Ecole et Covid : en quoi consiste le nouveau protocole de fermeture de classes ?

"Ecole et Covid : en quoi consiste le nouveau protocole de fermeture de classes ?"

Ecole et Covid : en quoi consiste le nouveau protocole de fermeture de classes ? ECOLE ET COVID. Alors que près de 9 000 classes sont fermées en France, Jean-Michel Blanquer a dévoilé un nouveau dispositif de fermeture de classes allégée afin de faire face au Covid-19 tout en gardant au maximum les élèves à l'école. Les changements concerne aussi les autotests.

[Mis à jour le 29 novembre 2021 à 11h52] Ce lundi matin du  29 novembre 2021 a marqué la fin de la fermeture automatique des classes de primaire au premier cas de Covid-19 détecté. "Notre boussole, ça reste la priorité d'une école ouverte", a martelé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, le 25 novembre 2021, avant d'annoncer la modification du protocole dans les établissements scolaires face au Covid-19 : désormais, les classes de maternelle et primaire ne sont plus systématiquement fermées pour une durée de sept jours dès qu'un cas positif est détecté. Si l'enfant contaminé est mis à l'isolement durant une semaine, tous les autres élèves sont dépistés : tous ceux ayant un résultat négatifs retournent en cours (refaire un test sept jours plus tard leur est toutefois conseillé), quand ceux étant positifs doivent rester à leur domicile (plus de précisions ci-dessous). "Les parents peuvent faire tester leurs enfants, ou les tests peuvent être réalisés au sein des établissements grâce à la présence de laboratoires sur place", a précisé Jean-Michel Blanquer. Si le test est positif, l'enfant doit rester à la maison 10 jours. Si les parents refusent de faire tester l'enfant, il est considéré comme négatif et doit rester à la maison 7 jours. Pour appliquer réellement ce nouveau protocole, une semaine de rodage est prévue (cette même semaine du 29 novembre).       

Le nouveau protocole national à l'école était déjà expérimenté depuis début octobre dans dix départements. L'Aisne, l'Ariège, la Côte-d'Or, les Landes, la Manche, le Morbihan, la Moselle, le Rhône, le Val-d'Oise et le Var appliquaient déjà les mesures désormais mises en place à travers tout le pays, malgré des limites montrées dans certains territoires pour dépister rapidement les enfants. Ce jeudi 25 novembre, le ministre de l'Education a, en outre, appelé les "moins de 10%" de professeurs n'étant pas encore vaccinés à sauter le pas. 

Ni couvre-feu, ni confinement (pour l'instant en tous les cas)

Toujours en conférence de presse le 25 novembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré que "La France connaît à son tour une cinquième vague" et elle "sera sans conteste plus forte, plus longue" que la quatrième. Et d'assurer toutefois que "nous pouvons passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants". Il n'y a donc "ni confinement, ni couvre-feu, ni fermeture anticipée des commerces, ni limitation de déplacement" parmi les annonces du jour, a-t-il souligné.

Le rappel vaccinal ouvert aux plus de 18 ans 

L'ouverture au rappel vaccinal ne concerne, pour l'heure, que les citoyens français majeurs. La dose de rappel vaccinal leur est proposée à partir du 27 novembre, et seulement 5 mois - et non 6 - après la vaccination complète, comme recommandé par le Haute Autorité de santé. Les 19 millions de Français éligibles au rappel de vaccination sont appelés à se faire vacciner "dans les deux prochains mois" a précisé Olivier Véran en conférence de presse le 25 novembre. Ledit rappel, le plus souvent une troisième dose, était jusque-là ouvert aux plus de 65 ans, aux personnes à risque et aux soignants. 

La vaccination des 5-11 ans attendra "2022"au plus tôt

Quant à la vaccination des 5-11 ans, le ministre de la Santé a déclaré le 25 novembre avoir saisi le Conseil national d'éthique et la Haute Autorité de santé sur la question. Ce même 25 novembre, l'Agence européenne du médicament a approuvé la vaccination des 5-11 ans. Si le Conseil national d'éthique et la Haute Autorité de santé se prononcent favorablement, puis si le gouvernement suit leur recommandation, elle ne sera quoiqu'il en soit pas actée "avant le début de l'année de 2022 puisqu'il faut pour cela recevoir les doses adaptées aux enfants", a explicité le ministre de la Santé le 25 novembre. 

Les gestes barrière doivent être renforcés

En attendant notamment la vaccination des 5-11 ans si elle est autorisée l'an prochain, le gouvernement a appelé le 25 novembre à renforcer les gestes barrière. "Nous devons nous ressaisir" sur les gestes barrières, a ainsi martelé le ministre de la Santé Olivier Véran : " Etre libre, ce n'est pas refuser mordicus ces mesures : ces petites contraintes du quotidien sont les clés de notre liberté." Des gestes qui peuvent passer pour "dérisoires" mais sont en fait "inestimables" en vue de freiner le Covid-19. Les poignées de main ne transmettent "pas que de la chaleur humaine", a-t-il mis en image.

Où en sont les fermetures de classes ? 

Combien de classes sont vides et fermées pour cause de Covid ? De la maternelle au lycée, de nombreux parents et enseignants s'interrogent chaque semaine sur ce décompte clé. Selon le dernières données du bilan hebdomadaire du ministère de l'Education, arrêtées au jeudi 25 novembre à 13h et publiées le 26 novembre, on compt 8 890 classes fermées, contre 4 048 dans le précédent bilan hebdomadaire, sur 527 200 classes, soit 1,70% contre 0,8% lors du précédent point. Du côté des structures scolaires (publiques et privées sous contrat), le ministère dénombre 74 fermetures (contre 28 dans le précédent bilan), sur 59 650 établissements scolaires au total, soit une proportion de 0,12% (0,05% dans le précédent bilan) : 73 écoles contre 28 une semaine avant (sur 48 950), 1 collège contre 0 une semaine avant (sur 6 950) ; et 0 lycée, tout comme la semaine précédente (sur 3 750).  

Le dernier point de situation hebdomadaire du ministère de l'Education livre également :  

  • le nombre de cas de Covid confirmés chez les élèves (cumul sur les 7 derniers jours) : 21 976 élèves sur la semaine écoulée contre 10 962 la semaine précédente, sur 12 223 000 élèves, soit 0,18% (+4 131 en 24h)
  • le nombre de cas de Covid confirmés chez les personnels : 1 562 sur les 7 derniers jours, contre 776 la semaine d'avant, sur 1 201 500 personnels, soit 0,13% (+294 en 24h)

Le virus circule-t-il plus à l'école qu'ailleurs ?

D'après un récent rapport cité par franceinfo, l'école est un lieu où le virus se propage fortement. Ledit rapport émane du groupe de réflexion Terranova, proche du centre-gauche. Il estime qu'il y aurait "30 % de risques de plus de contracter le virus" lorsqu'on est au contact d'enfants scolarisés. Un risque qui monterait même à "40 %" si les enfants sont en crèche. Pour Terranova, les protocoles mis en place dans les établissements scolaires ne sont donc pas suffisants.  

Dans un récent avis, le conseil scientifique Covid-19 assurait toutefois pour sa part que "les écoles ne semblent pas constituer des amplificateurs de transmission : la circulation du virus en milieu scolaire reflète plutôt celle qui est observée au sein de la collectivité", comme montré par une étude publiée fin février dans le British Medical Journal. Cela ne veut pas pour autant dire que les établissements scolaires ne jouent pas de rôle dans la propagation du virus. A la mi-mars, le conseil scientifique rappelait ainsi que le risque majeur est celui de la transmission du Covid-19 par les élèves à leurs parents ou grands-parents. Cette transmission est, selon l'étude ComCor menée par l'Institut Pasteur, plutôt "le fait des collégiens ou lycéens" que des écoliers de primaire. Le protocole sanitaire conserve donc toute son importance jusqu'à la fermeture des écoles, en particulier au moment des repas. 

Quel est le protocole sanitaire actuel ?

Depuis la mi-novembre, le protocole sanitaire scolaire contre le Covid-19 est maintenu au niveau 2 dans l'ensemble des départements (voir dans le tableau ci-dessous). Le ministère de l'Education avait décliné quatre niveaux, cet été, selon l'intensité de circulation du virus. Jusqu'au 4 octobre dernier, le niveau 1 s'appliquait dans les départements où le taux d'incidence était sous les 50 pour 100 000 habitants depuis au moins cinq jours.
Attention : une nuance à ce qui est inscrit dans la partie "Protocole de contact-tracing" a été officialisée le 25 novembre, pour un démarrage à dater du 29 novembre. En école primaire (donc maternelle et élémentaire), les classes ne fermeront plus entièrement à partir d'un cas détecté de Covid-19 : l'enfant contaminé sera isolé pendant sept jours, et  tous ses petits camarades dépistés. Seuls ceux qui sont testés positifs seront isolés.

© Ministère de l'Education nationale

► Consulter le protocole sanitaire via le site du ministère de l'Education nationale   

Dépister plus, isoler seuls les cas positifs : un avis du Conseil scientifique contredit le protocole sanitaire

Autre info importante : d'après un avis du 13 septembre, le Conseil scientifique considère que seuls les enfants testés positifs devraient être renvoyés chez eux en cas de contamination constatée au collège et au lycée. Il préconise en outre des tests systématiques et hebdomadaires à l'école primaire, une mesure qui ne fait pas partie du protocole sanitaire du ministère de l'Education nationale. Pour rappel, actuellement, à l'école primaire, la fermeture d'une classe est actée à partir d'un seul cas de Covid-19. Et en cas de contamination au collège ou au lycée, l'ensemble des élèves de la classe doit s'isoler toute une semaine. 

Selon Le Monde (article abonnés), qui a pu consulter l'avis du Conseil scientifique du 13 septembre, les experts du Conseil scientifique estiment qu'au sein des collèges et des lycées, ce sont tous les élèves d'un même niveau (et pas uniquement ceux d'une même classe, au vu du large brassage des adolescents) qui devraient être dépistés dès le lendemain de la détection d'un cas avéré de Covid-19. 

Pour le Conseil scientifique, il s'agirait, rapporte Le Monde, d'une stratégie "gagnant-gagnant" (...) censée éviter les fermetures de classes dans le primaire, et le 'tri' entre élèves vaccinés et non-vaccinés dans le secondaire" sachant que les élèves non-vaccinés sont souvent issus de milieux plus défavorisés. Cet avis s'alarme également des conséquences du variant Delta, plus contagieux et qui "fait redouter une épidémie pédiatrique suite à la rentrée de septembre, dans un contexte de non-vaccination chez les moins de 12 ans et de couverture vaccinale partielle chez les 12-17 ans", selon un autre extrait cité par Le Monde.  

Une expérimentation de protocole alternatif dans les écoles primaires de dix départements

Début octobre, un nouveau protocole sanitaire parallèle a par ailleurs commencé à être expérimenté. Le 28 septembre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer avait d'ores et déjà annoncé que le test concernerait les écoles primaires "d'une dizaine de départements" français. La France se situait alors sur une "courbe baissière" (en dessous des 2000 classes fermées) du nombre de cas de Covid-19. Concrètement, le protocole consiste, à chaque fois qu'il y a un cas positif, à tester toute la classe et à ne renvoyer à la maison que ceux qui sont positifs. Et si un parent d'élève refuse de faire tester son enfant ? Ce dernier est alors considéré comme positif. Une expérimentation qui fait écho aux préconisations du Conseil scientifique d'isoler non pas tous les cas contacts d'une classe, mais uniquement les cas réellement identifiés comme positifs au sein de cette même classe.

Le port du masque est-il obligatoire pour tous les élèves ?

Concernant le port du masque et plus particulièrement le masque à l'école primaire, le port du masque est à nouveau obligatoire dans l'ensemble des écoles primaires, depuis le 15 novembre. Jusqu'à cette annonce, les élèves de primaire avaient pu tomber le masque dans 40 départements (39 en France hexagonale). A noter que la mesure de la fin du masque obligatoire ne s'était pas appliquée aux enseignants, qui devaient le conserver au sein de l'établissement.

Pour ce qui est des sorties scolaires, "un décret rend à nouveau obligatoire le port du masque partout en intérieur" à compter du 26 novembre, dans les lieux réceptionnant du public, y compris dans les lieux où le passe sanitaire est réclamé. Le 25 novembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a également précisé en conférence de presse que, dorénavant, "Les préfets sont aussi habilités à rendre obligatoire le port du masque pour des événements en extérieur, tels que par exemple les marchés de Noël (désormais soumis au passe sanitaire, ndlr) "ou des brocantes". 

Où en sont les règles du pass sanitaire pour les élèves ? 

Quelles sont les règles du pass sanitaire pour les ados, autrement dit les élèves en âge de se faire vacciner ? Depuis le 30 septembre, les mineurs de 12 ans et deux mois à 17 ans sont obligés de présenter un pass sanitaire pour se rendre dans des lieux publics tels que la piscine, le cinéma, ou le musée (y compris en sortie scolaire). Les gymnases de loisir et les stades sont concernés, les trains et cars de longue distance également. A noter toutefois que le pass sanitaire n'est toujours pas requis au collège et au lycée. Pour connaître les exceptions à la règles et les subtilités de l'extension du pass sanitaire aux adolescents, consultez notre page spéciale "Pass sanitaire". 

Autotests et tests salivaires : comment ça marche ?

Sur France Inter, le 26 novembre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé la mise en place de deux autotests par semaine en classe de 6e, à compter du lundi 29 novembre. Distribués au sein des collèges, ils doivent être réalisés en famille, a-t-il précisé. Pour justifier cette mesure, Jean-Michel Blanquer a mis en avant le "cas particulier" des enfants de moins de 12 ans, qui ne peuvent pas encore se faire vacciner en France, mais chez lesquels le virus circule actuellement de façon intense. 

Alors que les tests sont devenus payants pour tous les Français mi-octobre, ils restent gratuits en milieu scolaire pour les enfants et les adultes, a confirmé le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer dès le 13 septembre dans Le Parisien. A la clé : deux autotests gratuits par semaine, a-t-il alors souligné. D'après des données citées par le Conseil scientifique Covid-19 dans un avis du 19 avril intitulé "Les autotests : une opportunité de santé publique", un dépistage hebdomadaire chez 75 % des élèves est susceptible d'entraîner une réduction de 50 % des contaminations. 

Depuis le 10 mai, l'organisation du dépistage par autotests dans les collèges et les lycées est décidée à l'échelle de chaque établissement. Un lieu dédié est choisi à l'intérieur du bâtiment puis, classe par classe, les élèves viennent pratiquer leur autotest, sur le temps scolaire, sous la supervision d'un personnel médical, de médiateurs ou de volontaires. Plus d'un millier de médiateurs a par ailleurs été recruté pour aider au dépistage.

Au printemps 2021, ont également été mis en place des tests salivaires dans les écoles élémentaires. L'objectif du gouverment à la rentrée était de 600 000 tests salivaires, comme précisé par Jean-Michel Blanquer sur RTL le 27 août. Objectif affiché par le gouvernement : "avoir la vie la plus normale pour les enfants". Pour avoir un ordre d'idée du nombre de tests salivaire réalisé en réalité dans les écoles cet automne, celui-ci s'élevait à 205 000 la semaine du 5 octobre, selon L'Etudiant.fr.  

Vaccins pour les enfants et adolescents : que sait-on ?

Les collégiens et lycéens peuvent se faire vacciner depuis le 15 juin. Fin octobre, soit au moment des vacances de la Toussaint, 70% des collégiens et lycéens âgés de 12 à 17 ans bénéficiaient d'une vaccination complète contre le Covid-19, selon le site spécialisé L'Etudiant.fr. Et 75,2% d'entre eux avaient reçu au moins une dose du sérum. La vaccination des plus de 12 ans est mise en place au sein même des collèges et lycées depuis le 2 septembre.

Par ailleurs, les laboratoires allemand BioNTech et américain Pfizer ont affirmé le 20 septembre que leur vaccin contre le Covid était "sûr" pour les enfants de 5 à 11 ans. Administré en dose réduite à des participants à des tests figurant dans cette catégorie d'âge, le sérum a entraîné une réponse immunitaire similaire à celle enregistrée dans l'une de leurs précédentes études chez des jeunes de 16 à 25 ans avec une dose plus forte, selon les laboratoires. Pfizer et BioNTech ont indiqué qu'ils allaient transmettre les résultats ci-dessus aux différentes agences de régulation des médicaments dans le monde. A l'heure où les jeunes de moins de 12 ans sont les seuls à ne pas pouvoir être vaccinés en France (sauf cas exceptionnels), l'information est de taille. Que faut-il en penser ? "On doit rester prudent", estimait le 20 septembre sur france info l'infectiologue Odile Launay. "Pour l'instant, nous n'avons pas de données".  

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