Guerre en Iran et au Liban : de nouveaux éléments dévoilés sur l'accord de paix

Guerre en Iran et au Liban : de nouveaux éléments dévoilés sur l'accord de paix Après plus de trois mois de guerre, Téhéran et Washington signeront un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre en Iran, vendredi à Genève. Critiqué aux Etats-Unis, l'accord commence à dévoiler quelques détails sur son contenu.

L'essentiel
  • ​​La guerre en Iran touche-t-elle à sa fin ? Après 107 jours de conflit, les États-Unis, l'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé le lundi 16 juin avoir conclu un accord. La cérémonie de signature du protocole d’accord conclu se tiendra vendredi 19 juin, dans le complexe hôtelier du Bürgenstock, en Suisse. Washington a indiqué que l'accord avait déjà été signé électroniquement, ce qu'a démenti Téhéran. L'accord prévoit l'arrêt immédiat du conflit y compris entre Israël et le Hezbollah libanais.
  • L'accord de paix n'a pas été rendu public et les États-Unis comme l'Iran se targuent d'avoir remporter la guerre et obtenu le meilleur accord. Trump a promis de rendre public le texte de l’accord «d’ici quelques jours». Le protocole d'accord prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée du blocus américain, mais aussi la tenue de nouvelles négociations de 60 jours pour trancher sur le nucléaire et les missiles iraniens. Les deux parties discutent aussi des pactes de non-agression, des groupes armés non étatiques et des questions nucléaires. Un fonds de 300 milliards de dollars pour des investissements privés en Iran est également prévu.
  • Des désaccords persistent entre les États-Unis et l'Iran et fragilisent les négociations. Les pays ne s'accordent pas sur le détroit d'Ormuz qui va rouvrir "sans péage" selon Donald Trump, mais avec des "frais de service" selon le régime iranien. Les versions divergent aussi sur le nucléaire entre le président américain qui assure que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire, devra rendre son uranium enrichi et limité le développement de son programme, et l'Iran qui assure que ces questions ont été définitivement retirées de l'ordre du jour. Le Liban pourrait être un point de blocage puisque l’Iran exige le retrait d’Israël du Liban.
  • L'accord entre les Etats-Unis et l'Iran est critiqué par des élus américains, notamment démocrates qui voient "un accord désastreux" pouvant alléger les sanctions contre Téhéran sans s'attaquer à son programme nucléaire ou ses capacités balistiques. L'allié israélien de Donald Trump critique aussi cet accord et le brave en refusant de retirer ses forces du Liban.
  • Le détroit d'Ormuz devrait être réouvert après la signature du protocole de paix prévue vendredi ou dans la foulée après des opérations de sécurisation et de déminage. Donald Trump a assuré depuis Évian, lundi soir, que le détroit, "déjà partiellement ouvert", le sera "complètement" vendredi. Cette annonce a fait chuté le prix du baril de pétrole et le gouvernement français souhaite que les prix se répercutent dans les plus brefs délais à la pompe. Les distributeurs sont donc reçus ce mardi matin à Bercy.
En direct

21:27 - L'armée iranienne ripostera de manière "sévère" aux attaques israéliennes au Liban

Des frappes israéliennes ont tué au moins quatre personnes mardi dans le sud du Liban. L'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère", malgré l'annonce d'un accord entres les Etats-Unis et la République islamique, selon un média d'Etat.

21:19 - La signature de l’accord prévue vendredi dans un palace suisse

La cérémonie de signature du protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran se tiendra vendredi dans le complexe hôtelier du Bürgenstock, en Suisse, selon les précisions fournies à l’Agence France-Presse par le ministère suisse des Affaires étrangères.

Perché sur une montagne dominant le lac des Quatre-Cantons, à proximité de Lucerne, le site du Bürgenstock est régulièrement choisi pour accueillir des rencontres diplomatiques de haut niveau et des négociations internationales.

21:11 - L'accord prévoit un fonds d'investissement en Iran de 300 milliards de dollars

L'accord entre les États-Unis et l'Iran prévoit un fonds de 300 milliards de dollars pour des investissements privés en Iran, selon Reuters. Par ailleurs, plus de la moitié de cette somme a déjà été utilisée. Ce fonds est d'incitation économique pour les deux parties afin de conclure un accord définitif.

19:40 - Plusieurs roquettes tirées par le Hezbollah interceptées par Israël

"Plus tôt dans la journée de mardi, l'armée de l'air israélienne a intercepté plusieurs roquettes tirées par l'organisation terroriste Hezbollah en direction de la zone où des soldats israéliens opèrent dans le sud du Liban", affirme un communiqué de l'armée israélienne, relayé par France 24. "Peu de temps après, l'armée de l'air israélienne a frappé et détruit le lanceur à partir duquel une partie des roquettes avait été tirées", ajoute le texte.  

19:28 - Malgré l'accord, le détroit d'Ormuz reste peu emprunté

Alors qu'un accord a été finalisé entre l'Iran et les États-Unis, ce dimanche, le trafic de navires dans le détroit d’Ormuz est toujours limité, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Ce mardi à 17 heures, (heure de Paris), Kpler n’a enregistré que quatre franchissements du détroit, aujourd'hui, par des navires de transport de matières premières, contre cinq la veille.

18:47 - Des pactes de non-agression au menu des pourparlers

Selon le Qatar, médiateur clé entre Washington et Téhéran, les médiateurs dans les pourparlers américano-iraniens discutent avec l'Iran des pactes de non-agression, des groupes armés non étatiques et des questions nucléaires. « Nous abordons divers sujets : le détroit d’Ormuz, la sécurité régionale et le principe de non-agression, ainsi que les relations de bon voisinage entre cette région et l’Iran », a déclaré, mardi, à Doha le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari. 

15:58 - Un fonds d'investissement pour l'Iran, mais pas un dollar américain versé

Le vice-président JD Vance a indiqué sur Fox News que "pas un seul centime de l’argent américain ne va [aller] à l’Iran". Le politique accuse les détracteurs de l'accord d'accord trop d'importance à ce que l'Iran pourrait obtenir comme avantage : "Les propagandistes disent : voici toutes les choses que l’Iran obtient… Mais ils n’obtiennent rien de tout cela à moins de se transformer totalement en tant que pays", insiste JD Vance.

L'accord prévoit effectivement de possibles investissements en Iran, mais le vice-président américain a souligne qu'il ne s'agira aucunement d'argent américain. "Ce que nous avons dit, c'est que les États-Unis ont tout intérêt économique à lever de nombreuses sanctions et à réintégrer ces pays dans l'économie mondiale. Si les Iraniens se comportent bien, si les sanctions sont allégées et si l’Iran est intégré à l’économie mondiale, nous inviterons d’autres pays, pas nous, mais d’autres pays à investir dans leur pays", a-t-il déclaré au sujet du fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars. Somme qui ne viendra pas des Etats-Unis a-t-il répété : "Même pas en rêve".

15:02 - "Je vous lirai l'accord mot à mot" : Trump évoque une conférence de presse que l'accord avec l'Iran

Donald Trump a évoqué la possibilité de tenir une conférence de presse pour dévoiler l’accord complet avec l’Iran lorsque celui-ci sera signé. "Je vais non seulement le publier, mais je tiendrai probablement une conférence de presse et je vous le lirai mot à mot, pour que la presse le couvre avec précision, parce que c’est, c’est un document très important", a-t-il déclaré en marge du G7. Le président américain a ajouté que son accord est "un mur contre une arme nucléaire", "contrairement à [celui conclu par] Obama".

14:32 - Le Qatar "prudemment optimiste" sur l'accord et ses conséquences au Moyen-Orient

Le Qatar a estimé mardi que l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis pourrait à terme renforcer la sécurité au Moyen-Orient. "Nous sommes prudemment optimistes sur le fait que la signature du protocole d’accord ouvre une nouvelle phase pour la sécurité régionale, à travers les discussions qui se tiendront sur le programme nucléaire et d’autres questions", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d’une conférence de presse à Doha. Le pays a joué un rôle décisif dans les négociations ces derniers jours et c'est lui qui doit accueillir des réunions préparatoires cette semaine avant la signature de l'accord prévue en Suisse.

13:39 - Trump juge de Nétanyahou doit être "plus responsable envers le Liban"

Le président américain Donald Trump a exprimé sa frustration à l’égard du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en indiquant aux journalistes ce matin que le dirigeant de l'Etat hébreu devait faire preuve de "plus de responsabilité à l’égard du Liban", rapporte CNN. "Sans moi, il n’y aurait pas d’Israël, car aucun autre président n’aurait été prêt à faire ce que j’ai fait", a déclaré Donald Trump. "J’ai toujours entretenu d’excellentes relations avec Bibi, mais il se doit désormais d’être plus responsable envers le Liban", a-t-il ajouté souhaitant montrer des relations apaisées avec le Premier ministre israélien après ses précédentes sorties agacées.

13:01 - L'AIEA demande une "réouverture totale et sans condition du détroit d’Ormuz"

"La solution la plus importante est la réouverture totale et sans condition du détroit d’Ormuz" pour que "le pétrole et le gaz recommencent à circuler", a déclaré le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol, ce mardi, en réaction à l'annonce sur la signature d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre. Cette accord est une "grande nouvelle pour l’économie mondiale et les marchés de l’énergie", a-t-il encore déclaré, lors d’une conférence de presse. 

12:15 - "C'est pour cette raison que j'accepte de signer" : Trump répète que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire

Donald Trump répète ce mardi, en marge de la réunion du G7, que Téhéran s’est engagé à ne "jamais" se doter de l’arme nucléaire, ni en la développant lui-même ni en l’acquérant auprès d’un autre pays. "Ils ne la construiront pas et ils ne l’achèteront pas non plus. C’est pour cette raison que j’accepte de signer" l'accord a précisé le président américain sous-entendant que ce point est d'ores et déjà précisé dans le texte. L'Iran, de son côté, assure que les questions nucléaires doivent uniquement être abordées lors des négociations à venir. Donald Trump a conclu avec une menace indiquant que si l'Iran se date de l'arme nucléaire, le pays subira "des conséquences inimaginables (...) l'enfer se déchainera sur" lui".

11:47 - Le lieu exact de la signature de l'accord pas encore déterminée selon l'Iran

La signature de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis "aura lieu en Suisse" et a priori vendredi a confirmé le régime iranien ce mardi, "mais le lieu exact n'a pas encore été déterminé" a-t-il précisé alors que la ville de Genève est avancée depuis hier. Le régime répète toutefois que "le prochain cycle de négociations commencerait immédiatement après" la signature.

11:12 - Le négociateur en chef iranien présent à Genève pour signer l'accord

Le négociateur en chef iranien Ghalibaf assistera à la cérémonie de signature du protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis ce vendredi, a annoncé la diplomatie iranienne ce matin. Du côté américain, le vice-président JD Vance a confirmé sa présence et jugé "possible" celle de Donald Trump. Lequel a indiqué qu'il sera "peut-être" là.

10:37 - L'Iran présente le cessez-le-feu au Liban comme "la question la plus importante" de l'accord

Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a estimé que le cessez-le-feu entre le Hezbollah libanais et Israël était "sans doute la question la plus importante du protocole". L'homme a insisté que l'importance "de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban". Une décision qui ravit le Hezollah et à laquelle le gouvernement libanais a réagi aussi en appelant à la fin des hostilités tout en dénonçant l'usage fait du Liban par l'Iran. Israël, autre partie prenant part aux combats au Liban, s'oppose à cet accord pourtant conclu par son allié américain et a refuse de retirer ses forces armées du Liban.

10:28 - La négociations de 60 jours débuteront "vraisemblablement vendredi" selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a indiqué que la nouvelle session de négociations approfondies sur la question du nucléaire iranien, entre autres, devrait débuter vendredi 19 juin. Soit le jour même de la signature du protocole d'accord par l'Iran et les Etats-Unis. "Vraisemblablement vendredi, dans un lieu qui reste à déterminer (...) un nouveau cycle de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis visant à parvenir à un accord final va débuter", a déclaré le diplomate lors d'une réunion diffusée à la télévision d'Etat.

09:59 - La réunion du G7 et de pays arabes consacrée à l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis

L'accord conclu entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre et devant être signé ce vendredi va être au centre des discussions lors de la  prévue de mardi  à Evian, en Haute-Savoie. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni se réunissent pour un déjeuner de travail consacré aux crises au Moyen-Orient ce mardi. Ils seront également en présence des représentants de l'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar qui ont été conviés à la réunion. Les dirigeants pourraient demander des précisions sur les termes de l'accord qui n'ont pas encore été rendus publics.

09:38 - L'accord entre les Etats-Unis et l'Iran jugé "désastreux" par un élu américain

L'annonce d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran ne satisfait pas pleinement tous les élus américains, notamment du côté des démocrates. L'un d'eux, Eugene Vindman, a rappelé sur CNN que Donald Trump les "a entraînés dans une guerre sans plan" après une décision qui pourrait coûter des dizaines de milliards de dollars aux contribuables américains. Quant à l'accord, l'élu démocrate a estimé qu'il présentait "tous les signes d'un accord désastreux" et pourrait permettre un allègement des sanctions contre Téhéran, sans pour autant s'attaquer au programme nucléaire, aux capacités balistiques du régime iranien ou s'assurer de la stabilité à long terme au Moyen-Orient.

En savoir plus

Le début de la guerre en Iran, lancée par les Etats-Unis et Israël

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l'Iran. Côté israélien, l'opération est nommée "Roaring Lion" (Lion rugissant), côté américain "Epic Fury" ("Fureur épique"). Les objectifs vont du renversement du régime à l'affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël. 

En plus de cibler l'arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d'élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l'objet de spéculations.

La réplique de l'Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient

Dès le 28 février 2026, l'Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d'Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l'Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d'Israël. L'armée israélienne a qualifié cette offensive de "déclaration de guerre officielle" et lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.

Le 2 mars 2026, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L'Agence internationale de l'énergie a qualifié cette fermeture de "plus forte perturbation d'offre de l'histoire".