Covid à l'école : aides financières, mesures sanitaires... Où en est-on ?

Covid à l'école : aides financières, mesures sanitaires... Où en est-on ? COVID ECOLE. L'aide exceptionnelle de 150 euros au moins annoncée par le gouvernement mi-octobre s'applique, finalement, également aux jeunes. Linternaute.com vous en dit plus.

[Mis à jour le 19 octobre 2020 à 10h25] C'EST DANS L'ACTU - Dans un entretien au Journal du Dimanche le 18 octobre, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que l'aide de 150 euros dévoilée mi-octobre à destination des personnes les plus précaires va être étendue à tous les jeunes qui bénéficient des aides au logement, ainsi qu'aux étudiants boursiers. Les associations de lutte contre la précarité avaient en effet déploré que les jeunes de moins de 25 ans sans enfants soient exclus de ce nouveau dispositif lié à la précarité entraînée par la pandémie du Covid-19

L'annonce de cette "aide exceptionnelle de 150 euros plus 100 euros par enfant" d'abord destinée aux "bénéficiaires du RSA [revenu de solidarité active] et des APL [aides personnalisées au logement]" avait été faite par Emmanuel Macron le 14 octobre dernier. Mais l'entourage du Premier ministre avait alors fait savoir le lendemain que cette aide exceptionnelle ne serait finalement perçue que par les bénéficiaires du RSA et de l'allocation de solidarité spécifique [ASS, pour les chômeurs en fin de droits]. Les bénéficiaires des APL devaient finalement, eux, ne percevoir que la prime de 100 euros par enfant, ce qui excluait de fait les 18-25 ans non-parents. Avant ce nouveau revirement...

D'après le chef du gouvernement dans son entretien du 18 octobre au JDD, l'extension de l'aide de 150 euros aux jeunes sans enfants s'est justifiée comme suit : "le choix du président de la République" a été de "favoriser l'insertion par le travail", "nous avons aussi pleinement conscience du fait que lorsque survient une crise économique, elle touche d'abord et de plein fouet les personnes précaires et les jeunes".

Pourquoi aucune mesure supplémentaire n'a été prise contre le Covid-19 à l'école ?

Annoncée le 5 octobre dernier, la jauge de 50% d'occupation des universités et des grandes écoles dans les zones d'alerte renforcée et maximum reste de mise. Mais dans l'interview qu'il a donnée le 14 octobre au soir depuis l'Elysée, Emmanuel Macron n'a annoncé aucune nouvelle restriction sanitaire liée au Covid-19 à l'école, au collège, au lycée ou dans les universités. Le matin-même sur RTL, son ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer précisait d'ailleurs : "Dans les écoles, collèges et lycées, la situation est sous contrôle". 

Pour le ministre de l'Education mi-octobre, la situation constatée dans les école, collèges et lycées en France ne nécessite alors pas le dédoublement des classes, ni la prise en charge d'une partie des élèves par les collectivités locales. Ce scénario avait pourtant été évoqué en cas de circulation très active du virus. Le ministre a précisé, toujours le 14 octobre, qu' "il faudrait des contaminations encore plus importantes" avant qu'une telle décision ne soit prise. 

D'après des chiffres récents communiqués par le ministère de l'Education, 24 structures scolaires étaient fermées en France à la mi-octobre (sur plus de 60 000) pour cause de cas de coronavirus. Jean-Michel Blanquer a également informé le 14 octobre que le protocole allégé mis en place fin septembre dans les écoles (voir ici) pour limiter les fermetures de classes, serait normalement maintenu après les vacances de la Toussaint.

Les masques de marque Dim distribués par le ministère aux enseignants sont-ils toxiques ?

Le 14 octobre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a également réagi à un article du site Reporterre selon lequel les masques de la marque Dim fournis aux enseignants par le ministère de l'Education nationale étaient traités à la zéolithe d'argent, un biocide considéré comme toxique. Le membre du gouvernement a répondu : "C'est une information surprenante qui mérite une vérification".

En quoi consiste, en résumé, le protocole sanitaire allégé mis en place de la crèche au CM2 fin septembre ? 

Depuis le 22 septembre, les règles sont assouplies de la crèche au CM2, concernant les cas contacts à un élève porteur du Covid-19. Le principal changement ? Quand un enfant est testé positif, les autres élèves ne sont désormais plus considérés comme des cas contacts, et leur enseignant non plus. Il faut par ailleurs désormais trois cas de Covid-19 pour fermer une classe.  Plus d'informations ici. 

Pour Robert Cohen, pédiatre à l'hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) interrogé par Le Parisien en parallèle du nouvel ajustement de protocole sanitaire, cette décision "arrive trop tard, il y a un retard à l'allumage énorme. Depuis trois mois, on sait que les enfants sont moins contaminants, ce qui ne signifie pas qu'ils ne le sont pas du tout. On aurait pu éviter la fermeture de beaucoup de classes. Mais la décision tombe au mauvais moment, alors que l'épidémie repart : c'est inaudible et cela passe pour une mauvaise décision ", regrette le vice-président de la Société française de pédiatrie.

Quelles sont les mesures clés contre le Covid-19 à l'école ?

Depuis le 1er septembre dernier, plus de 12 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école, de la maternelle au lycée. Une rentrée pas comme les autres, marquée par la lutte contre le Covid-19, des fermetures d'école en nombre et des règles importantes à connaître, comme celle du port du masque, obligatoire dès le collège sans distinction d'âge, "dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs". Le non-port du masque "volontaire" peut donner lieu à une sanction en lien avec le règlement intérieur. La plupart du temps, la sensibilisation est toutefois privilégiée face à la sanction, rappelle le Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN).

En cas de symptômes du Covid-19 à l'école, le membre du personnel ou l'enfant doit être isolé et des tests réalisés afin de "remonter la chaîne de contamination". L'objectif du ministère : réussir à tester tous les cas contacts en 48 heures. Le 17 septembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a fait savoir qu'il fallait désormais privilégier le plus possible la continuité pédagogique. "Lorsqu'un enfant est testé positif, souvent parce qu'il a été contaminé, de sa famille, il doit être isolé sept jours chez lui. Mais les autres enfants de sa classe pourront normalement continuer à se rendre à l'école", a-t-il insisté. 

Néanmoins, en cas de fermeture de classe ou d'école liée à une contamination au Covid-19, "le congé parental sera possible pour les parents" a assuré sur franceinfo le 1er septembre Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre. Cette possibilité ne s'appliquera toutefois qu'en l'absence de dispositif alternatif de garde mis en place par la mairie ou l'établissement scolaire, rapporte l'AFP. Le Premier ministre Jean Castex estime quant à lui qu' "il faudra surtout trouver des solutions pour que les parents puissent continuer à travailler". 

Que peut-on retenir du protocole sanitaire sur le Covid à l'école ?

Un nouveau protocole est effectif depuis le 22 septembre 2020. 

Il s'agit d'un protocole sanitaire allégé, dont l'Éducation nationale a annoncé les nouvelles règles le 20 septembre, pour les écoles maternelles et élémentaires (donc, de la crèche au cm2). Le principal changement concerne les cas contacts et les fermetures de classes. En effet, quand un enfant sera testé positif au coronavirus, sa classe pourra désormais "continuer de se tenir normalement pour les autres élèves, qui ne sont plus considérés comme cas contacts", décrit le ministère dans son communiqué. Jusqu'ici, un élève considéré comme "cas contact" ne pouvait retourner à l'école que si les résultats d'un test effectué sept jours après le dernier contact avec le cas confirmé étaient négatifs. Seul l'enfant testé positif au Covid-19 sera "isolé sept jours chez lui" à compter du 22 septembre, a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran. Il ne restera isolée davantage que si ses symptômes se prolongent. Les fermetures de classe seront envisagées à partir de trois élèves testés positifs au Covid-19, "ne venant pas de la même famille ou ne vivant pas dans le même foyer". 

L'objectif de cet allègement du protocole est de limiter les fermetures de classe, et par conséquent le recours au congé parental. Ces nouvelles recommandations se basent sur les préconisations du Haut conseil de la santé publique (HSCP). L'instance avait en effet rendu un avis, le 17 septembre, soulignant que "les enfants sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la transmission du Sars-CoV-2". Invité de RTL ce lundi 21 septembre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a ajouté : "On voit maintenant d'après de nombreuses études que les enfants se contaminent très peu entre eux et qu'il y a peu de contaminations d'enfant à adulte." Du côté du port du masque, la règle ne change pas, et franceinfo rappelle que les enseignants du premier degré ont plus que jamais l'obligation de porter un masque. Pour les collèges et lycée, enfin, rien ne change.

De possibles fermetures à partir de trois cas par classe

Le ministère de l'Education précise toutefois que, si on compte "au moins trois cas confirmés dans la même classe [venant de différentes familles, ndlr], alors, "le protocole d'identification des personnes cas contacts, leur isolement éventuel, la fermeture possible de classes, voire d'écoles, sera toutefois appliqué". Par ailleurs, un enseignant de maternelle ou de primaire qui porte un masque et a côtoyé un élève non-masqué positif au Covid-19 ne sera désormais plus considéré comme un cas contact, et ne sera plus incité à s'isoler, informe le ministère.

D'après les chiffres officiels de la mi-septembre, ce sont 89 établissements scolaires – publics et privés sous contrat – qui étaient fermés dans l'Hexagone pour cause de cas de contamination au Covid-19 (sur un total de 61 500). Le ministre jean-Michel Blanquer a également précisé le 21 septembre sur RTL qu' "autour de 2 000 classes" étaient fermées, et que le nouveau protocole devait permettre que ce soit "un peu moins dans les temps qui viennent". 

Concise (six pages), la version globale du protocole sanitaire scolaire dévoilée juste avant la rentrée scolaire 2020 met en avant la volonté du gouvernement de voir les établissements scolaires accueillir "tous les élèves, à tous les niveaux et sur l'ensemble du temps scolaire". Par sécurité, elle évoque également la mise en place d'un "plan de continuité pédagogique" pour assurer l'enseignement à distance (consultable ici), en cas de circulation active du virus sur tout ou partie du territoire national. Voici les autres détails clés de l'actuel protocole sanitaire : 

Distanciation

  • "Dans les espaces clos (salles de classe, ateliers, bibliothèques, réfectoires, cantines, internats, etc.), la distanciation physique n'est pas obligatoire lorsqu'elle n'est pas matériellement possible ou qu'elle ne permet pas d'accueillir la totalité des élèves. Néanmoins, les espaces sont organisés de manière à maintenir la plus grande distance possible entre les élèves, notamment dans les salles de classe et les espaces de restauration".
  • "Dans les espaces extérieurs, la distanciation physique ne s'applique pas". 

Port du masque

  • "Le port d'un masque 'grand public' est obligatoire pour les personnels en présence des élèves et de leurs responsables légaux ainsi que de leurs collègues, tant dans les espaces clos que dans les espaces extérieurs". *
  • "Pour les élèves des écoles maternelles le port du masque est à proscrire ; pour les élèves des écoles élémentaires, le port du masque n'est pas recommandé mais des masques sont à disposition pour équiper les enfants présentant des symptômes dans l'attente de leur départ de l'école ; pour les collégiens et les lycéens, le port du masque 'grand public' est obligatoire dans les espaces clos, ainsi que dans les espaces extérieurs *. L'avis du médecin référent détermine les conditions du port du masque pour les élèves présentant des pathologies".

* "Bien entendu, le port du masque n'est pas obligatoire lorsqu'il est incompatible avec l'activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives, etc.). Dans ces situations, une attention particulière est apportée à la limitation du brassage et/ou au respect de la distanciation".

Lavage des mains

  • "Le lavage des mains est essentiel. Il consiste à laver à l'eau et au savon toutes les parties des mains pendant 30 secondes. Le séchage doit être soigneux, si possible en utilisant une serviette en papier jetable, ou sinon en laissant sécher ses mains à l'air libre. Les serviettes à usage collectif sont à proscrire. À défaut, l'utilisation d'une solution hydroalcoolique peut être envisagée. Elle se fait sous l'étroite surveillance d'un adulte à l'école primaire".
  • "Le lavage des mains doit être réalisé, a minima : à l'arrivée dans l'école ou l'établissement ; avant chaque repas ; après être allé aux toilettes ; le soir avant de rentrer chez soi ou dès l'arrivée au domicile. Le lavage des mains aux lavabos peut se réaliser sans mesure de distanciation physique".

Limitation du brassage des élèves

"La limitation du brassage entre groupes d'élèves (classes, groupes de classes ou niveaux) n'est pas obligatoire. Toutefois, les écoles et établissements scolaires organisent le déroulement de la journée et des activités scolaires pour limiter, dans la mesure du possible, les regroupements et les croisements importants entre groupes. Les arrivées et départs sont particulièrement étudiés pour limiter au maximum les regroupements d'élèves et/ou de parents. Les personnels ainsi que les collégiens et les lycéens portent un masque durant tous leurs déplacements. De même, la limitation du brassage dans les transports scolaires n'est pas obligatoire. Toutefois, les collégiens et les lycéens doivent porter un masque si la distanciation entre élèves ne peut être garantie".

Quels sont les symptômes justifiant une exclusion de la collectivité ?

Depuis le retour à l'école de leurs enfants le 1er septembre dernier, les parents se posent de nombreuses questions, à commencer par la marche à suivre en cas de symptômes, même mineurs, chez leurs rejetons. Un enfant peut-il être exclu de son établissement scolaire pour un simple rhume ? Faut-il le garder à la maison par précaution ? Alors que de nombreux témoignages de parents font en effet état d'un appel de leur école à venir chercher leur enfant pour un nez qui coule ou une toux légère, Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU, rappelle dans Le Monde la règle, qui est selon elle "très claire" : à partir du moment où l'élève présente des symptômes, il est évincé de l'école et doit revenir avec un avis médical, ou bien attendre quatorze jours". 

C'est effectivement ce qu'indique le protocole sanitaire publié peu avant la rentrée par le gouvernement : en cas de "symptômes évocateurs", il faut isoler immédiatement l'élève, prévenir sa famille et "l'élève ne peut revenir à l'école ou dans l'établissement qu'après avis médical ou à défaut après 14 jours". Sauf que la liste de symptômes établie par le même protocole n'inclut pas le rhume en tant que tel. Le protocole de prévention contre le Covid à l'école mentionne la "survenue brutale d'un ou plusieurs des signes cliniques suivants : infection respiratoire aiguë avec fièvre ou sensation de fièvre, fatigue inexpliquée, douleur musculaire inexpliquée, maux de tête inhabituels, diminution ou perte du goût ou de l'odorat, diarrhée".

La Société française de pédiatrie a elle aussi indiqué le 9 septembre dans ses recommandations que "toux et/ou rhinite, sans fièvre, ne suffisent pas à justifier une exclusion de la collectivité pour les enfants de moins de 6 ans. Les symptômes justifiant l'exclusion transitoire de la collectivité de ces enfants, et potentiellement une PCR, doivent inclure au moins un des 3 items suivants : fièvre (supérieure à) 38°, gêne respiratoire, troubles digestifs significatifs (plusieurs selles liquides et au moins deux vomissements)". Une démarche reprise peu ou prou dans une infographie réalisée par Mpedia, le site grand public de l'AFPA (l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire).

Si, avec l'arrivée de l'automne, les enfants sont aiguillés vers les cabinets des médecins à chaque rhume, un vrai risque de surcharge existe, alertent plusieurs corporations comme SOS Médecins ou l'Ordre des médecins.  L'organisme de défense de la profession médicale s'est d'ailleurs vu contraint de rappeler ce vendredi 11 septembre, dans un communiqué, que les professionnels de santé "n'ont pas à établir de certificat médical pour le retour à l'école".

Par ailleurs, à la demande de l'Ordre des médecins, le ministère de la Santé a précisé qu'une simple attestation sur l'honneur de la famille va désormais suffire après avis médical pour remettre son enfant à l'école. Objectif : soulager les médecins généralistes, récemment submergés par les demandes de certificat médical de non contre-indication par les parents d'élèves. Le 11 septembre dernier, l'Ordre des médecins avait publié un communiqué pour rappeler que les parents d'élèves n'avaient pas à présenter de certificat médical pour le retour de leur enfant à l'école. 

Afin de rappeler cet état de fait aux rectorats, établissements et enseignants, le ministère de l'Education nationale a précisé son protocole, dévoile Franceinfo. Ainsi, d'après le média d'information public, désormais une "simple attestation sur l'honneur de la famille suffira". Face aux établissements scolaires qui demandent un certificat médical pour remettre un enfant à l'école ces derniers temps, le texte du protocole sanitaire souligne : "Le protocole sanitaire des écoles et établissements scolaires adopté par le Ministère de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports prévoit que le retour à l'école de l'enfant est possible en cas de 'test négatif ou de respect des délais prescrits par les autorités sanitaires' ", rappelle alors le texte.  

Concrètement, pour les enfants montrant des symptômes évocateurs du covid-19, le retour à l'école peut avoir lieu "après avis médical ou à défaut après 14 jours", d'après la fiche du ministère de l'Education nationale envoyée aux établissements. Or il est important de préciser que l'avis médical se fait à l'oral, et ne nécessite pas de mise à l'écrit par l'intermédiaire d'un certificat.

Combien de classes et d'écoles sont fermées pour cause de Covid-19 en France ?

Il n'existe pas de statistiques officielles en temps réel du nombre de classes et d'établissements scolaires fermés. fermées dans l'Hexagone pour cause de détection de cas de coronavirus. D'après les derniers chiffres disponibles, cités par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer le 14 octobre, 24 structures scolaires étaient alors closes en France (sur plus de 60 000) pour cause de cas de Covid-19.  La règle actuelle ? Trois cas de Covid-19 conduisent en théorie à la fermeture d'une classe ou de l'établissement. Mais en réalité, la décision finale est prise au cas par cas, par la préfecture, la direction de l'école, le rectorat ou l'Agence régionale de santé.

Quelles sont les règles sur le Covid à l'école ? (questions/réponses)

Mon enfant est-il obligé d'aller à l'école ? 

Oui. Le retour physique à l'école pour la rentrée de septembre 2020-2021 est obligatoire, de la maternelle au lycée. Des dérogations exceptionnelles peuvent être accordées "sur certificat médical", a précisé le ministre de l'Education.

Y a-t-il un risque pour la santé de mon enfant ?

Les enfants seraient-ils plus exposés au Covid-19 qu'on ne le croit ? Consultez les dernières données sur le sujet dans notre article sur le Covid chez les enfants.

Que faire si mon enfant a de la fièvre ? 

Le protocole sanitaire qui encadre la rentrée scolaire 2020 insiste sur l'importance du rôle joué par les parents. Le gouvernement encourage ces derniers à faire preuve de responsabilité en ne mettant pas leurs enfants à l'école, au collège ou au lycée en cas de fièvre (38 °C ou plus) ou en cas d'apparition de symptômes évoquant le coronavirus, que ce soit chez l'élève ou dans sa famille. Il est ensuite conseillé aux parents de se laisser guider par les conseils du médecin traitant.

Y a-t-il des interdictions particulières à l'école, des jeux interdits à la récréation ? 

Tant que le brassage entre les différents groupes d'élèves est limité pendant les récréations, l'ensemble des jeux est autorisé aux élèves, y compris les jeux de contact comme que les jeux de ballon.

Dans quels cas le masque est-il obligatoire à l'école ?

Comme le précise le protocole sanitaire mis en place à la rentrée scolaire 2020, le port d'un masque "grand public" est obligatoire pour les personnels des établissements scolaires, mais aussi pour les collégiens (quel que soit leur âge) et les lycéens, "dans les espaces clos comme dans les espaces extérieurs" des établissements scolaires. Il n'y a que pour manger, dormir (en internat) ou encore faire du sport qu'on peut l'enlever, en le remplaçant alors par du brassage et de la distanciation.

Le port du masque est toutefois à proscrire en maternelle et non-recommandé pour les élèves en école élémentaire (sauf quand l'enfant présente des symptômes alors qu'il se trouve dans l'établissement scolaire, auquel cas un masque peut lui être fourni en attendant qu'il quitte l'école). Pour les élèves qui présentent des pathologies, notamment chroniques, il est précisé que c'est l'avis du médecin référent qui détermine les conditions dans lequel l'adolescent portera le masque. 

Est-ce que je dois porter un masque pour l'accompagner à l'école ? 

Chez les adultes, pas d'exceptions par l'âge comme pour les élèves : les parents accompagnant leurs enfants à l'école, au collège ou au lycée doivent tous porter un masque. Le ministre de l'Education a par ailleurs appelé à "éviter au maximum les contacts entre adultes".

Tous les enseignants seront-ils masqués, y compris en maternelle ? 

Oui. C'est le ministère qui les leur fournir, dont des FFP2 aux enseignants en situation de vulnérabilité, et des masques transparents pour les enseignants responsables de petites classes et de celles avec des élèves malentendants.

Faut-il que mon enfant porte un masque ? Et si oui, c'est l'école qui le lui fournit ? 

Les collégiens comme les lycéens sont concernés par le port obligatoire du masque "dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs". Un collégien doit d'ailleurs porter le masque sans distinction d'âge, précise le protocole sanitaire, même s'il n'a pas encore atteint l'âge de 11 ans. Pour les écoliers, le masque reste facultatif. Quant à la question de savoir si l'école fournit les masques, la réponse globale est non, puisque l'Etat a déjà précisé qu'il ne fournirait pas gratuitement les masques, sauf aux familles vulnérables. Plusieurs collectivités ont toutefois annoncé qu'elles fourniraient des masques à leurs élèves.

Dans quel cas les collégiens et lycéens peuvent-il enlever leur masque dans leur établissement ?

Dans le protocole sanitaire scolaire actuel, un petit astérisque précise que "Bien entendu, le port du masque n'est pas obligatoire lorsqu'il est incompatible avec l'activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives, etc.). Dans ses situations, une attention particulière est apportée à la limitation du brassage et/ou au respect de la distanciation". Pour le reste, dans les locaux et y compris pendant la récré, les collégiens et lycéens doivent porter le masque en continu.

Y a-t-il des sanctions prévues en cas de non-port du masque par les élèves de collège et lycée ?

Contacté par BFMTV.com à ce sujet, le proviseur et secrétaire général du Snupden-FSU (syndicat des chefs d'établissement de la FSU), Igor Garncarzyk, souligne que c'est bien les établissements scolaires eux-mêmes qui sont chargés de contrôler la bonne application du port obligatoire du masque dans les collèges et les lycées... et que la sensibilisation prime pour l'instant sur la sanction : "On ne va pas parler en terme de sanctions, mais de sensibilisation. On va tout faire pour qu'ils en portent, on espère que la sensibilisation va fonctionner avec un message général".

"Aucun élève ne repartira à la maison", explique encore Igor Garncarzyk. Le représentant estime toutefois que si un élève transgresse les gestes barrières et le port du masque "ostensiblement ou volontairement", son cas "rentre dans le mode de gestion" de l'établissement, autrement dit son règlement intérieur.

Peut-on garder le même masque toute une journée ?

L'agence française de la normalisation Afnor recommande de changer de masque (qu'il soit grand public ou chirurgical) toutes les quatre heures. Le masque doit même être changé dès lors qu'il est humidifié.

Que faut-il savoir sur l'utilisation au quotidien des masques réutilisables ?

  • Les masques réutilisables doivent couvrir la bouche et le nez, et ne pas être utilisés plus que 4 heures. Ils ne doivent pas non plus être placés en "position d'attente" autour du cou ou sur le front. lls doivent être lavés après chaque utilisation. Dans son guide consacré aux masques barrières, l'Afnor (Association française de normalisation) préconise également le lavage du masque à chaque fois qu'il est "souillé", "mouillé", ou mal positionné sur le visage.
  • Pour entretenir les masques réutilisables correctement, il est conseillé de suivre les trois recommandations de l'Afnor (Association française de normalisation) suivantes :
    1/ Les laver à 60 degrés avec de la lessive classique, pendant 30 minutes au moins. Au mieux, en machine ; sinon, à la main.
    2/ Les sécher dans les 2 heures suivant le lavage, soit au sèche-linge, soit à l'air libre. Les repasser si possible.
    3/ A la moindre détérioration constatée (déformation, trou), les jeter.
  • Il est fortement déconseillé de passer les masques réutilisables au four à micro-ondes, de les repasser ou de les passer au sèche-cheveux sans les avoir lavés auparavant ou encore d'utiliser de l'eau de javel ou de l'alcool pour les désinfecter. Il est également déconseillé d'utiliser de l'adoucissant en plus de la lessive, car tout autre produit que la lessive est susceptible de dégrader le tissu du masque. Enfin, l'Afnor déconseille de les sécher au sèche-cheveux, car la puissance de l'appareil risque d'endommager le tissu du masque.
  • Sécher les masques au sèche-cheveux après lavage est par ailleurs déconseillé par l'Afnor, qui explique sur son site : "L'option est mentionnée dans une notice-type pour les masques en tissu mise en ligne par la Direction générale des entreprises. Mais noud ne recommandons pas cette méthode, à cause de "la mauvaise maîtrise du niveau de température", qui peut conduire à endommager le tissu. Si vous choisissez cette option malgré tout, faute d'autre solution, il faut donc absolument faire attention à la température supportée par le masque".

Les élèves doivent-ils garder le masque à la récré ? 

Oui, sans exceptions, à partir de la classe de 6e. Les récréations se font par ailleurs, dans la mesure du possible, en décalé et par zones balisées afin de limiter au maximum le brassage des élèves de groupes différents.

Comment se déroulent les déjeuners à la cantine ? 

Pour éviter la propagation du coronavirus lors des déjeuners à la cantine, le protocole sanitaire mis en place pour la rentrée scolaire 2020 recommande que les élèves mangent tous les jours à la même table et que les établissements organisent plusieurs services. Les tables devront également être nettoyées et désinfectées régulièrement.

Faut-il porter son masque à la cantine ?

Voici un bon "moyen mnémotechnique" : pour le masque à la cantine, c'est comme pour les adultes au restaurant. On retire son masque uniquement à table... et on le garde pour circuler. Par ailleurs, le lavage des mains est de rigueur à l'arrivée et au départ des lieux.

Le masque est-il aussi obligatoire en cours de sport ? 

Si les élèves âgés de 11 ans et plus doivent aussi porter un masque dans les gymnases et les stades, ils pourront tout de même l’enlever dès qu’ils commenceront à faire de l’exercice. Charge alors au professeur de leur faire respecter une distance d’au moins deux mètres.

Et en cours de musique ?

La réponse est "oui", toujours à partir de la 6e. En chant, le ministère recommande ainsi de rechercher avant tout la "qualité du timbre" et non "la puissance vocale". Quant à la primaire, où le port du masque est facultatif, le ministère recommande des sessions de chant limitées à une vingtaine de minutes. Dans le secondaire, notamment pour les "lycéens habitués à jouer dans les productions collectives", les instruments de musique sont par ailleurs autorisés, à l'exception de ceux à vent.

Que se passe-t-il en cas de détection d'un cas de Covid-19 dans l'école de mon enfant ? 

Quel est le protocole concret mis en place si un camarade de classe de votre enfant ou un membre du personnel de son établissement scolaire est testé positif au Covid-19 ? Que prévoient les autorités ? En résumé, il s'agit alors de poser un diagnostic le plus rapidement possible, "dans les 48h à chaque fois que des symptômes sont signalés", a donné comme objectif le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, lors de sa conférence de presse du 26 août. Si les symptômes se produisent à l'école, l'élève est immédiatement isolé sous surveillance d'un adulte, jusqu'à ce que quelqu'un vienne le chercher.

A partir de 6 ans, il devra porter un masque s'il présente des symptômes. L'enfant ne revient pas en classe avant le diagnostic. Il doit rester chez lui sept jours en cas de test positif. L'établissement est alors désinfecté minutieusement, en ciblant les locaux occupés par le malade pendant les dernières 48h. Le directeur d'établissement s'occupe, lui, de prévenir les autorités académiques, et l'Agence régionale de santé élabore une première liste de contacts à risque, qui sont isolés.
Si une même classe présente trois cas avérés de Covid-19 (n'appartenant pas à la même famille), une enquête épidémiologique est menée par l'ARS, en lien avec le médecin scolaire, afin d'établir la liste détaillée des sujets contacts. Figurent dans cette liste ceux qui ont eu un contact à moins d'un mètre du malade (que ce soit un repas, une conversation, une embrassade). Cette liste est transmise à l'Assurance maladie, qui appelle chaque cas contact afin de l'informer de la suite du processus (tests, isolement). L'Assurance maladie est aussi chargée d'identifier de potentiels autres sujets contacts se trouvant en dehors de l'école. L'Education nationale indique ainsi à franceinfo : "On remonte la chaîne de contamination : tout ceux qui peuvent être concernés sont testés." Quel que soit le degré de proximité de leur enfant avec la personne contaminée, les parents devront être informés par l'établissement scolaire de la présence de cas de Covid-19 confirmés dans l'établissement ainsi que des mesures mises en place.

Dans quel cas les classes ou établissements scolaires peuvent-ils être fermés ? 

Le 30 août dans le JDD, le ministre de l'Education a prévenu qu'il y aurait, certes, des classes fermées, "mais le moins possible". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a quant à lui rappelé le 1er septembre sur franceinfo : "Si on a le sentiment que le virus a pu circuler dans une classe ou un établissement, on pourra être amené à fermer une classe ou un établissement".
La décision éventuelle de fermer des classes sera prise au cas par cas, à partir de la liste de cas contacts établie par l'Agence régionale de santé (ARS) et après décision conjointe des préfets, recteurs et autorités régionales de santé, sans oublier la collectivité territoriale concernée (mairie, département, région selon les cas). L'Education nationale précise : "Cela peut être la fermeture d'une classe ou la fermeture d'une école". Néanmoins, comme Olivier Véran l'a indiqué le 17 septembre, les enfants étant peu contagieux entre eux, désormais, tout sera fait pour maintenir le plus possible les classes et les établissements ouverts. 

Au cours de sa conférence de presse du 26 août, Jean-Michel Blanquer a de son côté présenté trois scénarios :

  1. Circulation "maîtrisée" du virus : les établissements ont un fonctionnement normal

  2. Circulation "forte" du virus : une organisation "hybride" est mise en place, avec classes restreintes, roulement des élèves et enseignement à distance

  3. Circulation "intense" du virus : une fermeture des établissements sera alors envisagée par les autorités

Si la classe ou l'école de leur enfant est fermée, les parents bénéficient-ils d'un congé pour s'occuper de lui ? 

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s'est exprimé sur franceinfo le 1er septembre à ce sujet : en cas de retour de leur enfant à la maison pour cause de fermeture de classe ou d'école liée à une contamination au Covid-19, "le congé parental sera possible pour les parents" a-t-il assuré.

Selon l'annonce du ministère de la Santé dans un communiqué le 9 septembre dernier : les salariés qui doivent garder leur(s) enfant(s) suite à la fermeture de leur école, crèche ou collège et n'ont pas la possibilité de télétravailler peuvent actuellement bénéficier du chômage partiel. Ils doivent pour cela obtenir une attestation de la part de l'établissement scolaire.
La mesure concerne également les parents des enfants "identifiés par l'Assurance Maladie comme étant cas-contact de personnes infectées", précise ce même document. Le  porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a aussi ajouté sur BFMTV le 10 septembre qu'il fallait, pour que le chômage partiel s'applique, que "la commune ne propose pas un dispositif de garde pour votre enfant".
Concrètement, précise le communiqué du ministère, les travailleurs concernés peuvent bénéficier du chômage partiel "dès le premier jour de leur arrêt de travail, et au plus tard jusqu'à la fin de la période d'isolement". Et la mesure s'applique à "tous les arrêts concernés à partir du 1er septembre 2020". Les parents reçoivent alors "84 %" de leur salaire net, comme dans les conditions générales du chômage partiel, a souligné Gabriel Attal.

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Qu'en est-il du protocole sanitaire dans les internats ?

En internat, le masque est obligatoire aussi sauf en cours de repas et pendant la toilette et le sommeil. Les lits doivent être distanciés les uns des autres d'un mètre au minimum. Quant aux lits superposés, ils sont autorisés à la condition d'un couchage en "tête-bêche" par leurs occupants. Enfin, le ministère recommande de faire dormir  les élèves d'une même classe ou d'un même niveau "ensemble".

Qu'en est-il du protocole sanitaire dans les universités ?

Depuis le 6 octobreen zones d'alerte renforcée et maximale, il y a à la fac une jauge limitée à 50% des places. Autrement dit, les amphithéâtres, les réfectoires, les bibliothèques universitaires ou les salles de classe des universités ne peuvent désormais être remplis qu'à 50% maximum de leurs capacités. Objectif, selon le recteur de l'académie d'Ile-de-France, Christophe Kerrero : "prendre en compte la situation sanitaire parisienne".

Cette mesure, qui s'applique à tous les établissements d'enseignement supérieur, est prise au moins jusqu'au lundi 19 octobre 2020, selon le préfet de police de Paris, Didier Lallement, et sera d'ici là réévaluée. La mesure devrait a priori se poursuivre après les vacances de la Toussaint, d'après le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer le 14 octobre.

N.B. : le 30 septembre dernier, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a écarté l'hypothèse d'une "fermeture généralisée des universités".

Comment éviter les lésions au gel hydroalcoolique sur les yeux des enfants et que faire en cas de problème ?

Du 11 mai au 24 août, des symptômes oculaires ont été identifiés chez au moins 63 enfants ayant reçu dans les yeux du gel hydroalcoolique. Enregistrés par les Centres antipoison, les bambins étaient en moyenne âgés de "4 ans", ont précisé le ministère de la Santé et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un communiqué.
Les projections accidentelles ont eu lieu, pour les trois quarts d'entre elles, "dans un magasin ou un centre commercial", où les distributeurs en libre accès "sont souvent à hauteur d'yeux des jeunes enfants" et "peuvent être perçus comme un jeu" quand ils sont actionnables "à l'aide d'une pédale ou de façon automatique", expliquent-ils.
20% de ces incidents environ ont été traités aux urgences, avec le plus souvent comme symptôme une douleur, une rougeur ou une inflammation de la paupière ou de l'oeil. "Deux cas d'atteinte de la cornée, réversible après traitement symptomatique", ont par ailleurs été enregistrés. Sur la même période, les ophtalmologues des hôpitaux français ont également signalé "plus d'une dizaine d'enfants" pris en charge "pour des lésions oculaires sévères avec difficulté de cicatrisation", au moins deux d'entre eux ayant "nécessité une chirurgie sous anesthésie générale". Les autorités sanitaires mettent donc les parents en garde et proposent le mémo suivant : 

L'Anses précise par ailleurs deux points importants : "le retard au rinçage est très préjudiciable et en cause dans les lésions sévères" et "La solution hydroalcoolique pouvant avoir un effet anesthésiant, la douleur peut s'estomper au bout de quelques heures alors même qu'il y a des lésions oculaires importantes".

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