Vol Flydubai : comment un copilote radicalisé a-t-il pu attaquer le pilote à la hache ?
La tentative d'attentat menée le 30 septembre à bord d'un vol Flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv est-elle le résultat de graves trous dans la raquette ? C'est ce vers quoi semble se diriger l'enquête sur l'agression par le copilote omanais Hammam al-Hammami de son commandant de bord à l'aide d'une hache de secours et d'une lame au sein même du cockpit, provoquant une chute vertigineuse de l'appareil transportant 174 passagers. Seule l'intervention de voyageurs et d'un pilote de réserve a permis de maîtriser l'assaillant et de détourner l'avion vers l'Arabie saoudite, évitant un drame qualifié d'acte terroriste par les Émirats arabes unis, indique BFMTV.
L'enquête révèle un parcours chaotique et des signaux d'alerte ignorés. Al-Hammami avait été écarté des vols par Oman Air en raison de préoccupations sur ses opinions extrémistes et ses sympathies pour des groupes radicaux après un séjour en Syrie. Bien que rétrogradé à des fonctions administratives, il a multiplié les candidatures, échouant chez Royal Air Maroc après une courte formation, avant d'être embauché par Flydubai après un refus chez Emirates.
Un individu radicalisé
Les publications en ligne du copilote dressent le portrait d'un individu radicalisé. Sur son compte X, il diffusait des messages rigoristes, critiquant le travail mixte et exposant une vision extrémiste de l'islam. Ses profils contenaient aussi des montages troublants associant des images de cockpits à des photographies de figures du djihadisme international, comme l'ancien chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri ainsi que le Jordanien Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, auteur d'un attentat-suicide contre la CIA.
Cet événement relance les interrogations sur les vérifications d'antécédents dans l'aviation civile. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pointé un endoctrinement visant à faire s'écraser l'appareil, tandis que des zones d'ombre subsistent sur la présence d'un pilote d'un pays sans relations diplomatiques vers Israël. Alors que le suspect est transféré à Abou Dhabi pour être interrogé, l'affaire relance les débats sur le sérieux des mesures de sécurité aérienne.