Confinement en France : un reconfinement "comme en mars" dès ce vendredi ?

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Confinement en France : un reconfinement "comme en mars" dès ce vendredi ? RECONFINEMENT. La semaine s'annonce décisive : le gouvernement se retrouve ce mercredi en Conseil de défense pour trancher sur le reconfinement. Même si rien n'est acté, la possibilité d'un confinement strict est sur la table.

L'essentiel
  • Alors que les rumeurs couraient sur une éventuelle prise de décision cette semaine, Emmanuel Macron a fait savoir ce lundi en fin de journée qu'il ne se prononcerait pas sur le confinement cette semaine. D'après franceinfo, le chef de l'État veut "tout faire" pour éviter un nouveau reconfinement, mais souhaite encore attendre pour en savoir plus sur les effets du couvre-feu national dès 18 heures. Dans le même temps, un Conseil de défense est prévu ce mercredi, dont les décisions prises seront détaillées le lendemain, lors d'une conférence de presse.
  • L'exécutif va analyser d'ici à mercredi les effets du couvre-feu avancé à 18h, imposé à l'échelle nationale depuis dix jours maintenant. En fonction de l'effet de cette mesure, trois scénarios sont à anticiper, note Le Monde. Si les chiffres sont contenus grâce au couvre-feu, un statu quo serait alors décidé et le reconfinement repoussé. La deuxième option réside dans le fait de trancher pour un confinement souple, à l'image de ce qui avait été instauré en novembre. C'est le scénario privilégié par une bonne partie du gouvernement, à l'instar de Bercy qui souhaite la poursuite - même modérée - de l'économie et du ministère de l'Education, évidemment très réticent à l'idée de fermer les écoles. Enfin, un confinement "comme en mars" pourrait également être décidé, même si cela reste la décision la moins probable. "On est plutôt sur un format novembre, avec écoles ouvertes et commerces fermés", a glissé un membre du gouvernement au Figaro. Mais si l'explosion des contaminations due au variant anglais constatée au Royaume-Uni survient en France, cette option pourrait alors être décidée en dernier recours. Quelle que soit la décision du gouvernement en matière de reconfinement, celui-ci pourrait être acté dans la semaine et être mis en place "vendredi à minuit", selon un conseiller de l’exécutif cité par Le Monde.
  • Officiellement et pour l'heure, rien n'est cependant acté. Aucune prise de parole présidentielle n'est prévue et sur France 3 ce dimanche, Gabriel Attal a assuré qu'"il n’y a pas de décision de prise”. Le porte-parole du gouvernement a malgré tout concédé que "les prochains jours seront décisifs", même s'il s'agit encore de laisser sa chance au couvre-feu avancé. "Il avait déjà été mis en place dans certains départements au début du mois de janvier et on a commencé, il y a une semaine, à voir ces effets dans ces départements”, a-t-il positivé, tout en rappelant que "tous les scénarios sont sur la table". Quoi qu'il arrive, Olivier Véran a rappelé ce week-end dans Le Parisien que le gouvernement "n’attendra pas le mois de mars pour agir". "Si ça ne baisse pas, si les variants commencent à se diffuser partout, alors on prendra des mesures supplémentaires, évidemment. Et cela s'appelle le confinement", a expliqué le ministre de la Santé.
  • Le monde scientifique plaide quasi unanimement pour un nouveau confinement. Jean-François Delfraissy, sur BFMTV, a estimé ce dimanche  qu'on ne pouvait "pas rester comme on est maintenant". Le président du Conseil scientifique s'est inquiété tout particulièrement, comme beaucoup, des variants du Covid-19, assurant que "les mesures intermédiaires n'ont pas suffisamment marché" et plaidant pour un "confinement", cet outil certes "très barbare", mais qui possède un réel impact "sur la circulation du virus en général, et sur la circulation du variant en particulier". Même son de cloche chez Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine (Paris), selon qui le reconfinement est "irrémédiable". "Nous, scientifiques, considérons que l'on ne peut pas attendre. Il est toujours plus efficace d'être préventif", a-t-elle plaidé au micro du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI.
  • Interrogé sur LCI, Jean-Michel Blanquer a indiqué vouloir garder les écoles ouvertes sauf en cas de nécessité "absolue". "Être privé d'école, ça peut être très grave pour les enfants sur le plan éducatif, social, psychologique et même sanitaire. Même dans une hypothèse de confinement, je souhaite que les écoles restent ouvertes", a fait savoir le ministre de l'Éducation ce lundi.
En direct

23:31 - Frédéric Valletoux : "Anticipons !"

FIN DU DIRECT - Pour Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, "lors du second confinement, on a sans doute reconfiné un peu tardivement, notamment par rapport aux préconisations dès la fin de l'été du Conseil scientifique". "Anticipons !", a martelé le maire (Agir) de Fontainebleau, dans une interview accordée à BFMTV. "N’attendons plus cette fois-ci pour que les mesures de confinement soient les moins strictes possibles." Avec plus de 26 000 patients Covid+ à l'hôpital, "la pression sur celui-ci est importante", a-t-il ajouté dans un post mis en ligne ce lundi sur Twitter.

22:54 - Pour Fabien Quedeville, le confinement a une balance bénéfice-risque "défavorable"

Les conséquences du confinement sur le moral des Français sont tangibles : dépression, prise de poids, angoisses... Des constations que partage Fabien Quedeville, médecin généraliste, interviewé sur CNews. "Quand on parle de traitement, on parle de balance bénéfice-risque et on sait bien qu'un confinement a une balance bénéfice-risque défavorable", a affirmé le médecin dans l'émission L'Heure des pros. Le confinement n'a pas montré d'efficacité sur la réduction de l'épidémie ou de la mortalité. J'alertais déjà sur les risques à l'époque [du premier confinement en avril]. On sait qu'il y a eu des conséquences néfastes sur la population : augmentation des troubles anxio-dépressifs, dégradations des sujets âgés qui ont perdu en autonomie [...], explosion de l'obésité chez l'enfant..." Déjà touchés par la crise économique, les étudiants figurent parmi les premiers touchés par les confinements successifs. "On connaît la précarité sociale et psychologique des étudiants, a ajouté le médecin. Sur le terrain, on a plus de consultations pour les effets négatifs de la crise que pour la crise."

22:22 - Patrick Martin (Medef) réclame des mesures "pragmatiques"

Pour le président délégué du Medef, les commerces doivent rester ouverts en cas de reconfinement. Interrogé sur franceinfo, Patrick Martin a demandé à ce que les décisions soient prises "de manière pragmatique" de la part du gouvernement. "Ne rentrons pas à nouveau dans ce débat de cornecul qu’on a eu lors du dernier confinement, a-t-il lancé. Qu’est-ce qu’un produit essentiel et un produit non-essentiel ?" Selon le dirigeant de l'organisation patronale, "on soutient tout ce qui peut contribuer à la sécurité sanitaire de nos concitoyens, de nos salariés, des entrepreneurs eux-mêmes". En revanche, Patrick Martin se dit "un peu surpris". "On avait compris que le président de la République se donnait le temps de mesurer les conséquences du couvre-feu. Et le Premier ministre annonce des mesures – on ne sait pas encore lesquelles. Ça crée de l’indécision, ça crée du stress." Pour l'heure, aucune mesure de confinement n'a été officialisée, Emmanuel Macron ayant indiqué ce lundi qu'il se laissait encore le temps de constater les effets du couvre-feu. Mais le scénario est sur la table.

21:39 - L'efficacité "pas nette" du couvre-feu à 18 heures

Dans un contexte où le confinement est de plus en plus pressenti, la question se pose de l'efficacité actuelle du couvre-feu généralisé à 18 heures. À ce sujet, Guillaume Rozier, fondateur de CovidTracker, a son avis : "A priori, le couvre-feu à 18 heures n'a pas un effet très net". En cause, une instauration encore récente du couvre-feu, qui ne date que de dix jours. "Nous n’avons pas observé une explosion de l’incidence depuis qu’il a été mis en place, alors que beaucoup pensaient que cela allait concentrer davantage de population dans les commerces, dans les transports", poursuit-il dans le cadre d'un entretien accordé à LCI. Et de conclure : "Au mieux, le couvre-feu à 18h a eu un effet modéré. Au pire, il n’a pas vraiment été efficace." 

21:15 - Un 3e confinement irrémédiable pour Karine Lacombe

Si Emmanuel Macron a annoncé ne pas prendre de décision cette semaine, coupant court aux rumeurs, plusieurs scientifiques se sont exprimés sur la nécessité de reconfiner le pays. L'infectiologue Karine Lacombe partage cet avis. "Certains membres du gouvernement considèrent qu'on peut attendre, nous, scientifiques, considérons qu'on ne peut pas attendre", a affirmé la cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine, auprès de nos confrères de LCI, en précisant que le reconfinement "paraît irrémédiable". "Il est toujours plus efficace d'être en préventif plutôt que de mettre en place un confinement alors qu'on est déjà au bord de craquer."

20:50 - Jean-Michel Blanquer : "Garder les écoles ouvertes : c'est ma conviction profonde"

Dans un entretien sur le plateau de LCI, Jean-Michel Blanquer s'est félicité que les écoles soient toujours ouvertes en France. "Une victoire pour la France, le pays qui a connu le plus de jours d'école en 2020", a indiqué le ministre de l'Éducation nationale, ce lundi soir, en affirmant que "l'école, c'est fondamental, c'est bon pour nos enfants". "Les Français ont montré leur attachement pour l'école, cette affection française pour l'école, on la trouve réveillée par les circonstances." Quid du calendrier scolaire des vacances de février ? "On étudie toutes les pistes. Tout dépend de la façon dont se passent les vacances qui peuvent être plus contaminantes que la vie scolaire", a-t-il fait savoir.

20:22 - Les vacances de février en péril

Alors que plane l'ombre d'un reconfinement, des professionnels du tourisme s'alarment de l'augmentation des annulations de vacances, notamment dans les Antilles. "Les mesures qui sont imposées à nos concitoyens ont pour conséquence une diminution très forte des réservations dans les Outre-mer", a déploré ce lundi le directeur général du cabinet Protourisme, Didier Arino, à franceinfo. Et d'ajouter : "Les Français ont peu réservé pour les vacances de février. La chute est de 80% de réservations sur un grand nombre de territoires et dans les stations d'altitude." De son côté, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a indiqué que les réservations avaient chuté de 50% pour les vacances de février.

19:40 - Les écoles, derniers lieux à fermer selon la Haute autorité de santé

Interrogée sur France Inter ce lundi, la présidente de la Haute autorité de santé est claire : "Les écoles, c'est ce qu'il faut fermer en dernier". Selon Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, "les enfants sont préservés, ils ne vont pas dans les hôpitaux". D'ici février, les établissements scolaires vont atteindre un rythme de 300 000 tests antigéniques réalisés chaque semaine.

19:08 - La situation épidémique ne nécessite pas de confinement, selon Martin Blachier

D'après l'épidémiologiste Martin Blachier, la situation actuelle de l'épidémie en France "ne nécessite pas un confinement". " "On est sur un plateau, une situation de contrôle, légèrement glissante", a indiqué le spécialiste en santé publique à nos confrères de LCI ce lundi, qui précise que "selon les dernières analyses", le couvre-feu à 18 heures aurait eu un effet de 17% sur la baisse des contaminations dans les premiers départements où il a été instauré. "Aujourd'hui, si on regarde la situation, on ne peut pas dire que cela justifie un confinement, a-t-il ajouté. Si confinement il y a, ce serait pour une autre raison : la peur des variants."

18:30 - Emmanuel Macron ne prendra pas la parole dans les prochains jours

D'après franceinfo, Emmanuel Macron ne prendra pas la parole dans les prochains jours, a indiqué une source proche de l'exécutif auprès de la radio publique. Si le chef de l'État "veut tout faire pour éviter un nouveau reconfinement", il attend encore d'en savoir plus sur les variants et sur les effets du couvre-feu national à 18 heures sur une durée de quinze jours. "Le chef de l'État veut précisément se rendre compte si oui ou non les couvre-feux permettent de contenir la propagation de l'épidémie ou de la faire baisser, comme cela s'était produit l'automne dernier dans les métropoles où cela avait été mis en place", a fait savoir le journaliste Cyril Graziani sur franceinfo, ce lundi.

18:14 - Un troisième confinement, une idée mal acceptée par les Français ?

Alors que le mot-clé #jenemeconfineraipas a été utilisé près de 54 000 fois sur les réseaux sociaux, l'idée d'un troisième confinement pourrait faire l'objet d'une contestation importante de la part des Français, selon BFM TV. Interrogé par la chaîne d'info, le professeur Nicolas Franck craint que les Français ne supportent pas un troisième confinement en moins d'un an. "On a constaté une altération de leur bien-être mental dès le premier confinement, dès mars 2020, a remarqué le psychiatre, chef de pôle au centre hospitalier Le Vinatier à Bron (Rhône), également auteur d'un ouvrage sur la détresse psychologique lié au Covid-19. Quand on subit des choses aussi difficiles, des choses aussi inconfortables et plus qu'inconfortables pour une partie d'entre nous, il y a deux solutions : soit la révolte (...) soit la résignation. Et dans la résignation, vous avez l'effondrement mental, donc je crains que beaucoup de personnes soient dans une souffrance très marquée, au-delà du mal-être." Depuis plusieurs mois, des professionnels de santé alertent sur les risques de "troisième vague psychiatrique" en raison de l'épidémie et des mesures sanitaires. Pour Nicolas Franck, il faudrait également réaliser des campagnes de communication dédiée à la santé mentale, au même titre que pour les gestes barrières. 

17:52 - Encore un appel à laisser les commerces ouverts

A l'image du Médef plus tôt dans la journée, l'organisation nationale des Chambres du commerce et de l'industrie (CCI France) a plaidé pour laisser les commerces ouverts en cas de nouveau confinement. Invité de BFM Business, le patron des CCI Pierre Goguet s'est voulu le porte-parole des commerçants, "moralement extrêmement atteints". "On a des commerçants qui sont responsables et font attention à tous les protocoles sanitaires, qui ont mis en place toutes les mesures successives", a-t-il plaidé, encourageant le gouvernement à autoriser le "click and collect" pour les restaurants.

17:16 - Un confinement avec les commerces ouverts ?

C'est en tout cas la volonté de Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Médef invité de BFMTV ce lundi, qui a appelé à ce que l'éventuel reconfinement "ne soit pas un désastre supplémentaire pour l'économie qui est déjà très mal en point". "On peut imaginer des systèmes de rendez-vous, peut-être des horaires, trouver un moyen que les gens s'étalent", a-t-il proposé.

16:57 - La possibilité d'une confinement contesté inquiète l'exécutif

Alors que l'acceptation d'un nouveau confinement fait figure d'enjeu majeur, le gouvernement s'inquiète de voir cet éventuel reconfinement être contesté par les Français, avec en mémoire les images des Pays-Bas, où des manifestations anti-couvre-feu ont abouti à des violences. Un conseiller de l'exécutif cité par LCI prévoit d'ores et déjà d'assurer une communication très aboutie. "On va devoir se démultiplier, pour aller prêcher la bonne parole des médias", explique-t-il, quand une autre source gouvernementale estime que le pire serait que "le reconfinement soit contesté par les Français".

16:28 - Il faut "que la population comprenne"

C'est l'une des difficultés supplémentaires auxquelles fait face le gouvernement, s'il souhaite instaurer un nouveau confinement : la coopération des Français. Après un premier, puis un second confinement, la population pourrait être moins encline à accepter une troisième mise sous cloche, en témoignent les violences ayant émané des manifestations anti-confinement aux Pays-Bas. "La vraie hésitation, elle est liée à l’acceptabilité", a confié un proche du pouvoir à LCI, jugeant que l'approbation des Français serait passée de 85-95% au premier confinement à 40% pour le potentiel à venir. Ainsi, le gouvernement entend "faire de la pédagogie, de l’explication. Que la population comprenne", insiste une autre source gouvernementale, toujours auprès de la chaîne info.

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Un reconfinement inévitable, mais à quelle date ?

Le gouvernement a bien en tête toutes les données de l'équation. Un reconfinement pourrait être terrible pour l'économie française, durement affectée par cette crise sanitaire. Sans restrictions supplémentaires, le virus se renforcera. La question en suspens est : faut-il attendre et jusqu'à quand ?

Faut-il un reconfinement dès la fin du mois de janvier 2021 ? "Il vaut mieux prévenir une crise que de la gérer", a répondu sur France Info Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier. "Le variant est présent, il est plus contagieux, si on espère une nouvelle fois que ce qui arrive chez nos voisins n'arrivera pas chez nous, on risque de devoir se confiner à nouveau pendant de longues semaines et avec une forte incertitude", analyse-t-il, considérant que qu'un reconfinement "fait tôt" pourrait permettre aux Français d'être plus sereins à l'arrivée des beaux jours."Si le confinement est efficace, si le relais derrière est suffisamment efficace, on peut se projeter sur une fin de printemps ou un été relativement au calme".

D'autres voix s'élèvent pour que soient mises en place sans tarder de nouvelles mesures de restrictions. Ce lundi 21 janvier, l'épidémiologiste Renaud Piarroux a considéré sur France Info qu'il était urgent d'instaurer un nouveau confinement. "Je dis au gouvernement, faites-le maintenant, faites-le moins longtemps, mais faites-le. [...] On n'est pas sur une baisse ou une stabilisation, mais une augmentation du nombre de cas de contaminations. [...] On va avoir ce que les Anglais ont pu voir, une remontée de l'épidémie. En ce moment en Grande-Bretagne, je me suis aperçu qu'en même pas trois semaines, on est déjà à 20 000 morts", s'est inquiété le médecin.

Le constat est partagé par l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, pour qui les mesures ne doivent pas tarder, le "couvre-feu à 18h étant la dernière chance avant le confinement" selon ses mots sur BFMTV. Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP de Paris, a quant à lui estimé le 20 janvier qu'il faudrait probablement aller "au-delà" du couvre feu même s'il est encore trop tôt pour y voir ses effets selon lui.

Le 11 janvier, déjà, des médecins et membres de l'association PandémIA , estimaient qu'un reconfinement rapide était inévitable, dans une tribune publiée dans Le Monde le lundi 11 janvier, intitulée "Covid-19 : 'Il est à craindre que l'aggravation de l'actuelle vague impose mi-janvier un nouveau confinement'". Dans une volonté de soulager le système de santé, ces médecins jugaient que "le confinement strict et précoce est la meilleure arme contre la propagation virale, même s'il est de plus en plus mal vécu par la population".

Le reconfinement peut-il attendre fin février ou le mois de mars ? Une récente étude conjointe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'Institut Pasteur, publiée lundi 19 janvier mais datée d'il y a déjà quelques jours, présente plusieurs modélisations concernant l'évolution de la crise sanitaire en France. L'Inserm y a intégré l'impact du variant britannique du coronavirus (VOC-202012/01), estimant que ce dernier serait dominant en France entre fin février et mi-mars. Selon l'organisme, un nouveau pic d'hospitalisations est donc à prévoir. Selon le rapport, "en l'absence d'interventions" (ce qui est purement théorique), "les nouvelles hospitalisations hebdomadaires devraient atteindre le niveau du pic de la première vague (environ 25 000 hospitalisations) entre mi-février et début avril". La vaccination pourrait permettre de réduire de 20 à 40% ce potentiel pic d'hospitalisation, mais ses effets mettront plusieurs semaines avant d'être réellement visibles. Des éléments suffisamment solides pour pousser le gouvernement à reconfiner seulement au printemps ?

Un confinement le week-end est-il envisageable ? 

Si un nouveau confinement était décidé, sa forme pourrait en effet évoluer. Entre le confinement de mars-avril 2020 et celui de novembre-décembre, des évolutions avaient déjà été décidées, notamment le maintien des écoles ouvertes. Cette fois, à la mi-janvier, plusieurs échos faisaient état d'un possible reconfinement le samedi et dimanche seulement. "L'objectif serait ainsi d'assortir un couvre-feu national à 18h d'un reconfinement total le samedi et le dimanche", indiquait Le Figaro avant la conférence de presse du 14 janvier, estimant que cette piste était bien "sur la table". Elle demeure d'ailleurs une éventualité pour un futur plus ou moins proche même si elle n'a finalement pas été annoncée mi-janvier par le gouvernement.

Le confinement le week-end réduirait de manière considérable les déplacements et interactions sociales selon ses défenseurs et devrait ainsi permettre de limiter la transmission du virus sur le territoire. Et l'idée ne sort pas de nulle part. Cette mesure "hybride" avait déjà été évoquée avant le deuxième confinement en novembre dernier. Elle a même déjà été mise en place en France, en Guyane. Le couvre-feu avait été imposé l'été dernier de 17h à 5h du matin, assorti d'un confinement le week-end entre 13h et 5h.

Quels sont les critères déterminant un reconfinement en France ?

Pour mettre en place son plan d'action, l'exécutif poursuit les consultations et les recommandations du Conseil scientifique sont toujours écoutées. Son président Jean-François Delfraissy a fait savoir dans les colonnes de L'Express en toute fin d'année 2020 que les autorités sanitaires scrutaient avec une vigilance accrue les indicateurs sur les taux d'incidence et le nombre d'hospitalisation.

Si les critères exacts pour reconfinés ne sont pas établis clairement, on se souvient que lors du premier confinement en mars 2020, le taux d'incidence, l'un des principaux critères d'évaluation de la dynamique épidémique, avait culminé à plus de 50 cas pour 100 000 habitants. Aujourd'hui, cet indicateur a franchi les 190 cas pour 100 000 en moyenne nationale, avec des taux dépassant localement les 400 cas pour 100 000 à Nice par exemple. Comme l'a indiqué Jean Castex lui-même le 14 janvier et comme on peut l'observer sur les cartes du Covid, plus aucun département en métropole ne se trouve aujourd'hui sous cette barre d'alerte des 50 cas pour 100 000 habitants. Pour rappel, quand Emmanuel Macron a annoncé le 2e confinement le 28 octobre dernier, le taux d'incidence dépassait les 480 cas pour 100 000 habitants. Mais ce critère est difficile à saisir du fait de plusieurs évolutions : en mars 2020, la politique de tests minimale sous-estimait très probablement le nombre de cas et depuis octobre, la méthode de calcul a encore évolué... 

Le nombre de reproduction du coronavirus peut aussi être considéré. Il doit quant à  lui être sous la barre de 1 nouveau patient contaminé en moyenne par malade pour que l'épidémie régresse. Et il est aujourd'hui au-dessus de ce niveau. A la mi-mars 2020, date du premier confinement, il était cependant estimé à près de 2. Fin octobre, avant le deuxième confinement, il était à 1,3. 

Le gouvernement regarde aussi de près le niveau de remplissage des services de réanimation pour éviter la saturation. Au 19 janvier, les patients Covid occupaient 55% des lits de réanimation. Ce taux était de 60% à la veille du deuxième confinement en octobre dernier.

Jean-François Delfraissy a aussi indiqué que les autorités sanitaires considéraient avec une attention permanente "la courbe des hospitalisations", qui stagne soit dit en passant autour des 25 000 patients depuis la mi-décembre et tend en ce moment à la hausse, et le nombre de contaminations des personnes de plus de 65 ans.

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Quels pays européens sont actuellement sous confinement ?

Au sortir des fêtes de fin d'année, partout en Europe, les restrictions se sont durcies. En Angleterre, si la vaccination bat son plein, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé un reconfinement total jusqu'au mois de mars. Il faut dire que sur place, le variant britannique du coronavirus fait des ravages. L'Écosse, l'Irlande du Nord et le Pays de Galles ont également mis en place un nouveau confinement.

En Allemagne, la situation n'est guère plus idyllique. Angela Merkel a annoncé un durcissement du confinement, accompagné d'un prolongement jusqu'au 14 février, avec la possibilité d'une extension jusqu'en avril. En Autriche, le troisième confinement a débuté dès le 26 décembre et doit se poursuivre jusqu'au 24 janvier. Des confinements partiels sont en vigueur au Portugal et au Pays-Bas. Enfin, en Espagne et en Italie, un couvre-feu est en place, de même que des confinements locaux, dans certaines régions. Outre les restaurants, bars et lieux de culture, les commerces non-essentiels sont souvent fermés et les déplacements très restreints.