Covid chez l'enfant : les enfants plus touchés et plus contagieux qu'annoncé ?

Covid chez l'enfant : les enfants plus touchés et plus contagieux qu'annoncé ? CORONAVIRUS ENFANTS. Le relatif consensus qui affirme depuis le printemps que le Covid touche peu les enfants est battu en brèche par plusieurs études. Que faut-il savoir sur le coronavirus chez les plus jeunes ? Sont-ils tout aussi contagieux que les adultes ?

"Le coronavirus est une maladie d'adulte." C'est en ces termes que le pédiatre et vice-président de la Société française de pédiatrie Robert Cohen qualifiait le Covid-19 au printemps dernier, jugeant que les enfants étaient peu touchés par la maladie, mais aussi peu contaminants. Sur la base d'une étude pilotée par ce pédiatre de l'hôpital intercommunal Créteil, mais aussi de plusieurs autres articles scientifiques, le gouvernement a décidé de rouvrir les écoles en mai d'abord, puis à la rentrée de septembre, ainsi qu'en novembre, et ce malgré le reconfinement. Pourtant, depuis l'été dernier et a fortiori depuis le début de l'automne, plusieurs indicateurs viennent instiller le doute sur le risque pour les enfants de contracter le Covid, comme sur celui de transmettre la maladie à d'autres enfants et aux adultes.

Plusieurs études et documents officiel publiés aux Etats-Unis, en Inde en Israël, ou en Corée du Sud récemment ont battu en brèche l'idée que les enfants étaient peu touchés et, surtout, peu contagieux. Les Centres de prévention et de contrôle (CDC) américains, principale agence fédérale des Etats-Unis en matière de santé publique, ont par exemple multiplié les documents depuis l'été, alertant sur le risque et la contagiosité pour les enfants. Leur dernière étude a été publiée le 30 octobre. Menée d'avril à septembre sur 300 personnes, elle conclut que "la transmission du SARS-CoV-2" au sein d'un foyer est "fréquente, que ce soit par les enfants ou les adultes". Un autre rapport des CDC, dévoilé sur le site de prépublication scientifique MedRxiv le 10 octobre, indiquait que "les enfants et les adolescents (7 à 19 ans - NDLR) pouvaient transmettre le SRAS-CoV-2 à des contacts adultes et à d'autres enfants dans un contexte domestique", le tout avec un "taux d'attaque secondaire" de 9%. Traduction : à partir d'un certain âge, les enfants et ados seraient ainsi de faibles contaminateurs (les malades contaminant 9% de personnes), mais des contaminateurs potentiels tout de même.

Plusieurs études américaines préoccupantes

Le 9 octobre, un rapport de l'université de Varsovie, reproduit par la revue en ligne Emerging Infectious Diseases du même CDC, avait rapporté de nombreux cas d'infection au Covid-19 au sein d'une crèche polonaise. Cette fois ce sont des enfants d'un ou deux ans qui ont été identifiés comme des transmetteurs du coronavirus, avec un "taux d'attaque" jugé "particulièrement élevé" (27%). "Cette enquête vient s'ajouter à l'ensemble des preuves démontrant que les enfants de tous âges sont susceptibles d'être infectés par le CoV-2 du SRAS et, contrairement aux premiers rapports, pourraient jouer un rôle important dans la transmission", concluaient les auteurs. A la fin septembre, les centres de contrôle des maladies américains publiaient donc logiquement sur le site MedRxiv une étude mathématique indiquant que les fermetures d'écoles pourraient faire chuter les taux d'infection de moitié.

Le ministère de la Santé israélien s'est lui aussi alarmé récemment de l'impact du coronavirus chez les enfants. Dans un document officiel publié le 18 octobre, le taux de positivité des enfants dans le pays était jugé plus élevé que chez les adultes (8%, soit 2 de plus), bien qu'entre 50% et 70% des enfants testés positifs soient asymptomatiques. Il est aussi souligné que ces enfants ont été principalement infectés par un adulte (80% des cas connus), seuls 20% ayant été contaminés par contact avec d'autres enfants. Ces derniers peuvent tout de même devenir d'importantes sources de contamination selon le document, qui souligne les cas de 17 enfants ayant infecté au moins 10 personnes, sur les 350 "supercontaminateurs" identifiés (5%).

Une augmentation significative de toutes ces données a été constatée depuis la rentrée et certains clusters partis des écoles se sont montrés particulièrement propagateurs. Selon l'analyse des chiffres du ministère israélien, les enfants "sont définitivement contagieux". Et le document officiel d'ajouter : "comme la plupart d'entre eux ne présente pas de symptôme, il est difficile d'identifier une proportion significative d'enfants porteurs du virus et ces derniers peuvent devenir une source d'infection pour les autres".

D'autres signaux de fébrilité en France

En France aussi, le doute semble désormais permis, même s'il faut distinguer l'impact du Covid sur les différentes classes d'âge. Dans sa dernière note en date du 26 octobre, le conseil scientifique admet lui-même que dans les lycées et les collèges, "les adolescents de 12 à 18 ans semblent avoir la même susceptibilité au virus et la même contagiosité envers leur entourage que les adultes". A l'inverse, "les enfants âgés de 6 à 11 ans semblent moins susceptibles, et moins contagieux, comparés aux adultes". Quant aux crèches, elles seraient relativement épargnées. Une transmission vers le personnel enseignant et une contamination "intrafamiliale secondaire" sont donc en question. C'est de cet avis que le renforcement du protocole sanitaire à l'école est né début novembre, avec notamment le port du masque obligatoire à partir du CP.

Une récente modélisation de l'Inserm, pilotée par la chercheuse Vittoria Colizza, émet l'hypothèse que les plus jeunes, qui sont très souvent asymptomatiques et passent donc sous les écrans radars, transmettent bel et bien le virus aux adultes. Les adolescents seraient particulièrement concernés alors que les enfants plus petits transmettraient deux fois moins le coronavirus. "On sait qu'une fois que les adolescents sont infectés, ils vont transmettre le virus de façon assez similaire aux adultes asymptomatiques", indique-t-elle dans une interview publiée le 2 novembre dans The Conversation, indiquant clairement que le lycée est "un endroit de transmission". "Si l'on doit, pour maîtriser davantage l'épidémie, limiter encore plus le risque de transmission, on pourrait envisager de fermer lycées et collèges, ou au moins de réfléchir à des enseignements à distance partiels avec des rotations, pour limiter le problème du présentiel". Une solution qu'a finalement choisie le gouvernement en adaptant son dispositif de lutte contre le Covid en classe le 5 novembre, avec désormais la moitié des cours assurés à distance pour les lycéens.

Seul consensus sur le Covid chez l'enfant : l'incertitude

"Pour le moment, un certain nombre d'études tendent à montrer que plus un enfant est jeune, moins il est contagieux pour ses proches. S'il n'est pas considéré comme 'fragile', un enfant de moins de dix ans aura également moins de chances de développer des formes graves de la maladie", affirmait toujours Christophe Delacourt, président de la Société Française de Pédiatrie et chef du service pneumologie de l'Hôpital Necker, dans l'Express fin octobre. "Mais pour le moment, un certain nombre de points restent encore très flous sur le sujet, notamment sur les raisons de cette faible contagiosité". "Si on regarde les données de la littérature (scientifique), ce n'est pas si clair que ça", a récemment abondé auprès de l'AFP l'épidémiologiste Dominique Costagliola, membre de l'Académie des sciences et directrice adjointe de l'Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique.

Des plus optimistes au plus alarmistes, tous les scientifiques ou presque, s'accordent sur ce point : concernant le Covid et l'enfant, rien n'est sur à 100%. La littérature scientifique est parfois (souvent) contradictoire et compte tenu de l'enchaînement du premier confinement et des vacances, qui ont tenu peu ou prou les élèves éloignés des classes de mars à septembre, avec une circulation basse du virus, on manque encore de données fiables pour un diagnostic précis. Comme l'a rappelé notamment le journaliste médico-scientifique Marc Gozlan dans Le Monde début novembre, en tentant d'établir lui aussi un large état des lieux, de nombreux pédiatres et scientifiques dans le monde alertent sur cette méconnaissance qui perdure concernant l'impact pédiatrique du coronavirus. "Il est temps de donner la priorité aux enfants et aux jeunes pendant la pandémie mondiale", ont exhorté Alasdair Munro et Saul Faust, deux pédiatres mondialement reconnus, dans la revue américaine spécialisée JAMA Pediatrics le 25 septembre.

Que disent les statistiques sur le Covid-19 chez les enfants ?

L'état des connaissances sur le Covid-19 chez les enfants commence par une avalanche de chiffres. A l'échelle mondiale, la part des cas pédiatriques de Covid-19 est estimée entre 1% et 5% de l'ensemble des cas. Pour l'Union européenne, la proportion de malades âgés de 18 ans et moins est également sous les 5% selon un rapport de l'Agence européenne pour la prévention et le contrôle des maladies publié début août et relayé par Santé publique France. Une méta-analyse, publiée le 25 septembre par JAMA Pediatrics (du Journal of the American Medical Association) et coordonnée par des chercheurs de l'Institute of Child Health de Londres, a permis de regrouper les résultats de 32 études réalisées dans 21 pays, principalement en Asie de l'Est et en Europe. Selon elle, les enfants et adolescents de moins de 20 ans auraient 44% de risque en moins d'être infectés par le coronavirus par rapport aux adultes. Compte tenu de la diversité des études, peu d'enseignements sont en revanche tirés sur leur contagiosité et sur les différences entre classes d'âges. Concernant les complications, une récente étude statistique, menée aux Etats-Unis et publiée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, estime qu'entre mars en juillet 2020, le taux d'hospitalisation des enfants était 20 fois moins important que celui des adultes. 

Les statistiques françaises sont à l'avenant. "Les facteurs de division du risque par rapport aux adultes sont de l'ordre de 1/10 000 pour les décès, de 1/1000 pour les formes graves, 1/100 pour les hospitalisations, 1/3 sur le pourcentage de PCR positives. Ceci est particulièrement vrai chez l'enfant de moins de 10 ans", affirmait l'Association française de pédiatrie ambulatoire dès le mois de mai, au moment du déconfinement et donc d'un premier retour à l'école pour les millions d'enfants en France.

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, Santé publique France estime que le taux d'incidence en semaine 43 (du 19 octobre au 25 octobre 2020) était de 122 cas pour 100 000 chez les 0-14 ans, soit deux à quatre fois moins que dans les autres classes d'âge. Le taux de positivité des tests avait augmenté cette semaine-là dans toutes les classes d'âges, sauf chez les plus jeunes, qui affichaient 13,5% de tests positifs contre près de 20% pour les autres groupes. Mais une progression notable est tout de même observée depuis la rentrée. Le taux d'incidence s'élevait en semaine 37 (du 7 au 13 septembre) à 40 pour 100 000 habitants chez les 0-14 ans. Il a donc plus que triplé en sept semaines. Dans un autre bulletin plus récent encore (semaine 44, soit du 26 octobre au 1er novembre 2020), Santé publique France dénombrait 130 enfants hospitalisés pour Covid et 21 en réanimation, soit une portion très infime des patients hospitalisés (moins de 1%). Les plus jeunes seraient donc statistiquement les moins touchés et les moins sujets aux complications, même si celles-ci existent.

Que disent les études sur les enfants et le coronavirus ?

La majorité des études sur le Covid chez l'enfant reste pour l'instant principalement basée sur les statistiques, même si des études plus orientées sur l'observation clinique (observation du patient) ou des méthodes scientifiques au sens strict (analyse en laboratoire du SARS-Cov-2, des capteurs, de l'ARN, de sa résistance...) ont aussi été menées. Elles indiquent pour la plupart que les enfants semblent moins touchés et souffrent de formes visiblement moins graves de la maladie. Très souvent, les enfants sont asymptomatiques ou "peu symptomatiques" concluent en substance les différents articles publiés sur le sujet. Dès le 24 février, la revue scientifique en ligne JAMA informait que sur les 72 314 premiers cas de coronavirus répertoriés alors en Chine, seuls 2% étaient des enfants et adolescents de moins de 19 ans et qu'il n'y avait aucun décès chez les enfants de moins de 9 ans. Des chiffres semblables à ceux dévoilés par la mission conjointe Chine-OMS fin février. D'autres études publiées dans la même revue (ici ou ici), dans le Lancet, le reconnu Pediatric infectious didease, le site Pediatrics, ou encore des études plus locales, indiquent que les enfants semblent rarement atteints par le Covid-19 et que, quand ils le sont, ils sont touchés par des formes peu sévères (de "asymptomatique" à "modérée"). 

En juin, une étude publiée dans la revue Nature a révélé que les personnes de moins de 20 ans étaient environ deux fois moins susceptibles de contracter le virus que celles de plus de 20 ans. Dans le monde, "les formes critiques de la maladie chez les enfants semblent très rares (autour de 1% du total)" et "seule une poignée de cas de décès a été rapportée", résumait début mai le site Don't Forget The Bubbles, spécialisé dans la pédiatrie, et qui a analysé toutes les études sur le sujet. 

Une série d'études menées en France

Pour ce qui est de la France, le constat est partagé par plusieurs d'autres publications mentionnées sur le site de la Société française de pédiatrie. Parmi les travaux les plus marquants sur l'impact du Covid chez les enfants, une étude a été menée entre le 2 mars et le 26 avril 2020 par plusieurs pédiatres et et médecins hospitaliers en service de pédiatrie, membres de l'Association Clinique et Thérapeutique Infantile du Val-de-Marne (ACTIV) et du Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique de Paris (GPIP). Les résultats, en prépublication sur le site MedRxiv, montrent  que sur plus de 52 500 tests RT-PCR, la proportion d'enfants contaminés s'est avérée 3 à 4 fois moins élevée que celle des adultes.

Que conclue l'étude ACTIV/GPIP sur le Covid chez les enfants ?
Au cours de la période d'étude, du 2 mars au 26 avril 2020, 52 588 tests RT-PCR ont été réalisés pour le SARS-CoV-2, dont 6490 chez les enfants (12,3%) et 46 098 chez les adultes (87,7%). Le taux cumulé de tests positifs pour les enfants était de 5,9%, soit 3,5 fois moins que celle des adultes, 20,3%. L'étude divise ensuite l'analyse selon des périodes clés : du début de l'épidémie jusqu'au 15 mars, seulement 3,1% des 1690 échantillons pédiatriques étaient positifs, soit 4,5 fois moins que pour les adultes (13,8% sur 8155 adultes) ; au plus fort de l'épidémie nationale, le 30 mars, 9,7% des 877 échantillons pédiatriques étaient positifs, soit 2,8 fois moins que pour les adultes (27,2% des 7557 échantillons d'adultes) ; la semaine du 20 avril, 3,4% des 960 échantillons pédiatriques étaient positifs, soit 2,2 fois moins que pour adultes (7,6% des 6791 échantillons d'adultes). Le rapport de risque des tests RT-PCR-positifs SARS-CoV-2 pour les adultes par rapport aux enfants était de 3,5 (IC 95% [3.2;3.9]) pour toute la durée de l'étude. Pour Paris, au début de l'épidémie, le ratio de risque était de 7,1 (IC 95% [4,3;11,7]), alors qu'il a varié entre 3 et 4,9 au cours des semaines suivantes.

Une autre étude baptisée "Coville", pilotée par le pédiatre et infectiologue à l'hôpital de Créteil (Val-de-Marne) Robert Cohen, a été menée sur plusieurs centaines d'enfants avec le soutien de l'Association française de pédiatrie ambulatoire. L'étude, présentée sur le site ClinicalTrials.gov puis sur Medxiv en prépublication n'a pas vu ses résultats publiés plus formellement dans une revue à ce stade. Robert Cohen en a détaillé les résultats dans la presse début juin. Il concluait en bref que "les enfants semblent moins contaminés et moins contaminants". Selon lui, "cette maladie touche essentiellement les adultes, les formes les plus graves et les décès survenant quasi exclusivement chez des sujets âgés ou présentant des comorbidités". En mai, Robert Cohen qualifiait déjà le Covid-19 de "maladie d'adultes" et avançait que le risque de contracter le coronavirus était "extrêmement faible" chez l'enfant, "on peut dire mille fois inférieur à celui chez l'adulte".

Que conclue l'étude "Coville" sur le Covid chez les enfants ?
En résumé, l'étude Coville portait sur 605 jeunes patients de moins de 15 ans, suivis par 27 pédiatres de ville, entre le 14 avril et le 12 mai. L'étude précise que 46,8% (soit 283) présentaient des symptômes légers, allant d'une simple toux à de la fièvre, en passant par des diarrhées ou des pertes de goût. A l'inverse, plus de la moitié (53,2% soit 322) étaient asymptomatiques, même si une part (118 enfants) avaient connu des symptômes en amont des tests. Les équipes de Robert Cohen ont établi que seuls 11 enfants (moins de 2%) ont eu un test PCR positif, montrant que le SRAS-CoV-2 était actif chez eux. Ils étaient pourtant 65 (10,7 %) à afficher un test sérologique positif, signe cette fois qu'ils avaient développé des anticorps contre le coronavirus.

Une autre étude, pilotée cette fois par Arnaud Fontanet, épidémiologie des maladies infectieuses et tropicales à l'Institut Pasteur, a porté sur les enfants, parents et enseignants de six écoles primaires de Crépy-en-Valois, commune française très touchée au début de l'épidémie, dès le mois de février 2020. Cette étude, réalisée rétrospectivement à la fin avril, avec le soutien de l'Agence régionale de la santé des Hauts-de-France et de l'Académie d'Amiens, a vu ses conclusions publiées fin juin sur le site de l'Institut Pasteur et détaillées une fois encore sur MedRxiv. "Les enfants ont fait des formes mineures de la maladie, avec des manifestations cliniques peu évocatrices", conclue Pasteur, qui mentionne la diarrhée et la fatigue comme seules manifestations de la maladie chez certains enfants infectés.

Que dit l'étude menée dans les écoles de Crepy-en-Valois ?
En résumé, entre le 28 et le 30 avril 2020, une étude rétrospective a été menée auprès des élèves, de leurs parents et de leurs proches, ainsi que du personnel des écoles primaires exposées au SRAS-CoV-2 en février et mars 2020 à Crépy-enValois. Pour chacun, un questionnaire devait livrer une série d'information notamment sur les symptômes ressentis dans les derniers mois et un test sérologique devait détecter la présence pou non d’anticorps au SARS-CoV-2. Sur les 1340 personnes incluses dans l'étude, 139 ont été infectées par le virus, ce qui représente 10,4% de la population étudiée. Par type de population, la proportion de patients infectés était de 45 sur 510 (8,8%) chez les enfants, 3 sur 42 (7,1%) chez les enseignants, 1 sur 28 (3,6%) chez les personnels non enseignants, 76 sur 641 (11,9%) chez les parents d'élèves et 14 sur 119 (11,8%) chez les proches. "Les enfants ont fait des formes mineures de la maladie, avec des manifestations cliniques peu évocatrices", conclue Pasteur qui mentionne la diarrhée et la fatigue comme seules manifestations de la maladie chez certains enfants infectés. "La proportion de formes asymptomatiques parmi les personnes infectées a été estimée à 8/81 (9.9%) chez les adultes, et à 24/58 (41.4%) chez les enfants".

NB : une autre étude de l'Institut Pasteur à Crépy-en-Valois a depuis démontré qu'au sein du lycée de la ville, les élèves avaient été beaucoup plus nombreux à être touchés, comme les enseignants et les personnels. Cette étude est détaillée plus bas

Il est important de préciser que la très grande majorité des études portant sur le Covid chez l'enfant en France ont été réalisées en période de confinement, alors que les écoles avaient leurs portes fermées, ce qui a pu freiner en soi la propagation du virus dans cette population. Les connaissances sur le coronavirus chez l'enfant devraient donc continuer à s'affiner. Pour avoir une vue globale, le réseau national de recherche clinique pédiatrique Pedstart (un des réseaux thématiques de F-CRIN, porté par l'Inserm), a mis en place mi-avril "une Task Force qui vise à regrouper toute l'information concernant la population pédiatrique infectée". Celle-ci recense depuis "en temps réel les études cliniques menées en France sur le Covid-19 chez les enfants" (dont certaines sont mentionnées sur le site de la Société française de pédiatrie) et étudie "l'impact du Covid-19 sur la recherche clinique pédiatrique française et européenne".

Une autre initiative, baptisée "Pandor", est soutenue par l'Association clinique et thérapeutique infantile du Val-de-Marne (ACTIV) et la Société française de pédiatrie. Une troisième, de plus long terme, est en cours via une coopération entre l'hôpital Necker à Paris et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). 1000 enfants venus consulter pour tous types de motifs sont testés ainsi qu'un de leurs parents. Les cas positifs seront suivis pendant un an.

Des doutes sur la relative innocuité du Covid chez l'enfant

Malgré des études et des chiffres rassurants, certaines données ont de quoi semer le doute. Les premières études contradictoires sont arrivées des Etats-Unis pendant l'été. L'Académie américaine de pédiatrie a communiqué début septembre dans un rapport des données préoccupantes montrant une forte hausse du nombre de cas, des hospitalisations mais aussi des décès liés au Covid-19 chez les enfants et les adolescents pendant l'été. Une hausse qui dépassait celle de l'ensemble de la population américaine, tous âges confondus. Les données, recueillies entre le  21 mai et le 20 août, variaient d'un Etat à l'autre, mais l'augmentation constatée semblait globale. Fin mai, environ 5% des cas étaient recensés chez des mineurs. Le 20 août, ce chiffre était passé à plus de 9%. Alors que dans certains Etats, les écoles avaient effectué leur rentrée scolaire au milieu de l'été, le nombre total d'enfants infectés avait doublé. Le nombre de cas recensés au quotidien a quant à lui explosé de +720% chez les enfants entre le 21 mai et le 20 août (contre +270% chez les adultes). L'évolution était de +356% pour les hospitalisations (contre +122% chez les adultes) et de +229%  pour les décès (contre +115% chez les adultes). Au 27 août, les Etats-Unis comptaient 476 439 cas de coronavirus chez les enfants, 4163 enfants hospitalisés et un cumul de 101 décès parmi les plus jeunes.

Ces documents se font l'écho de plusieurs études des Centres de prévention et de contrôle (CDC), principale agence fédérale des Etats-Unis en matière de santé publique. Les CDC se sont penchés  dès le début du mois d'août sur un camp de vacances en Géorgie, fermé après la détection du SARS-Cov-2 parmi deux membres du personnel en juin dernier. Selon cette étude, plusieurs centaines de jeunes participants, âgés en moyenne de 12 ans, seront finalement testés positifs dans ce cluster, avec "des taux d'attaque élevés parmi les personnes de tous les groupes d'âge". Depuis l'agence a multiplié les mises en garde. Tous ces documents du CDC interrogent alors que depuis le mois d'avril, de nombreux pédiatres jugent également outre-Atlantique que le Covid-19 est une maladie qui ne "concerne pas" ou concerne peu l'enfant.

Selon le Dr Sean O'Leary, vice-président du comité sur les maladies infectieuses de l'Académie américaine de pédiatrie, interviewé par le New York Times, l'importante propagation communautaire dans de nombreuses régions des Etats-Unis correspondait alors à une augmentation des infections chez les enfants. Il jugeait que "les mineurs" étaient alors "infectés à un taux plus élevé que plus tôt dans l'année". Et il en voulait pour preuve la dégradation très nette constatée dans les services pédiatriques. "Quiconque a été en première ligne face à la pandémie dans un hôpital pour enfants peut vous dire que nous avons pris en charge de nombreux enfants très malades", ajoutait le Dr O'Leary qui résumait alors : "Oui, [le Covid-19] est moins grave chez les enfants que chez les adultes, mais il n'est pas complètement bénin". Les enfants noirs et latinos qui contractent le virus auraient par ailleurs plus de chances d'être hospitalisés.

Y a-t-il des symptômes spécifiques du coronavirus chez les enfants ?

Malgré des statistiques et des analyses rassurantes, le coronavirus parvient donc dans certains cas à passer entre les mailles du filet. Quelques décès de patients très jeunes depuis le début de l'épidémie ont déjà suscité l'émotion en France et à l'étranger. Le 9 avril, Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, rapportait le décès d'un enfant d'une dizaine d'année en Ile-de-France, atteint par le coronavirus, mais qui présentait des "comorbidités importantes". Quelques jours plus tôt, le 24 mars, une adolescente de 16 ans, originaire de l'Essonne, succombait à l'hôpital Necker, après une brutale aggravation de son état de santé. Elle ne souffrait d'aucune "maladie particulière auparavant", selon sa famille. On dénombre aussi le décès d'une jeune fille de 12 ans en Belgique, d'un enfant de 5 ans au Royaume-Uni, d'un bébé de 9 mois aux Etats-Unis...

Une mystérieuse infection, en recrudescence en Europe, a également commencé à installer le doute chez les médecins et les scientifiques le 27 avril. Entre maladie de Kawasaki et choc toxique, elle va de troubles digestifs à une myocardite et donc à de sérieuses défaillances cardiaques et a déjà tué un enfant de 9 ans à Marseille. On dénombre aussi plusieurs décès de la même infection à travers le monde, comme dans l'Etat de New-York, aux Etats-Unis. Le lien entre ces nouveaux cas suspects et le coronavirus semble établi, plusieurs experts estiment qu'ils pourraient être liés à une réaction excessive du système immunitaire trois à quatre semaines après l'infection par le Covid-19. Si cette nouvelle infection est encore très rare, la multiplication des cas dans plusieurs pays du globe, dont la France, est très surveillée.

Moins graves que ces cas particuliers ou que les chocs toxiques évoqués plus haut, des  bizarreries ont aussi été constatées chez les enfants avec des symptômes spécifiques. Les enfants présenteraient en effet des symptômes du coronavirus sensiblement différents de ceux des adultes. C'est le constat relayé par le quotidien britannique The Guardian le 7 septembre et basé sur une application de statistiques de suivi des symptômes du Covid outre-Manche. L'outil, baptisé Covid Symptoms Tracker, a fait ressortir que chez l'enfant, le coronavirus provoquerait des troubles digestifs qui sont en revanche nettement moins présents chez les adultes rencontrant des symptômes. Le Pr Tim Spector du King's College de Londres a fait travailler une équipe de chercheur sur les données remontées de 198 enfant contaminés par le coronavirus. Parmi eux, environ un tiers ne présentait aucun symptôme, beaucoup d'autres en présentaient très peu. Mais parmi les symptômes constatés, la perte d'appétit concernait 35% des enfants, les diarrhée 13%. Certes, les autres symptômes, plus courants quant à eux, étaient toujours très présents chez les enfants comme la fatigue (55%), les maux de tête (54%) ou la fièvre (environ 50%). Mais on note que 15% des enfants rencontraient en outre une éruption cutanée inhabituelle. 

Ces conclusions rejoignent celles du Dr Thomas Waterfield de l'Université Queen's de Belfast (Irlande), indiquait encore The Guardian. Ce dernier a publié avant la rentrée 2020 les résultats d'une étude sur le site de pré-bublication medRxiv. Selon ces recherches, les troubles digestifs seraient un symptôme particulier du Covid chez l'enfant. "Dans notre groupe, la diarrhée et les vomissements étaient plus prédictifs que, disons, la toux ou même la perturbation de l'odorat et du goût", indique celui qui a piloté cette étude. Des dermatologues et podologues espagnols avaient aussi rapporté au début du mois d'avril que de jeunes patients, présentant parfois des symptômes du Covid-19, avaient également des lésions sur le bout des orteils, ou en ont eu juste avant. Des lésions qui étaient décrites comme "violacées" ou "de couleurs vives",  parfois accompagnées d'"une peau bosselée et une sensation de brûlure" et suivies de "croûtes" et d'une "légère décoloration" persistantes, selon le document posté le 9 avril sur le site du Conseil général des podologues espagnols.

Ce phénomène, concomitant à la pandémie de coronavirus et désormais mieux documenté dans les symptômes du coronavirus, a été confirmé par la Fédération internationale des pédiatres et par la Northwestern University Feinberg School of Medicine aux Etats-Unis, dont un médecin a assuré que "cela ne semble pas être une coïncidence", même si le lien n'est pas formellement établi. Ces éruptions cutanées ont en tout cas hérité d'un surnom, les "orteils Covid-19". Elles se résorbent généralement après une semaine et seraient sans conséquences.

Les enfants sont-ils vraiment moins contagieux ?

Quand ils sont malades, les enfants sont ils suffisamment contagieux pour ramener le Covid-19 chez eux, contaminer parents, grands parents, enseignants et, in fine, agir comme un tremplin sur les courbes de contaminations ? Au tout début de la crise au mois de mars, les autorités se sont basées sur les études portant sur des virus respiratoires plus connus pour justifier la fermeture des classes en France. Concernant la grippe notamment, pour laquelle le recul médical est suffisant, la propagation par le biais des enfants serait accrue. L'école a même été présentée comme une "zone d'amplification" de la maladie dans un rapport du Haut conseil de la santé publique en 2012. Plus loin encore dans le temps, une modélisation publiée en 2008 par une équipe de chercheurs français estimait qu'une fermeture des écoles pourrait réduire de 15% environ le nombre total de cas de grippe en cas de pandémie et de 40% la hauteur du pic.

Plusieurs spécialistes ont depuis nuancé voire contredit ce postulat de départ, à mesure qu'on a progressé dans les connaissances sur le Covid-19. "Contrairement à ce qu'on connaît avec la grippe où les enfants sont les principaux transmetteurs, il semble qu'avec le coronavirus ils excrètent moins de virus", a déclaré au printemps le Pr Odile Launay, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Cochin à Paris. Pascal Crépey, épidémiologiste à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), a lui aussi assuré sur France info dès la mi-avril que cet "argument initial" selon lequel "ce coronavirus se comportait un peu comme une grippe" chez les enfants, présentés comme "de forts transmetteurs" était sans doute en train d'être remis en question. "On s'aperçoit maintenant que ce coronavirus ne se comporte pas exactement de la même façon", disait-il.

Un virus en plus petite quantité ?

"Le virus existe chez les enfants mais probablement en plus petite quantité que chez les adultes", a assuré pour sa part sur BFMTV le 19 avril Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, en première ligne pour conseiller le gouvernement dans cette crise sanitaire. "Il n'y a pas eu de grands foyers à partir des écoles, mis à part dans l'Oise, où le virus venait de l'extérieur", a-t-il ajouté, s'inspirant de l'une des études présentées plus haut dans notre article. Le risque de transmission par les enfants était alors jugé "possible, mais non certain" par le spécialiste qui reconnaissait encore le 15 avril, lors d'une audition parlementaire, manquer données sur la capacité de transmission du virus entre enfants et des enfants à leur famille.

La logique de la faible capacité de transmission a pourtant été reprise par le ministre de la Santé Olivier Véran sur France 2 le 21 avril. "Les études sont en cours de stabilisation", avait indiqué ce dernier. "On tend à penser que plus les enfants sont petits, notamment ceux de moins de dix ans, plus le risque de transmission serait faible", ajoutait-il, affirmant à l'époque donner cette information "au conditionnel car l'évolution des connaissances scientifiques sur ce virus est constante".

Quelles études ont été menées sur la contamination par les enfants ?

L'étude "Coville" menée en Ile-de-France sur plus de 600 enfants et détaillée plus haut dans notre article penche elle aussi pour une contagiosité très faible chez les plus jeunes : les enfant seraient bel et bien moins contagieux même quand ils sont atteints par le coronavirus. Dans cette étude dirigée par le Pr Cohen, les enfants positif semblaient en majorité avoir été infectés par un adulte, 87,3% d'entre-eux ayant eu "un contact confirmé ou suspecté" avec une personne plus âgée de leur famille atteinte par le coronavirus. Celui qui est aussi vice-président de la Société française de pédiatrie et qui dirige le Groupe de pathologies infectieuses pédiatriques (GPIP) a par ailleurs souligné dans Le Parisien que seulement 0,6% des enfants affichant un test PCR positif étaient réellement contagieux. 

"Au début de la crise, on a cru - comme pour d'autres virus respiratoires - [que les enfants] jouaient un rôle important dans la propagation de l'épidémie. Ce n'est pas le cas. Les évidences s'accumulent", tranchait Robert Cohen en présentant son étude dans la presse en juin. "Les enfants sont peu porteurs, peu transmetteurs, et quand ils sont contaminés c'est presque toujours des adultes de la famille qui les ont contaminés", martelait le pédiatre, qui minimisait aussi le potentiel de contamination des enfants entre eux. Le pédiatre indiquait enfin que ces résultats confirmaient "complètement l'ensemble de la littérature" scientifique sur le sujet. Et il osait même : "Si l'épidémie repart ce n'est pas par les écoles mais par les adultes".

L'étude de l'Institut Pasteur, pilotée par Arnaud Fontanet dans l'Oise, indique quant à elle que seuls trois cas probables d'infection par le SARS-CoV-2 ont été répertoriés chez les 510 élèves suivis avant la fermeture des écoles pour les vacances scolaires de février, puis pour le confinement. "Ces cas n'ont pas donné lieu à des cas secondaires, que ce soit parmi les autres écoliers ou parmi les personnels enseignants", précisait l'étude qui suggérait donc que les parents étaient "la source de l'infection de leurs enfants dans de nombreux cas".

De nombreuses études au niveau international

Sur cette question de la contagion, la Société française de pédiatrie cite par ailleurs une dizaine d'études sur son site Internet, basées généralement sur des échantillons très réduits. L'une de ces études, basée sur le cluster de Contamines-Montjoie dans les Alpes, un des premiers de l'épidémie en France, a été publié sur le site du Clinical Infection Diseases le 11 avril. Elle constate qu'un enfant de 9 ans, présentant les symptômes du coronavirus et testé positif, n'a pas transmis la maladie malgré "des interactions étroites au sein des écoles", ce dernier ayant fréquenté "trois écoles et une classe de ski" avant d'être placé en isolement avec les autres contaminés de ce chalet où un Britannique avait propagé le virus. Dans le même groupe, un "adulte asymptomatique" avait quant à lui une "charge virale similaire à celle d'un patient symptomatique". L'étude suggère en conclusion une dynamique de transmission potentiellement différente chez les enfants".

Citons aussi une publication, sortie en mars dans la revue The Pediatric Infectious Disease Journal et basée sur les travaux des universités de Fribourg en Suisse et de Melbourne en Australie, qui s'appuient elles-mêmes sur trois études menées en Chine. Elle tend à démontrer elle aussi que les enfants contractant le coronavirus ont d'abord été en contact avec des adultes contaminés dans leur famille. La conclusion à l'époque : "l'importance des enfants dans la transmission du virus reste incertaine". Une autre étude menée par l'Institut de santé publique des Pays-Bas à partir des statistiques de la maladie dans le pays semblait montrer pour sa part que "les moins de 20 ans jouent un rôle bien moins important dans la propagation du virus que les adultes et personnes âgées".

En Corée-du-Sud, plus récemment, le traçage de 5706 enfants infectés et de leurs 59 073 cas contacts, a d'abord fait l'objet d'une interprétation alarmiste qui sera ensuite nuancée. On a d'abord avancé que les enfants avaient pu contaminer autant que des adultes. Mais selon cette étude reprise par les CDC américains, les proches des enfants de moins de 10 ans avaient tout de même moins tendance à être infectés alors que les proches d'enfants plus âgés ou d'adolescents semblaient plus touchés. Une autre analyse, basée sur les mêmes données, démontrera finalement que la transmission du virus était en fait minime à partir des adolescents, avec un taux d'attaque de seulement 0,5 % au sein du milieu familial.

Des travaux britanniques et coréens ont été rendus publics encore plus récemment. En se basant sur les données de 9 millions d'adultes, les chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et de l'université d'Oxford ont estimé le 3 novembre que "le fait de vivre avec des enfants de 0 à 11 ans n'est pas associé à une augmentation du risque d'être infecté par le SARS-CoV-2". Ce risque augmente légèrement quand on vit avec un enfant de 12 à 18 ans. Une étude sud-coréenne menée par National University College of Medicine de Séoul et publiée fin août dans la revue JAMA Pediatrics, fait un constat lui aussi rassurant. Basée sur 91 enfants présentant différents niveaux de symptomes (d'aucun à modérés), elle indique que l'ARN du SARS-CoV-2 a été détecté en moyenne durant 17,6 jours dans les prélèvements (dans le nez, la gorge ou les crachats) et 14,1 jours dans les cas asymptomatiques. Certains continuaient à se montrer symptomatiques ou contagieux jusqu'au 21e jour.

Des études moins optimistes sur la contagiosité des enfants

Il faut aussi le souligner : d'autres études se sont montrées moins optimistes sur l'impact et le potentiel de contamination du coronavirus chez les enfants. En France, le travail d'analyse de l'Institut Pasteur à Crépy-en-Valois, l'un des premiers clusters de l'épidémie, a donné lieu à une publication spécifiquement liée au lycée de la ville mi-avril. Publiée sur le site MedRxiv, elle a démontré que sur les 661 personnes testées à l'aide de tests sérologiques "très performants" effectués dans l'établissement (lycéens, enseignants, personnels travaillant dans l'établissement, ainsi que des parents et des frères et sœurs de lycéens), 171 personnes soit 25,9% étaient positives, soit plus du quart des personnes testées. Ces chiffres sont radicalement différents entre le groupe composé des lycéens, des professeurs et du personnel (40,9% de positifs) et celui où figuraient les parents et la fratrie des lycéens (10,9% de positifs). Les lycéens  avaient été beaucoup plus nombreux à être touchés, comme les enseignants et les personnels que dans l'étude menée dans les écoles primaires. Pasteur juge même que l'établissement a pu servir "d'incubateur" à l'épidémie.

Une autre étude menée par plusieurs médecins des hôpitaux universitaires de Genève, et pré-publiée sur le site MedRxiv dès le 27 avril, montrait elle aussi que bien qu'ils soient sous-représentés dans le nombre de cas, "le SRAS-CoV-2 infectait les enfants de tous les groupes d'âge". Surtout, elle avancait que "malgré la forte proportion d'infections légères ou asymptomatiques, il serait naïf de ne pas les considérer comme des transmetteurs". Sur 23 nouveau-nés, enfants et adolescents symptomatiques et positifs au coronavirus, la charge virale s'avérait comparable à celles des adultes.

"Les enfants symptomatiques de tous âges excrètent le virus infectieux au début de la maladie aiguë", précisait même l'étude, à contre-courant des épidémiologistes et des pédiatres indiquant que la quantité d'ARN de SARS-CoV-2 était plus faible chez les enfants. "Par conséquent, la transmission du CoV-2 du SRAS chez les enfants est plausible. Compte tenu de la fréquence relativement faible des enfants infectés à l'heure actuelle, des facteurs biologiques ou d'autres facteurs inconnus pourraient réduire la transmission dans cette population", rassuraient néanmoins les chercheurs, préconisant "de vastes enquêtes sérologiques et une surveillance systématique des maladies respiratoires aiguës pour comprendre le rôle des enfants dans cette nouvelle pandémie".

En Italie, c'est une étude de traçage menée en mars-avril dans la région de Trente, en plein confinement, qui a prouvé que les jeunes enfants pouvaient bel et bien transmettre le virus. Publiée en juillet sur le site MedRxiv, elle a montré que des enfants âgés de moins de 15 ans pouvaient présenter le plus fort taux de contagiosité dans un foyer de contamination donné, y compris les enfants de 5 à 10 ans. Dans le cas étudié, le virus est même passé par une poignée d'enfants de moins de 5 ans. 

Des conclusions alarmantes venues de Berlin dès avril

L'hôpital universitaire de la Charité de Berlin a publié à la toute fin du mois d'avril une vaste étude sur la charge virale du coronavirus chez 3712 de ses patients positifs au Covid-19, en les répartissant en différentes classes d'âge. Les résultats, pré-publiés sur le site de l'établissement, montraient alors qu'il n'y avait "aucune différence significative entre les catégories d'âge, y compris les enfants", ce qui tendait à démontrer que le coronavirus était tout aussi puissant chez les enfants que chez les adultes. Autrement dit, on trouverait autant de quantité de virus dans le nez d'un enfant que dans celui d'un adulte, ce qui le rend, théoriquement en tout cas, tout aussi contagieux.

"Les données indiquent que les charges virales chez les très jeunes enfants ne diffèrent pas de manière significative de celles des enfants de moins de cinq ans", précisait par ailleurs l'étude, qui mettait en garde noir sur blanc contre une réouverture illimitée des écoles et des jardins d'enfants en Allemagne. "Les enfants peuvent être aussi contagieux que les adultes", assuraient aussi les médecins allemands signataires, qui ont travaillé sous la houlette du Dr Christian Drosten, virologue reconnu en Allemagne, conseiller d'Angela Merkel sur le virus et initiateur de la très large politique de tests menée dans le pays.

Plusieurs scientifiques, dont Alasdair Munro, chercheur en maladies infectieuses pédiatriques à l'hôpital universitaire de Southampton, au Royaume-Uni,  et l'épidémiologiste suisse Leonhard Held, ont contesté la méthodologie et la conclusion de l'étude. En réanalysant ses résultats, ils penchaient même plutôt pour l'interprétation inverse et une charge virale moins élevée que les adultes.

Les moins de 5 ans plus contagieux que prévu ?

Le 30 juillet, c'est une étude menée par des chercheurs américains et publiée dans JAMA Pediatrics qui a remis en cause à son tour le relatif consensus sur la faible dangerosité et la faible contagiosité du Covid-19 chez les enfants. L'étude portait sur 145 jeunes patients atteints d'une forme légère à modérée de l'infection, détectés par test PCR entre le 23 mars et le 27 avril : 46 enfants de moins de 5 ans, 51 enfants âgés de 5 à 17 ans et 48 adultes entre 18 et 65 ans. "Nos analyses suggèrent que les enfants de moins de 5 ans atteints de Covid-19 léger à modéré ont des quantités élevées d'ARN viral du SRAS-CoV-2 dans leur nasopharynx par rapport aux enfants plus âgés et aux adultes", expliquaient les auteurs dans leurs conclusions. La présence du SARS-CoV-2 était "10 à 100 fois supérieure" dans les voies respiratoires de ces enfants. Les moins de 5 ans seraient donc plus contagieux selon eux. Des conclusions que le pédiatre Robert Cohen et l'épidémiologiste Arnaud Fontanet ont néanmoins jugées exagérées sur France Inter.

Plus récemment, le 30 septembre dernier, un article publié dans la revue Science portant sur un nombre important de données de traçage, en Inde, dans les Etats du Tamil Nadu et de l'Andhra Pradesh, indiquait que "les cas et les décès signalés se sont concentrés dans des cohortes plus jeunes que ce que l'on pourrait attendre des observations faites dans les pays à revenu élevé". L'article indiquait que les enfants pourraient être "des acteurs clés dans la diffusion de la maladie" et démontrait qu'un petit nombre de malades pouvaient même être considéré comme un groupe de "Superpropagateurs", responsables de la majorité des infections. Néanmoins, l'âge jouait encore beaucoup dans cette propagation

Que sait-on sur la propagation du coronavirus à l'école ?

Dans cette incertitude scientifique croissante, plusieurs messages contradictoires ont aussi pu inquiéter parents d'élèves et enseignants lors des différents retours en classe ces derniers mois : le 11 mai lors du déconfinement, le 1er septembre pour la rentrée des classes et le 2 novembre pour le retour des vacances de la Toussaint, alors que le reconfinement était prononcé et même déjà entamé. Le 19 août, plusieurs sociétés savantes pédiatriques ont publié une lettre ouverte dans laquelle elles estimaient "certain qu'avec la rentrée scolaire et le retour en collectivité des plus petits, le risque de survenue de contamination par le SARS-CoV-2, aussi bien chez les enfants que chez les adultes qui les encadrent, [était] réel". Les auteurs voulaient inciter les parents à vacciner leurs enfants contre la gastro-entérite et la grippe, dans le but d'éviter la confusion des symptômes avec ceux du Covid-19. Ils promouvaient aussi les tests salivaires plus pratiques pour dépister la maladie.

Avant la rentrée 2020, Santé publique France a publié un rapport qui se voulait à l'inverse très rassurant sur le rôle des établissements scolaires dans la transmission du virus. En cas de diagnostic positif, pouvait-on lire, "les enfants sont beaucoup moins susceptibles d'être hospitalisés ou d'avoir une issue fatale que les adultes", les plus jeunes souffrant d'une infection "généralement plus légère ou asymptomatique, ce qui signifie que l'infection peut passer inaperçue ou ne pas être diagnostiquée". "Lorsqu'ils présentent des symptômes, les enfants excrètent la même quantité de virus que les adultes et sont donc contaminants comme le sont les adultes", reconnaissait en revanche Santé publique France. "Le caractère infectieux des enfants asymptomatiques est inconnu", précisait l'agence sanitaire.

Concernant l'école, Santé publique France écrivait à la mi-août dans ce même rapport que "très peu de cas groupés de Covid-19 en milieu scolaire" avaient été documentés mais, qu'ils "se produisent et peuvent être difficiles à détecter en raison du peu de symptômes chez les enfants infectés". "Les investigations des cas en milieu scolaire suggèrent que la transmission d'enfant à enfant en milieu scolaire est rare et n'est pas la principale cause d'infection par le SARS-CoV-2 [...], en particulier dans les écoles maternelles et primaires". Enfin, les écoles n'étaient pas considérées comme des "environnements de propagation du virus plus favorables que les environnements professionnels ou de loisirs", concluait l'établissement public, qui estimait que ni l'ouverture ni la fermeture des établissements scolaires ne devait impacter la transmission communautaire du Covid-19.

D'autres rapports rassurants en France... avant la rentrée

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, qui s'est exprimé le 24 août au micro de France Info, tentait pour sa part d'adopter une position équilibrée : "Il y aura des contaminations à l'école, des enfants vont se contaminer, probablement quelques enseignants aussi, mais on va le gérer", prédisait celui qui conseille le gouvernement sur le Covid-19 depuis le début de la crise sanitaire. Selon le Pr Delfraissy, les enfants sont porteurs du virus, mais en petite quantité et "les formes rares sont exceptionnelles chez le jeune public".

Un rapport du Haut conseil de la Santé publique français, publié le 9 septembre sur le site de l'institution, concluait pour sa part que "les enfants sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la transmission du SARS-CoV-2". Du point de vue de leur potentiel de contagiosité, "le risque de transmission existe surtout d'adulte à adulte et d'adulte à enfant et rarement d'enfant à enfant ou d'enfant à adulte", ajoutait le HCSP. "Les transmissions surviennent surtout en intra-famille ou lors de regroupements sociaux avec forte densité de personnes en dehors des établissements scolaires".

Dans Le Monde du lundi 31 août, veille de rentrée scolaire, Christèle Gras-Le Guen, cheffe de service des urgences et de pédiatrie générale au CHU de Nantes et secrétaire de la Société française de pédiatrie, affirmait sur ces bases que le recul et la littérature scientifique étaient suffisamment importants pour rassurer les parents. Il en allait de même de la Société française de pédiatrie elle-même, qui indiquait dans un communiqué publié le 27 août, qu'il était "urgent de rappeler combien les bénéfices éducatifs et sociaux apportés par l'école sont très supérieurs aux risques d'une éventuelle contamination Covid-19 de l'enfant en milieu scolaire".

Peu de nouveaux enseignements depuis le retour en classe

Depuis, la rentrée a eu lieu et on a dénombré, à la mi-septembre, 89 écoles et plus de 2100 classes fermées suite à des cas de Covid-19. Des cas qui touchaient autant les adultes que les enfants. "Nous déclenchons à peu près 250 protocoles par jour. C'est-à-dire 250 suspicions de Covid-19", indiquait le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer début septembre. "Ce qui est intéressant à noter, c'est que ces suspicions sont liées à des facteurs externes à l'école [...], à des personnes qui souvent avaient pu être éventuellement contaminées avant la rentrée ou dans leur vie personnelle", ajoutait-il. Faute de statistiques régulières sur le sujet, difficile de savoir en revanche comment cette situation a évolué depuis. 

D'après les derniers chiffres du ministère de l'Education nationale à la date du 28 octobre 2020, 27 écoles, collèges et lycées étaient fermés pour cause de cas de Covid-19 sur 61 500. Soit une proportion de 0,04 % des établissements scolaires du territoire français. Mais il faut dire qu'Olivier Véran, le ministre de la Santé, a annoncé dès le jeudi 17 septembre que les classes ne fermeront plus désormais quand un cas de Covid-19 sera détecté parmi les élèves. L'enfant contaminé sera isolé pendant sept jours, mais les cours pourront se poursuivre. Il faut depuis dénombrer 3 cas dans une même classes pour justifier sa fermeture.

"Les chiffres fournis par SPF et par le ministère de l'Education nationale permettent d'attester que la reprise scolaire ne s'est pas associée à un échappement épidémique concernant les enseignants ou les élèves ", tranche un document transmis aux ministères par la Société française de pédiatrie (SFP) à l'automne, et consulté par Le Monde.

La contamination des enfant et par les enfants toujours possible

Pourtant, avant le retour des vacances de la Toussaint, l'explosion de l'épidémie en France et le retour du confinement ont légitimement été accompagnés de nouvelles questions sur la réouverture des écoles. L'épidémiologiste Antoine Flahaut a notamment marqué les esprits quand il a proposé sur BFMTV, le 26 octobre, de laisser les classes de collège-lycée fermées, tout comme celles du supérieur. "Les écoles primaires pourraient rester ouvertes mais devraient imposer le port du masque, même aux enfants de plus de 6 ans", indiquait le spécialiste, inquiet. "Je ne connais pas un seul virus respiratoire qui ne se propage pas de manière prédominante chez les enfants", notait-il dans Le Parisien également fin octobre. Finalement, seule la fermeture des universités a été annoncée par Emmanuel Macron et son gouvernement en marge du reconfinement.

Le collectif du Côté de la Science, qui réunit plusieurs médecins, a lui aussi indiqué que "les écoles ne sont en effet pas magiquement protégées du virus ou de la maladie". "Les personnes qui y travaillent ou les enfants qui s'y retrouvent s'exposent comme les autres au risque de transmission. Ce n'est pas parce que les enfants font très peu de formes sévères ou de formes chroniques, qu'ils n'en font pas, ou qu'ils ne sont pas des vecteurs du Covid : 40% d'entre eux, lorsqu'ils sont détectés positifs, sont asymptomatiques", écrivaient-il dans une lettre ouverte à l'automne.

Plusieurs analyses "rassuristes" sur le Covid à l'école

Face au frémissement du nombre de cas et des hospitalisations des plus jeunes à la rentrée, plusieurs tenants de la vision "rassuriste" ont maintenu leur analyse, évoquant un élément de contexte. Parmi eux, le vice-président de la Société française de pédiatrie Robert Cohen, qui a mené une étude sur le Covid et les enfants au printemps (lire ci-dessus) essimait que les cas pédiatriques rapportés dans plusieurs CHU en France à la rentrée relevaient de la pure logique : "C'est impossible qu'il en soit autrement ", indiquait-il au Parisien fin septembre, mettant la recrudescence d'enfants touchés sur le compte d'une simple conséquence mathématique. "Plus le virus se répand, plus le nombre de cas augmente, plus les situations "exceptionnelles" se multiplient, selon lui.

"Il y a aujourd'hui un large consensus pour dire que les enfants sont moins susceptibles à l'infection, la transmettent moins une fois infectés, et sont peu à l'origine de chaînes de transmission", a pour sa part déclaré en octobre l'épidémiologiste Daniel Lévy-Bruhl, lors d'un point épidémiologique de Santé publique France. "Le risque lié aux écoles n'est pas nul, personne ne peut affirmer cela, mais la part de la transmission au sein des écoles par rapport à la transmission dans le reste de la communauté est faible", juge cet expert, qui met en garde contre un effet de loupe auprès de l'AFP : "Le nombre d'écoles ouvertes à travers le monde est extraordinairement important. Dans la plupart, il ne se passe pas grand-chose". En revanche, on parle beaucoup "des quelques écoles où il y a effectivement eu des phénomènes épidémiques - dont certains peuvent être expliqués par des conditions favorables à la transmission du virus -, ce qui donne une impression un peu biaisée du risque lié aux écoles", poursuit-il. "Même s'ils sont moins contagieux que des gens de 14 ans et des adultes, les enfants ont beaucoup de contacts avec leurs camarades et avec les adultes. Et comme ils sont beaucoup, avec beaucoup de contacts, ça peut faire beaucoup de cas de contamination", note de son côté l'épidémiologiste Dominique Costagliola.

"On sait que le risque de contamination entre les enfants et les parents existe", a commenté Yazdan Yazdanpanah dans Le Figaro. "C'est un sujet sensible et qui, à mon sens, n'est pas encore totalement réglé. Cependant, si des doutes persistent, ce risque semble faible. Il nous faut prendre les décisions au regard de la balance bénéfice-risque. Rappelons que les contagions ne se font pas en classe, quand les enfants sont assis à leur bureau, mais plutôt à la cantine ou au moment de la sortie, quand ils sont agglutinés. Il y a donc d'autres marges de manœuvre avant la fermeture des établissements".

Des alertes aussi dans le monde, mais priorité à l'école

A l'échelle mondiale, les études s'accumulent pour évaluer l'impact de l'école sur la transmission du coronavirus. Parmi les études plus récentes, le Center for disease control and prevention (CDC), déjà mentionné plus haut, a publié le 11 septembre des résultats qui démontrent que les enfants âgés de moins de 10 ans peuvent bel et bien être contaminés et transmettre le SARS-CoV-2 en milieu scolaire. L'étude a porté sur trois épidémies de Covid-19 dans deux établissements de garde d'enfants du comté de Salt Lake, dans l'Utah, entre le 1er avril et le 10 juillet 2020. Sur 184 personnes au total, dont 110 enfants (60%), 31 cas confirmés de Covid-19 ont été enregistrés, dont 13 chez des enfants (42%). Tous ou presque avaient (12) ont contracté Covid-19 dans deux des trois établissements. Tous présentaient des symptômes légers et trois n'en présentaient pas. Sur 46 cas contacts identifiés à l'extérieur des établissements (parents, frères et soeurs), 12 ont été contaminés par le Covid (soit 26%). Un parent a même été hospitalisé. La transmission a notamment été observée chez deux des trois enfants asymptomatiques. "Les données détaillées sur la recherche des contacts montrent que les enfants peuvent jouer un rôle dans la transmission de la maladie des établissements de garde d'enfants aux contacts familiaux", concluaient les auteurs.

D'autres études notables ont été menées en Australie (publiée en août dans The Lancet Child & Adolescent Health), en Israël (publiée dans Eurosurveillance), ou en Allemagne (le 10 septembre dans Eurosurveillance également). Si la contagion est constatée dans chacune d'entre-elles et dans toutes les classes d'âge (avec même une flambée de cas après la réouverture des classes dans l'étude israélienne), la majorité de ces études se montre malgré tout rassurante, penchant pour une transmission d'enfant à enfant dans les écoles et établissements de garde relativement faible. Des conclusions qui, une fois encore, doivent être appréhendées avec prudence, quand on sait que la scolarité se déroule depuis mars dans des conditions exceptionnelles dans certains pays, avec effectifs réduits et des dispositifs de gestes barrières parfois très stricts.

En outre, les experts soulignent globalement que le risque lié à l'école dépend de la situation épidémique locale : "C'est très important de comprendre que les écoles ne fonctionnent pas isolément, elles font partie d'une communauté", souligne Maria Van Kerkhove une spécialiste de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'est elle aussi montrée optimiste dans une vidéo (en anglais) mi-septembre. Selon elle, les enfants "peuvent transmettre (le Covid-19) aux autres. Toutefois, cela semble arriver moins souvent que la transmission entre adultes". Cette épidémiologiste souligne elle aussi qu'il faut différencier "les jeunes enfants" des "adolescents, lesquels semblent transmettre dans les mêmes proportions que les adultes". "Tout le monde a conscience de l'importance de l'école pour les enfants, pas seulement en termes d'éducation mais aussi de bien-être, de santé mentale ou de sécurité, sans compter le fait que parfois, c'est le seul endroit où ils ont à manger", rappelle la scientifique.

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