Guerre en Iran et au Liban : Téhéran accentue sa pression, bras de fer entre Trump et le Sénat
- La guerre en Iran entre dans 82ème jour ce mercredi 20 mai. La trêve est toujours de mise après le président américain a répété qu'il espérait ne pas devoir faire la guerre. "Mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant", a-t-il dit à des journalistes à la Maison-Blanche. En réponse aux menaces des Etats-Unis, l'Iran a promis hier d'ouvrir "de nouveaux fronts" si les attaques reprenaient sur son sol. "Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a prévenu le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna. De son côté, le Sénat avance depuis ce mardi sur une mesure visant à restreindre les pouvoirs de guerre du président Donald Trump en exigeant l'approbation du Congrès pour toute action militaire future en Iran.
- Les négociations sur la fin de la guerre en Iran sont au point mort. Pour autant, selon l'agence iranienne Fars, Washington a présenté une liste de cinq points exigeant que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux États-Unis. Le pays refuse par ailleurs de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs iraniens gelés à l'étranger ou de verser des réparations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre. L'Iran dit avoir répondu à cette dernière proposition "via le médiateur pakistanais" sans préciser ses demandes, mais il est peut probable que le pays accepte les conditions américaines.
- Le détroit d'Ormuz par lequel transite 20 % du pétrole mondial est toujours bloqué par l'Iran. Téhéran se sert du passage pour mettre la pression aux États-Unis et a fait trois annonces : il a évoqué la taxation des câbles internet sous-marins passant dans le détroit d'Ormuz, le sabotage de ces mêmes câbles et a officialisé la création de l’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), une organisme censé gérer le détroit. L'Europe s'oppose fermement au contrôle du détroit d'Ormuz par l'Iran.
- Au Liban, une prolongation du cessez-le-feu avec Israël pour une durée de 45 jours a été actée à l’issue de pourparlers libano-israéliens à Washington. Ce mardi, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait 19 morts, selon le ministère libanais de la Santé. Le Hezbollah a fait état d’affrontements avec des soldats israéliens dans le sud du pays. L’armée israélienne a, de son côté, annoncé la mort d’un de ses soldats dans la même zone, portant à 22 le nombre d’Israéliens tués au Liban depuis le début du conflit.
18:20 - Le négociateur iranien accuse les Etats-Unis de vouloir "déclencher une nouvelle guerre"
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, estime que les États-Unis "cherchent à déclencher une nouvelle guerre" et affirme que le pays prépare une "réponse musclée" en cas de nouvelle attaque. Il écarte ainsi l'hypothèse d'une capitulation de l'Iran.
17:39 - L'armée israélienne est en "niveau d'alerte maximale"
L'armée israélienne déclare être en "niveau d'alerte maximal" et être "préparée à tout développement" de la guerre au Moyen-Orient ce ercredi dans un communiqué publié sur Telegram reprenant les propos du chef de l'armée, le lieutenant-général Eyal Zamir, lors d'une réunion avec des commandants. "Nous avons frappé et affaibli l'Iran et tout l'axe (pro-iranien) de manière systématique, puissante et méthodique. Nous continuerons à agir aussi longtemps que nécessaire, tant sur les fronts proches que lointains", a ajouté le militaire.
16:28 - Netanyahou fera "tout ce que je veux qu'il fasse" en Iran, affirme Trump
Donald Trump s'est exprimé concernant ses discussions avec Benjamin Netanyahu sur de potentielles frappes en Iran ce mercredi. "Il fera tout ce que je veux qu'il fasse", déclare-t-il. "C'est un mec super. N'oubliez pas qu'il était premier ministre en temps de guerre et il est maltraité en Israël, selon moi (...) Je pourrais me présenter comme Premier ministre en Israël, et peut-être qu'après cet épisode, je le ferai", conclut-il.
15:47 - 26 navires ont traversé le détroit d'Ormuz en 24 heures, selon les Gardiens de la révolution
Les Gardiens de la révolution iraniens déclarent qu'"au cours des dernières 24 heures, 26 navires, dont des pétroliers, des porte-conteneurs et d'autres navires commerciaux, ont traversé le détroit d'Ormuz", rapporte l'agence de presse iranienne Tasmin. Ces transits se font "sous la coordination et la protection de la Marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique", précisent-ils.
11:37 - L'Iran promet une guerre bien "au-delà de la région" en cas d'attaque des Etats-Unis
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont promis mercredi d’étendre la guerre "au-delà de la région" du Moyen-Orient, si les Etats-Unis et Israël attaquaient de nouveau le pays. "Si l’agression contre l’Iran se répète, la guerre régionale promise s’étendra cette fois bien au-delà de la région, et nos coups dévastateurs vous écraseront", ont indiqué les Gardiens dans un communiqué publié sur leur site Sepah News. "L’ennemi américano-sioniste (...) doit savoir que, malgré l’offensive menée contre nous par toutes les capacités de deux armées, les plus coûteuses du monde, nous n’avons pas déployé toute la puissance de la Révolution islamique", ont-ils ajouté.
09:36 - Un pétrolier sud-coréen traverse le détroit d'Ormuz
Un pétrolier sud-coréen a traversé ce mercredi matin le détroit d'Ormuz, un passage facilité par Téhéran, annonce Séoul, alors que le trafic dans ce passage stratégique fait toujours l'objet d'une quasi-paralysie. "En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d'Ormuz, en coordination avec l'Iran", déclare au Parlement le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Huyn, sans donner davantage de détails.
08:24 - Trump présent au sommet du G7 en France, la guerre en Iran comme source de tensions
Un responsable à la Maison blanche a indiqué que le président américain Donald Trump participera bien au sommet du G7 en France au mois de juin. L’atmosphère s’annonce chargée entre le milliardaire républicain et certains des chefs d’État et de gouvernement attendus en France, contre lesquels il a lancé nombre d’offensives commerciales et diplomatiques.
La guerre en Iran est une source de tensions supplémentaires entre Donald Trump et les autres dirigeants du G7, auxquels le président américain reproche de n’avoir pas soutenu l’offensive militaire américaine, ou de ne pas s’être impliqués pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Cela faisait plusieurs semaines qu’Emmanuel Macron faisait le forcing pour convaincre son homologue. "(Macron) souhaite vraiment que (Trump) y aille, il le supplie d’y aller", avait affirmé il y a deux semaines un haut responsable de l’administration américaine à Reuters.
08:15 - "Le plan B est de relancer l’opération militaire", met en garde JD Vance
Le vice-président américain JD Vance a assuré mardi que de "bons progrès" étaient faits dans les discussions avec l’Iran, tout en répétant que Washington avait le "doigt sur la gâchette". "Il y a de bons progrès, mais nous allons continuer à travailler et à la fin, soit nous aurons un accord soit nous n’en aurons pas", a dit JD Vance. "Nous sommes plutôt en bonne posture, mais il y a un plan B, et le plan B est de relancer l’opération militaire", précise le vice-président.
08:12 - Les négociations Washington/Téhéran nécessitent "plus de temps", estime le Qatar
Le Qatar déclare que les efforts diplomatiques entre Téhéran et Washington nécessitaient "plus de temps" avant d'aboutir. "Nous soutenons les efforts diplomatiques menés par le Pakistan (...) pour rapprocher les parties et trouver une solution, et nous pensons qu'ils nécessitent plus de temps", a affiirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha hier.
08:10 - La reprise des hostilités au Moyen-Orient serait "inopportune", juge la Chine
Le président chinois Xi Jinping a estimé ce mercredi 20 mai lors d'une rencontre avec Vladimir Poutine qu'une reprise des hostilités au Moyen-Orient serait "inopportune", alors que Donald Trump a menacé la veille de reprendre ses frappes sur l'Iran. "La situation dans la région du Golfe se trouve à un moment charnière entre guerre et paix. Il est urgent de parvenir à un arrêt total de la guerre. Une reprise des hostilités serait inopportune et poursuivre les négociations est plus essentiel que jamais", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse officielle Chine nouvelle.
08:05 - Le Sénat avance une mesure pour limiter les pouvoirs de Trump en Iran
Le Sénat américain a avancé mardi sur une mesure visant à restreindre les pouvoirs de guerre du président Donald Trump en exigeant l'approbation du Congrès pour toute action militaire future en Iran. Le sénateur démocrate John Fetterman s'est joint aux républicains pour le rejeter, tandis que les sénateurs du GOP (parti républicain) Rand Paul, Susan Collins, Lisa Murkowski et Bill Cassidy ont voté avec les démocrates. C'est la première fois que Bill Cassidy vote avec les démocrates, indique CNN.
Le vote pour faire avancer cette mesure intervient après que le Sénat a précédemment rejeté sept tentatives similaires. Attention, il y a eu plusieurs absences du GOP pour ce dernier vote notamment dans les campagnes des Etats-Unis. Ce qui rend à ce stade, peu probable, une adoption finale de la mesure. Certains républicains ont indiqué qu'ils pensaient que le Congrès devrait avoir un rôle à jouer dans l'autorisation de la guerre, ou du moins avec la mise en place de plus de surveillance. Mais le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a déclaré aux journalistes que la plupart de ses membres n'ont pas fait pression pour voter sur l'autorisation de guerre.
Le début de la guerre en Iran, lancée par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l'Iran. Côté israélien, l'opération est nommée "Roaring Lion" (Lion rugissant), côté américain "Epic Fury" ("Fureur épique"). Les objectifs vont du renversement du régime à l'affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l'arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d'élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l'objet de spéculations.
La réplique de l'Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l'Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d'Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l'Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d'Israël. L'armée israélienne a qualifié cette offensive de "déclaration de guerre officielle" et lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L'Agence internationale de l'énergie a qualifié cette fermeture de "plus forte perturbation d'offre de l'histoire".