École et covid : tests salivaires, fermeture de classes... Où en est-on ?

École et covid : tests salivaires, fermeture de classes... Où en est-on ? ECOLE ET COVID. Que sait-on d'essentiel sur la campagne de dépistage massif par tests salivaires, la circulation du Covid-19 à l'école ou encore la fermeture de classes ? Le récap'.

[Mis à jour le 1er mars 2021 à 18h16] L'heure de la rentrée scolaire a sonné en zone C ! Quelques 300 000 tests salivaires doivent être réalisés dans les écoles chaque semaine d'ici "mi-mars", a réaffirmé le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer ce 1er mars lors d'un déplacement dans une école de Vesoul (Haute-Saône). Pour atteindre cet objectif, "nous mobilisons toute une série de personnels, des personnels de santé qui peuvent venir de l'Education nationale, mais aussi des laboratoires privés", a-t-il assuré.

Voici les autres dernières infos concernant le Covid-19 à l'école : 

  • Les tests salivaires déployés à l'école vont être assurés par des "personnels de santé" et non pas par des enseignants, a souligné Jean-Michel Blanquer ce 1er mars. 
  •  Ce sont environ 50 000 tests salivaires qui ont été réalisés la semaine dernière au sein des écoles de la zone A, a également précisé le ministre de l'Education ce 1er mars. Cette semaine doivent s'y ajouter "80 000 dépistages en zone C", a-t-il complété. Et à partir de lundi 8 mars prochain, en zone, B, "entre 50 000 et 80 000 tests".
  • En déplacement ce 1er mars dans un centre de formation de Stains, en Seine-Saint-Denis, le président Emmanuel Macron a été interpellé par un jeune homme lui demandant de "prolonger le couvre-feu jusqu'à 19 heures parce que c'est dur". Le chef de l'Etat l'a encouragé, en souriant, à "tenir" encore "4 à 6 semaines" avant que certaines contraintes ne puissent être assouplies en France.
  • A Chambourcy, près de Paris, la rentrée a été reportée dans toutes les écoles maternelles de la ville suite à la découverte de 13 cas de variant sud-africain dans deux écoles de la ville, datant d'avant les vacances de février : sept élèves, trois enseignants et trois Atsem, rapporte franceinfo.
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Pourquoi les écoles restent-elles ouvertes ? Quelles sont les nouvelles mesures décidées par le gouvernement, par niveau ? Et les nouvelles règles du protocole sanitaire ? Quelle forme prennent les tests de dépistage du Covid-19 à l'école ? Découvrez-les informations et les explications sur tous ces points en naviguant dans notre page spéciale à l'aide du sommaire ci-dessus. 

Tests salivaires

Les tests salivaires ont été autorisés par la Haute autorité de Santé dans les écoles le 11 février. Objectif : élargir les dépistages en milieu scolaire au retour des vacances scolaires, pour éviter une flambée de l'épidémie à l'échelle nationale. Les variants du Covid-19 continuent en effet de proliférer en France, et sont plus contagieux que la souche classique, y compris pour les enfants. Les tests salivaires ne sont pas plus rapides que les tests nasopharyngés, mais moins inconfortables pour les plus jeunes.

Où et quand les tests salivaires sont-ils déployés ? 

Les élèves de maternelle et de primaire doivent en bénéficier en priorité. La campagne de tests salivaires est progressive : elle concernera ensuite les collèges, lycées et universités. 

Comment ça marche ?

A contrario du dépistage naso-pharyngé, le test salivaire ne nécessite pas d'écouvillon dans le nez. La Haute autorité de santé précise qu'il suffit de disposer d'un kit permettant de récupérer la salive "par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive". Le pipetage est notamment pratique pour les jeunes enfants qui ont du mal à cracher dans un tube. Dans un avis datant du 11 février, la HAS estime que le recours aux tests salivaire est particulièrement recommandé en cas de "dépistage itératif (répété, NDLR) de populations ciblées telles que les écoles, les universités, les Ehpad ou les soignants".

► Consultez notre page consacrée au test salivaire

Covid à l'école 

Où en est la circulation du Covid à l'école ? La circulation des variants du Covid-19 à l'école se poursuit, et ils sont de 40 à 70 % plus contagieux que le Covid-19 "classique". Le ministère de l'Education communique chaque vendredi sur le nombre de cas de coronavirus dans les établissements scolaires. D'après le dernier point de situation en date, celui du vendredi 26 février *, on comptait :

  • 1 584 cas de covid confirmés chez les élèves (cumul sur sept jours)
  • 212 cas de covid confirmés chez le personnel (cumul sur sept jours

* données arrêtées au jeudi à 13h et chiffres concernant le public et le privé sous contrat hors zones B et C, Guyane et Corse (alors en congés) et Mayotte (alors en confinement)

"30% de risques en plus" de contracter le Covid-19 au contact d'enfants scolarisés

D'après un récent rapport cité par franceinfo, l'école est un lieu où le virus se propage fortement. Ledit rapport émane du groupe de réflexion Terranova, proche du centre-gauche. Il estime qu'il y aurait "30 % de risques de plus de contracter le virus" lorsqu'on est au contact d'enfants scolarisés. Un risque qui monterait même à "40 %" si les enfants sont en crèche. Pour Terranova, les protocoles mis en place dans les établissements scolaires ne sont donc pas suffisants.

Fermeture d'école et Covid

Depuis le 12 février, la fermeture d'une classe intervient à partir d'un cas en maternelle et de trois cas en école, collège ou lycée (Covid ou variant anglais), ou si l'élève est positif ou "cas contact" d'un de ses parents ou d'un membre de sa fratrie (variant brésilien ou sud-africain). Les autorités sanitaires peuvent durcir temporairement et à l'échelle locale ce protocole, précise le ministère de l'Education. 

Quelle est la philosophie du gouvernement sur une fermeture générale des écoles ? Il n'y a "pas de bouleversement" à prévoir d'ici la fin des vacances scolaires d'hiver car l'équipe gouvernementale veut "laisser de l'air aux Français". Franceinfo a recueilli ces informations et les a rapportées le 16 février. Traduction : les mesures sanitaires plus strictes, s'il y en a, attendront au moins lundi 8 mars, date de la rentrée scolaire dans les établissements de la Zone B, la dernière à être en vacances. Côté contexte épidémique en France, si la situation sanitaire demeure tendue, le nombre de cas de contaminations au Covid-19 poursuit sa lente baisse à l'échelle nationale. 

Point général sur la fermeture des écoles

Selon le point de situation fourni par le ministère de l'Education le vendredi 26 février, seules 72 classes d'école, de collège ou de lycée étaient fermées cette semaine à cause de la pandémie de Covid-19, versus 1 195 la semaine dernière. Quant au nombre d'établissements scolaires fermés, il est passé de 66 à... 1 (!) sur 15 500 (école, collège et lycée inclus), soit 0,01%. A noter, dans un cas comme dans l'autre, que deux zones étaient alors en vacances scolaires. Contacté par Le Parisien, le ministère propose plusieurs explications potentielles à cette dégringolade des chiffres : la zone A où l'école a eu lieu cette semaine regroupe plusieurs académies localisées dans des régions moins touchées par le virus actuellement ; les élèves testés positifs avant la rentrée restent à la maison, ce qui évite la fermeture potentielle de leur classe ; et le protocole sanitaire concernant le variant britannique a été assoupli au milieu du mois (après avoir été durci au début du mois) : au début, un seul cas positif provoquait la fermeture de la classe, aujourd'hui la mesure ne devient automatique que si trois cas sont recensés, sauf si l'ARS en décide autrement.

Un gouvernement qui insiste sur l'ouverture des écoles

Le gouvernement rappelle depuis le début d'année l'importance de conserver les écoles ouvertes. Invité d'Europe 1 le 5 janvier, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer argumentait d'ores et déjà : "Il ne faut pas priver les enfants d'école. Dans toute cette crise nous devons avoir comme priorité les enfants, les adolescents et les jeunes (...) Pour moi c'est important de préserver ce droit à l'éducation." Le ministre de l'Education Nationale avait par ailleurs réaffirmé que les enfant sont plus protégés à l'école que chez eux, appuyant son propos d'un "C'est ce que je constate". Le 7 janvier, c'était au tour du Premier ministre Jean Castex de déclarer qu'il faudrait "vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer des écoles" car les conséquences sont "absolument dramatiques".

Et dans les autres pays ? 

Les stratégies d'ouverture d'école diffèrent en fonction des pays. En janvier, de nombreux pays européens avaient décidé de fermer les écoles, parmi lesquels l'Allemagne, l'Autriche, la Grèce, la Pologne, la République Tchèque, le Royaume-Uni, l'Irlande ou encore le Danemark.

Protocole sanitaire

Le protocole sanitaire scolaire contre le Covid-19 a subi de nombreuses modifications depuis sa mise en application au printemps 2020. Retrouvez ses nouvelles mesures, ainsi que les plus emblématiques, sur notre page dédiée au protocole covid à l'école.

Consultez l'intégralité du protocole sanitaire actuel via cette page du Ministère

Quelles sont les modalités d'ouverture des écoles ?

Voici les éléments caractérisant chaque "niveau" scolaire pour la gestion du Covid-19. Les nouvelles modalités apparaissent en gras :

  • Dans les crèches : l'accueil des enfants se fait toujours à 100%. Un protocole sanitaire renforcé / guide ministériel "COVID-19 et modes d'accueil du jeune enfant" est mis en place.
  • A l'école maternelle et élémentaire (autrement dit à l'école primaire) :  l'accueil des enfants se fait toujours à 100%
  • Au collège : l'accueil des enfants se fait toujours à 100%, mais le mode hybride est autorisé par les rectorats, au cas par cas, pour les classes de 4e et de 3e, et de façon limitée.
  • Au lycée : la mise en place du distanciel à 50% est autorisée par le gouvernement depuis le 9 novembre et a été prolongée en début d'année. Un enseignement à distance est notamment envisageable pour les élèves vulnérables. Les élèves de terminale doivent être le plus présents possible.
  • Dans les universités : les cours magistraux sont diffusés en visioconférence, mais depuis le 26 janvier, les étudiants "qui le souhaitent" ont la possibilité d'avoir des cours en présentiel au moins un jour par semaine, avec une jauge totale à respecter de 20% d'occupation. Le Premier ministre Jean Castex avait aussi indiqué le 29 octobre que les travaux pratiques pouvaient être maintenus dans les établissements ; les examens et les concours, se tenir avec un protocole renforcé ; les restaurants universitaires continuer à fonctionner, mais uniquement pour des repas à emporter ; et les bibliothèques universitaires, rester ouvertes mais sur rendez-vous et dans le respect d'une jauge.

Covid-19 et Bac 2021

Pour le Bac 2021, afin selon le ministre de l'Education de "tenir compte des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de préparation du baccalauréat général et technologique", c'est le contrôle continu qui va être privilégié, que ce soit pour les élèves de Première ou de Terminale. Une mesure "à titre exceptionnel", alors que le nouveau bac devait entrer pleinement en vigueur cette année. Les évaluations communes (anciennement appelées E3C) initialement prévues en Première et en Terminale sont annulées. Elles sont remplacées par du contrôle continu, autrement dit par la prise en compte des notes du bulletin scolaire. Cette mesure concerne l'histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n'est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l'enseignement scientifique pour la voie générale. 
Les épreuves terminales du bac pour les enseignements de spécialité sont également remplacées par du contrôle continu. Ce sont les moyennes obtenues pour chaque matière de spécialité tout au long de l'année qui compteront à la place, et celles des deux premiers trimestres pour le dossier Parcoursup. Les épreuves de remplacement du bac 2021 auront quant à elles lieu en juin 2021.

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