Trump et Kim Jong-un : photos, sourires et salamalecs... Pour quel accord ?

Trump et Kim Jong-un : photos, sourires et salamalecs... Pour quel accord ? TRUM - KIM JONG UN - Les images seront bientôt dans les livres d'histoire : le président américain et le dirigeant nord-coréen ont soigné la mise en scène et ont annoncé un premier accord commun.

[Mis à jour le 12 juin 2018 à 10h37] Il s'agit de l'un des événements diplomatiques et géopolitiques les plus importants de ces 50 dernières années. Si Donald Trump, habitué de l'autopromotion dithyrambique, parle de "rencontre fantastique", l'onde de surprise et d'enthousiasme produite dans le monde est manifeste, même si l'enjeu exigent prudence et patience. La Chine a déjà salué "le début d'une nouvelle histoire", les autres réactions des grandes puissances de l'ordre internationale n'ont pas encore officiellement émergé.

Le président américain et le dictateur nord-coréen sont parvenus à un accord qui va fixer une feuille de route pour dénucléariser la péninsule coréenne, qui offrira aussi des garanties et des "sécurités" au régime de Kim Jong-un et la diminution progressive des sanctions économiques. On sait déjà que les Etats-Unis ont renoncé à leur requête de "dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible" pour un engagement plus vague. Les deux pays se sont mis d'accord sur trois points principaux : collaborer à l'établissement de nouvelles relations pour établir une paix durable et la stabilité dans la région ;  collaborer pour la mise en application des engagements de Panmunjom du 27 avril sur la dénucléarisation de la Corée ; restituer les prisonniers de guerre avec rapatriement immédiat.

Trump et Kim : des images historiques

Poids de l'histoire oblige, les deux dirigeants se sont mis en scène, d'abord en se serrant très longuement la main devant les journalistes - ils sont plus de 5000 à avoir fait le déplacement à Singapour. Les deux hommes ont ensuite signé un document commun, sur une longue table en bois derrière laquelle une dizaine de drapeaux américains et nord-coréens ont été alignés. "Nous allons avoir une relation formidable", a martelé Donald Trump, face à à Kim Jong-un plus réservé. "Le chemin pour en arriver là n'a pas été facile. Les vieux préjugés et les habitudes anciennes ont été autant d'obstacles, mais nous les avons tous surmontés pour nous retrouver ici aujourd'hui", a-t-il toutefois ajouté devant la presse.

Des relations tumultueuses avant le sommet

Ce sommet, aussi important soit-il, apparaissait aussi très imprévisible, compte tenu de la personnalités des deux acteurs principaux, après des semaines de discussions animées, des accords obtenus soudainement et des plusieurs volte-faces tout aussi surprenantes. Il faut dire qu'avant de se mettre d'accord sur une rencontre, les deux chefs d'Etat n'ont pas retenu leurs coups, multipliant les invectives publiques l'un envers l'autre, se qualifiant mutuellement de "petit gros" et de "vieux fou".

Le 3 janvier 2018, Donald Trump publiait ainsi sur son compte Twitter : "Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d'affirmer que le 'bouton nucléaire est sur son bureau en permanence'. [...] Informez-le que moi aussi j'ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne!". Le 22 septembre dernier, il écrivait sur son réseau social : "Kim Jong-un de Corée du Nord, qui est clairement un fou qui ne craint pas d'affamer et de tuer son peuple, va être mis à l'épreuve comme jamais !". Quelques jours auparavant, il qualifiait Kim Jong-un d'"homme fusée" et avait menacé son pays de "destruction totale". En réponse, le leader coréen avait pris la parole publiquement, pour dénoncer "le comportement mentalement dérangé du président des Etats-Unis". "Je ferai payer cher à l'homme à la tête du commandement suprême aux Etats-Unis son discours", avait-il menacé.

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