Guerre en Iran et au Liban : ce que contient vraiment l'accord de paix, Trump a reculé

Guerre en Iran et au Liban : ce que contient vraiment l'accord de paix, Trump a reculé Les Etats-Unis et l'Iran ont dévoilé mercredi le texte de leur protocole d'accord. Le document a été signé par Donald Trump mercredi soir à Versailles et par le président iranien à distance. "L'Iran a gagné", selon ce spécialiste du Moyen-Orient, actant un certain échec du président américain.

L'essentiel
  • ​​La guerre en Iran touche-t-elle à sa fin ? Après 107 jours de conflit, le président américain Donald Trump a signé ce mercredi lors de sa visite à Versailles aux côtés d'Emmanuel Macron, l'accord de paix entre l'Iran et les Etats-Unis. Quelques minutes plus tard, le ministère des Affaires étrangères iranien a confirmé que le président iranien Massoud Pezeshkian a signé l'accord avec les Etats-Unis. Cet accord doit être formellement signé en Suisse ce vendredi, dans le complexe hôtelier du Bürgenstock.
  • L'accord de paix a été rendu public par Washington et Téhéran. Le texte stipule que les Etats-Unis et l'Iran s'engagent à négocier un accord final sous 60 jours. Il prévoit l'arrêt immédiat de la guerre, y compris entre Israël et le Liban, pour donner lieu à des négociations approfondies. Le renoncement de Téhéran à l'arme nucléaire, une reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz, un déblocage de fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran et une levée des fonds sont également prévus. En revanche, l'accord reste flou sur les détails comme annoncé par des responsables américains à CNN afin de créer un climat favorable aux négociations de 60 jours. Deux mois durant lesquels les deux pays discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique).
  • Les négociations vont se poursuivre notamment sur le nucléaire. Donald Trump a, à nouveau, expliqué, ce mercredi soir, que les États-Unis souhaitent "parvenir à un accord de dénucléarisation avec l'Iran". Le président américain a également assuré que l'Iran ne sera "jamais" dotée de l'arme nucléaire car le pays s'y est engagé (comme il l'avait déjà fait en 2015 avec l'administration Obama). Les capacité militaires et balistiques de l'Iran doivent aussi être discutées, comme le statut du détroit d'Ormuz que les Etats-Unis veulent voir rouvrir "sans péage", mais pour lequel l'Iran réclame des "frais de services". 
  • Le président des Etats-Unis Donald Trump a-t-il reculé avec la signature de cet accord de paix ? Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a qualifié hier soir cet accord de "grande victoire" pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour y inclure le front libanais. "L’Iran a gagné. Ses exigences ont été prises en compte et le projet israélo-américain a échoué", analyse auprès de BFMTV, Daniel Meier, spécialiste du Moyen-Orient et enseignant à l’Institut d’études politiques de Grenoble. "Donald Trump a le sentiment de s'être fait berner par Benjamin Netanyahu, qui lui avait vendu cette guerre avec des objectifs irréalistes", ajoute Karim Emile Bitar, chercheur et enseignant à Sciences Po Paris et à l’Université Saint-Joseph à Beyrouth. La crise politique entre les Etats-Unis et Israël et l'opinion publique américaine qui commence à faire défaut au président Trump l'ont conduit "à passer ce deal, mais à le faire sans les Israéliens, qui l'ont très mal pris", ajoute le chercheur.
  • Le détroit d'Ormuz va rouvrir "instantanément" après la signature du protocole d’accord entre l’Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et le blocus américain des ports iraniens prendra fin eimmédiatement", a affirmé ce jeudi 18 juin le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Ce protocole "entrera en vigueur avec effet immédiat et, dans un premier temps, la République islamique d’Iran rouvrira sans délai le détroit d’Ormuz et les États-Unis d’Amérique lèveront immédiatement le blocus naval", précise-t-il. L'annonce de la réouverture du détroit a fait chuté le prix du baril de pétrole et le gouvernement français souhaite que les prix se répercutent dans les plus brefs délais à la pompe.
En direct

09:14 - La réunion entre les USA et l'Iran maintenue en Suisse vendredi

Si un doute persistait encore ce jeudi matin, ce n'est plus le cas. Le gouvernement suisse confirme la tenue des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran prévue demain à Bürgenstock, en Suisse. "En l’état actuel des choses, le plan prévoit toujours que les États-Unis et l’Iran, ainsi que les médiateurs que sont le Pakistan et le Qatar et d’autres pays impliqués, se rencontrent demain à Bürgenstock pour des négociations initiales sur la mise en œuvre de l’accord", annonce le ministère suisse des Affaires étrangères cité par l'agence Reuters.

08:54 - Ce que coûte réellement la guerre en Iran à la France

L'impact de la guerre en Iran et au Liban n'est "pas de la même ampleur que celui de 2022" avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, assure le directeur général de l'Insee Fabrice Lenglart sur BFM Business ce jeudi 18 juin. "Le choc énergétique actuel vient amputer le pouvoir d'achat des Français, mais on n'est pas sur les mêmes ordres de grandeur" par rapport à la crise inflationniste de 2022, a-t-il déclaré. "Il va prélever sur l'économie française entre 0,2 et 0,3 point de PIB, alors que le choc de 2022, c'était 2 points de PIB prélevés sur l'économie française, donc c’est sans commune mesure", précise-t-il. Attention toutefois, les effets sur le porte-monnaie des Français est bien réel : "les ménages ressentent ce choc, notamment sur les prix de l’essence, dans un contexte où les revenus d’activité progressent modérément, les salaires commençant tout juste à reaccélérer", souligne Fabrice Lenglart.

08:29 - "Ça rappelle ce que la France sait faire", Macron se félicite de la signature de l'accord

"Donald Trump a signé officiellement l'accord à Versailles, c'est un moment de paix (...) "Ça rappelle la force de l'Histoire, ça rappelle ce que la France sait faire, c'est un lieu qui inspire", a déclaré Emmanuel Macron, mercredi soir sur BFMTV, après la signature par Donald Trump de l'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran à Versailles. "Cet accord permet de mettre fin au conflit, il permet la paix et la réouverture d'Ormuz, sans péage. C'est une bonne nouvelle, les prix du carburant et du gaz vont normalement baisser", a enfin assuré le chef de l'Etat au micro de la chaine d'informations en continu.

08:23 - La signature de l'accord à Versailles "était une surprise", assure Roland Lescure

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, affirme que la signature de l'accord de paix par Donald Trump était bel et bien une surprise. "Il y a eu d'abord un discours protocolaire du président qui a souhaité la bienvenue à Donald Trump et évoqué les 250 ans (d'indépendance de l'Amérique, ndlr). Le président des États-Unis a remercié pour le G7 et pour le dîner, puis dans le cadre de son discours a dit : 'd'ailleurs j'ai un bon accord avec l'Iran, je vais le signer'", raconte le ministre au micro de RTL ce jeudi matin. Je pense que le président Trump avait informé Emmanuel Macron juste avant, mais en tout cas pour nous, ministres du gouvernement français, c'était une surprise!", poursuit-il.

08:19 - Jean-Yves Le Drian optimiste après l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran

Jean-Yves Le Drian, envoyé d’Emmanuel Macron au Liban et ancien ministre des Affaires étrangères, s’est montré optimiste après l’accord entre les États-Unis et l’Iran et la publication du communiqué du G7. "Une volonté collective s’est affirmée, il apparaît pour tout le monde que la paix par la force ne marche pas, c’est la voix de la négociation qui doit s’imposer", a-t-il salué sur le plateau de TF1. Désormais, nous pouvons nous fier à Donald Trump, du moment où il a "signé" un accord et un communiqué "dûment discuté" par les différentes parties. S'il salue la "cessation des hostilités, des combats, des morts et des blessés", il souligne que "l’Iran obtient des facilités sur ses actifs bancaires bloqués".

17/06/26 - 23:59 - Donald Trump a signé l'accord de paix au château de Versailles

L'accord de paix a finalement été signé  électroniquement par Donald Trump, lors de sa visite au château de Versailles, ce mercredi 17 juin, rapporte Le Parisien. 

17/06/26 - 23:20 - Cet accord "acte l’échec des États-Unis" affirme le négociateur iranien

Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a vivement critiqué le futur accord de paix avec les États-Unis, estimant qu’il s’agissait d’un revers pour Washington. S’exprimant à la télévision d’État, il a affirmé que l’accord "acte l’échec des États-Unis" et que "les gens en prendront connaissance et tireront leurs propres conclusions", quelques heures après la publication du texte par les deux parties.  

17/06/26 - 22:20 - L"armée américaine va rester "un certain temps" dans le Golfe persique

Malgré l'accord de paix annoncé entre l'Iran et les États-Unis, Donald Trump a indiqué que l'armée américaine va encore rester "un certain temps" dans le Golfe persique. "C'est un bon endroit où demeurer, je pense que l'armée va y rester pendant un certain temps, on va voir comment les choses vont se passer", a-t-il affirmé, sur le tarmac de l'aéroport d'Orly,  devant les journalistes, d'après BFMTV.

17/06/26 - 21:30 - L'accord final devrait être conclu sous 60 jours

Dans un texte publié par le New York Times, les États-Unis et l'Iran s'engagent à négocier un accord final sous 60 jours. Ce délai "peut être étendu si les deux parties y consentent", précise le quotidien new-yorkais.  

En savoir plus

Le début de la guerre en Iran, lancée par les Etats-Unis et Israël

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l'Iran. Côté israélien, l'opération est nommée "Roaring Lion" (Lion rugissant), côté américain "Epic Fury" ("Fureur épique"). Les objectifs vont du renversement du régime à l'affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël. 

En plus de cibler l'arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d'élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l'objet de spéculations.

La réplique de l'Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient

Dès le 28 février 2026, l'Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d'Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l'Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d'Israël. L'armée israélienne a qualifié cette offensive de "déclaration de guerre officielle" et lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.

Le 2 mars 2026, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L'Agence internationale de l'énergie a qualifié cette fermeture de "plus forte perturbation d'offre de l'histoire".

L'annonce d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis

Après de nombreux échanges entre l'Iran et les Etats-Unis assurés par les médiateurs pakistanais et quatari, les deux pays ont annoncé la conclusion d'un accord dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juin, après 107 jours de guerre. Il s'agit d'un protocole d'accord mettant immédiatement fin à la guerre sur l'ensemble des fronts, y compris au Liban, et prévoyant de nouvelles négociations de 60 jours pour s'accorder sur les détails de l'entente. L'accord prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz et le renoncement de l'Iran à l'arme nucléaire, mais les détails de ses engagements doivent être discutés. Le texte prévoit aussi le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour le développement de l'Iran et une levée des sanctions, à l'unique conditions que tous les engagements iraniens soient respectées selon des responsables américains à CNN.

Le mercredi 17 juin, Bloomberg a publié un document qu'il présente comme le contenu de l'accord en 14 points conclu entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre et tenir de nouvelles négociations. Aucun des deux pays n'a confirmé qu'il s'agissait de contenu précise et actualisé du texte. Voici le contenu rapporté et traduit en français :

  1. La République islamique d’Iran et les Etats-Unis, ainsi que leurs alliés dans le conflit actuel, déclarent qu’à compter de la signature du présent protocole d’accord, la guerre prend fin immédiatement et définitivement sur tous les fronts, y compris au Liban. Ils s’engagent désormais à ne mener aucune action hostile l’un contre l’autre et à s’abstenir de toute menace ou usage de la force. L’accord final confirmera les dispositions du présent article ainsi que celles des autres articles.
  2. La République islamique d’Iran et les Etats-Unis s’engagent à respecter mutuellement leur souveraineté et leur intégrité territoriale et à ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures respectives.
  3. La République islamique d’Iran et les Etats-Unis s’engagent à négocier et à conclure un accord final dans un délai maximal de soixante jours, prorogeable d’un commun accord.
  4. Dès la signature du présent protocole d’accord, les Etats-Unis lèveront le blocus naval, empêcheront toute entrave ou obstruction à l’encontre de la République islamique d’Iran et rétabliront, dans un délai maximal de trente jours, le trafic maritime à son niveau normal. Le trafic des navires devra être proportionnel au volume observé avant la guerre du côté iranien. Les Etats-Unis s’engagent également à retirer leurs forces des zones environnantes dans les trente jours suivant la conclusion de l’accord final.
  5. Dès la signature du présent protocole d’accord, la République islamique d’Iran prendra immédiatement les mesures nécessaires pour assurer, dans un délai de trente jours, la reprise du trafic des navires marchands entre le golfe Persique et la mer d’Oman à son niveau d’avant-guerre, en tenant compte de la nécessité d’éliminer les obstacles techniques et de neutraliser les mines.
  6. Les Etats-Unis, avec leurs partenaires régionaux, s’engagent à élaborer un plan global, approuvé par les deux parties, pour la reconstruction et le développement économique de la République islamique d’Iran, avec un financement garanti d’au moins 300 milliards de dollars. Les modalités de mise en œuvre de ce plan, dans le cadre de l’accord final, seront définies dans un délai de soixante jours.
  7. Les Etats-Unis s’engagent à mettre fin, selon un calendrier à convenir dans l’accord final, à tous les types de sanctions visant actuellement la République islamique d’Iran, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, celles du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi que toutes les sanctions unilatérales américaines, primaires et secondaires.
  8. La République islamique d’Iran réaffirme qu’elle ne fabriquera jamais d’armes nucléaires. L’Iran et les Etats-Unis conviennent que le sort des matières enrichies ainsi que toutes les autres questions nucléaires convenues d’un commun accord, y compris les besoins nucléaires de l’Iran, seront traités de manière adéquate dans l’accord final. Celui-ci confirmera les dispositions du présent article.
  9. L’Iran et les Etats-Unis conviennent que, dans l’attente d’un accord final, le statu quo sera maintenu : l’Iran conservera son programme nucléaire dans son état actuel, tandis que les Etats-Unis n’imposeront pas de nouvelles sanctions et ne renforceront pas leurs forces dans la région.
  10. Les Etats-Unis s’engagent à ce que, dès la signature du présent protocole d’accord et jusqu’à la levée des sanctions, le département du Trésor américain accorde des dérogations autorisant les exportations de pétrole brut iranien, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés, ainsi que tous les services connexes, notamment bancaires, d’assurance et de transport.
  11. Les Etats-Unis s’engagent, au fur et à mesure des progrès des négociations vers un accord final, à débloquer et rendre pleinement disponibles les fonds et actifs iraniens gelés ou restreints. Ces fonds, qu’ils soient conservés sur un compte principal ou transférés, pourront être utilisés pour tout paiement final déterminé par la Banque centrale de la République islamique d’Iran et seront intégralement disponibles. Les Etats-Unis s’engagent à délivrer toutes les autorisations et licences nécessaires à cette fin.
  12. L’Iran et les Etats-Unis conviennent de mettre en place un mécanisme de mise en œuvre chargé de superviser l’application effective de l’accord final et le respect futur de ses engagements.
  13. Après la signature du présent protocole d’accord, et après réception de garanties concernant le début de la mise en œuvre des articles 4, 5, 10 et 11, ainsi que la poursuite de leur application, l’Iran et les Etats-Unis engageront des négociations sur l’accord final uniquement pour les articles restant à régler.
  14. L’accord final sera approuvé par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.