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Un mythe bousculé

Candidate à la présidentielle colombienne en 2002, faite prisonnière par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc) en pleine ascension, enfermée dans la jungle pendant plus de six ans et demi, annoncée malade voire mourante, à plusieurs reprises et enfin libérée au terme d'un marathon diplomatique et médiatique de plusieurs années. Ingrid Betancourt est devenue une icône à la fois en France et à l'étranger. Sa libération le 2 juillet 2008, après une intervention de l'armée colombienne, a dévoilé au monde le visage tant attendu de cette femme, enfin libre.

Mais après le soulagement et l'émotion, plusieurs critiques sont progressivement venues jeter de l'ombre au tableau. Alors qu'elle avait déjà fait part à plusieurs reprises de sa foi dans les médias, insistant sur l'aide qu'elle lui apportait dans l'épreuve, Ingrid Betancourt s'agenouille et prie en descendant de l'avion colombien qui l'a libérée des Farc le 2 juillet. Son voyage à Lourdes, le 13 juillet 2008, et la rencontre du pape, le 1er septembre, finiront par provoquer une réaction des défenseurs de la laïcité.

En novembre 2008, la presse rapporte qu'Ingrid Betancourt souhaite que son nom ne soit plus utilisé par ses comités de soutien. La "Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt" (Ficib) sera rebaptisée "Fédération internationale des comités libertad pour la libération des otages en Colombie" (Ficlloc) et son logo modifié. Une volonté de mise en retrait qui sera mal comprise par une partie de ses fidèles.

En février 2009, alors qu'elle a pris congé des plateaux de télévision, un livre intitulé "Out of Captivity", écrit par trois ex-otages, dresse un portrait controversé d'Ingrid Betancourt. "Son égoïsme, son orgueil et son arrogance" sont décrits et illustrés par plusieurs anecdotes peu flatteuses. Certains iront jusqu'à affirmer que, tout en bravant les règles des guérilleros, elle volait de la nourriture et essayait de contrôler les autres prisonniers. Clara Rojas, sa directrice de campagne, elle aussi séquestrée, qualifiera également Ingrid Betancourt de "mesquine" au terme de sa propre captivité.


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