Reconfinement : un confinement total, mais des écoles ouvertes ? Les dernières pistes

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"Reconfinement : un confinement total, mais des écoles ouvertes ? Les dernières pistes"

Reconfinement : un confinement total, mais des écoles ouvertes ? Les dernières pistes CONFINEMENT. Face à la gravité de la situation sanitaire, un nouveau confinement pourrait être instauré en France dès la fin de cette semaine. Après les premières consultations, l'hypothèse d'un reconfinement national, mais plus souple qu'en mars, apparaît probable.

[Mis à jour le 27 octobre 2020 à 18h46] En quelques jours, la crise sanitaire a pris une telle dimension (voir tous les chiffres actualisés de l'évolution du Covid-19 en France), que la mise en place rapide de mesures de "reconfinement" apparaît désormais inévitable. Emmanuel Macron a organisé avec le Premier ministre à l'Elysée, ce mardi matin, un conseil de défense et de sécurité nationale, pour faire le point sur la propagation du coronavirus et sur la saturation des services hospitaliers. Le constat, celui d'un échec des mesures de couvre-feu pour endiguer l'épidémie de Covid en France, aurait amené l'exécutif à envisager des mesures radicales. Le Figaro cite un proche du chef de l'Etat, dans la confidence, qui laisse entendre que la messe est dite. "Dès l'instant où l'on considère que la situation d'aujourd'hui est similaire à la situation de mars dernier, je ne vois pas comment l'on pourrait dire que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Depuis le début de la crise sanitaire, une seule solution a fonctionné contre l'épidémie : le confinement". L'Elysée a d'ailleurs confirmé que les mesures annoncées seraient "impopulaires, mais assumées".

Jean Castex va évoquer les hypothèses sur la table, les décisions prises ou non, avec les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale et avec les présidents de parti. Selon les informations de franceinfo, "les véritables décisions seront arbitrées mercredi matin par Emmanuel Macron, et seront annoncées dans la foulée du conseil de défense". Il est désormais certain ou presque qu'Emmanuel Macron fasse un nouveau discours ou une nouvelle intervention devant les Français ce mercredi 28 octobre. Une prise de parole du chef de l'Etat a déjà été annoncée à 20 heures ce mercredi par BFMTV. Selon la chaîne d'info mais aussi Le Figaro, le chef de l'Etat et le Premier ministre privilégieraient plusieurs pistes, voici ce que l'on sait déjà sur les probables mesures de reconfinement en France :

Un reconfinement généralisé à toute la France ?

Depuis des semaines, le Premier ministre, le ministre de la Santé, le ministre du Travail et le ministre de l'Economie martèlent que tout doit être fait pour éviter une reconfinement généralisé à toute la France, comme en mars dernier. Emmanuel Macron a lui-même fixé cet objectif : mettre en place des mesures restrictives mais non paralysantes, dans la mesure du possible, pour faire baisser la pression dans les hôpitaux, sans avoir à instaurer un reconfinement global.

Mais la deuxième vague est bien plus virulente que les autorités ne l'avaient anticipé. Pour stopper au plus vite l'arrivée massive des nouveaux malades du coronavirus à l'hôpital, où les services de réanimation sont en grande tension, le scénario de l'instauration rapide d'un reconfinement national prend de plus en plus d'épaisseur. "Il fallait choisir entre des mesures radicales et qui ont de l'impact à court terme ou moins radicales et de plus long terme", confie encore un collaborateur du président au Figaro. BFMTV abonde : selon les informations de la chaîne d'information, l'exécutif songe à mettre en place les mêmes mesures partout en France. Exit la stratégie de territorialisation et du découpage de la France en zones d'alerte maximum. Des informations confirmées à ce stade par Europe 1 qui évoque, "d'après plusieurs sources concordantes", un reconfinement dès vendredi 30 octobre, "établi pour une durée de quatre semaines, renouvelables". "Néanmoins, il devrait y avoir plus d'aménagements qu'au printemps dernier : les écoles devraient rester ouvertes quand le télétravail serait rendu quasi-obligatoire", écrit la radio.

Si le gouvernement et Emmanuel Macron valident cette option, qui semble la plus probable désormais, le nouveau confinement sera plus souple que celui instauré au mois de mars. Selon BFMTV, l'exécutif songerait à plusieurs exceptions :

  • Ecoles, collèges et lycées ouverts : Pour ne pas paralyser l'économie et permettre aux parents de poursuivre leur activité professionnelle, l'exécutif pourrait trancher en faveur d'un maintien des heures de cours à l'école, au collège et au lycée. Les universités pourraient en revanche fermer leurs portes et instaurer les cours à distance.
  • Le télétravail pourrait être incité de manière plus franche, mais ne devrait pas être imposé. Europe 1 évoque pour sa part un "télétravail serait rendu quasi-obligatoire".
  • Les services publics devraient rester ouverts et les activités stratégiques maintenues, même si la liste exacte reste à préciser. Les restaurants et les bars resteraient fermés dans la journée.

Un reconfinement partiel ?

Autre piste de travail : mettre en place de nouveaux confinements dans les villes ou départements où le coronavirus circule dangereusement et où les hôpitaux commencent à être surchargés. Une telle mesure se ferait en concertation avec les élus locaux et les autorités sanitaires locales. Les modalités d'un tel reconfinement localisé devraient être bien structurées pour assurer plus de souplesse qu'en mars, et durer moins longtemps, entre deux et quatre semaines.

Un reconfinement le week-end ?

L'une des hypothèses qui semblent apparaitre comme les plus envisageables serait la mise en place d'un nouveau confinement instauré le week-end, le samedi et dimanche, dans les territoires où les indicateurs épidémiologiques sont les plus mauvais. Cette mesure serait combinée avec un couvre-feu en semaine avancé à 19h au lieu de 21h.

Un reconfinement limité à Paris, Lyon et Marseille ?

Selon les informations de RTL, Emmanuel Macron et Jean Castex envisageraient de mettre en oeuvre ces doubles mesures : confinement le week-end et couvre-feu dès 19h dans les grandes villes où la circulation du virus est la plus active. Paris, Lyon et Marseille sont évidemment en première ligne. France Info met également sur la table une autre hypothèse : l'interdiction pour les habitants de ces trois villes de sortir de leur commune, une forme de mise sous cloche pour limiter les interactions et la propagation du virus à d'autres territoires. Cette mesure a été dernièrement mise en place à Madrid.

A quelle date interviendrait le reconfinement ?

Les nouvelle mesures de confinement ou de durcissement du couvre-feu devraient être mises en place très rapidement. Il est probable, si elles sont annoncées ce mercredi, qu'elles soient instaurées dès ce vendredi 30 ou ce samedi 31 octobre. Europe 1 croit savoir ce mardi soir que ce confinement devrait durer 4 semaines renouvelables.

Un reconfinement en France "nécessaire" pour plusieurs experts scientifiques

Pour les médecins, il y a en tout cas urgence désormais à reconfiner la population. Éric Caumes, chef du service infectiologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a déclaré sur l'antenne de France Info le 26 octobre qu'il n'y avait même "plus le choix". "Si la situation s'aggrave pendant deux semaines, ce n'est pas entendable, pas tenable et dans ce cas, il faut en tirer les conséquences le plus vite possible. Si on n'est pas efficaces du tout, il faudra confiner, il n'y aura pas d'autres solutions malheureusement". Face à la sensible augmentation des cas et la tension hospitalière qui se rapproche dangereusement de celle de la première vague, l'Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) d'Auvergne-Rhône-Alpes réclame un "reconfinement le week-end et un couvre-feu à 19h".

"On a perdu le fil de la circulation du virus, probablement dès le mois d'août. Il faut laisser de côté l'économie. L'économie, c'est rattrapable, la réanimation loupée c'est pas rattrapable", abonde le e professeur Gilles Pialoux, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris, qui s'est exprimé ce mardi 27 octobre sur BFMTV. Pour le spécialiste, c'est très clair, il faut "reconfiner le pays".

Même constat pour l'épidémiologiste Catherine Hill indiquant qu'il est urgent de confiner le pays, "ne pas le faire serait la garantie d'aller droit dans le mur". "Quand les hospitalisations augmentent, on sait que cela se traduit par une hausse des admissions en réanimation dans les 15 jours. On ne peut plus attendre." "La deuxième vague est là. À propos des 52 000 nouveaux cas détectés dimanche, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, estime que la réalité est sans doute deux fois plus importante. Je pense que c'est plutôt quatre fois plus. En mars, c'est seulement 15 jours après le début du confinement que tous les indicateurs ont cessé d'augmenter. Donc, si on confinait demain, on aurait encore 15 jours d'augmentation en face de nous", indique-t-elle dans Le Télégramme.

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A l'approche de Noël, l'Irlande ou encore le pays de Galles ont franchi le pas du reconfinement pour éviter une situation hors de contrôle lors des périodes de fin d'année. L'Organisation Mondiale de la Santé, par l'intermédiaire de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, émet des signaux d'alerte depuis plusieurs semaines en expliquant qu'il a conscience que "les gens en ont assez, mais ce virus a montré que si nous baissons la garde, il peut ressurgir à toute vitesse et menacer les hôpitaux et les systèmes de santé".

Le Conseil scientifique avait, dès le mois d'août, sommé les vingt plus grandes métropoles de France de préparer "des protocoles" afin de prévoir un potentiel reconfinement territorial. "Un confinement local plus ou moins important en fonction de l'épidémie doit faire l'objet d'une préparation dans les métropoles, zones de forte densité de population dans lesquelles les risques de propagation sont importants", avait précisé le Conseil scientifique. Dans l'un de leurs derniers avis, publié le 22 septembre, les scientifiques en charge de conseiller le gouvernement sur l'épidémie semblaient a première vue encore écarter cette hypothèse, mais soulignaient dans un des pires scénarios (le scénario 4) "l'intérêt d'un confinement territorial, que les métropoles doivent se tenir prêtes à mettre en oeuvre en cas de nécessité". Le Conseil nuançait même en dernier recours sa position sur un confinement généralisé : ce dernier était alors jugé "pas souhaitable" mais il était encore mentionné en cas d'"échec de la maîtrise de l'épidémie".