Confinement en France : pas de reconfinement cette semaine, mais fin janvier ?

Chargement de votre vidéo
"Confinement en France : pas de reconfinement cette semaine, mais fin janvier ?"

Confinement en France : pas de reconfinement cette semaine, mais fin janvier ? RECONFINEMENT. Il ne fait plus guère de doute qu'un nouveau reconfinement sera instauré en France dans les prochaines semaines, selon les projections de spécialistes. A quelle date le nouveau confinement peut-il survenir ?

[Mis à jour le 20 janvier 2021 à 20h02] La France peut-elle échapper à un nouveau confinement ? Compte tenu de l'évolution épidémique légèrement à la hausse, avec des cas de contamination quotidiens encore contenus, mais à un niveau élevé, les épidémiologiques n'y croient pas vraiment. Et les Français non plus d'ailleurs. Selon un sondage Opinion Way pour Les Echos, publié lundi, 72% des interrogés considèrent qu'un "nouveau confinement aura lieu prochainement". Il faut dire que la tendance épidémiologique laisse craindre de nouvelles restrictions : ce mercredi 20 janvier, les chiffres communiqués par le ministère de la Santé ne sont pas bons, avec près de 26 800 cas, près de 3000 de plus que mercredi dernier. Et la tension dans les services hospitaliers ne faiblit pas, au contraire.

Le gouvernement tient pour le moment sa ligne : le reconfinement ne doit être envisagé que comme "un dernier recours" et si confinement il y a, il n'est pas pour tout de suite. Ce mercredi 20 janvier, le porte parole du gouvernement Gabriel Attal a tenu à apporter cette clarification : "Il n'y aura pas d'évolution des restrictions nationales cette semaine", a-t-il fait savoir, écartant donc un nouveau confinement avant le 25 janvier.

Un 3e confinement inévitable ?

L'exécutif le sait pourtant très bien, tout comme les autorités sanitaires, l'épidémie de coronavirus ne va pas se résorber d'elle-même et la vaccination ne produira des effets sur la circulation du Covid-19 en France que dans quelques mois, comme l'ont indiqué de concert Jean Castex et Olivier Véran le 14 janvier. Sans restrictions supplémentaires, le virus se renforcera. Les épidémiologistes sont majoritairement d'accord pour signifier que le variant anglais du virus, plus contagieux, va s'étendre et imposer un durcissement des interdictions de déplacement. "Nous tenons, plusieurs fois par semaine, des réunions. Nous prenons des décisions. Elles sont importantes", a rappelé Emmanuel Macron en marge d'un déplacement dans l'Eure, jugeant impératifs "des changements" de stratégie "d'une semaine à l'autre", face à un "virus qui évolue comme évolue le vivant".

Des voix s'élèvent depuis la mi-janvier en tout cas pour une réaction rapide et puissante en cas d'aggravation. Pour Arnaud Fontanet, épidémiologiste, les mesures prises doivent agir rapidement, le "couvre-feu à 18h étant la dernière chance avant le confinement" selon ses mots sur BFMTV. Karine Lacombe, infectiologue, se veut à la fois rassurante et préoccupante en expliquant que la France ne fait pas face à un "boom" des contaminations et que le pays est dans une phase de plateau légèrement ascendante, mais qu'avec le variant, le mois de mars s'annonce très "dur", toujours sur BFM TV. Enfin, Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP de Paris, estime également sur France Info que le plateau est légèrement ascendant dans les hôpitaux et qu'il faudra probablement aller "au-delà" du couvre feu même s'il est encore trop tôt pour y voir ses effets selon lui.

Le confinement peut-il être décidé avant fin janvier 2021 ?

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique qui formule régulièrement des recommandations à Emmanuel Macron, a jugé sur France Info mercredi 13 janvier que s'il nous n'étions pas encore "dans l'urgence", il fallait déjà se préparer à durcir les restrictions. "Plus vite on prend les décisions, plus elles seront efficaces et éviteront des décisions plus difficiles, plus tardivement", a-t-il prévenu. Certains professionnels de santé, des médecins et membres de l'association PandémIA , estiment qu'un reconfinement rapide est inévitable, dans une tribune publiée dans Le Monde le lundi 11 janvier, intitulée "Covid-19 : 'Il est à craindre que l'aggravation de l'actuelle vague impose mi-janvier un nouveau confinement'". Dans une volonté de soulager le système de santé, ces médecins jugent que "le confinement strict et précoce est la meilleure arme contre la propagation virale, même s'il est de plus en plus mal vécu par la population". Sur BFMTV le même jour, le professeur Gilles Pialoux a estimé qu'un nouveau confinement était "inévitable sur le plan sanitaire". Et d'ajouter : "Ce qu'il faudra discuter, c'est son intensité en matière territoriale et la date de décision".

Une récente étude conjointe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'Institut Pasteur, publiée ce lundi 19 janvier mais datée d'il y a déjà quelques jours, présente plusieurs modélisations concernant l'évolution de la crise sanitaire en France. L'Inserm y a intégré l'impact du variant britannique du coronavirus (VOC-202012/01), estimant que ce dernier serait dominant en France entre fin février et mi-mars. Selon l'organisme, un nouveau pic d'hospitalisations est donc à prévoir. Selon le rapport, "en l'absence d'interventions" (ce qui est purement théorique), "les nouvelles hospitalisations hebdomadaires devraient atteindre le niveau du pic de la première vague (environ 25 000 hospitalisations) entre mi-février et début avril". La vaccination pourrait permettre de réduire de 20 à 40% ce potentiel pic d'hospitalisation, mais ses effets mettront plusieurs semaines avant d'être réellement visibles.

Un confinement le week-end est-il envisageable ? 

Si un nouveau confinement était décidé, sa forme pourrait en effet évoluer. Entre le confinement de mars-avril 2020 et celui de novembre-décembre, des évolutions avaient déjà été décidées, notamment le maintien des écoles ouvertes. Cette fois, à la mi-janvier, plusieurs échos faisaient état d'un possible reconfinement le samedi et dimanche seulement. "L'objectif serait ainsi d'assortir un couvre-feu national à 18h d'un reconfinement total le samedi et le dimanche", indiquait Le Figaro avant la conférence de presse du 14 janvier, estimant que cette piste était bien "sur la table". Elle demeure d'ailleurs une éventualité pour un futur plus ou moins proche même si elle n'a finalement pas été annoncée mi-janvier par le gouvernement.

Le confinement le week-end réduirait de manière considérable les déplacements et interactions sociales selon ses défenseurs et devrait ainsi permettre de limiter la transmission du virus sur le territoire. Et l'idée ne sort pas de nulle part. Cette mesure "hybride" avait déjà été évoquée avant le deuxième confinement en novembre dernier. Elle a même déjà été mise en place en France, en Guyane. Le couvre-feu avait été imposé l'été dernier de 17h à 5h du matin, assorti d'un confinement le week-end entre 13h et 5h.

Quels sont les critères déterminant un reconfinement en France ?

Pour mettre en place son plan d'action, l'exécutif poursuit les consultations et les recommandations du Conseil scientifique sont toujours écoutées. Son président Jean-François Delfraissy a fait savoir dans les colonnes de L'Express en toute fin d'année 2020 que les autorités sanitaires scrutaient avec une vigilance accrue les indicateurs donnant la tendance pour les jours à venir. "Si ces marqueurs augmentent, il faudra alors mettre sur la table les options possibles : extension du couvre-feu, mesures nationales... À l'inverse, si les indicateurs restent stables, on pourra envisager certaines réouvertures", a-t-il estimé. Et les chiffres sur l'épidémie de Covid-19 révèlent des situations diverses mais préoccupantes au niveau national et selon les régions.

Si les critères exacts pour reconfinés ne sont pas établis clairement, on se souvient que lors du premier confinement en mars 2020, le taux d'incidence, l'un des principaux critères d'évaluation de la dynamique épidémique, avait culminé à plus de 50 cas pour 100 000 habitants. Aujourd'hui, cet indicateur a franchi les 190 cas pour 100 000 en moyenne nationale, avec des taux dépassant localement les 400 cas pour 100 000 à Nice par exemple. Comme l'a indiqué Jean Castex lui-même le 14 janvier et comme on peut l'observer sur les cartes du Covid, plus aucun département en métropole ne se trouve aujourd'hui sous cette barre d'alerte des 50 cas pour 100 000 habitants. Pour rappel, quand Emmanuel Macron a annoncé le 2e confinement le 28 octobre dernier, le taux d'incidence dépassait les 480 cas pour 100 000 habitants. Mais ce critère est difficile à saisir du fait de plusieurs évolutions : en mars 2020, la politique de tests minimale sous-estimait très probablement le nombre de cas et depuis octobre, la méthode de calcul a encore évolué... 

Le nombre de reproduction du coronavirus peut aussi être considéré. Il doit quant à  lui être sous la barre de 1 nouveau patient contaminé en moyenne par malade pour que l'épidémie régresse. Et il est aujourd'hui au-dessus de ce niveau. A la mi-mars 2020, date du premier confinement, il était cependant estimé à près de 2. Fin octobre, avant le deuxième confinement, il était à 1,3. 

Le gouvernement regarde aussi de près le niveau de remplissage des services de réanimation pour éviter la saturation. Au 19 janvier, les patients Covid occupaient 55% des lits de réanimation. Ce taux était de 60% à la veille du deuxième confinement en octobre dernier.

Jean-François Delfraissy a aussi indiqué que les autorités sanitaires considéraient avec une attention permanente "la courbe des hospitalisations", qui stagne soit dit en passant autour des 25 000 patients depuis la mi-décembre et tend en ce moment à la hausse, et le nombre de contaminations des personnes de plus de 65 ans.

Quels pays européens sont actuellement sous confinement ?

Au sortir des fêtes de fin d'année, partout en Europe, les restrictions se sont durcies. En Angleterre, si la vaccination bat son plein, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé un reconfinement total jusqu'au mois de mars. Il faut dire que sur place, le variant britannique du coronavirus fait des ravages. L'Écosse, l'Irlande du Nord et le Pays de Galles ont également mis en place un nouveau confinement.

En Allemagne, la situation n'est guère plus idyllique. Angela Merkel a annoncé un durcissement du confinement, accompagné d'un prolongement jusqu'au 14 février, avec la possibilité d'une extension jusqu'en avril. En Autriche, le troisième confinement a débuté dès le 26 décembre et doit se poursuivre jusqu'au 24 janvier, avec un allègement possible à partir du 18 janvier.  Au Danemark et en Grèce, les confinements mis en place ont été prolongés, et même pour le Danemark étendu à l'ensemble du pays, respectivement jusqu'au 17 et au 10 janvier. Des confinements partiels sont en vigueur au Portugal et au Pays-Bas. Enfin, en Slovaquie et en Espagne, un couvre-feu est en place, de même que des confinements locaux, dans certaines régions. Outre les restaurants, bars et lieux de culture, les commerces non-essentiels sont souvent fermés et les déplacements très restreints.

Lire aussi

Consultez les chiffres du coronavirus dans votre commune

Nouveaux cas de covid, taux de positivité des tests, part de la population testée... Linternaute vous propose de consulter gratuitement les données sur l'évolution de l'épidémie dans votre commune. Voir
 

Quel était le calendrier initial du gouvernement lors du déconfinement ?

Pour rappel, le confinement, décidé par le gouvernement pour endiguer la propagation exponentielle du Covid-19, a été instauré pour la première fois entre le 17 mars et le 11 mai 2020 puis une deuxième fois entre le 29 octobre et le 15 décembre 2020. Un déconfinement très progressif avait été décidé dès lors, en trois étapes. Celui-ci devrait arriver à son terme, dans le meilleur des cas, le 20 janvier. Voici le plan du gouvernement, qui a été plusieurs fois réajusté :

  • Etape 1 - Un allègement du confinement a débuté samedi 28 novembre. Les commerces non-essentiels ont pu rouvrir, les services à domicile ont pu reprendre. Cependant, tous devaient dès lors répondre à un protocole sanitaire très strict et respecter un horaire limite, fixé à 21 heures. Les rassemblement dans les lieux de culte ont été limités avec une jauge maximale de 30 personnes. Enfin, les activités extra-scolaires en extérieur ont repris. Il faut depuis continuer à télétravailler le plus possible et éviter au mieux les déplacements. Les Français ont par ailleurs pu bénéficier provisoirement non plus d'une, mais bien de trois heures de promenade quotidienne. La limite de un kilomètre autour du domicile a alors été levée et remplacée par un rayon de 20 kilomètres jusqu'au déconfinement complet, le 15 décembre.
  • Etape 2 - La fin du confinement a eu lieu avant Noël, le 15 décembre, rendant possible les déplacements entre les régions lors des fêtes de fin d'année. Un couvre-feu a en revanche remplacé ce confinement à compter du 15 décembre, de 20h à 6h, il a été décidé de l'avancer à 18 heures dans quelques départements puis dans toute la France le 18 janvier 2021. Cinémas, théâtres et musées n'ont pas ouvert leurs portes lors de cette phase de déconfinement perturbée. Pas de réouverture non pour les stations de ski, pour les bars et les restaurants.
  • Etape 3 - Emmanuel Macron avait fixé comme objectif de passer sous les 5000 nouveaux cas par jour pour arriver à une nouvelle étape de ce déconfinement, à partir du 20 janvier, avec la fin espérée du couvre-feu. Mais loin de cet objectif (entre 15 000 et 20 000 cas par jour en moyenne), le couvre-feu a été prolongé. Le 14 janvier, le gouvernement a annoncé en conférence de presse le maintien du couvre-feu pour deux nouvelles semaines. Soit au moins jusqu'à la fin janvier.