"Je ne parlerai pas" : Helena Noguerra dénonce un "scandale" après la fuite de son témoignage contre Patrick Bruel

"Je ne parlerai pas" : Helena Noguerra dénonce un "scandale" après la fuite de son témoignage contre Patrick Bruel Helena Noguerra fait partie des femmes accusant Patrick Bruel de violences sexuelles. L'artiste belge a témoigné auprès de la justice et anonymement dans un média, mais son identité a été révélée contre son gré ce mercredi 2 septembre.

C'est une des accusations formulées anonymement contre Patrick Bruel. Elle aurait dû le rester, mais l'identité de son autrice a été dévoilée. Ce mercredi 2 septembre, Paris Match et RTL ont révélé que la chanteuse et actrice belge Helena Noguerra faisait partie des femmes à avoir témoigné contre le chanteur en l'accusant de violences sexuelles.

L'actrice s'était rapprochée de la justice en 2022, après que l'affaire dite des masseuses entache une première fois la réputation de Patrick Bruel, pour délivrer son témoignage sur l'agression qu'elle dit avoir subie. "J'ai envoyé une lettre manuscrite au parquet en Corse pour dire que je soutenais ces femmes, car moi-même j'avais été victime de Patrick. Je voulais que le parquet sache que le récit de cette femme correspondait certainement à la réalité", écrivait Helena Noguerra dans le courrier envoyé à la justice en 2022 et consulté par Paris Match et RTL.

"Je ne voulais pas que l'on parle de moi dans cette affaire"

Mais si Helena Noguerra a témoigné contre Patrick Bruel, elle ne souhaitait pas que son nom soit publiquement associé à l'affaire. C'est donc avec colère qu'elle a réagi à la fuite de son témoignage dans plusieurs titres de presse ce mercredi 2 septembre : "C'est une honte que mon témoignage soit ainsi donné en pâture. Je n'ai pas consenti à cela !". Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, la chanteuse et actrice explique avoir "témoigné à la police dans le cadre d'une enquête sur monsieur Bruel il y a plusieurs mois" et souligne que "la justice [lui] a promis le secret".

"Quelqu'un a vendu mon témoignage à la presse qui s'en empare sans aucune morale", déplore Helena Noguerra. L'artiste indique en quelques lignes pourquoi elle avait fait le choix de l'anonymat : "Je ne veux pas de vos messages de compassion, ni de votre curiosité. Je voulais aider les femmes qui ont osé parler et qui attendant que la justice leur soit rendue et surtout que les actes répréhensibles de ce monsieur cessent ! Je ne voulais pas que l'on parle de moi dans cette affaire !"

Helena Noguerra a également réagi auprès de Médiapart. Le journal avait déjà approché l'artiste pour recueillir son témoignage et l'avait alors publié, avec l'accord de l'intéressée et en l'anonymisant, en même temps que sept autres témoignages contre Patrick Bruel en mars 2026. "Je ne veux pas que des détails [de son témoignage] soient exposés. Je ne supporte pas. C'est un scandale que cela ait pu fuiter", regrette la chanteuse auprès du média. Elle maintient aussi son choix de ne pas s'exprimer publiquement sur l'affaire : "Je ne parlerai pas. J'ai témoigné secrètement, ce n'est pas pour aller me répandre partout".

La chanteuse exprime sa colère auprès des médias ayant divulgué son nom, mais aussi envers la justice qui ne l'a pas suffisamment protégée et n'a pas su faire respecter le secret de l'instruction. "La justice ne nous protège pas quand on ose parler, et elle ne nous protège pas non plus quand on ne veut pas être exposée", déclare-t-elle à Médiapart.

Les réponses de Paris Match et RTL après la publication du témoignage d'Helena Noguerra

Accusés par Helena Noguerra d'avoir rendu son témoignage et surtout son identité publique dans l'affaire Patrick Bruel, les rédactions de Paris Match et RTL se défendent auprès de Médiapart. Laurence Pieau, rédactrice en cheffe de Paris Match, a assuré à Médiapart avoir confirmé la publication du témoignage et du nom d'Helena Noguerra avec l'intéressée après plusieurs échanges : "Nous lui avons précisé que nous le publierions en soulignant qu'il avait été déposé pour appuyer les déclarations des plaignantes". Quant à RTL, le journaliste Marc-Olivier Fogiel a répondu au journal d'investigation que "l'info circulait dans les rédactions", qu'il l'a "vérifiée" et que " la direction de la rédaction de RTL a décidé de sa diffusion et de son cadre".

Toujours auprès de Médiapart, Helena Noguerra a indiqué avoir été contactée par les deux journalistes en début de semaine, avant la publication de son témoignage et avoir refusé de répondre à leurs questions. Ce mercredi 2 septembre elle leur pose plusieurs questions : "Journaux scandaleux, cessez de m'appeler ! N'avez-vous donc aucune conscience ? Vous écrivez que j'ai témoigné en secret et vous osez divulguer des détails du procès-verbal ? N'avez-vous plus aucune morale ? Aucun sens de l'éthique ?"