DIRECT. Coronavirus en France : alerte sur la contamination par l'air, une 2e vague jugée inévitable

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DIRECT. Coronavirus en France : alerte sur la contamination par l'air, une 2e vague jugée inévitable CORONAVIRUS. Le bilan de l'épidémie de coronavirus en France approche désormais des 30 000 décès. Alors que la situation continue de s'améliorer à l'hôpital, plusieurs médecins s'inquiètent de l'abandon des mesures barrière et craignent un retour du Covid-19 à la rentrée...

Le coronavirus peut-il se transmettre plus facilement par l'air ?

L'épidémie de coronavirus semble pour l'heure contrôlée en France, où la barre des 30 000 morts pourrait néanmoins être franchie dans les prochains jours. Mais plusieurs médecins s'inquiètent du relâchement désormais très net dans l'application des mesures barrières et prédisent une 2e vague à l'automne voire dès cet été. C'est dans ce contexte que des scientifiques alertent sur "la transmission aérienne du Covid-19". Dans une lettre publiée dans la revue Clinical Infectious Diseases d'Oxford, deux chercheurs, Lidia Morawska de l'université de Queensland (Australie) et Donald Milton de l'université du Maryland, s'adressent directement à l'Organisation mondiale de la santé, à "la communauté médicale et les organismes nationaux et internationaux compétents" pour les exhorter à "reconnaître le potentiel de transmission aérienne du Covid-19". Ce texte, co-signé par plus de 230 scientifiques internationaux, veut démontrer que le coronavirus se transmet par suspension de particules virales dans l'air, et non seulement par la projection de gouttelettes (par la toux, l'éternuement et la parole) sur le visage d'autrui ou des surfaces. "Il y a un risque important d'inhalation de virus contenus dans des gouttelettes respiratoires microscopiques (microgouttelettes) à des distances courtes et moyennes (jusqu'à plusieurs mètres, de l'ordre de l'échelle d'une pièce)", assurent les auteurs qui prônent "le recours à des mesures préventives pour empêcher cette voie de transmission aérienne". Alors que le déconfinement est à l'oeuvre dans plusieurs pays, les experts conseillent, de mieux ventiler les espaces de travail, les écoles, les hôpitaux et maisons de retraite, et d'installer des outils de lutte contre les infections tels que des filtres à air sophistiqués et des rayons ultraviolets spéciaux qui tuent les microbes dans les conduits d'aération. "Nous espérons que notre déclaration fera prendre conscience que la transmission par voie aérienne de COVID-19 est un risque réel et que les mesures de contrôle, telles que décrites ci-dessus, doivent être ajoutées aux autres précautions prises, pour réduire la gravité de la pandémie et sauver des vies", concluent les auteurs.

Une 2e vague de coronavirus cet été ou à l'automne ?

Les indicateurs du coronavirus en France semblent pour leur part toujours au vert. Toutefois, le spectre d’une seconde vague menace. Sur France Inter, ce lundi 6 juillet 2020, Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, a averti "qu’à moyen terme, quand il recommencera à faire froid dans l'hémisphère nord, le virus reviendra." Selon lui, "ce qui se passe dans l'hémisphère sud est extrêmement inquiétant", avec "une montée de l'épidémie très forte dans les pays qui sont aujourd'hui en période hivernale : l'Australie, Madagascar, l'Afrique du Sud". Le scientifique est aussi préoccupé par le regain de l'épidémie en Espagne qui doit selon lui être un "signal d'alerte" pour la France. "L'Espagne est un pays qui a vécu une épidémie très similaire à celle de la France, d'une violence extrême début mars, avec un confinement très strict qui a bien marché. Ils ont vraiment réussi à contrôler la circulation du virus comme la France l'a fait. Et pourtant, ils se retrouvent maintenant avec des nouveaux foyers qui les obligent à repasser à des confinements qui cette fois-ci sont localisés", a-t-il souligné. Plus pessimiste encore, le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, craint, dans Le Parisien, "une seconde vague dès cet été". Pour cet autre spécialiste, la chaleur ne change pas grand chose au problème : "en Amérique, en Guyane, l'épidémie flambe alors qu'il fait 35 degrés". "Le fait d'être en extérieur, l'été, réduit un peu la circulation du virus mais pas dans de grandes proportions", précise ce dernier, qui voit lui aussi les reconfinements en Espagne, au Portugal ou en Angleterre comme un "avertissement". Eric Caumes estime qu'en "France, nous sommes d'un grand laxisme". "On traite le virus avec mépris, on se fera rattraper", prédit le médecin qui ajoute que dans son hôpital, l'unité Covid est déjà "pleine". "J'ai été obligé d'en ouvrir une autre en début de semaine dernière".

Combien de cas et de morts du coronavirus en France ? Dernier bilan

Le dernier bilan de l'épidémie de coronavirus en France a été communiqué ce lundi 6 juillet, par Santé publique France. La situation à court terme continue de s'améliorer avec des hospitalisations, un nombre de cas en réanimation, mais aussi un taux de positivité des tests et un nombre de clusters en cours d'investigation en baisse. Avec 27 décès en plus, la France approche en revanche la barre des 30 000 morts du Covid-19 :

  • 168 335 cas confirmés par PCR, soit 1375 de plus
  • 29 920 décès au total, soit 27 de plus
  • 19423 décès à l'hôpital, soit 27 de plus
  • Décès en Ehpad non communiqués
  • 7850 hospitalisations en cours, soit 140 de moins
  • 548 personnes actuellement en réanimation, soit 12 de moins
  • 77319 personnes sorties de l'hôpital, soit 259 de plus
  • Taux de positivité des tests : 1,3% soit 0,1 point de moins
  • 82 clusters en cours d'investigation, soit 6 de moins
  • 2 départements en vulnérabilité élevée (Guyane et Mayotte)

NB : les données relatives aux personnes hospitalisées et en réanimation présentées ci-dessus correspondent au nombre de patients en cours de soins et non au cumul depuis le début de l'épidémie. En cumul, on enregistre 105 048 hospitalisations. De même, l'évolution des hospitalisations et des cas en réanimation en 24 heures correspond à des chiffres net, tenant compte des guérisons et des décès. Dans les dernières 24 heures, en brut, 98 hospitalisations de plus ont été enregistrées et 10 admissions en réanimation.

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11:10 - En France, les personnes nées à l'étranger ont connu une surmortalité plus importante

D’après une étude de l’INSEE, publiée ce mardi 7 juillet 2020, en mars-avril 2020, 120 000 décès ont été enregistrés, contre 102 800 en 2019, soit une hausse de 25%. L’institut officiel de statistique a mis en exergue une disparité selon le pays de naissance. En l’espèce, les décès des personnes nées à l’étranger ont augmenté de 48% par rapport à 2019, contre 22% pour les nationaux nés en France. Pour les individus nés au Maghreb, l'Insee recense 8 300 décès en mars et avril contre 5 400 en 2019. Dans le reste de l'Afrique, le chiffre est porté à 2 000 décès contre 900 l'an passé. Concernant les personnes originaires d'Asie, 1 600 décès ont été recensés contre 800 en 2019.

10:35 - Le point dans le Grand Est

Selon les données de l'ARS Grand Est, en date du 6 juillet 2020, 1 008 patients Covid+ sont toujours hospitalisés, dont 48 en réanimation. Au cours des dernières 24 heures, un patient est décédé. Huit malades ont pu regagner leurs domiciles.

10:25 - 127 "clusters" en cours d'investigation

En France, 127 "clusters" sont en cours d'investigation. Depuis le 9 mai, date du déconfinement, 324 cas groupés ont été identifiés, dont 3 nouveaux. Mais, 197 foyers de contamination ont été clôturés.

10:20 - Des preuves de la contamination par l'air incomplètes

Les preuves sont incomplètes pour démontrer la transmission des microgouttelettes COVID-19, mais les auteurs soulignent qu'elles le sont tout autant pour les "modes de transmission par grosses gouttelettes et fomites". "Conformément au principe de précaution, nous devons aborder chaque voie potentiellement importante pour ralentir la propagation de COVID-19", concluent-ils.

10:15 - Le traitement lopinavir-ritonavir abandonné par les programmes Solidarity et Discovery

Les essais cliniques européens Solidarity et Discovery ont cessé l'expérimentation de l'association lopinavir-ritonavir contre le Covid-19. Ce traitement, utilisé habituellement contre le VIH, se révèle inefficace contre le nouveau coronavirus et est suspecté d’effets indésirables.

10:08 - Les locaux ou les environnements clos propices au coronavirus

La transmission par l'air est particulièrement favorisée dans les locaux ou les environnements clos, "en particulier ceux qui sont surpeuplés et dont la ventilation est insuffisante", indiquent les scientifiques. Un regard doit être porté sur le nombre de personnes présentes dans une pièce et aux expositions prolongées. "La transmission par voie aérienne semble être la seule explication plausible de plusieurs événements de super propagation étudiés qui se sont produits dans de telles conditions", indique encore le texte publié dans la revue Clinical Infectious Diseases.

09:47 - La plupart des organismes de santé publique ne reconnaissent pas la transmission par l'air

Les orientations actuelles de nombreux organismes internationaux et nationaux portent sur le lavage des mains, le maintien de la distance sociale, et les précautions contre la toux ou les éternuements. La plupart des organismes de santé publique, notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne reconnaissent pas la transmission par voie aérienne. "Le lavage des mains et la distanciation sociale sont appropriées, mais à notre avis, insuffisantes pour assurer une protection contre les maladies respiratoires", indiquent les scientifiques.

09:25 - Le virus maintient son infectivité dans les aérosols

"Il y a toutes les raisons de penser que le CoV-2 du SRAS se comporte de même, et que la transmission par les microgouttelettes en suspension dans l'air est importante. L'ARN associé aux gouttelettes de taille inférieure à 5 μm a été détecté dans l'air, et il a été démontré que le virus maintient son infectivité dans des gouttelettes de cette taille. Il a été démontré que d'autres virus survivent aussi bien, sinon mieux, dans les aérosols que dans les gouttelettes sur une surface", est-il encore écrit dans le document publié dans la revue Clinical Infectious Diseases d'Oxford.

09:21 - Bien d'autres virus pourraient se transmettre par l'air

De nombreuses études sur la propagation d'autres virus, y compris le virus respiratoire syncytial (VRS), le MERS-CoV et la grippe montrent que des
les virus transmis par l'air peuvent être exhalés et/ou détectés dans l'environnement intérieur des patients infectés.

09:10 - Un "schéma spatial des infections"

Pour étayer leur thèse d'une transmission par l'air, les scientifiques citent "plusieurs études rétrospectives menées après l'épidémie de SRAS-CoV-1" qui "ont démontré que la transmission par voie aérienne" était un "mécanisme le plus probable pour expliquer le schéma spatial des infections". "Une analyse rétrospective a montré la même chose pour le CoV-2 du SRAS", ajoutent les auteurs. Ils évoquent une étude, déjà mentionnée dans ce live, qui avait été menée dans un restaurant chinois où aucune preuve de contact entre les personnes contaminées n'avait été établie.

08:52 - Un virus capable de se déplacer à "des dizaines de mètres"

"Les études des signataires et d'autres scientifiques ont démontré au-delà de tout doute raisonnable que les virus sont libérés lors de l'expiration, de la parole et de la toux en microgouttelettes suffisamment petites pour rester en suspension", écrivent encore les auteurs qui évoquent "un risque d'exposition à des distances supérieures à 1 ou 2 m d'un individu". "Une gouttelette de 5 μm se déplacera des dizaines de mètres, bien plus loin que l'échelle d'une pièce typique, tout en s'installant d'une hauteur de 1,5 m au sol", précisent-ils encore. 

08:22 - Un potentiel d'inhalation de microgouttelettes à plusieurs mètres

"Nous appelons la communauté médicale et les organismes nationaux et internationaux compétents à reconnaître le potentiel de propagation aérienne du COVID-19. Il existe un potentiel important d'inhalation [...] de gouttelettes microscopiques (microgouttelettes) à des distances courtes ou moyennes (jusqu'à plusieurs mètres, ou à l'échelle d'une pièce), et nous préconisons le recours à des mesures préventives pour atténuer cette voie de transmission aérienne", écrivent les auteurs.

08:19 - Une alerte de plus de 230 scientifiques sur la contamination par l'air

Bonjour et bienvenue dans notre direct ou nous poursuivons notre tour d'horizon de l'actualité du coronavirus en France, et des connaissances de la maladie. Les dernières 24 heures ont été marquées par la publication d'une lettre d'alerte de 237 scientifiques internationaux sur la contamination par voie aérienne (et pas seulement par gouttelettes après une toux un éternuement). Dans une lettre publiée dans la revue Clinical Infectious Diseases d'Oxford, ces scientifiques estiment qu'il y a un risque important d'inhalation du virus et appellent l'OMS a reconnaître ce mode de contamination.

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