Navire du français CMA CGM coincé dans le détroit : quel est ce bateau attaqué ? Qui est à bord ?
La compagnie française CMA CGM a confirmé ce mercredi 6 mai 2026 que l'un de ses navires, le San Antonio, a été la cible de tirs alors qu'il transitait dans le détroit d'Ormuz. L'attaque, survenue dans la nuit du mardi 5 mai, a été déclenchée par un projectile non identifié. Bien que le bâtiment batte pavillon maltais, cet incident touche de plein fouet l'armateur français, par ailleurs propriétaire du groupe BFMTV-RMC, dans une zone où les tensions géopolitiques atteignent un nouveau sommet.
Le bilan humain fait état de deux blessés parmi les membres d'équipage. Dans un communiqué rendu public aujourd'hui par l'AFP, la direction de CMA CGM a précisé que les victimes avaient déjà été évacuées et placées sous soins médicaux. Il a été confirmé qu'aucun marin français ne se trouvait à bord au moment des faits, l'équipage étant principalement composé de ressortissants philippins. "Le groupe CMA CGM confirme que l'un de ses bateaux, le CMA CGM San Antonio, a été visé par une attaque hier (mardi, NDLR) alors qu'il naviguait dans le détroit d'Ormuz", indique le groupe.
Selon les données recueillies par l'outil de suivi en temps réel Marine Traffic, le San Antonio se situait aux abords de Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, lors de l'agression. Ces relevés techniques concordent avec l'alerte émise par l'UKMTO, l'agence de sécurité maritime britannique, qui avait signalé un incident vers 20h30 sans pouvoir identifier le navire ciblé. Pour l'heure, l'origine des tirs et l'identité des auteurs de cette attaque demeurent inconnues, bien que la zone soit le théâtre d'affrontements réguliers depuis le début du conflit régional le 28 février dernier.
Emmanuel Macron a déclaré, ce mercredi en conseil des ministres, en réaction à cet événement qu'"en aucun cas la France n'avait été visée".
UKMTO WARNING 055-26
— UKMTO Operations Centre (@UK_MTO) May 5, 2026
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Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire dégradé, marqué par la suspension récente du "Projet Liberté". Ce dispositif, mis en place sous l'administration de Donald Trump, visait à escorter les navires commerciaux dans le détroit avant d'être levé pour favoriser des ouvertures diplomatiques. C'est la deuxième fois qu'un bâtiment de la CMA CGM est directement pris pour cible dans ces eaux stratégiques.
Intervenant ce mercredi matin sur franceinfo, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé son inquiétude en révélant que 59 navires à intérêt français se trouvaient toujours bloqués dans le détroit, avec 26 marins français directement concernés par cette paralysie du trafic maritime.