Hong Kong : quelle est la situation, quelle issue possible à la crise ?

Hong Kong : quelle est la situation, quelle issue possible à la crise ? HONG KONG - La situation est revenue à la normale à l'aéroport de Hong Kong, après deux jours d'occupation par des manifestants. Depuis dix semaines, les tensions entre gouvernement chinois et activistes prennent de plus en plus d'ampleur.

Le trafic a repris progressivement à l'aéroport de Hong Kong mercredi 14 août. Quelques vols restaient retardés ou annulés, notamment ceux de la compagnie Cathay, mais la circulation des touristes était de nouveau possible. Seule une poignée de manifestants était restée, principalement pour dormir à l'aéroport. La grande majorité des manifestants avaient quitté l'aéroport de Hong Kong, après deux jours d'occupation et une confrontation avec la police. La date et le lieu de la prochaine manifestation d'ampleur ne sont pas encore connus. Après avoir mobilisé au moins 5000 personnes selon les autorités, le mouvement de protestation devrait cependant continuer à manifester jusqu'à obtenir une réponse satisfaisante des gouvernements chinois et hongkongais.

Quelles sont les revendications des manifestants ?

Cette action a perturbé le trafic aérien deux jours de suite, et s'inscrit dans un mouvement de contestation qui a commencé le 31 mars. Depuis, le ton monte entre le gouvernement de la Chine et une partie des habitants de la péninsule de Hong Kong, réintégrée au pays en 1997 mais profitant toujours d'un statut spécial. Le mouvement se décrit comme pro-démocratique, mais se heurte à la répression policière. Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs altercations ont eu lieu, d'abord entre les manifestants et deux ressortissants chinois, puis lorsque la police a fait usage de gaz lacrymogène.Les manifestants de Hong Kong protestent depuis le 31 mars contre plusieurs décisions du gouvernement chinois, notamment un projet de loi qui permettrait l'extradition de ressortissants hongkongais vers la Chine continentale. Cette décision est mal perçue, alors que la région jouit d'un système juridique particulier. Depuis, les manifestants portent également de nouvelles revendications, protestant contre la collusion entre les gouvernements hongkongais et chinois, l'usage de la force par la police ou la mainmise du gouvernement sur les médias.

Des troupes chinoises à la frontière ?

L'occupation de l'aéroport de Hong Kong a suscité plusieurs réactions de la part du gouvernement chinois.  "Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes quasi-terroristes" a déclaré dans un communiqué la porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao du gouvernement chinois, faisant la référence à l'agression de deux ressortissants chinois par des manifestants. La Chine avait déjà estimé lundi 12 août que les actions des "manifestants radicaux" de Hong Kong contre des policiers constituaient "un crime grave", révélant "de premiers signes de terrorisme". Selon le Global Times, un média pro-gouvernement, la Chine a également envoyé des troupes militaires près de Shenzen, à la frontière avec Hong Kong. Selon le média, il s'agit d'un "exercice à grand échelle", mais les images partagées par les réseaux sociaux laisse plutôt présager une démonstration de force voire une menace.

Les réactions internationales aux dernières manifestations à Hong Kong

Les réactions internationales à la crise politique de Hong Kong restent sobres. Pourtant, plusieurs figures politiques se sont exprimées à ce sujet. Le président américain a par exemple affirmé sur Twitter que les renseignements américains l'"ont informé que le gouvernement chinois envoie des troupes à la frontière avec Hong Kong", avant d'enjoindre "tout le monde" à rester "calme et prudent". Juste avant, il avait brièvement évoqué les manifestations. "Beaucoup m'accusent moi, et les États-Unis, pour les problèmes à Hong Kong. Je ne comprends pas pourquoi ?" a-t-il déclaré en réponse à plusieurs sollicitations. En France, une vingtaine de députés français La République en marche ont signé dimanche 11 août une lettre ouverte sur la situation à Hong Kong et le silence politique. "On ne s'est pas simplement dirigé contre le gouvernement français ou le président de la République. Le silence est beaucoup plus grand que cela : nos opposants politiques, que ce soit le Parti socialiste, Les Républicains ou le Rassemblement national, ne se sont pas exprimés à ce sujet" soulève auprès de franceinfo Jean-François Cesarini, député LREM du Vaucluse. L'ancien gouverneur britannique de Hong Kong Chris Patten, a lui décrit une situation "au bord du gouffre" dans un entretien à la BBC.

La crise politique entre Hong Kong et la Chine s'exporte sur plusieurs terrains

Mais la crise politique entre Hong Kong et la Chine n'est pas cantonnée aux manifestations. Très attaché à la souveraineté et ne voyant pas d'un bon œil les mouvements sécessionnistes, les sphères influentes de la Chine continentale maintiennent la pression sur Hong Kong. La compagnie hongkongaise Cathay Pacific a par exemple limogé deux employés et suspendu un pilote pour essayer de contenter les critiques. Des salariés rapportent à l'AFP un climat de tension et de suspicions entre les membres du personnel de la compagne. Cathay est en effet sous pression depuis la semaine dernière, où il a été révélé que des employés de la compagnie participaient aux manifestations anti-gouvernement. Très dépendante du trafic continental, la compagnie redoute un possible boycott des usagers ou de ses partenaires. "Nous soutenons résolument le gouvernement de la région semi-autonome Hong Kong, la cheffe de l'exécutif et la police dans leurs efforts en vue de rétablir l'ordre public" a fait savoir Swire Pacifi, principal actionnaire de l'entreprise.

Le mouvement de protestation à Hong Kong, composé à 49% de jeunes entre 20 et 29 ans, s'organise également beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais le gouvernement peut lui aussi compter sur l'influence des militants pro-gouvernement ou nationalistes sur Internet. Au cours des dernières 48h, de nombreux internautes, aux comptes parfois nouvellement créés, relaient par exemple une image sur fond rouge avec le message "Quelle honte pour Hong Kong". Certains débordements des manifestants signalés sur les réseaux sociaux, notamment le traitement d'un journaliste du Global Times, alimentent cette campagne. Le message est relayé sur Twitter mais aussi sur des réseaux sociaux chinois comme Weibo. Plusieurs médias pro-gouvernement ont également soutenu des hashtags comme "Protégeons la police de Hong Kong", dans ce que les Échos décrivent comme une tentative d'isoler les contestataires du reste de la population.

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