Fermeture des classes : une rentrée prématurée ? Quelle évolution du protocole ?

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"Fermeture des classes : une rentrée prématurée ? Quelle évolution du protocole ?"

Fermeture des classes : une rentrée prématurée ? Quelle évolution du protocole ? FERMETURE DES CLASSES. Les élèves de collège et de lycée sont de retour à l'école, avec un protocole sanitaire strict : chaque cas positif entraîne la fermeture de la classe. Le ministre de l'Education s'est de nouveau exprimé sur le sujet.

[Mis à jour le 3 mai 2021 à 16h04] Le ministre de l'Education a donné une interview au JDD à la veille de la rentrée en présentiel des collégiens et lycéens, ce lundi 3 mai. L'homme d'Etat y a notamment évoqué le protocole de fermeture des classes qui prévaut depuis la rentrée des écoliers de primaire en présentiel, le 26 avril, rappelant : "Nous appliquons un protocole très strict, avec la fermeture de la classe dès le premier cas de Covid". S'y ajoutent à partir de ce lundi 3 mai et jusqu'à nouvel ordre "des demi-jauges dans tous les lycées et dans les classes de certains collèges", explique-t-il. Et d'ajouter : "Il faut arrêter d'être obnubilé par le rôle de l'école dans les contaminations. C'est loin d'être le facteur principal."   

A la question "N'est-ce pas prématuré [de faire retourner collégiens et lycéens en classe] avec le niveau actuel d'épidémie ?", la réponse de Jean-Michel Blanquer ne s'est pas fait attendre : "Non, car chaque jour d'école compte pour un enfant. Derrière, il y a des enjeux éducatifs, psychologiques, de santé et d'avenir. (...) Notre stratégie 'tester, alerter, protéger' atteint aussi un troisième niveau : après les tests antigéniques du premier trimestre, les tests salivaires du deuxième, nous proposons maintenant les autotests."

Le ministre s'est également exprimé sur l'évolution du protocole dans les prochaines semaines, détaillant : "Si la situation s'améliore, nous pourrions par exemple envisager de fermer de nouveau les classes à partir de trois cas, ou, peut-être, de rétablir les classes entières pour tous les lycéens et les collégiens, mais il est bien sûr trop tôt pour le dire."

► Cours d'EPS, cantine, demi-jauges... Consultez notre page sur le protocole sanitaire à l'école

Combien de fermetures de classe recensées la première semaine de la rentrée ?

Voilà une semaine que les élèves de maternelle et de primaire ont retrouvé le chemin de l'école. En à peine cinq jours, le protocole sanitaire a déjà entrainé la fermeture de 19 établissements scolaires en plus de 1118 classes selon le point de situation du ministère de l'Education, daté du 30 avril. Le virus est donc lui aussi de retour dans les écoles, parmi les élèves 2076 contaminations ont été recensées et 231 chez les professeurs. La circulation du virus n'est pas cantonnée à certains territoires, toutes les Académies déplorent la fermeture de classes mais celles de Versailles et de Créteil, en région parisienne, en accusent davantage avec respectivement 123 et 73 fermetures, à l'inverse la Corse en enregistre seulement 3. Du côté des structures scolaires, le phénomène est plus ponctuel le ministère compte cinq établissements fermés dans l'Académie de Clermont-Ferrand, trois pour celles de Lilles et du Guyane, deux en Normandie et à Montpellier et enfin une seule fermeture pour Poitiers, Limoges, Toulouse et Créteil.

Que veulent dire ces chiffres ?

Il faut remettre ces chiffres en perspective, la reprise des cours de primaires en présentiel s'étant accompagnée du déploiement d'une importante stratégie de dépistage à l'aide des tests salivaires et des autotests. Le gouvernement avait notamment promis la mise à disposition et la réalisation de 400 000 tests dès la semaine de la rentrée du 26 avril, avant d'augmenter les capacités à 600 000 tests hebdomadaires vers la mi-mai. Ces indicateurs ont donc vocation a augmenter cette semaine, notamment avec le retour en présentiel des collégiens et des lycéens, le 3 mai.

Consultez notre page dédiée au protocole sanitaire

La fermeture des classes dès le 1er cas positif ?

Après un mois de fermetures des établissements scolaires, le protocole sanitaire est de nouveau de mise dès la rentrée des classes. Le gouvernement pour qui l'éducation et les enfants "sont la priorité" se fixe également pour objectif la limitation de la circulation du virus au sein des écoles, collèges et lycées. "Nous fermerons la classe dès qu'il y aura un cas de contamination", a assuré Jean-Michel Blanquer pendant la conférence de presse du 22 avril, quatre jours avant la réouverture des établissements scolaires.  Ainsi les classes, quel que soit le niveau, doivent fermer dès qu'un cas de Sars-CoV-2 est détecté parmi les élèves et ce pour une semaine minimum.

Les détections des cas doit être facilitée par le déploiement des autotests et tests salivaires dans les écoles, en particulier celles des départements où le virus circule davantage. Dès qu'un cas positif sera identifié, la classe fermera ses portes pendant une semaine et les autres élèves, considérés cas-contact, devront se soumettre à un test PCR et respecter le durée d'isolement de sept jours si le test est négatif, de dix s'il est positif. L'enfant ou l'adolescent ne peut revenir en classe que sur présentation d'une attestation sur l'honneur d'un des parents qui assure que l'élève est négatif au coronavirus.

La fermeture des classes ouvre-t-elle le droit à l'activité partielle  ?

Pour les parents de jeunes enfants, le gouvernement a prévu un dispositif ouvrant droit à l'activité partielle au cas où la classe ou l'établissement scolaire de l'enfant est contraint de fermer. Deux conditions sont nécessaires pour y prétendre : que l'enfant ait moins de 16 ans et qu'aucun des deux parents ne soit en mesure de télétravailler. Il suffit alors de fournir à l'employeur un justificatif attestant de la fermeture de la classe (fourni par l'établissement ou la mairie) ou de la situation de cas-contact de l'enfant (document de l'Assurance maladie) et d'une attestation sur l'honneur spécifiant qu'un seul des parents demande à bénéficier de l'arrêt de travail. La procédure reste la même pour les travailleurs indépendant ayant droit à un arrêt de travail dérogatoire et pour les fonctionnaires avec un placement en autorisation spéciale d'absence (ASA). Le ministère de l'Education a détaillé les démarches à suivre sur son site.

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