamment chez les jeunes". Pour se prémunir d’une seconde vague, l’unité Covid-19 du CHU de Bordeaux a annoncé à la presse, mardi 7 juillet, la mise en place de nouveaux outils de traitement des informations relatives au virus.

Que se passe-t-il en Mayenne avec le coronavirus ?

La situation semble aussi inquiéter les autorités sanitaires en Mayenne depuis plusieurs jours. Dans son point épidémiologique, Santé publique France indique qu'en Pays de la Loire, l’évolution du R effectif est la plus forte de France métropolitaine (R= 1,52). Une évolution qu'elle lie directement à la situation épidémiologique en Mayenne. Le taux d’incidence des cas de Covid-19 y est supérieur à 10/100 000 habitants (45/100 000 en semaine), le taux de positivité des prélèvements supérieur à 5% (8,5%). Six clusters ont été identifiés dans ce département (notamment quatre rien qu'à Laval, la préfecture) et un cluster fait désormais l’objet d’une diffusion communautaire. A l'occasion d'un de ses derniers bilan quotidien, Santé publique France a révélé que le département de l'ouest comptait 220 cas, "quatre fois plus que le 25 juin", comme la fait remarquer BFMTV.

La Mayenne a même été classée le jeudi 9 juillet "en situation de vulnérabilité" elle aussi, à l'image de Mayotte et la Guyane. Une première pour la métropole. A la différence des deux territoires ultramarins te comme la Gironde, la Mayenne en est au stade "modéré" et non "élevé". Dans ce contexte et dans la droite lignée de la stratégie engagée par la France de tester un maximum, des plans de dépistage vont être organisés et cela va concerner, à partir de la semaine prochaine, "l'ensemble des Mayennais, par étapes", ce qui concerne donc pas moins de 300 000 personnes.

Combien de cas et de morts du coronavirus en France ? Dernier bilan

Le dernier bilan de l'épidémie de coronavirus en France a été communiqué ce vendredi 10 juillet par Santé publique France. À l'échelle nationale, on dénombre 25 décès supplémentaires par rapport au précédent bilan. Les hospitalisations en cours et les cas en réanimation continuent de baisser. Voici les derniers chiffres :

  • 170 752 cas confirmés par PCR, soit 658 de plus
  • 30 004 décès au total, soit 25 de plus
  • 19 528 décès à l'hôpital, soit 25 de plus
  • 10 476 décès en Ehpad (dernière mise à jour le 7 juillet)
  • 7 062 hospitalisations en cours, soit 115 de moins
  • 496 personnes actuellement en réanimation, soit 16 de moins
  • 78 377 personnes sorties de l'hôpital, soit 207 de plus
  • Taux de positivité des tests : 1,1%, soit 0,1 point de moins
  • 77 clusters en cours d’investigation, soit 11 de plus
  • 4 départements en vulnérabilité : Guyane Mayotte Mayenne et Gironde

NB : les données relatives aux personnes hospitalisées et en réanimation présentées ci-dessus correspondent au nombre de patients en cours de soins et non au cumul depuis le début de l'épidémie. En cumul, on enregistre 105 417 hospitalisations. De même, l'évolution des hospitalisations et des cas en réanimation en 24 heures correspond à des chiffres net, tenant compte des guérisons et des décès. Aucun bilan ne sera délivré ce week-end.

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20:51 - Dépistage : les laboratoires sont saturés 

Selon Le HuffPost, il faut attendre entre 5 et 10 jours pour pouvoir se faire tester au coronavirus en région parisienne. En effet, les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir se faire dépister, mais les laboratoires n’arrivent pas à faire face, notamment à cause d’un manque de personnel. "Ce prélèvement doit être fait par du personnel habilité qui correspond aux biologistes ou aux infirmières. Ce personnel est très sollicité par tous les établissements, notamment les hôpitaux qui recrutent actuellement beaucoup d’infirmières", a ainsi expliqué le biologiste Anthony Mouchère à Europe 1. 

20:39 - Le Conseil scientifique exhorte les Français à porter le masque 

"Il y a un relâchement profond des Français sur les mesures de distanciation sociale et les gestes barrières" a déclaré le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy au Parisien. "On voit bien que dans les magasins, les bars, le port du masque est de moins en moins respecté. Il faut continuer à le porter. Nous devons revenir aux mesures de distanciation sinon il y a un risque que l'épidémie reparte cet été", poursuit le scientifique. Le Conseil rappelle que le "reconfinement de régions n’est pas tabou". 

20:30 - Ministère de la Santé : une soirée de remerciement pour les soignants 

Olivier Véran organise une soirée le 13 juillet au Grand Palais pour remercier les soignants engagés contre le coronavirus, selon les informations d’Europe 1. Entre 800 et 1 000 personnes ont répondu à l’invitation du ministre de la Santé. Il s’agit de personnel soignant, de membres de la cellule de crise du ministère et de familles de soignants décédés pendant l’épidémie.

20:13 - Écoles : une circulaire sur les conditions de la rentrée publiée par Jean-Michel Blanquer 

"Gestes barrière, hygiène des mains, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans lorsque les règles de distanciation ne peuvent être respectées dans les espaces clos ainsi que dans les transports scolaires, nettoyage et aération des locaux", précise la circulaire du ministère de l’Éducation, qui prévoit les conditions sanitaires de la rentrée de septembre. L’hypothèse du reconfinement n’y est pas écartée. Dans ce cas-là, "un plan de continuité pédagogique, consultable dans les prochains jours sera mis en place pour assurer l’enseignement à distance", indique le document. 

19:46 - Le virus se transmet-il par les très fines gouttelettes ? 

Lundi, 239 scientifiques ont envoyé une lettre à l’OMS pour mettre en avant la transmission du coronavirus par des fines gouttelettes, qui pourraient donc rester dans l’air plus longtemps. Le débat n’est pas tranché, rappelle Franceinfo. Jeudi, le site du gouvernement affirme que le Covid-19 ne se transmet pas par l’air. 

19:25 - Fin de l’état d’urgence sanitaire : la réouverture des stades et hippodromes autorisée 

À partir de ce samedi 11 juillet, les stades et les hippodromes peuvent de nouveau accueillir le public, avec un maximum de 5 000 personnes. Jusqu’ici les stades pouvaient ouvrir mais seulement pour des pratiques sportives respectant les mesures sanitaires. 

18:58 - Les Français se font tester avant les vacances

"Depuis deux semaines, nous notons une nette augmentation des tests liés à des départs en voyage", explique un laboratoire de Paris au Parisien. Le quotidien francilien s’est rendu dans plusieurs lieux proposant des dépistages du coronavirus et le constat est le même : plusieurs personnes viennent avant de voyager pour leurs vacances. Parfois, cela conduit à des délais d’attente importants.  

18:35 - "Il ne semble pas que le recul observé soit dû à la hausse des températures", selon une spécialiste

Dominique Costagliola, directrice adjointe de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique affirme que "si l’arrivée des beaux jours a peut-être un peu contribué à la diminution des contaminations, il ne semble pas que le recul observé soit dû à la hausse des températures", dans un entretien au site The Conversation. "On ne peut donc pas exclure que l’épidémie reprenne", ajoute la scientifique.

18:13 - Les pharmacies peuvent faire des tests sérologiques

À partir de ce samedi 11 juillet, les pharmacies sont autorisées à réaliser des tests sérologiques. Il s’agit de piquer légèrement le bout du doigt pour obtenir une goutte de sang. En quelques minutes, la personne sait si elle a développé ou pas des anticorps contre le coronavirus. 

18:03 - Gard et Lozère : plus de patients en réanimation

Les départements du Gard et de la Lozère ne comptent plus aucun patient atteint du Covid-19 dans les services de réanimation. Huit personnes sont encore hospitalisées suite à une infection, selon France Bleu Gard Lozère.

17:44 - Nouvelle-Aquitaine : sept clusters détectés dont trois en Gironde 

Depuis le début du mois de juillet, sept clusters ont été détectés en Nouvelle-Aquitaine, selon l’Agence régionale de santé. Trois d’entre eux étaient en Gironde. Au 10 juillet, trois foyers sont encore en cours d’investigation, en Corrèze, en Gironde et dans les Landes. 

17:19 - Laval : deux drives pour dépister les habitants 

Le département de Mayenne a lancé une campagne de dépistage massif face à la multiplication des cas. Deux drives vont donc être ouverts à Laval, selon le préfet Jean-Francis Treffel, pour soulager les laboratoires actuellement saturés. "On pourra s’y rendre sans rendez-vous. Ils s’ajoutent aux deux drives existant à Laval (…) Les tests seront gratuits, pris en charge par l’État. Nous avons un groupe de testeurs qui viennent renforcer nos équipes actuelles", explique le préfet. 

16:50 - Combien de clusters en Mayenne ? 

La Mayenne compte à ce jour six foyers épidémiques de coronavirus. L’Agence régionale de santé note également que "de nombreux signalements ont été réceptionnés." Quatre se trouvent à Laval, dont un dans un Ehpad, deux dans le sud, à Craon et Château-Gontier-sur-Mayenne. Deux concernent des abattoirs. 80 cas de coronavirus ont été détectés dans ces six clusters.
 

16:45 - Mayenne : le reconfinement local est-il envisagé ? 

Sur Europe 1, le président d’honneur de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon affirme que "la précaution élémentaire aurait été de confiner temporairement la Mayenne, le temps que les gens soient testés et que les cas contacts soient identifiés et isolés correctement". Vendredi, le ministre de la Santé a annoncé que le reconfinement n’était pas envisagé à ce stade. 

16:22 - 333 clusters depuis le 11 mai dernier 

Depuis le déconfinement, les autorités sanitaires ont détecté 333 foyers épidémiques sur le territoire. 71 sont toujours en cours d’investigation. 

16:00 - L’OMS alerte sur l’"explosion du nombre de cas" 

Plus de 12 millions de cas de coronavirus ont été enregistrés dans le monde depuis le début de l’épidémie. Le nombre d’infections continue d’augmenter dans les pays les plus touchés. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus a déclaré vendredi que les contaminations avaient "plus que doublé ces six dernières semaines". "Seule une action agressive combinée à une unité nationale et une solidarité mondiale peut renverser la trajectoire", a-t-il ajouté.

15:38 - 560 425 décès du Covid-19 dans le monde 

La pandémie de coronavirus a fait 560 425 morts dans le monde, selon le dernier bilan. Le pays le plus touché reste les États-Unis, suivi du Brésil. 

15:14 - Les vols entre la Guyane, Mayotte et le reste de la France interdits

Sauf "motif impérieux d’ordre personnel ou familial", "motif de santé" ou "motif professionnel", les vols entre la Guyane, Mayotte, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie ou Wallis et Futuna et le reste de la France sont interdits, affirme un décret publié ce samedi au Journal officiel. Pour ce qui est de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, les règles peuvent être assouplies par les préfets concernés.

14:44 - Nouvelle-Aquitaine : de 47 à 82 cas en une semaine 

Le nombre d’infections détectées au Covid-19 est passé de 47, dans la semaine du 24 au 30 juin à 82 dans la semaine du 1er au 7 juillet. Sept clusters ont été enregistrés dans la région, dont trois en Gironde. 

14:18 - La transmission se fait surtout en intérieur 

"La Chine a montré que le principal lieu de contamination est le foyer familial", affirme  l'infectiologue Anne-Claude Crémieux à Franceinfo. En effet, il semblerait que le coronavirus se transmette surtout dans les "espaces confinés dans lesquels la foule s’entasse", selon Jean-François Delfraissy, cité par Libération. 

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Que retenir du point épidémiologique sur la circulation du coronavirus ?

Comme chaque vendredi, Santé publique France a dévoilé ce 10 juillet 2020 un point épidémiologique complet sur l'épidémie de coronavirus en France, permettant, au travers de chiffres, de rendre compte précisément de la situation et de l'évolution du Covid-19. Ces données portent sur la semaine 27 (du 29 juin au 5 juillet). Voici les points clés à retenir :

  • La circulation du coronavirus en France reprend. Le nombre de cas confirmés  augmente, avec 3797 nouveaux cas sur la semaine 27 contre 3406 la semaine précédente. Le taux d’incidence est aussi en hausse avec 5,6 cas pour 100 000 habitants au niveau national (contre 5,2 en semaine 26). En métropole, ce taux est de 3,5/100 000, en hausse également par rapport aux 3,2/100 000 la semaine précédente. Autre signe de la reprise, certes contrôlée, du Covid-19 : le nombre d’actes SOS médecins pour suspicion de COVID-19 passe de 1082 en semaine 26 à 1523 en semaine 27. Le taux de positivité des tests est en revanche en baisse. Il était de 1,3% entre le 29 juin et le 5 juillet contre 1,4% une semaine plus tôt.
  • Le nombre de reproduction effectif (R effectif) en France métropolitaine passe au dessus de 1. Il était de 1,05 en semaine 27 contre 0,90 la semaine précédente. Cela signifie concrètement qu'un malade contamine en moyenne un peu plus d'une autre personne, ce qui est un indice clé sur la propagation du coronavirus. Quatre régions ont un nombre de reproduction R estimé supérieur à 1 de façon "significative" indique Santé publique France : la Guyane (R=1,14) même s'il y est en diminution pour la deuxième semaine consécutive, Provence-Alpes-Côte d’Azur (R=1,24), la Nouvelle-Aquitaine (R=1,32) et les Pays-de-la-Loire (R= 1,52), où le département de la Mayenne inquiète. Les régions Bretagne (1,07), Hauts-de-France (1,06), Ile-de-France (1,06), Normandie (1,00) et La Réunion (1,47) ont des estimations supérieures à 1 mais "non significativement supérieures" car "comprise dans l’intervalle de confiance", indique Santé publique France.
  • Certains indicateurs restent néanmoins à la baisse. C'est le cas du nombre de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 (1330 contre 1402), du nombre d’hospitalisation (646 nouvelles hospitalisations contre 666) et du nombre d’admissions en réanimation (73 contre 82). Selon Santé publique France, il s'agit d'indicateurs "plus tardifs", qui pourraient donc repartir à la hausse dans les prochains jours. Le nombre de patients actuellement hospitalisés en réanimation pour COVID-19 est inférieur à 600 patients.
  • Le nombre de clusters est stable pour sa part. Au 8 juillet, 68 clusters survenus en France métropolitaine étaient encore en cours d’investigation sur les plus de 300 détectés depuis le début du déconfinement (depuis le 9 mai). "Le nombre hebdomadaire de clusters signalés est relativement stable sur les 5 dernières semaines", indique Santé publique France, qui précise que "les clusters en cours d’investigation sont principalement survenus dans des entreprises privées ou publiques, des milieux familiaux élargis (plusieurs foyers familiaux concernés) ou des établissements sociaux d’hébergement et d’insertion". Deux de ces clusters sont plus préoccupants car présentant une "diffusion communautaire", un en Normandie et un autre en Mayenne (Pays de la Loire).
  • 6,7 % de la population de France métropolitaine a été infectée par le SARS-CoV-2 avant mi-avril 2020. Santé publique France chiffre à un peu moins de 4,4 millions le nombre de personnes ayant été infectées en semaine 15, soit deux semaines après le pic de l’épidémie (selon une enquête de séroprévalence). "La proportion de la population ayant été infectée par le SARS-CoV-2 a augmenté de façon significative au cours de l’épidémie", ajoute l'agence de santé, passant de 1,1% de la population en semaine 11 à 6,7% en semaine 15. Le nombre de cas identifiés par la surveillance ne présente néanmoins "qu’une faible part des personnes infectées" indiquent les auteurs, ce qui accrédite l'idée que le virus circule de manière silencieuse dans une partie de la population.
  • Le nombre hebdomadaire de décès en France a diminué lui aussi entre les semaines 26 et 27 (124 contre 164). Le taux de décès hebdomadaire (pour 100 000 habitants) à l’échelle nationale est également à la baisse : il était de 0,18 en semaine 27 contre 0,24 la semaine précédente. Le plus fort taux de décès de patients Covid-19 rapporté à la population était observé en Guyane (1,4/100 000 habitants). Pour toutes les autres régions, ce taux était inférieur à 0,5/100 000 habitants. Depuis la semaine 18 (du 27 avril au 3 mai), "la mortalité est revenue dans les marges de fluctuation habituelle, tous âges confondus", assure Santé publique France.

Une 2e vague inéluctable en France ?

Interrogé sur BFMTV ce vendredi 10 juillet, le ministre de la Santé Olivier Véran a tenté de rassurer au sujet d'un éventuel retour de l'épidémie, pourtant clairement envisagé à la fois par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy et par le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon ces derniers jours. Selon lui, en dehors des foyers identifiés, le virus "régresse semaine après semaine" et il "n’a pas montré qu’il était capable de circuler". "Il n’y a pas de diffusion communautaire, c’est-à-dire que les chaînes de transmission du virus, nous les tenons", a-t-il précisé, assurant qu'un reconfinement n’était pas envisagé pour le moment, y compris en Mayenne, "puisque nous sommes déjà en train de maîtriser la circulation du virus". "Ce que nous montrons depuis douze semaines, c’est que la France est prête à empêcher une seconde vague", a-t-il résumé évoquant un virus "maîtrisé" en France, même s'il progresse chez nos voisins. Olivier Véran a néanmoins appelé les Français à la "vigilance" et à "limiter les situations à risque". "J’observe qu’il y a un relâchement de certains comportements dans certaines situations, dans tous les milieux", a-t-il regretté.

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, avait pris la parole dans plusieurs médias, dont Le Monde, ce jeudi 9 juillet, répétant pour sa part son inquiétude face à deux éléments majeurs : la reprise vigoureuse de l'épidémie dans l'hémisphère sud (Amérique du Sud, Afrique du Sud, Australie), actuellement en hiver austral, et le relâchement assez visible du respect de la distanciation sociale en France. Face à ce constat, "on ne voit pas comment on éviterait un retour du virus dans l’hémisphère Nord à l’automne, donc une possible deuxième vague en octobre-novembre", estime le président du Conseil scientifique. Et d'ajouter, plus explicitement : "Il faut que tout le monde comprenne que – sans même parler de la deuxième vague – nous sommes à la merci d’une reprise en France. Jean-François Delfraissy redoute, dans ce contexte, la formation d'un "super cluster" non maîtrisé, comme ce fut le cas à Mulhouse en février dernier, point de départ d'une épidémie qui a fortement endeuillé la région Grand Est. "On le sait maintenant : il suffit qu’il y ait un supercontaminateur dans une assemblée et ça repart comme à Mulhouse", avertit le spécialiste, évoquant ces cas inexpliqués de personnes particulièrement contagieuses. 2 500 fidèles venus des quatre coins de l'Hexagone avaient répondu présent, comme chaque année, à l'appel de l'Église évangéliste dans la préfecture du Haut-Rhin et selon une enquête de Radio France, ce rassemblement avait provoqué la contamination d'au moins 1 000 personnes.

Le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon l'affirmait lui aussi dans une interview au Figaro mardi 7 juillet : "il faut se préparer à une reprise de l’épidémie, voire à une deuxième vague". "Le virus circule toujours sur l’ensemble du territoire national et certaines personnes en sont porteuses sans le savoir", a-t-il assuré, détaillant au passage la manière dont le gouvernement se prépare à ce retour du virus. Cette 2e vague sera selon lui intimement liée au comportement des Français. "Plus que jamais, et même si ce sont les vacances estivales, j’appelle l’ensemble des Français à la prudence, à la vigilance et au bon sens en conservant les bons réflexes, les gestes barrières et d’hygiène car ce sont nos comportements individuels et collectifs qui conditionnent le risque de reprise de l’épidémie", indiquait encore le Directeur général de la Santé qui estime que "si nous voulons éviter cela, il faut que chacune et chacun continue de respecter les mesures barrières, les mesures d’hygiène, la distanciation physique et le port du masque, surtout en situation de promiscuité et dans un espace clos".

Les autorités ne sont pas les seules à montrer des signes de fébrilité. Plusieurs médecins et spécialistes se sont exprimés ces derniers jours sur le risque de reprise du coronavirus en France. Sur France Inter lundi 6 juillet, Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, avait lui aussi averti "qu’à moyen terme, quand il recommencera à faire froid dans l'hémisphère nord, le virus reviendra". Selon lui, "ce qui se passe dans l'hémisphère sud est extrêmement inquiétant", avec "une montée de l'épidémie très forte dans les pays qui sont aujourd'hui en période hivernale : l'Australie, Madagascar, l'Afrique du Sud". Le scientifique est aussi préoccupé par le regain de l'épidémie en Espagne qui doit selon lui être un "signal d'alerte" pour la France. "L'Espagne est un pays qui a vécu une épidémie très similaire à celle de la France, d'une violence extrême début mars, avec un confinement très strict qui a bien marché. Ils ont vraiment réussi à contrôler la circulation du virus comme la France l'a fait. Et pourtant, ils se retrouvent maintenant avec des nouveaux foyers qui les obligent à repasser à des confinements qui cette fois-ci sont localisés", a-t-il souligné. Plus pessimiste encore, le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, craint, dans Le Parisien, "une seconde vague dès cet été". Pour cet autre spécialiste, la chaleur ne change pas grand chose au problème : "en Amérique, en Guyane, l'épidémie flambe alors qu'il fait 35 degrés". "Le fait d'être en extérieur, l'été, réduit un peu la circulation du virus mais pas dans de grandes proportions", précise ce dernier, qui voit lui aussi les reconfinements en Espagne, au Portugal ou en Angleterre comme un "avertissement". Eric Caumes estime qu'en "France, nous sommes d'un grand laxisme". "On traite le virus avec mépris, on se fera rattraper", prédit le médecin qui ajoute que dans son hôpital, l'unité Covid est déjà "pleine". "J'ai été obligé d'en ouvrir une autre en début de semaine dernière". Auprès de LCI jeudi 9 juillet, le professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Pompidou à Paris a abondé : "On a du mal nous en France à apprendre de nos erreurs, c'est très français. Pourtant, l'affaire n'est pas terminée". Et d'jouter : "Les vacances arrivant, il me semble important de maintenir en état notre organisation et faciliter le testing des gens".

Face à ces inquiétudes, le Premier ministre Jean Castex a tout fait savoir mercredi 8 juillet qu'"un plan de reconfinement ciblé" était prêt, mais qu'un reconfinement généralisé comme au mois de mars, avec des "conséquences terribles, économiques, humaines", était exclu.

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