Le passé militaire et terroriste de "Madiba" ressurgit

Le passé militaire et terroriste de "Madiba" ressurgit Figure emblématique de la lutte contre l'apartheid, Nelson Mandela est toujours hospitalisé à Pretoria en Afrique du Sud. Alors que son état s'aggrave, certains secrets presque oubliés refont surface...

Madiba est un symbole de la paix, de la lutte pacifique et du respect des droits de l'homme. Alors que l'apartheid, qui abaissait les noirs d'Afrique du Sud à un statut de sous-homme, battait son plein, Nelson Mandela luttait. Mais on oublie souvent que le combat des Noirs en Afrique du Sud a précédé Nelson Mandela. Le Congrès national africain fût créé en 1912 dans le but de défendre les intérêts de la population noire en Afrique du Sud. Sous l'apartheid mis en place en 1948, le parti fût évincé de la politique. En 1960, le massacre de Sharpeville par la police sud-africaine choque l'opinion mondiale.

Nelson Mandela, adhérant depuis 1944, décida alors de fonder et de diriger une branche militaire de guérilla qu'il nomma Umkhonto we Sizwe ("Fer de lance de la nation"). Contrairement aux croyances populaires, "Madiba", commandant de l'organisation militaire, organisa et coordonna de multiples attaques armées de sabotage : on en compte 134 entre 1961 et 1964. Considérés comme des terroristes par le gouvernement de l'apartheid, les adhérents de la branche (qui en comptait 11 000 à son apogée), furent accusés de complot contre le régime en place. Mandela et plusieurs autres chefs de l'organisation furent arrêtés pour haute trahison en 1964 et condamnés à la prison à perpétuité.

Malgré l'emprisonnement de Mandela et sa conversion incontestable à la lutte pacifique, l'organisation militaire multiplia ses actions et et fit des victimes. Parmi les actions les plus meurtrières, on compte l'attentat à la voiture piégée de Church Street à Pretoria le 20 mai 1983 qui a fait dix-huit morts et deux cent dix-sept blessés. Considéré comme pacifiste, Nelson Mandela qui a suivi, en théorie, les pas de Gandhi et de Martin Luther King est donc parfois associé à ce passé meurtrier par ses adversaires.

La "justice transitionnelle" en débat

La "justice transitionnelle" qui est souvent mis au crédit de Nelson Mandela est paradoxalement un autre souvenir réactivé par ses adversaires. Elle est définie par le secrétaire général des Nations Unies comme englobant "l'éventail complet de divers processus et mécanismes mis en œuvre par une société pour tenter de faire face à des exactions massives commises dans le passé en vue d'établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation".
Nelson Mandela substitua, selon le député EELV Noël Mamère, "la notion de "réconciliation", fondée sur la réparation, à celle de la "vengeance", évitant sans doute un bain de sang après la fin de l'apartheid. Mais la société en transition et l'arrivée au pouvoir de Mandela en 1994 vit naître une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie noire. Accompagnée du Black economic empowerment (BEE), dont le but était de rétablir le potentiel économique de la majorité noire en lui accordant une plus grande partie du pouvoir économique, elle est accusée de ne pas avoir tenu ses promesses.
A la fin de l'apartheid, cette nouvelle catégorie sociale va profiter de cette aubaine, s'installant alors dans les anciens quartiers résidentiels des "blancs", et s'imposant sur la scène économique avec comme but l'enrichissement. La fusillade meutrière de Marikana en 2012 qui a opposé les policiers et des employés de la mine, victimes du capitaliste noir, avait fait trente-quatre morts et en témoigne. 

 EN VIDÉO - Nelson Mandela, actuellement hospitalisé à Pretoria, est considéré comme un héros pour le monde.

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