MH17 : 5 infos clés sur le crash du vol de la Malaysia Airlines

MH17 : 5 infos clés sur le crash du vol de la Malaysia Airlines Le crash du vol MH17, un Boeing 777 de la Malaysia Airlines, a fait près de 300 victimes en Ukraine. Voici 5 infos clés sur le crash.

[MIS A JOUR le 18 juillet 2014 à 17h27] Le drame arrive un peu plus de 4 mois après la disparition d'un appareil qui a tenu en haleine le monde entier pendant des semaines. Un nouvel avion de la compagnie Malaysia Airlines s'est écrasé jeudi 17 juillet 2014. Le crash a eu lieu dans le village de Grabove, à proximité de la ville de Chakhtarsk, dans l'Est de l'Ukraine. Le Boeing 777 assurait la liaison entre Amsterdam et Kuala Lumpur et transportait 298 personnes, 283 passagers et 15 membres d'équipage. Selon les autorités ukrainiennes citées par l'agence de presse Interfax, l'appareil aurait été abattu par un missile sol-air, au-dessus de la région de Donetsk, en proie depuis des mois à des violences entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes pro-russes.

1- PAS DE VICTIME FRANÇAISE - François Hollande a confirmé le vendredi 18 juillet 2014, peu avant 15 heures, qu'aucune victime française ne figurait parmi les passagers du vol MH17. Le cas d'un passager resterait cependant à élucider. "Selon les documents qui ont été transmis par la compagnie, au moment où je parle, il n'y aurait aucun Français victime car il n'y avait aucun Français à bord de l'avion", a déclaré le chef de l'Etat en marge d'un déplacement au Niger, en plein tournée africaine. Plus tôt, vers13h, le ministère des Transports de Malaisie, qui publiait un rapport sur la nationalité des victimes, ne dénombrait lui non plus aucun Français. 
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministère des Affaires étrangères, à Paris, évoquait pourtant la présence de six Français dans le vol MH17, chiffre communiqué vers 23h. Auparavant, il était question de quatre victimes françaises selon une information livrée peu après 20 heures par le ministre Laurent Fabius. Ces deux chiffres ont été nuancés coup sur coup par le chef de l'Etat, par le Quai d'Orsay et par le ministre des Transports, Frédéric Cuvilliers, qui affirmait ce vendredi matin qu'il n'y avait pas de victime française "confirmée". Dans la soirée, le ministre des Transports avait également indiqué que des Français auraient effectivement pu figurer parmi la liste des passagers, sans qu'aucune confirmation n'ait été donnée ensuite.

Le Quai d'Orsay a mis en place une cellule de crise et communiqué un numéro : 01 43 17 56 46.

2- UN BILAN DE 300 MORTS - Le bilan s'annonce en tout cas très lourd. Kiev a informé très rapidement que tous les passagers ont été tués dans le crash. Une information corroborée par l'AFP qui indique que les secours ont commencé à intervenir sur une scène apocalyptique. L'agence de presse évoque la présence de pompiers, mais aussi de secouristes faisant partie des rebelles. Le ministère de l'Intérieur ukrainien indique que le bilan pourrait dépasser les 300 morts, certaines victimes ayant pu être frappées au sol. Selon le dernier bilan établi par les autorités malaisiennes,173 victimes néerlandaises seraient à dénombrer, 44 malaisiennes. Le crash aurait fait 27 morts chez les Australiens, 12 Indonésiens feraient aussi partie des victimes selon le décompte des passagers, 9 Britanniques, 4 Allemands et 4 Belges.

Parmi les passagers, beaucoup de scientifiques, environ une centaine, se rendaient à une conférence sur la lutte contre le Sida en Australie. L'OMS a annoncé que Glen Thomas, un chercheur reconnu, figurait parmi les passagers. Joep Lange, autre grand spécialiste du VIH, est aussi mort dans le crash. Autre information tragique : un passager néerlandais avait posté un message sur les réseaux sociaux, avec une photographie du Boeing, ironisant sur la disparition du vol MH 370 le 8 mars dernier. Dans son tweet, il écrit : "Au cas où il disparaîtrait, voilà à quoi il ressemble".

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Le message posté sur Facebook par une victime avant le décollage du vol MH17. © Capture Facobook

3- DES MESURES DE SÉCURITÉ - Le gouvernement français a demandé à ses compagnies d'éviter de survoler la région. Peu après 19 heures, Air France indiquait que ses avions ne survoleraient plus l'est de l'Ukraine. D'autres compagnies, comme Lufthansa ou Delta Airlines, ont déjà informé qu'elles éviteraient la zone. Celle-ci n'était pas pour l'instant touchée par des restrictions indique de son côté l'IATA, l'association internationale du transport aérien. Sur France Info, un expert s'interrogeait jeudi soir sur la réaction tardive des directions de l'aviation civile qui n'avaient pas classé la zone comme dangereuse plus tôt. Ce vendredi matin, les professionnels de l'aviation réagissent. Un document publié par le New York Times montre que certaines compagnies contournaient déjà l'Ukraine pour se rendre en Asie, comme Air France. D'autres traversaient de long en large le pays et notamment l'est de l'Ukraine où les tensions séparatistes sont encore très vives. Le NYT affirme également que la Russie avait fermé quatre voies aériennes en bordure de la frontière avec l'Ukraine peu avant le crash.

4- Les causes du crash du MH17

Les premiers éléments transmis indiquent que l'avion volait à 10 000 mètres d'altitude au moment du crash. La compagnie a perdu le signal avec son appareil vers 17h30 selon un message publié sur Twitter. Vers 18 heures ce jeudi, le site flightaware.com, qui permet de suivre en direct la progression des vols, montrait un MH17 désespérément figé en statut "inconnu".

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Le vol MH17 figé en statut "inconnu". © Capture flightaware.com

C'est l'agence Interfax, citant les autorités ukrainiennes qui a, la première, livré l'information du crash. Rapidement, une vidéo amateur, montrant une longue trainée de fumée noire, probablement sur les lieux du crash, circulait sur les réseaux sociaux. Depuis jeudi en fin d'après midi, de nombreuses autres images de l'appareil de la Malaysia Airlines ont été postées sur les réseaux sociaux. Rapidement, l'agence de presse Reuters, qui a dépêché ses journalistes sur place, informait qu'une centaine de cadavres étaient visibles au sol et que des morceaux de corps avaient été projetés dans un rayon de 15 km autour du lieu du crash. Quant à l'AFP, elle décrivait une large zone calcinée avec de nombreux corps éparpillés au milieu de morceaux du fuselage de l'avion et de bagage, tandis que la Malaysia Airlines commençait à communiquer sur l'accident et à faire le bilan des victimes.

Ce vendredi matin, les secouristes ont déclaré avoir retrouvé une boîte noire. Les séparatistes prorusses avaient déjà annoncé avoir mis la main sur une autre boîte noire la veille.

La thèse du tir de missile sol-air a été petit à petit confirmée par les autorités. On ne connait pas encore en revanche avec précision l'origine du tir, même si la zone est toujours entre les mains des séparatistes. Ces derniers jours, le gouvernement ukrainien avait accusé Moscou, soutien des pro-russes de l'est du pays, d'avoir abattu plusieurs avions de combat. Dans tous les cas, il semble probable que le crash soit dû à une "erreur", l'avion de la Malaysia ayant sans doute été confondu avec un avion militaire.

Un missile de fabrication russe est suspecté. Un expert militaire s'exprimant sur le site du Figaro a affirmé jeudi soir que ni l'armée ukrainienne, ni les séparatistes ne disposent d'armes capables d'abattre un avion à une telle altitude. Une telle déclaration sous entend que ce sont des armes russes qui auraient été utilisées pour abattre le Boeing 777. A la fin juin, les prorusses se vantaient sur les réseaux sociaux d'avoir récupéré des batteries de missiles sol-air "Bouk", d'origine russe, sur une base militaire. Selon le ministère de l'Intérieur ukrainien ce vendredi, le missile qui a touché l'avion faisait effectivement partie du système "Bouk". 

Le ministère de l'Intérieur ukrainien cible les séparatistes prorusses tandis que le président ukrainien, Petro Porochenko, affirme que "les forces armées ukrainiennes n'ont pas effectué de tirs" pouvant être à l'origine du crash. Elle n'ont pas utilisé selon lui de missile sol-air depuis leur offensive contre les prorusses pour la simple et bonne raison que les séparatistes ne disposent pas d'avions. Alexandre Borodaï, chef autoproclamé de la "république populaire de Donetsk" qui dirige les séparatistes, retourne l'accusation. Selon lui, c'est "l'armée de l'air ukrainienne" qui est à l'origine du tir. La Russie riposte aussi ce vendredi 18 juillet en affirmant, par la voix de son ministère de l'Intérieur, qu'il y avait "une activité" du système de missiles ukrainiens au moment du crash.

Des enregistrements compromettants pour les séparatistes ont aussi été dévoilés ce vendredi 18 juillet. L'un deux fait état d'un échange entre deux militants évoquant l'attaque d'un avion civil. Un autre, intercepté par les services secrets ukrainiens, retrace une conversation entre un dirigeant prorusse et un haut responsable russe, qui aurait eu lieu vingt minutes après le crash. Le commandant séparatiste déclarerait à son interlocuteur avoir abattu un avion une demi-heure plus tôt.

5- LES RÉACTIONS - Lors d'une conférence de presse donnée le vendredi 18 juillet, vers 13 heures (heure française), Alexandre Borodaï, chef des séparatistes, a exclu tout cessez-le-feu. Il indique qu'il laissera les enquêteurs accéder au lieu de la catastrophe, mais sans garantir leur sécurité.Les réactions sont nombreuses depuis le crash.
Chez les officiels, le président malaisien avait le premier fait part de son indignation et annoncé une enquête tandis qu'en Russie, Vladimir Poutine, qui s'est entretenu avec Barack Obama au téléphone, a transmis ses condoléances aux familles des victimes. Le président russe pointe depuis jeudi les autorités ukrainiennes qui, en menant l'offensive contre les séparatistes, ont déstabilisé la zone. "Je tiens à souligner que cette tragédie n'aurait pas eu lieu s'il y avait la paix dans ce pays", insiste Poutine qui demande un règlement "pacifique" du conflit en Ukraine.
Le président ukrainien Petro Porochenko a quant à lui évoqué un "acte terroriste". Barack Obama a évoqué une "terrible tragédie" et le vice-président Joe Biden a proposé l'aide des Etats-Unis à l'Ukraine pour mener l'enquête. A Londres, on demande la réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, requête relayée par Ban Ki Moon. Angela Merkel a aussi réagi au crash et demande un cessez-le-feu immédiat en Ukraine. L'Otan s'est de son côté inquiétée de l'armement des séparatistes prorusses et de sa "sophistication", Interpol et L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont proposé leurs services pour l'enquête. Cette dernière demande aux séparatistes la mise en place d'un corridor.

Dans un communiqué de l'Elysée publié vers 20h30 jeudi 17 juillet, François Hollande a souligné son "immense émotion" et affiché sa "solidarité" vis-à-vis des proches des passagers. Le chef de l'Etat a demandé que "tout soit mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances" du crash. En déplacement en Afrique, il s'est déjà exprimé plusieurs fois sur le drame, notamment sur la présence potentielle de passagers français dans l'avion.

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