Missile Orechnik : quelle est cette arme russe imprévisible qui fait trembler l'Europe ?

Missile Orechnik : quelle est cette arme russe imprévisible qui fait trembler l'Europe ? Dans la nuit de jeudi à vendredi, Moscou a visé un dépôt gazier, utilisant pour la deuxième fois son missile Orechnik. Mais de quoi parle-t-on ?

Il y a quelques jours à peine, Paris annonçait de potentielles futures garanties de sécurité pour l'Ukraine. Mais la guerre reste bien toujours d'actualité. En témoigne cette attaque dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier 2026 menée par la Russie contre un dépôt gazier situé dans l'ouest de l'Ukraine. Si Moscou a utilisé pour l'occasion des drones, des missiles balistiques ou encore des missiles de croisière, c'est l'utilisation de son missile hypersonique Orechnik qui a particulièrement fait trembler l'Europe.

Ce n'est pas la première fois que la Russie l'utilise. Un précédent avait déjà été rapporté. Mais "une telle frappe à proximité des frontières de l'UE et de l'Otan constitue une grave menace pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique", a estimé ce vendredi le ministre des Affaires étrangères ukrainien Andriy Sybiha, dont Le Figaro se fait l'écho.

Un tir de missile loin d'être anodin

Et pour cause, ce missile à portée intermédiaire peut atteindre une cible jusqu'à 5 000 km et ce, à une vitesse de 12 000 km/h. Mais surtout, et c'est là que l'inquiétude prend sa source, dans sa partie haute, le missile Orechnik "peut avoir plusieurs charges et ces charges peuvent être ou conventionnelles ou nucléaires", explique à BFM2 le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense. Et de détailler : "En fin de parcours, vous allez avoir plusieurs têtes qui vont frapper." Des têtes qui peuvent donc être conventionnelles ou nucléaires.

Un point non négligeable sur lequel Moscou aime jouer. "Il y a une ambiguïté voulue par la Russie : c'est-à-dire qu'en gros, ils vont utiliser un missile à capacité nucléaire sans les têtes nucléaires. Mais ça veut dire que Moscou dit : 'Voyez, on pourrait faire la même chose, mais cette fois-ci avec des têtes nucléaires.'" Pour l'expert, il est clair que ce tir de missile n'est "pas anodin". "Bien au contraire, c'est dans la stratégie de tension que Moscou veut imposer" et ce, alors même que les Occidentaux discutent d'un plan de paix pour l'Ukraine.