Fin du coronavirus : c'est pour quand ? De bonnes et mauvaises nouvelles

Fin du coronavirus : c'est pour quand ? De bonnes et mauvaises nouvelles Certains espéraient que le Covid-19 soit neutralisé par les températures estivales, ça ne sera pas le cas ! Selon une étude de l'Université de Princeton le virus continuera de se propager "vite" cet été.

[Mis à jour le 18 mai 2020 à 17h50] Aux esquisses de la pandémie de coronavirus, le pic épidémique était une donnée surveillée. Pour beaucoup cette échéance était synonyme de décrue et d'un possible retour à la normal. Aujourd'hui, cet indicateur est anecdotique. D'autant que selon une étude, menée par l'Université de Princeton et publiée dans la revue Science, le SARS-CoV-2 ne sera pas neutralisé par le réchauffement estival. Dans un communiqué de l'Université, Rachel Baker, co-auteur de l'étude, a expliqué : "Nous prévoyons que les climats plus chauds et humides ne ralentiront pas le virus dans les stades initiaux de la pandémie." Selon la chercheuse, le virus "se propagera vite, quelles que soient les conditions climatiques." Il est précisé qu'en l'absence d'un vaccin ou de mesures de contrôle, le coronavirus va donc contaminer progressivement une plus grande partie de la population. Ce n'est qu'une fois sortie de la phase pandémique que le Coivd-19 pourrait devenir saisonnier. "D'autres coronavirus humains comme ceux du rhume dépendent fortement de facteurs saisonniers, en culminant pendant l'hiver en dehors des tropiques", a illustré le professeur Bryan Grenfell, membre de l'équipe de recherche. Il a ajouté : "Si, comme c'est probable, le nouveau coronavirus est également saisonnier, on peut s'attendre à ce qu'il se tran sforme en virus hivernal au fur et à mesure qu'il deviendra endémique dans la population." 

Pourquoi parle-t-on de plateau et non de pic de l'épidémie ?

Le parcours des épidémies est généralement calculé selon le modèle SEIR (pour "Susceptible, Exposed, Infected, Recovered"), autrement dit un modèle mathématique basé sur le nombre de cas "susceptibles" d'être infectés, le nombre de cas "exposés", le nombre de cas réellement "infectés" et "infectieux" et enfin le nombre de cas "guéris" (recovered) ou décédées. Ce dernier a été utilisé en France pour établir d'abord un pic à la fin mars, très vite balayé par la réalité des chiffres. Le modèle, alimenté par des données chinoises qui sont de plus en plus contestées, a donc dû être relancé avec d'autres projections. Christophe Lannelongue, directeur de l'Agence régionale de santé du Grand Est, région particulièrement touchée, prévoit ainsi un pic épidémique entre autour du 25 avril. "Mais on ne sait pas si la redescente sera rapide, ce qui est peu probable, lente, ce qui serait préférable, ou en plateau, ce qui serait le pire, car cela ne libérerait pas de lits de réanimation avant quelques semaines", précise-t-il aux Dernières nouvelles d'Alsace.

Une autre façon de voir le pic de l'épidémie consiste à le séquencer en trois portions : pour plusieurs spécialistes, le pic des transmissions a déjà eu lieu il y a quelques jours. C'est le pic des hospitalisations qui est en train d'être atteint désormais et qui s'est stabilisé depuis quelques jours. Le pic de mortalité, lui, pourrait être atteint très rapidement, selon l'épidémiologiste Pascal Crépey, professeur à l'Ecole des hautes études en santé publique, qui s'est exprimé sur BFMTV jeudi dernier. Reste que pour Samuel Alizon, directeur de recherche CNRS au laboratoire Maladies Infectieuses et Vecteurs de l'Université de Montpellier, qui travaille justement sur la modélisation des maladies infectieuses, "on estimera probablement de source sûre la date du pic une fois qu'il sera passé" seulement. Il a été interrogé par Nicolas Martin, producteur de la Méthode Scientifique sur France Culture qui a consacré un long article sur la question.

C'est quoi la fin de l'épidémie ?

Une fois le pic épidémique atteint, la question qui se pose est celle du retour "sous le seuil épidémique". Le seuil épidémique correspond à l'incidence à partir de laquelle l'épidémie est considérée comme "active" sur un territoire. L'épidémie est logiquement terminée quand ce seuil épidémique est de nouveau franchi à la baisse. En France, le seuil épidémique a été établi à 10 cas positifs pour 100 000 habitants. Or selon le dernier bulletin du réseau Sentinelles, basé sur la semaine 16 (du 13 au 19 avril), le coronavirus en France métropolitaine touchait 100 personnes pour 100 000 habitants... C'est dire si le chemin à parcourir est encore long.