Guerre en Iran et au Liban : ce que peut changer la discussion Trump - Jinping en Chine

Guerre en Iran et au Liban : ce que peut changer la discussion Trump - Jinping en Chine Le président Donald Trump prévoit une "longue conversation" sur la guerre en Iran avec le dirigeant chinois Xi Jinping lors de leur rencontre prévue ce mercredi 13 mai à Pékin. Au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent malgré le cessez-le-feu en vigueur.

L'essentiel
  • La guerre en Iran est dans son 75e jour ce mercredi 13 mai 2026. Après plus d'un mois de cessez-le-feu, la trêve est "sous assistance respiratoire" et risque d'éclater à tout moment a déclaré Donald Trump. Le président américain a menacé de relancer des opérations dans le détroit d'Ormuz, notamment le "Projet Liberté" pour permettre aux navires bloqués de traverser le détroit, tout en annonçant une "victoire complète" des Etats-Unis en Iran. "Les forces iraniennes sont prêtes à riposter et à donner une leçon" a répondu le président du Parlement iranien.
  • Les négociations sur la paix en Iran sont au point mort. Donald Trump a rejeté la dernière proposition iranienne la jugeant "totalement inacceptable". Selon les médias américains, le plan iranien impliquait la réouverture et la reconnaissance de la souveraineté de Téhéran sur le détroit d'Ormuz, la levée du blocus américain, le dédommagements des dégâts et des mesures concernant les capacités nucléaire et l'uranium enrichi. Mardi, l'Iran avertit que sa réponse aux Etats-Unis est à prendre ou à laisser. Ce mercredi 13 mai, Donald Trump est arrivé en Chine pour y rencontrer son "bon ami" Xi Jinping, partenaire stratégique et économique majeur de l’Iran. Leur discussion pourrait donc conduire Donald Trump à lâcher du lest en vue d'un accord de paix. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi appelle le Pakistan à "intensifier" ses efforts de médiation entre l'Iran et les Etats-Unis. Donald Trump, campe pour l'instant sur ses positions et "ne pense pas" avoir besoin d'aide sur le sujet iranien.
  • Le détroit d'Ormuz, l'axe maritime par lequel transite d'ordinaire 20% de la consommation mondiale de pétrole, est toujours bloqué. Hier, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France allait "prendre une initiative aux Nations unies" afin de proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz. "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz", a dit le chef de l'Etat depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Rappelons que Téhéran avait menacé d'une "réponse décisive et immédiate" en cas de déploiement français ou britannique dans le bras de mer.
  • Liban. Durement frappé par Israël depuis l'entrée en guerre du Hezbollah, le Liban a exhorté les Etats-Unis à faire pression sur leur allié afin qu'il cesse les raids meurtriers dans le sud du pays. Dans le sud Liban, les frappes israéliennes ne désemplissent pas malgré le cessez-le-feu en vigueur. Au moins 13 personnes, dont deux secouristes, ont perdu la vie au cours des dernières 24 heures.
  • Bilan humain. Selon le groupe de défense des droits HRANA basé aux États-Unis, la guerre en Iran, au Liban et au Moyen-Orient a provoqué la mort d'au moins 3 500 personnes. Au Liban, 2 702 victimes sont recensées et 8 311 blessés, d'après l'Agence nationale de l'information (NNA).
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09:26 - La mission initiée par la France est "une première étape" pour cet ancien chef d'état-major

Selon l'ex-chef d'état-major de l'Armée de l'air, Jean-Paul Paloméros, la mission multinationale initiée par la France et le Royaume-Uni, est "une première étape de prise de conscience" des enjeux de la guerre au Moyen-Orient. "C'est une première étape de prise de conscience de la réalité de ce qu'est aujourd'hui la guerre en Iran et des conséquences", explique-t-il au micro de BFMTV ce mercredi matin. "Si on peut inspirer le doute et la crainte chez le pouvoir iranien, il faut faire savoir qu'on est là", conclut-il, faisant référence au déploiement du porte-avions Charles de Gaulle.

08:53 - Trump minimise la guerre en Iran, et l'aide de la Chine

Le président Donald Trump a déclaré mardi qu'il prévoyait d'avoir une "longue conversation" sur la guerre en Iran avec le dirigeant chinois Xi Jinping lorsqu'ils se rencontreront à Pékin, bien qu'il ait minimisé l'idée qu'il aurait besoin de l'aide de la Chine pour mettre fin au conflit. "Je ne pense pas que nous ayons besoin d'aide avec l'Iran. Nous le gagnerons d'une manière ou d'une autre", a déclaré Trump à CNN. "Nous le gagnerons pacifiquement ou autrement", assure-t-il.

Quid de de la position de Xi Jinping sur l'Iran ? "Je pense qu'il a été relativement bon, pour être honnête avec vous. Vous regardez le blocus, pas de problème. Ils tirent beaucoup de leur pétrole de cette zone. Nous n'avons eu aucun problème. Et il a été un de mes amis", a dit Trump, persistant à minimiser l'impact du conflit. "Nous avons beaucoup de choses à discuter (en Chine), je ne dirais pas que l'Iran est l'un d'entre eux, pour être honnête avec vous, parce que nous avons l'Iran sous contrôle. Soit nous allons conclure un accord, soit ils vont être décimés", assure le président américain.

08:49 - La Chine appelle le Pakistan à "intensifier" ses efforts de médiation entre l’Iran et les Etats-Unis

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé le Pakistan à "intensifier" ses efforts de médiation entre l’Iran et les Etats-Unis, et exprimé l’intention de son pays de continuer à le soutenir, a rapporté l’agence Chine Nouvelle. Wang Yi s’est entretenu mardi par téléphone avec son homologue pakistanais Ishaq Dar, a indiqué l’agence d’Etat mercredi matin, alors que le président américain Donald Trump est attendu mercredi soir en Chine, partenaire stratégique et économique majeur de l’Iran. Voilà pourquoi, la discussions entre les deux dirigeants pourrait conduire Donald Trump à lâcher du lest concernant la guerre en Iran et envisager un accord de paix. Entrer en opposition frontale avec Pékin ne semble pas une option stratégique souhaitable pour Washington.

Wang Yi a "appelé le Pakistan à intensifier ses efforts de médiation et à contribuer à traiter de manière appropriée les questions liées à l’ouverture du détroit d’Ormuz". "Les deux parties ont souligné l’importance de maintenir un cessez-le-feu durable et d’assurer une circulation normale à travers le détroit d’Ormuz", ont rapporté de leur côté les Affaires étrangères pakistanaises par voie de communiqué.

En savoir plus

Le début de la guerre en Iran, lancée par les Etats-Unis et Israël

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l'Iran. Côté israélien, l'opération est nommée "Roaring Lion" (Lion rugissant), côté américain "Epic Fury" ("Fureur épique"). Les objectifs vont du renversement du régime à l'affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël. 

En plus de cibler l'arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d'élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l'objet de spéculations.

La réplique de l'Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient

Dès le 28 février 2026, l'Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d'Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l'Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d'Israël. L'armée israélienne a qualifié cette offensive de "déclaration de guerre officielle" et lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.

Le 2 mars 2026, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L'Agence internationale de l'énergie a qualifié cette fermeture de "plus forte perturbation d'offre de l'histoire".