Algérie : les manifestations contre Bouteflika ce dimanche

Algérie : les manifestations contre Bouteflika ce dimanche MANIFESTATIONS ALGERIE – Après un nouveau vendredi de mobilisation monstre, les manifestations se poursuivent ce dimanche 24 mars en Algérie pour réclamer le départ du président d'Abdelaziz Bouteflika.

L'essentiel

  • Samedi 23 mars, des centaines d'avocats ont manifesté à Alger et dans de nombreuses autres grandes villes du pays pour réclamer un changement radical du système, le respect de la Constitution algérienne, et pour dénoncer les pressions exercées sur la justice. Comme les précédentes mobilisations pour le départ d'Abdelaziz Bouteflika, cette manifestation des avocats algériens s'est déroulée pacifiquement à travers le pays.
  • Ce dimanche 24 mars, c'est au tour des employés communaux de manifester dans plusieurs villes d'Algérie. Ils réclament notamment le départ d'Abdelmadjid Sidi Said, secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA, le seul syndicat reconnu par les pouvoirs publics en Algérie) qui s'était prononcé publiquement en faveur d'un cinquième mandat de Bouteflika.
  • Après un mois de contestations, les Algériens ont manifesté pour un cinquième vendredi consécutif le 22 mars. Ils étaient nombreux à demander le départ du président Abdelaziz Bouteflika, qui a repoussé les élections présidentielles d’avril à une date inconnue. Plusieurs médias ont évoqué une mobilisation au moins aussi importante que la semaine précédente, le 15 mars. Les manifestations se sont globalement déroulé dans l'ambiance civique et festive caractéristique du mouvement.
  • Face aux difficultés du pouvoir, la perte de ses soutiens et la faveur de l’opposition, des rumeurs commencent à évoquer un départ précipité d'Abdelaziz Bouteflika. Cette semaine a vu plusieurs soutiens abandonner le président en exercice. Le porte-parole du RND, Seddik Chihab, l'un des partis au pouvoir, a dénoncé mardi 19 mars au soir à la télévision l’action de "forces non-constitutionnelles" derrière les décisions du gouvernement. Dans la journée du jeudi 21 mars, le parti a connu de nombreuses démissions : aussi bien de membres rejoignant la mobilisation populaire que de soutiens du gouvernement. Le parti historique du FLN, dont Bouteflika est président d'honneur, a également été secoué. Mouad Bouchareb, président contesté, a déclaré que le parti apportait également son soutien au mouvement populaire. Les slogans des manifestants marquent pourtant un rejet de cette compromission. Suivez les dernières infos sur la crise en Algérie dans notre direct.

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11:25 - Des employés de mairie manifestent à Ben Aknoun

La mobilisation contre la prolongation du quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika continue ce dimanche 24 mars en Algérie. À Ben Aknoun, tout près d'Alger, des employés l'assemblée populaire communale (l'équivalent du conseil municipal en France) de la ville ont organisé un sit-in devant la mairie pour réclamer un changement de système.

En savoir plus

Manifestation en Algérie

Depuis le 22 février dernier, le vendredi est devenu le jour de la mobilisation anti-Bouteflika, même si des manifestations ont lieu également les autres jours. Les manifestants, qui descendent par millions dans les rue des principales villes d'Algérie, ont un unique objectif : s'opposer à la prolongation du mandat du président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans. Très affaibli depuis un AVC qui l'a touché en 2013, ce dernier voulait initialement briguer un cinquième mandat lors d'une élection présidentielle programmée cette année. Des élections qu'il a finalement reporté, tout en restant à la tête du pays. Dans la rue, on retrouve beaucoup de jeunes, d'enseignants, d'avocats... Tous dénoncent un coup de force de l'entourage du président pour conserver la main-mise sur le pouvoir.

Bouteflika encore président en Algérie ?

Le président algérien a annoncé lundi 11 mars qu'il ne briguerait pas un 5e mandat et a fait savoir le 18 mars qu'il continuerait de gérer le pays jusqu'à la tenue de nouvelles élections. Le soulagement du peuple a rapidement laissé place à la colère, beaucoup d'Algériens estimant qu'il s'agit là d'une façon se prolonger son mandat. L'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika fait l'objet de nombreuses interrogations. De nombreux journalistes et observateurs internationaux considèrent que le chef de l'Etat n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions à la tête de l'exécutif. Pour rappel, Abdelaziz Bouteflika dirige le pays depuis le 27 avril 1999 et s'apprête à achever son quatrième mandat. Le président algérien a fait un AVC en 2013 ; depuis il ne s'est plus adressé directement aux Algériens. Hospitalisé deux semaines à Genève, en Suisse, dans un hôpital en mesure de lui apporter les soins dont il a besoin, Bouteflika a fait son retour en Algérie le dimanche 10 mars et a annoncé une dizaine de jours après sa volonté de rester au pouvoir au-delà de la date de fin de son mandat, à savoir le 28 avril. "Que l’Algérie vive, dans un avenir proche, une transition harmonieuse et assiste à la remise de ses rênes à une nouvelle génération (…), tel est l’objectif suprême que je me suis engagé à concrétiser avant la fin de mon mandat présidentiel, à vos côtés et à votre service", explique le président algérien dans un message diffusé par les médias d'Etat.

Election présidentielle en Algérie

Le premier tour de l'élection présidentielle, autour de laquelle s'articulaient toutes les crispations, était initialement programmé le 18 avril 2019. Il est désormais reporté sans qu'une nouvelle date ait pour l'heure été communiquée. La campagne officielle devait débuter le 25 mars. On ignore quand elle commencera à présent. D'autant plus que le président Bouteflika a annoncé lundi 11 mars que la présidentielle aurait finalement lieu "dans le prolongement d'une conférence nationale" chargée de réformer le système politique, ainsi que d'élaborer un projet de Constitution d'ici la fin de l'année... Pour information, le président de la République algérienne est élu pour un mandat de 5 ans. En vertu d'une révision constitutionnelle de 2016 - à laquelle échappait le cas Bouteflika pour cette année - le chef de l'Etat n'est rééligible qu'une seule fois.

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