Vaccin Covid : un nouvel effet secondaire détecté ?

Vaccin Covid : un nouvel effet secondaire détecté ? VACCIN CORONAVIRUS. La vaccination progresse et selon un dernier rapport de l'ANSM un nouvel effet secondaire provoque la vigilance des autorités

Dernières infos
  • Le vaccin Pfizer BionTech est "sûr" pour les enfants de 5 à 11 ans et "bien toléré" par les enfants : c'est en tout cas ce que certifient dans un communiqué les laboratoires du groupe, qui ont effectué une étude spécifique, menée sur des sur 4 500 enfants entre 6 mois et 11 ans aux Etats-Unis, en Pologne en Finlande et en Espagne. Les résultats complets seront communiqués aux autorités sanitaires "dès que possible". Pfizer précise que la dose de vaccin, adaptée, provoque chez les enfants une réponse immunitaire "robuste" et comparable" à celle observée chez les 16 à 25 ans. Pfizer indique par ailleurs avoir identifié des effets secondaires sur ces injections chez les enfants de 5 à 11 ans, mais ceux-ci sont "en général comparables" à ceux observés chez les personnes de 16 à 25 ans.
  • Cette étude pourrait amener les autorités sanitaires françaises à se prononcer rapidement sur l'administration du vaccin chez les plus jeunes. "Dès que les scientifiques nous dirons 'on l'ouvre aux plus jeunes', on le fera", avait déclaré Emmanuel Macron début septembre.
  • Dans un rapport du 24 septembre, l'ANSM évoque plusieurs cas de syndrome Parsonage-Turner (douleur violente d'apparition brutale de l'épaule suivie d'une paralysie du bras) après une dose de Pfizer (6 cas) et Moderna (2 cas). L'agence se veut toutefois rassurante expliquant que les cas sont en cours de rétablissement et qu'il s'agit d'un signal potentiel commun aux vaccins à ARN.
  • Le vaccin Janssen du laboratoire Johnson & Johnson est pointé du doigt dans un rapport de l'Agence nationale du médicament (ANSM), publié lundi 13 septembre. L'étude soulève le fait qu'une seule dose de vaccin Janssen ne "protégerait pas suffisamment" contre le variant Delta du Covid-19.  "Un signal potentiel a été mis en évidence devant un nombre important de cas d'échec vaccinal avec le vaccin Janssen, avec des patients en réanimation ou décédés du Covid-19, la plupart présentant des comorbidités à risque de forme grave", est-il précisé dans le rapport. L'ANSM préconise une 2e dose complémentaire avec un vaccin à ARN.
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Quels sont les effets secondaires des vaccins contre le Covid ?

Dans son dernier point de situation sur la surveillance des vaccins contre le Covid-19, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé se veut rassurante. Si des effets indésirables sont bien présents, l'ANSM confirme que la majorité d'entre eux restent "attendus et non graves".

Sur le vaccin Pfizer. Sur 73 774 900 millions d'injections, 53 067 cas d'effets indésirables ont été analysés par les CRPV rapporteurs (Bordeaux, Marseille, Strasbourg et Toulouse). Depuis le début du suivi, 6 cas de syndrome de Parsonage-Turner (douleur violente d'apparition brutale de l'épaule suivie d'une paralysie du bras), dont 4 sur la période, ont été observés après la vaccination avec Comirnaty. La majorité des cas sont en cours de rétablissement. Le comité considère qu'il s'agit d'un signal potentiel commun aux vaccins à ARN.

Sur le vaccin Moderna.  11 115 cas d'effets indésirables ont été analysés par les CRPV rapporteurs (Lille et Besançon). Au total, plus de 9 888 200 injections ont été réalisées au 16 septembre 2021. Un grand nombre de cas concernent des réactions retardées locales non graves. Depuis le début du suivi, 2 cas de syndrome de Parsonage-Turner (douleur violente d'apparition brutale de l'épaule suivie d'une paralysie du bras) ont été observés après la vaccination avec Spikevax. Ces 2 cas sont en cours de rétablissement. Le comité considère qu'il s'agit d'un signal potentiel commun aux vaccins à ARN.

Sur le vaccin AstraZeneca. Selon le dernier rapport de l'agence nationale de sécurité du médicament, 25 364 cas d'effets indésirables ont été analysés par les CRPV rapporteurs (Amiens et Rouen) Là aussi, des syndromes pseudo-grippaux ont été recensés. Ils sont souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, céphalées). 

Sur le vaccin Janssen. Le rapport de l'ANSM sur le vaccin de Johnson & Johnson indique que 690 cas ont été analysés par les CRPV rapporteurs (Lyon et Grenoble). La majorité des effets indésirables sont non graves, attendus et d'évolution favorable, en particulier des effets de réactogénicité (par exemple des malaises).

Effets indésirables graves les plus fréquents Effets indésirables non graves les plus fréquents
Tachycardie Malaise bénin
Anaphylaxie Température
Convulsions Anomalie gastro-intestinale
Insuffisance cardiaque  Réaction cutanée
Paralysie faciale Difficulté respiratoire

Quelle est l'efficacité des vaccins contre le Covid-19 ?

La mise à disposition de vaccins contre le Covid aux populations est le principal enjeu sanitaire, mais aussi économique, de cette année 2021, les grands laboratoires pharmaceutiques en ayant fait une priorité. C'est l'américain Pfizer, allié à l'allemand BioNTech, qui a été le premier à mettre un vaccin sur le marché en fin d'année 2020, mais bien d'autres acteurs apportent désormais une réponse à la crise sanitaire avec d'autres produits.

Les principaux types de vaccins Covid

Comparaison entre les différents vaccins anti-Covid
Laboratoire - nom du vaccin Efficacité Fonctionnement Disponibilité  Doses commandées par l'UE
Pfizer / BioNTech 95% Vaccin de type ARN Disponible en UE 300 millions
Moderna 94,5% Vaccin de type ARN Disponible en UE 160 millions
AstraZeneca 70% Vaccin à vecteur viral Disponible en UE 400 millions
Janssen / Johnson & Johnson 66% Vaccin à vecteur viral Disponible en UE 400 millions
Sputnik V 95% Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 0
Sinovac 50% Vaccin inactivé Disponible hors UE 0
Novavax 96% Vaccin protéïque Printemps 2021 0
Curevac Evaluation en cours Vaccin de type ARN Non communiqué 405 millions
Valneva Evaluation en cours Vaccin inactivé Non communiqué 0

L'efficacité des vaccins Covid

Le vaccin Pfizer présente un taux d'efficacité de l'ordre de 95%, c'est-à-dire qu'il permet dans 95% des cas d'empêcher au Covid-19 de développer une forme grave de la maladie sur la personne infectée. Cette évaluation a d'abord été établie à l'issue d'un essai clinique sur près de 40 000 personnes, effectué par le laboratoire Pfizer. Les résultats avaient alors été rendus publics dans un communiqué de presse, puis sur une page dédié du site Pfizer. Une étude menée sur la vaccination massive en Israël, où plus de la moitié de la population était vaccinée début mars 2021, a par ailleurs établi qu'avec le vaccin Pfizer les formes graves de la maladie en cas d'infection n'ont pas lieu dans 92% des cas. Selon les résultats de cette étude publiée dans The New England Journal of Medicine, les infections symptomatiques après la deuxième dose sont considérablement réduites dans 94% des cas après une deuxième injection. Une autre étude scientifique, publiée en mars 2021 par le gouvernement britannique, montre que le vaccin Pfizer réduit "significativement" les cas graves des personnes de plus de 80 ans.

Quant à l'efficacité du vaccin sur les variants, une autre étude publiée en février 2021 dans la revue Nature donne des éléments démontrant que le sérum est efficient, dans une mesure certes moindre, pour en limiter les effets graves. Et le vaccin perd un peu plus d'efficacité face au variant indien selon une nouvelle étude menée par les chercheurs de l'institut Pasteur. "Les sérums de patients ayant eu un Covid-19 et recueillis jusqu'à 12 mois après les symptômes ainsi que les personnes ayant reçu le vaccin Pfizer restent neutralisants, mais sont 3 à 6 fois moins puissants contre le variant indien par rapport au variant anglais", explique Olivier Schwartz. Le scientifique tient toutefois à relativiser les chiffres : "Le vaccin Pfizer est probablement protecteur" même avec "une efficacité légèrement diminuée"

.Le vaccin AstraZeneca a d'abord été présenté comme efficace à 70% dans un communiqué du laboratoire, à l'issue d'essais cliniques de phase 3. Le gouvernement britannique, qui a lancé une vaste campagne de vaccination avec ce produit, à un rythme très soutenu, a publié une autre étude, le 1er mars 2021, selon laquelle une dose du vaccin réduit les symptômes du Covid dans 60 à 70% des cas. Par ailleurs, une prépublication dans The Lancet, mise en ligne le 4 février 2021, tend à montrer une efficacité importante du vaccin AstraZeneca contre le variant britannique. La Haute autorité de Santé, en France, a reconnu l'efficacité du vaccin AstraZeneca contre les formes symptomatiques du coronavirus, recommandant en premier lieu "préférentiellement ce vaccin chez les moins de 65 ans". La HAS a ensuite considéré, le 2 mars 2021, que "la place dans la stratégie vaccinale du vaccin AstraZeneca" pouvait "être élargie aux personnes âgées de plus de 65 ans". Puis, retournement de situation ce 19 mars : après une suspension de trois jours de l'AstraZeneca en France, décrétée par Emmanuel Macron, la HAS a donné son feu vert à l'utilisation du vaccin mais l'a recommandé uniquement aux personnes âgées de plus de 55 ans. Le lundi 22 mars, le laboratoire contre attaque de nouveau et indique que son vaccin était efficace à 79% contre le Covid-19 et n'augmente pas le risque de caillots, après l'essai clinique mené aux Etats-Unis. Par ailleurs, il réaffirme que le sérum est efficace à 80% pour les personnes âgées de plus de 65 ans.

Concernant les variants, en particulier la mutation indienne, dans leur dernière étude les chercheurs de l'Institut Pasteur n'ont pu évaluer l'efficacité du vaccin seulement après une injection. Le délai de 12 semaines entre les deux piqûres et l'utilisation plus tardive du produit ne permettent pas d'obtenir suffisamment de volontaires pour étudier l'efficacité dans le cas d'un schéma vaccinal complet. L'étude estime au vu des tests en laboratoire que si AstraZeneca est efficace contre le variant anglais, il "fonctionne très peu contre les variants indiens et sud-africains". Une seule dose du vaccin se révèle donc "peu ou pas du tout efficace" sur la mutation explique Olivier Schwartz.

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Le vaccin Moderna a présenté dans un premier communiqué officiel une efficacité de 94%, à l'issue d'un essai clinique dit de phase 3. La France, par l'intermédiaire de la Haute Autorité de Santé, a salué dans un avis officiel "les résultats des études cliniques qui indiquent une efficacité vaccinale du vaccin développé par Moderna sur la réduction du nombre de cas de Covid-19 symptomatiques, y compris chez les patients de plus de 65 ans". L'EMA a de son côté publié un long rapport concluant à son autorisation sur le sol européen. Par ailleurs, Moderna assure que son sérum demeure très efficace contre le variant anglais, mais reconnaît dans un communiqué du 25 janvier des faiblesses face au variant sud-africain.

Le vaccin Janssen est considéré par les autorités sanitaires américaines, dans un avis officiel du 24 février 2021, comme efficace contre les formes graves du Covid-19 dans une fourchette de 82 à 86%. Un résultat conclu à l'issue d'un essai clinique indépendant sur 43 000 participants. Selon cette étude, le vaccin est efficace contre les formes symptomatiques dans 66% des cas et 57% contre le variant sud-africain. Le 12 mars 2021, la Haute Autorité de Santé française a rendu à son tour un avis officiel, saluant "l'efficacité et le profil de tolérance satisfaisants de ce vaccin". La HAS souligne que "la réponse immunitaire persiste pendant au moins 12 semaines, y compris chez les personnes âgées de 65 ans et plus", mais ajoute que "l'efficacité reste toutefois à confirmer sur la mortalité ainsi que sur l'infection et la transmission virale".

Quelle est la proportion d'effets secondaires graves ?

L'agence nationale de sécurité des médicaments étudie scrupuleusement chaque cas d'effets secondaires survenu pour chacun des quatre vaccins autorisés sur le sol français, et, selon ses observations, l'écrasante majorité des effets signalés sont attendus mais surtout "non graves". Depuis le début de la campagne de vaccination, l'ANSM calcule que 25% des cas d'effets secondaires ont présenté des symptômes graves tous vaccins confondus, contre 75% d'effets secondaires ordinaires tels que les symptômes pseudo-grippaux. Dans son dossier détaillé, l'agence dresse le graphique des effets graves/non-graves vaccin par vaccin, et tous respectent ces proportions confirmant l'idée qu'aucun produit ne semble plus dangereux qu'un autre.

Comment fonctionnent les vaccins contre le Covid ?

Si les vaccins des différents laboratoires ont le même objectif, à savoir immuniser contre le Covid-19, tous n'emploient pas la même technique pour ce faire. Il existe des fonctionnements diverses :

  • Pfizer et Moderna utilisent tous les deux la technique de l'ARN Messager. Cette dernière vise à donner au corps les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. L'ARN messager du vaccin s'insère et prend le contrôle de cette machinerie pour faire fabriquer un antigène spécifique du coronavirus : la " spicule" du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. Cette méthode jamais utilisée pour l'homme pourrait provoquer quelques complications notamment sur la conservation du vaccin qui se ferait à de très basses températures.
  • AstraZeneca, Sputnik et Janssen (Johnson&Johnson) utilisent la technique du vecteur viral. Contrairement au procédé originel, celui-ci, relativement récent à l'échelle de l'histoire de la vaccination, n'injecte pas l'agent infectieux d’une pathologie, en l'occurrence le Covid-19, sous forme vivante ou inactive. A la place, on injecte à l'Homme un "vecteur inoffensif contenant un ou plusieurs gènes de l’agent infectieux codant les antigènes capables d’être reconnus par le système immunitaire", comme l'indique le site de la fédération pour la recherche sur le cerveau. Il existe deux types de vecteurs viraux. Il y a ceux qui sont dits intégratifs, lorsque l’ADN du vecteur viral s’intègre dans l’ADN de l’hôte et les non intégratifs, lorsque le gène thérapeutique demeure dans la cellule sans s’intégrer au génome de l’hôte (Source : Inserm). Plusieurs vaccins bien connus utilisent cette technique, à l'image du sérums contre l'hépatite B.
  • Sanofi, le vaccin français, utilise la technique à base de protéine recombinante. Il s'agit d'une protéine produite par une cellule dont le génome a été transformé par recombinaison génétique.

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