Trump : une destitution possible ? Ces arguments qui fragilisent le président

Trump : une destitution possible ? Ces arguments qui fragilisent le président DONALD TRUMP - L'opinion publique américaine est de plus en plus sensible à l'idée d'une destitution du président américain. La question de son incapacité à gouverner se pose avec de plus en plus d'acuité.

[Mis à jour le 6 septembre 2018 à 11h33] Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump essuie, chaque jour, un torrent de reproches. C'est le lot de tous les chefs d'Etat, mais force est de constater que la nature des critiques émises à l'endroit du président américain est bien singulière. Depuis des mois, c'est bien sa capacité à gouverner le pays qui est remise en cause. Tant et si bien que la question de sa destitution est abordée ça et là dans la presse, par de nombreux adversaires politiques ou figures de la société civile. Donald Trump semble, pour le moment, à l'abri d'un départ forcé, tant les forces politiques en place aux Etats-Unis lui sont favorables. Il faut en effet que le Sénat américain prononce l'"impeachment" à la majorité des deux tiers, et, pour l'heure, cette chambre est à dominante républicaine.

Cela étant, depuis quelques semaines, le ton se durcit. Ce qui se dit sur le président américain n'est plus simplement de l'ordre de l'anecdote embarrassante. Des soupçons lourds le ciblent et se renforcent : il est accusé d'obstruction à la justice, de collusion entre son équipe de campagne et la Russie, d'agression sexuelle... Il y a quelques mois, Donald Trump a d'ailleurs pris à son service Emmet Flood, un éminent avocat spécialiste de la procédure de destitution. C'est cet homme qui avait défendu Bill Clinton, lorsqu'il avait fait face au scandale Lewinsky en 1998.

Une destitution "souhaitable" pour 49% des Américains

L'idée que le président américain n'est pas en mesure d'assurer ses fonctions est de plus en plus partagée par l'opinion américaine. Au début du mois de septembre, il y a quelques jours, un très sérieux sondage effectué par le Washington Post et ABC News dévoilait qu'il y a davantage d'Américains à souhaiter sa destitution que de citoyens s'y opposant (49% contre 46%). Seuls 36% des Américains approuvent son action à la tête de l'Etat. 53% d'entre eux sont désormais convaincus que Donald Trump s'est bien rendu coupable d'entrave à la justice.

Donald Trump a souvent balayé les critiques, faisant valoir qu'elles proviennent de ses adversaires. Mais le président est désormais confronté à de nombreuses accusations provenant de son propre camp. Son ancienne conseillère, Omarosa Manigault Newman, se répand dans les médias pour assurer que le président est "incompétent" et "raciste", faisant échos à toutes les terribles anecdotes de collaborateurs, rapportées par la presse ces derniers mois sur le comportement ubuesque du président à la Maison-Blanche.

Des collaborateurs de Trump très inquiets

Le livre de Bob Woodward - l'un des journalistes à l'origine du Watergate - pourrait aussi apporter du grain à moudre à tous ceux qui considèrent que Donald Trump constitue une menace pour le pays. L'ouvrage est parsemé de témoignages surréalistes, recueillis auprès de proches conseillers du président. Le secrétaire à la Défense aurait notamment confié à un proche que "Donald Trump agit comme un élève de CM2 ou de 6e". Bob Woodward, dans son enquête, dépeint globalement la peur qui s'est installée à la Maison-Blanche, le personnel tentant de maîtriser les humeurs du président et oeuvrant pour l'empêcher d'accéder à certains documents.

Autre bombe pour le président : un "haut responsable" de son cabinet a publié ce jeudi 6 septembre une tribune anonyme dans le New York Times, avec ce titre : "Je fais partie de la résistance à l'intérieur de l'administration Trump". En substance, ce collaborateur estime que le chef de l'Etat représente un tel danger pour le pays qu'il est nécessaire pour ses conseillers d'agir dans son dos. "Nous voulons que ce gouvernement réussisse et pensons que beaucoup de ses politiques ont déjà rendu l'Amérique plus sûre et plus prospère. Mais nous croyons que notre premier devoir est envers ce pays, et le président continue d'agir d'une manière qui nuit à la bonne santé de notre République. C'est pourquoi beaucoup de responsables nommés par Trump se sont engagés à faire leur possible pour préserver nos institutions démocratiques en déjouant ses impulsions malavisées jusqu'à ce qu'il ne soit plus en fonction", écrit-il, insistant sur le manque d'empathie et de moralité de Donald Trump : "Quiconque travaille avec lui sait qu'il n'est arrimé à aucun principe fondamental discernable guidant ses prises de décisions", poursuit-il. Et d'indiquer que des volontés de lancer une procédure d'impeachment ont bien émergé dans l'esprit de ses conseillers. "Compte tenu de l'instabilité que beaucoup ont constatée, il y a eu initialement des murmures invoquant le 25e Amendement, qui aurait amorcé un processus complexe pour destituer le président. Mais personne n'a voulu provoquer une crise constitutionnelle". Et d'avertir, en guise de conclusion : "Aussi ferons-nous ce que nous pourrons pour orienter l'Administration dans la bonne direction jusqu'à que - d'une façon ou d'une autre - ce soit fini".

Article le plus lu - Eric Zemmour : le clash avec Hapsatou Sy se durcit › Voir les actualités

Annonces Google