Algérie : de nouvelles manifestations, des rumeurs sur Bouteflika

Algérie : de nouvelles manifestations, des rumeurs sur Bouteflika MANIFESTATIONS ALGERIE – Après une importante mobilisation vendredi 22 mars, de nouveaux événements devraient agiter l'Algérie cette semaine. En parallèle, les rumeurs sur l'état de santé du président et sur les coulisses du pouvoir continuent.

L'essentiel

  • Lundi 25 mars, plusieurs corps professionnels ont manifesté à travers l'Algérie. Les travailleurs affiliés à l'UGTA, seul syndicat officiellement reconnu en Algérie, ont été rejoints par plusieurs professionnels : architectes, vétérinaires, employés des assemblées communales, journalistes et travailleurs des secteurs de la jeunesse et des sports.
  • La crise politique se poursuit également. De nouvelles rumeurs sur l'état de santé du président Boueflika ont refait surface sur les réseaux sociaux. Des documents ou des témoignages attribués aux Hôpitaux de Genève, où il était hospitalisé, attesteraient de son incapacité à exercer ses fonctions, et évoqueraient même un décès. Mais aucune de ces rumeurs n'a pu être étayée, elles n'ont pour l'heure pas de fondement sérieux. D'autre rumeurs évoquaient aujourd'hui la possibilité d'une sortie de crise dirigée par un "présidium", un gouvernement à plusieurs présidents cumulant les fonctions législatives et exécutives.
  • D'autres appels à manifester devraient être suivis cette semaine. Le pays devrait connaître un sixième vendredi de mobilisation monstre le 29 mars pour réclamer le départ d'Abdelaziz Bouteflika, qui a repoussé les élections présidentielles prévues en avril à une date inconnue. Suivez les dernières infos sur la crise en Algérie dans notre direct.

En direct

17:50 - Après les manifestations de lundi, changement de direction pour la télé publique algérienne

Ce lundi 25 mars, des journalistes de la radio et de la télévision publique algérienne manifestaient pour un service public de meilleure qualité et pour une plus grande indépendance. Le Directeur Général de l'Etablissement Public de Télévision (EPTV) Tewfik Khelladi a été limogé et remplacé par Lotfi Cheriet indique plusieurs journalistes. Les journalistes réclamaient également d'autres mesures : refus du contrôle des responsables, signalement des sanctions contre les journalistes qui refusent la censure, et la mise en place d'une charte du service publique et d'une libre antenne pour les auditeurs.

17:04 - Algérie : Des propositions pour sortir de la crise

Outre les nouvelles manifestations dès lundi, cette semaine du 25 mars sera-t-elle celle de propositions pour la transition démocratique et une sortie de crise ? Outre les rumeurs sur la solution du "présidium", le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) aurait proposé un plan de sortie de crise en 7 points selon le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie). Celui-ci prévoirait une période de transition de six mois, le départ de Bouteflika et la désignation d’un nouveau chef d'Etat au terme d'un consensus.

15:52 - Mouloud Hamrouche : Pourrait-il succéder à Bouteflika ?

Dans son entretien avec TSA, Amar Saadani laissait également entendre qu'il considérait Mouloud Hamrouche comme un potentiel successeur d'Abdelaziz Bouteflika. Interrogé au sujet d'un candidat FLN à la succession du président, il avait expliqué "Mouloud Hamrouche est le plus ancien, c’est lui qui a eu le plus de responsabilités et qui est fils de chahid. Il a toutes les caractéristiques pour être le prochain candidat du FLN". Une proposition poliment écarté cette proposition. "Je ne serai pas candidat à d’éventuelles instances de transition ni à de futures élections quelles que soient leurs natures, leurs échéances et leurs conditions" a-t-il réagi.

15:34 - Louisa Hanoune, du Parti des Travailleurs, s'est exprimée sur le mouvement

Lors du Forum de Liberté, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), a partagé son opinion sur le mouvement de contestation populaire en Algérie. TSA explique qu'elle a d'abord mis en garde contre "des hommes d’affaires connus à Alger", "des forces rétrogrades islamistes" et "une partie des médias" qui chercheraient à s'approprier le mouvement. Elle a également rejeté les possibilités de faire appel à l'armée ou à Liamine Zeroual, l'ancien président, pour gérer cette crise. Pour Louisa Hanoune, la solution passerait par la création de "comités populaires".

15:03 - Le gouvernement algérien étudierait à une solution à plusieurs présidents

Selon les informations du site Observ'Algérie, qui cite des sources présidentielles, le Premier ministre Noureddine Bedoui et son gouvernement étudierait la solution d'un "présidium" avec plusieurs présidents pour remplacer Abdelaziz Bouteflika. Face à l'échec du gouvernement et l'absence de nouvelles informations sur la transition démocratique et de nouvelles élections, cette solution inspirée des propositions de l'opposition pourrait revenir sur la table. Selon leur source, "l’exécutif appellerait le peuple à s’organiser et à élire des représentants dignes de porter les revendications populaires. Ces personnes seraient aussi des technocrates, capables de gérer les affaires courantes, en attendant la création d’une Nouvelle République". "L’exécutif constituera alors un présidium. Le pouvoir leur sera remis, les ministères seront groupés en secteurs et confiés à ces technocrates, et les organismes législatifs seront dissous [...] le présidium du gouvernement algérien jouerait un rôle parlementaire et coordonnerait les activités des ministères en activités sectorielles" ajoute le site d'information. Ces informations restent à confirmer mais pourrait offrir un nouvelle éclairage sur la crise politique.

14:46 - L'avocat Ait Larbi interpelle le procureur général d’Alger

Dans un message sur sa page Facebook, l'avocat et défenseur des droits de l’Homme Mokrane Ait Larbi a sollicité le Procureur général de la Cour de justice d’Alger. Il l'a enjoint à poursuivre les personnes impliquées dans la corruption. "Le peuple défend les intérêts de la société contre les grands corrompus alors que le parquet attend des instructions venant de personnes dont l’implication dans la corruption est certaine" a-t-il accusé sur le réseau social. Depuis le début du mouvement, les avocats sont particulièrement présents dans la manifestation à l'encontre de la politique du gouvernement algérien.

14:31 - Lakhdar Brahimi a détaillé les préparatifs de la "conférence nationale"

L'ancien ministre et diplomate Lakhdar Brahimi a apporté dans une lettre que s'est procuré le site TSA des éclaircissement sur sa présence dans la préparation de la "conférence nationale inclusive". Cette conférence avait été proposée par le président Bouteflika pour sortir le pays de la crise et préparer la tenue de nouvelles élections. Dans cette lettre, il dément formellement avoir été désigné comme président de cette conférence ou à tout autre rôle de médiateur. "[...] Au pays, comme à l’étranger, on continue à dire et à écrire que l’on m’a offert la position de Président de la Conférence Nationale proposée pour favoriser une sortie de la crise. [...] Ce n’est pas vrai : on ne m’a jamais proposé ce poste; pas plus qu’on ne m’a proposé à aucun instant le moindre rôle officiel ou officieux" a-t-il assuré.

14:00 - Manifestations des journalistes à Alger

Selon le journaliste Khaled Drareni, qui travaille notamment, pour TV5Monde, les journalistes manifestent également à Alger ce lundi 25 mars. A 13h40, les travailleurs de la Radio algérienne, le syndicat des journalistes et le personnel d'antenne ont tenu une assemblée générale. Les journalistes de la télévision publique se sont rassemblée devant le siège de l'EPTV à Alger. Tous revendiquent un service public indépendant et de meilleure qualité.

13:01 - Les vétérinaires rejoignent les manifestations

C'est au tour des vétérinaires de rejoindre la mobilisation en Algérie pour le départ d'Abdelaziz Bouteflika et contre les décisions du gouvernement. Un sit-in est organisé à Tizi Ouzou, rapporte le site d'informations Tout sur l'Algérie (TSA), et un groupe de manifestation a également rejoint le rassemblement d'Alger. De nombreux corps de métiers, très variés, sont présents dans le centre-ville de la capitale pour manifester : architectes, employés des assemblées populaires municipales et du secteur de la jeunesse et des sports, ainsi que divers syndicalistes.

12:50 - Sur TSA, l'ancien chef du FLN dénonce "l'État profond"

Amar Saadani, ancien secrétaire général du FLN, explique dans un entretien accordé au site TSA que les prérogatives du président Abdelaziz Bouteflika ont été usurpées par ce qu'il appelle "l'Etat profond". Au coeur de cet État profond, se trouverait entre autres l'ancien Premier Ministre Ahmed Ouyahia. "[Il] a été également directeur de cabinet [à la Présidence de la République]. Tout passait par lui. [...] Toutes les décisions, qui ont suscité les doutes des citoyens, sortaient sur ordre de l’État profond et de son représentant à la Présidence de la République." a accusé l'ancien secrétaire général. Mais pour lui, cet État profond est aussi à l'origine de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika et de la nomination des membres éminents du FLN. Les déclarations d'Amar Saadani font écho à de précédents propos : le porte-parole du RND , le parti d'Ahmed Ouyahia faisant également parti de la coalition au pouvoir, avait dénoncé l'action de "forces non-constitutionelles" en Algérie mardi 19 mars.

11:57 - Confusion au sein du FLN

Le porte-parole du FLN Hocine Khaldoun a publiquement remis en cause l'organisation de la conférence nationale inclusive, le dispositif prévu par le gouvernement pour assurer la transition démocratique avant de prochaines élections. Sur la chaîne privée Dzair News, il a en effet déclaré qu'"au FLN, on estime que la conférence nationale ne réglera pas le problème". Des propos tempérés par le président du parti au pouvoir. "Il voulait parler du point de vue des protestataires et de l’opposition et non de la position du FLN" a tenté de justifier Moad Bouchareb sur la chaîne arabophone El Bilad. "Le FLN tient à la feuille de route du président Bouteflika, y compris la conférence nationale, qui demeure fondamentale. Le problème actuel ne peut pas trouver de solution sans la tenue de cette conférence" a-t-il ajouté. Pour rappel, Moad Bouchareb avait affirmé la semaine passée que le FLN soutenait la mobilisation populaire, suscitant des interrogations sur la position du parti qui fait pourtant partie de la coalition au pouvoir.

11:32 - Algérie : Plusieurs manifestations en vue lundi 25 mars

Plusieurs manifestations ont déjà commencé ce lundi 25 mars à Alger. A Constantine, les employés et les étudiants de la formation professionnelle ont commencé à marcher des 9h40, indique le site TSA. Une marche est aussi organisée par les membres du secteur agricole à Bouira. Les travailleurs affiliés à l'UGTA, seul syndicat officiellement reconnu par le parti, manifestent également à Tizi Ouzou. Enfin à Alger, les syndicalistes se sont rassemblés devant la Grande Poste. Les architectes ont également rejoint la mobilisation, et le personnel de la télévision devrait organiser un sit-in devant le siège de l'Etablissement Public de télévision dans l'après-midi. Le journaliste Khaled Drareni a diffusé sur son compte Twitter des images d'Alger ce lundi.

En savoir plus

Manifestation en Algérie

Depuis le 22 février dernier, le vendredi est devenu le jour de la mobilisation anti-Bouteflika, même si des manifestations ont lieu également les autres jours. Les manifestants, qui descendent par millions dans les rue des principales villes d'Algérie, ont un unique objectif : s'opposer à la prolongation du mandat du président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans. Très affaibli depuis un AVC qui l'a touché en 2013, ce dernier voulait initialement briguer un cinquième mandat lors d'une élection présidentielle programmée cette année. Des élections qu'il a finalement reporté, tout en restant à la tête du pays. Dans la rue, on retrouve beaucoup de jeunes, d'enseignants, d'avocats... Tous dénoncent un coup de force de l'entourage du président pour conserver la main-mise sur le pouvoir.

Bouteflika encore président en Algérie ?

Le président algérien a annoncé lundi 11 mars qu'il ne briguerait pas un 5e mandat et a fait savoir le 18 mars qu'il continuerait de gérer le pays jusqu'à la tenue de nouvelles élections. Le soulagement du peuple a rapidement laissé place à la colère, beaucoup d'Algériens estimant qu'il s'agit là d'une façon se prolonger son mandat. L'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika fait l'objet de nombreuses interrogations. De nombreux journalistes et observateurs internationaux considèrent que le chef de l'Etat n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions à la tête de l'exécutif. Pour rappel, Abdelaziz Bouteflika dirige le pays depuis le 27 avril 1999 et s'apprête à achever son quatrième mandat. Le président algérien a fait un AVC en 2013 ; depuis il ne s'est plus adressé directement aux Algériens. Hospitalisé deux semaines à Genève, en Suisse, dans un hôpital en mesure de lui apporter les soins dont il a besoin, Bouteflika a fait son retour en Algérie le dimanche 10 mars et a annoncé une dizaine de jours après sa volonté de rester au pouvoir au-delà de la date de fin de son mandat, à savoir le 28 avril. "Que l’Algérie vive, dans un avenir proche, une transition harmonieuse et assiste à la remise de ses rênes à une nouvelle génération (…), tel est l’objectif suprême que je me suis engagé à concrétiser avant la fin de mon mandat présidentiel, à vos côtés et à votre service", explique le président algérien dans un message diffusé par les médias d'Etat.

Election présidentielle en Algérie

Le premier tour de l'élection présidentielle, autour de laquelle s'articulaient toutes les crispations, était initialement programmé le 18 avril 2019. Il est désormais reporté sans qu'une nouvelle date ait pour l'heure été communiquée. La campagne officielle devait débuter le 25 mars. On ignore quand elle commencera à présent. D'autant plus que le président Bouteflika a annoncé lundi 11 mars que la présidentielle aurait finalement lieu "dans le prolongement d'une conférence nationale" chargée de réformer le système politique, ainsi que d'élaborer un projet de Constitution d'ici la fin de l'année... Pour information, le président de la République algérienne est élu pour un mandat de 5 ans. En vertu d'une révision constitutionnelle de 2016 - à laquelle échappait le cas Bouteflika pour cette année - le chef de l'Etat n'est rééligible qu'une seule fois.

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