École et covid : tests salivaires, fermeture de classes... Où en est-on ?

École et covid : tests salivaires, fermeture de classes... Où en est-on ? ECOLE ET COVID. Une campagne de dépistage massif par tests salivaires a démarré ce lundi dans des écoles en France. Les infos clés.

Les tests salivaires ont été déployés à l'école le lundi 22 mars, avec la rentrée scolaire des élèves de la zone A. Les variants du Covid-19 continuent de proliférer en France, et ceux-ci sont plus contagieux que la souche classique, y compris pour les enfants. C'est donc le début d'une nouvelle campagne de dépistage massif dans les écoles, avec pour objectif d'éviter une flambée de l'épidémie à l'échelle nationale. Les tests salivaires ne sont pas plus rapides que les tests nasopharyngés, mais moins inconfortables pour les plus jeunes. 

Pourquoi les tests salivaires sont-ils plus acceptables pour les enfants ? 

A contrario du dépistage naso-pharyngé, le test salivaire ne nécessite pas d'écouvillon dans le nez, un geste qui peut être jugé compliqué et douloureux. La Haute autorité de santé précise qu'il suffit de disposer d'un kit permettant de récupérer la salive "par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive". Le pipetage est notamment pratique pour les jeunes enfants qui ont du mal à cracher dans un tube. Dans un avis datant du 11 février, la HAS estime que le recours aux tests salivaire est particulièrement recommandé en cas de "dépistage itératif (répété, NDLR) de populations ciblées telles que les écoles, les universités, les Ehpad ou les soignants".

Pourquoi ces tests ne sont-ils pas plus rapides que les tests nasopharyngés ? 

Comme les tests qui nécessitent un écouvillon dans le nez, ce sont des tests RT-PCR. Autrement dit, il faut les analyser en laboratoire, contrairement à un simple test antigénique. Et la réponse met plusieurs heures à arriver. 

Pourquoi n'utilise-t-on pas de tests salivaires rapides à l'école ? 

Les tests salivaires rapides existent, mais comme l'a estimé le ministre de la Santé Olivier Véran récemment, les dernières études "ne sont pas favorables à (leur) utilisation, parce que la sensibilité des tests qui existent aujourd'hui est trop faible". Les tests salivaires non-rapides, eux, sont déjà un peu moins fiables que les tests nasopharyngés - 85% de fiabilité contre 92% en moyenne - mais le sont suffisamment pour que leur utilisation ait été validée par la HAS. 

PAGE SPÉCIALE

Pourquoi les écoles restent-elles ouvertes ? Quelles sont les nouvelles mesures décidées par le gouvernement, par niveau ? Et les nouvelles règles du protocole sanitaire ? Quelle forme prennent les tests de dépistage du Covid-19 à l'école ? Découvrez-les informations et les explications sur tous ces points en naviguant dans cette page spéciale à l'aide du sommaire ci-dessus. 

Covid à l'école 

Il n'y a "pas de bouleversement" à prévoir d'ici la fin des vacances scolaires d'hiver car le gouvernement veut "laisser de l'air aux Français". Franceinfo a recueilli ces informations et les a rapportées le 16 février. Traduction : les mesures sanitaires plus strictes, s'il y en a, attendront au moins lundi 8 mars, date de la rentrée scolaire dans les établissements de la Zone B, la dernière à être en vacances. Côté contexte épidémique, si la situation sanitaire demeure tendue, le nombre de cas de contaminations au Covid-19 poursuit sa lente baisse à l'échelle nationale. 

Pourquoi le Covid inquiète-t-il à l'école ? Bien que les vacances scolaires d'hiver aient débuté et qu'un nouveau protocole sanitaire soit entré en vigueur le 1er février avant d'être encore renforcé le 8 février (voir plus bas), la circulation des variants du Covid-19 à l'école se poursuit, et ils sont de 40 à 70 % plus contagieux que le Covid-19 "classique". Les nouvelles mesures sanitaires ne seraient par ailleurs pas "assez rapidement efficaces" pour briser les chaînes de contamination, craignent les médecins scolaires. 

Le gouvernement avait envisagé fin janvier une fermeture des écoles, notamment, comme précisé par le président du Conseil scientifique Covid-19, le Pr Delfraissy, pour "se retrouver début mars dans de meilleures conditions pour rouvrir les écoles et surtout les surveiller". C'est finalement pour un renforcement du protocole sanitaire à l'école que le gouvernement a préféré opter. Alors que le gouvernement a lancé des tests salivaires de détection du Covid-19 dans les établissements scolaires et les universités, la grande interrogation de nombreux parents et enseignants, en filigrane, est de savoir si la rentrée des classes de mars aura bien lieu ou si les écoles resteront fermées après les vacances. Le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU a prévenu à ce sujet : "Si le départ d'une première zone en congés va ralentir les courbes ascendantes à l'échelle du pays, les vacances scolaires ne résoudront pas, seules, la circulation de l'épidémie dans les écoles".

D'après un récent rapport cité par franceinfo, l'école est un lieu où le virus se propage fortement. Ledit rapport émane du groupe de réflexion Terranova, proche du centre-gauche. Il estime qu'il y aurait "30 % de risques de plus de contracter le virus" lorsqu'on est au contact d'enfants scolarisés. Un risque qui monterait même à "40 %" si les enfants sont en crèche. Pour Terranova, les protocoles mis en place dans les établissements scolaires ne sont donc pas suffisants.

Fermeture d'école et Covid

Selon le point de situation fourni par le ministère de l'Education le vendredi 26 février, seules 72 classes d'école, de collège ou de lycée étaient fermées cette semaine à cause de la pandémie de Covid-19, versus 1 195 la semaine dernière. Quant au nombre d'établissements scolaires fermés, il est passé de 66 à... 1 (!). A noter, dans un cas comme dans l'autre, que deux zones étaient alors en vacances scolaires. Contacté par Le Parisien, le ministère propose plusieurs explications potentielles à cette dégringolade des chiffres : la zone A où l'école a eu lieu cette semaine regroupe plusieurs académies localisées dans des régions moins touchées par le virus actuellement ; les élèves testés positifs avant la rentrée restent à la maison, ce qui évite la fermeture potentielle de leur classe ; et le protocole sanitaire concernant le variant britannique a été assoupli au milieu du mois (après avoir été durci au début du mois) : au début, un seul cas positif provoquait la fermeture de la classe, aujourd'hui la mesure ne devient automatique que si trois cas sont recensés, sauf si l'ARS en décide autrement.

Qu'en est-il de la stratégie du gouvernement sur la fermeture ou non des écoles au global ? 

Invité d'Europe 1 le 5 janvier, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer argumentait d'ores et déjà : "Il ne faut pas priver les enfants d'école. Dans toute cette crise nous devons avoir comme priorité les enfants, les adolescents et les jeunes (...) Pour moi c'est important de préserver ce droit à l'éducation." Le ministre de l'Education Nationale avait par ailleurs réaffirmé que les enfant sont plus protégés à l'école que chez eux, appuyant son propos d'un "C'est ce que je constate".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a quant à lui déclaré le 14 janvier : "Ce qu'on sait à date, c'est que le virus paraît plus contagieux effectivement chez les enfants. C'est ce qu'on voit en Angleterre. Sans que l'on ait plus de cas graves, en tout cas proportionnellement". Le gouvernement scrute "étroitement" ce variant, a-t-il assuré, et "si la situation devait évoluer et que nous avions une augmentation de la part du variant (…) anglais, nous pourrions nous poser des questions" sur une fermeture éventuelle des écoles. Le ministre a toutefois souligné qu' "à ce stade, la société française de pédiatrie a été très claire à ce sujet [le 13 janvier] en appelant à maintenir ouvertes les écoles".

Pour rappel, le Premier ministre Jean Castex avait pour sa part déclaré, le 7 janvier dernier, qu'il faudrait "vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer des écoles" car les conséquences sont "absolument dramatiques".

Les médecins de l'Education nationale demandent des écoles fermées pendant 4 semaines

Fermer les écoles, c'est pourtant ce que souhaite le SNMSU-UNSA Éducation, qui est le syndicat majoritaire des médecins de l'Education nationale. Mi-février, il a demandé une fermeture "pour la durée des vacances de février des trois zones", autrement dit quatre semaines en tout, dont deux de vacances pour chaque zone.

Protocole sanitaire

Consultez l'intégralité du protocole sanitaire actuel via cette page du Ministère

Pourquoi et comment les écoles restent-elles ouvertes ? Explications et conditions par niveau

Voici les éléments caractérisant chaque "niveau" scolaire pour la gestion du Covid-19. Les nouvelles modalités apparaissent en gras :

Dans les crèches : 

  • un protocole sanitaire renforcé est mis en place, dont la dernière version est en ligne sur le site du ministère de la Santé.
  • Le guide ministériel "COVID-19 et modes d'accueil du jeune enfant" a déjà été réactualisé plusieurs fois.

A l'école maternelle et élémentaire : 

  • L'école maternelle et l'école élémentaire constituent à elles deux l'école primaire, où un protocole sanitaire renforcé prévaut également. 
  • Depuis novembre, le port du masque est obligatoire à partir de 6 ans pour les écoliers.
  • A l'école maternelle, depuis le 1er février, si un seul membre d'une classe est testé positif (qu'il s'agisse ou pas d'un nouveau variant), tous les enfants de la classe doivent "rester chez eux pendant sept jours", ce qui équivaut à fermer la classe sur cette même période, confirme-t-on au ministère de l'Education. Attention, si un cas confirmé de Covid-19 est constaté chez un enseignant, à partir du moment où celui-ci porte un masque grand public de catégorie 1 (à l'instar de ceux fournis par le ministère de l'Education nationale), les élèves de la classe ne sont pas considérés comme contacts à risque, précise le ministère. De la même façon et dans l'autre sens, si un cas de Covid-19 est confirmé parmi les élèves, les personnels ne sont pas considérés comme contacts à risque, dès lors qu'ils portent un masque grand public de catégorie 1 ou un masque chirurgical.
  • A l'école élémentaire, il faut désormais un seul cas de Covid-19 (au lieu de trois) pour automatiquement fermer une classe s'il est formellement établi que la contamination est due à un variant brésilien ou sud-africain. 
  • En maternelle et à l'école élémentaire, deux mètres (au lieu d'un mètre) doivent désormais séparer les élèves d'une classe différente à la cantine.

Au collège

  •  Au collège, un même protocole sanitaire renforcé est de mise. Le mode hybride est désormais autorisé par les rectorats, mais au cas par cas, pour les classes de 4e et de 3e, et de façon limitée.
  • Il faut désormais un seul cas de Covid-19 (au lieu de trois) pour fermer une classe s'il est formellement établi que la contamination est due à un variant brésilien ou sud-africain.
  • Deux mètres (au lieu d'un mètre) doivent désormais séparer chaque groupe d'élèves à la cantine. 

Au lycée

  • Au lycée, le protocole renforcé s'applique également. Les chefs d'établissements bénéficient toutefois d'une certaine "souplesse" pour l'application des mesures, a indiqué Jean-Michel Blanquer. Un enseignement à distance est notamment envisageable pour les élèves vulnérables.
  • Depuis le 9 novembre, la mise en place du distanciel à 50% a été autorisée par le gouvernement. Le retour de tous les lycéens en classe, d'abord envisagé à partir du 20 janvier, a finalement été repoussé. 
  • La mesure de l'enseignement hybride (50% des élèves présents), qui concernait déjà deux tiers des lycées, est prolongée. Les élèves de terminale doivent être le plus présents possible. Pour plus de détails sur l'enseignement hybride et les aménagements du bac 2021, cliquez ici.
  • Il faut désormais un seul cas de Covid-19 (au lieu de trois) pour fermer une classe s'il est formellement établi que la contamination est dû à un variant brésilien ou sud-africain. 
  • Deux mètres (au lieu d'un mètre) doivent désormais séparer chaque groupe d'élèves à la cantine.

Dans les universités :

  • Au sein des facultés et établissements d'enseignement supérieur, les cours magistraux sont diffusés en visioconférence. Si l'enseignement à distance est devenu la règle à l'université après les vacances de la Toussaint, le Premier ministre Jean Castex a précisé le 29 octobre que "les travaux pratiques peuvent être maintenus dans les établissements", et "les examens et les concours, se tenir avec un protocole renforcé. Les restaurants universitaires peuvent continuer à fonctionner, mais uniquement pour des repas à emporter. Les bibliothèques universitaires sont ouvertes sur rendez-vous et dans le respect d'une jauge".
  • Depuis le 26 janvier, les étudiants "qui le souhaitent" ont la possibilité d'avoir des cours en présentiel au moins un jour par semaine, avec une jauge totale à respecter de 20% d'occupation dans les universités.
  • Depuis le 1er février, deux repas à 1 euro par jour sont proposés aux étudiants, à emporter et fournis par les restos U.
  • Depuis le 1er février également, des chèques-psy sont également proposés aux étudiants. Ils doivent "permettre à tous les jeunes qui en ont besoin d'accéder beaucoup plus facilement, et avec une prise en charge, à un professionnel - psychologue, psychiatre -". Si son montant total n'a pas été précisé, il couvre, selon une source gouvernementale, "un certain nombre" de consultations, estimées "entre 30 et 40 euros" l'unité. 
  • Le président a également rappelé le déploiement prévu de 20 000 emplois étudiants, sous forme de missions de tutorat au sein des universités.

En quoi consiste précisément le renforcement du protocole dans les lycées ?

Une division des classes en demi-groupes est mise en place dans la majorité des lycées depuis le 9 novembre dernier, à la condition que chaque élève puisse bénéficier d'au moins 50% d'enseignement en présentiel. Concrètement, les équipes pédagogiques des lycées peuvent choisir de faire venir les élèves en présentiel un jour sur deux, ou une semaine sur deux. Il s'agit de garder du lien social et de limiter le décrochage scolaire. Les cours en visio n'ont pas lieu en revanche, et sont remplacés par des devoirs à la maison, puisque les professeurs ne peuvent à la fois faire classe "en physique" et sur internet. Les élèves en grande difficulté ont toutefois la possibilité de venir "plus souvent" au lycée et d'être "pris en charge par des assistants d'éducation" a précisé France 3. Selon le ministère, à la mi-janvier 2021, la jauge de 50% des élèves dans les lycées était respectée par 69% des établissements publics du pays. 

Pour le Bac 2021, afin selon le ministre de l'Education de "tenir compte des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de préparation du baccalauréat général et technologique", c'est le contrôle continu qui va être privilégié, que ce soit pour les élèves de Première ou de Terminale. Une mesure "à titre exceptionnel", alors que le nouveau bac devait entrer pleinement en vigueur cette année. Les évaluations communes (anciennement appelées E3C) initialement prévues en Première et en Terminale sont annulées. Elles sont remplacées par du contrôle continu, autrement dit par la prise en compte des notes du bulletin scolaire. Cette mesure concerne l'histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n'est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l'enseignement scientifique pour la voie générale. 
Les épreuves terminales du bac pour les enseignements de spécialité sont également remplacées par du contrôle continu. Ce sont les moyennes obtenues pour chaque matière de spécialité tout au long de l'année qui compteront à la place, et celles des deux premiers trimestres pour le dossier Parcoursup. Les épreuves de remplacement du bac 2021 auront quant à elles lieu en juin 2021.

Coronavirus