Mort de Jamal Khashoggi en 2018 : pourquoi un juge français va-t-il enquêter sur la mort du journaliste saoudien ?

Mort de Jamal Khashoggi en 2018 : pourquoi un juge français va-t-il enquêter sur la mort du journaliste saoudien ? Une plainte a été déposée en France par les associations Trial International et Reporters sans frontières, notamment contre le prince héritier saoudien, MBS. Les organisations dénoncent la responsabilité directe de MBS dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Quelles sont les circonstances exactes de la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et pourquoi un juge d'instruction parisien va-t-il enquêter sur ce dossier ? À la suite d'une plainte contre le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, concernant l'assassinat en 2018 au consulat saoudien à Istanbul (Turquie), du journaliste Jamal Khashoggi, un juge d'instruction français va instruire une plainte. "Un juge d'instruction du pôle crimes contre l'humanité va désormais instruire la plainte de Trial International et de Reporters sans frontières", pour tortures et disparitions forcées, a confirmé, samedi 16 mai, le Parquet national antiterroriste (Pnat), à l'AFP et dont les propos ont été relayés par France info.

C'est à la suite de l'enquête en France de trois associations : la première est Trial International, qui "lutte contre l'impunité des crimes internationaux", ainsi que Democracy for the Arab World Now (Dawn), une organisation qui employait Jamal Khashoggi. En 2022, elles sont rejointes dans leur plainte par Reporters sans frontières (RSF). Les organisations accusent le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, de complicité de tortures et disparition forcée en bande organisée. Elles lui reprochent d'avoir "ordonné l'assassinat par asphyxie" de l'opposant et journaliste Jamal Khashoggi.

Une affaire qui remonte à 2018

Il aura fallu plusieurs années de procédure pour que la cour d'appel finisse par accéder à la demande de Trial International et RSF. La décision a été rendue ce lundi 11 mai, d'après une information de l'AFP diffusée par France info. Le juge d'instruction devra, entre autres, chercher si cet assassinat a été commis selon les plans "concertés" du pouvoir saoudien à l'encontre de ses opposants. Si cela venait à être prouvé, cela pourrait constituer "une attaque généralisée ou systématique" contre des civils.

De son côté, le Pnat a dit "prendre acte de cette décision, qui n'invalide pas pour autant (son) interprétation" des textes concernant la recevabilité des associations à porter plainte en matière de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité.

L'affaire avait éclaté en 2018 après que le journaliste et opposant saoudien avait été assassiné au consulat saoudien d'Istanbul en Turquie. Mohammed ben Salmane (MBS) avait été vivement critiqué. Les services secrets américains pointaient notamment la responsabilité directe du prince héritier saoudien.