Boris Johnson : un nouveau gouvernement et une gaffe pour son premier jour

Boris Johnson : un nouveau gouvernement et une gaffe pour son premier jour Boris Johnson est officiellement devenu Premier ministre ce mercredi 24 juillet. Lors de cette première journée, "BoJo" a formé son gouvernement mais, fidèle à sa réputation, a commis sa première gaffe.

[Mis à jour le 25 juillet 2019 à 15h16] Boris Johnson est donc devenu Premier ministre du Royaume-Uni ce mercredi, suite à son intronisation comme chef de file du parti conservateur et à la démission de Theresa May. Après une passation de pouvoir avec sa prédécesseur, il a été officiellement intronisé chef du gouvernement britannique par la reine Elizabeth II. Sa première journée a ensuite été consacrée à la composition de son gouvernement et à un discours sur son programme. Boris Johnson s'est notamment engagé à sortir "coûte que coûte" de l'Union européenne et à mener à bien le Brexit avant la date limite du 31 octobre, quitte à choisir un "no deal", une sortie sans nouvel accord de coopération avec l'UE.

Il a également regretté le "pessimisme" des anti-Brexit, qui redoutent principalement les conséquences économiques de cette décision. "Les Britanniques en ont assez d'attendre", a-t-il répété. "Il est temps d'agir", selon lui. Pour agir justement, Boris Johnson s'est attelé à composer son gouvernement, après le départ de plusieurs ministres qui exerçaient sous Theresa May.

Après s'être lui-même impliqué dans la campagne pour le Brexit en 2016, Boris Johnson s'est entouré d'autres conservateurs eurosceptiques prêts à un "no deal". Il a nommé Sajid Javid, ancien banquier fils d'immigrés pakistanais et précédent ministre de l'Intérieur au poste de ministre des Finances, stratégique dans le contexte du Brexit. C'est Priti Patel, fervente défenseur du Brexit d'origine indienne qui a récupéré son portefeuille a l'Intérieur. Boris Johnson a également choisi un autre eurosceptique convaincu, Dominic Raab, pour prendre la tête de la diplomatie britannique et remplacer Jeremy Hunt, son rival malheureux à la présidence du parti conservateur. Raab avait déjà démissionné du gouvernement de Theresa May pour marquer son opposition à la politique qu'il jugeait trop conciliante. Steve Barclay est lui maintenu à son poste de ministre chargé du Brexit.

Boris Johnson : déjà une première gaffe

Mais cette première journée au pouvoir a été l'occasion de commettre un premier faux-pas pour le tout nouveau - et fantasque - Premier ministre. Après son entretien avec la reine, il aurait répété certains propos que la reine aurait tenus pendant cette rencontre. Parmi eux, il y avait même une phrase assez cinglante : "Je ne comprends pas pourquoi qui que ce soit voudrait ce poste" aurait-elle dit, à propos du poste de Premier ministre. Selon le média britannique Mirror, les conseillers de Boris Johnson l'auraient rapidement enjoint à "ne pas répéter ces choses-là aussi fort". En effet, selon le protocole, auquel est très attaché la famille royale et plus généralement la société britannique, les échanges privés avec la reine sont confidentiels et ne sont pas destinés à être répétés.

Un autre petit accroc a perturbé le protocole dans la journée du 24 juillet, mais cette fois, il faut le dire, indépendamment de la volonté de Boris Johnson. Des militants de l'ONG de protection de l'environnement Greenpeace, visiblement contre l'arrivée au pouvoir de "BoJo", avaient tenté de barrer la route du convoi qui emmenaient l'ancien maire de Londres à Buckingham, à la rencontre de la reine. Les activistes ont été rapidement délogés par les forces de l'ordre.

Le portrait de Boris Johnson, entre frasques et polémiques

Boris Johnson, surnommé "BoJo", est un personnage atypique. Il revendique par exemple un héritage historique : la descendance du roi d'Angleterre George II, mais aussi celle d'Ali Kemal, un ministre de l'Intérieur de l'empire ottoman. Après avoir reçu une éducation prestigieuse, il commence en 1987 une carrière de journaliste en entrant comme stagiaire au Times, avant de rejoindre le Daily Telegraph. Il se rapproche du milieu politique dans les années 1990 avant d'être élu député avec le parti conservateur en  2001. Son futur parcours politique sera marqué par des sorties polémiques.

Boris Johnson est un personnage controversé, habitué des déclarations chocs, que ce soit en tant qu'homme politique ou dans sa carrière de journaliste. Il a par exemple été renvoyé du Times pour avoir inventé une citation attribuée à l'universitaire Colin Lucas. Dans ses tribunes pour le Daily Telegraph, il a également utilisé des expressions comme "négrillons" ou "sourires de pastèques" pour décrire les habitants des pays du Commonwealth, ou tenter une comparaison entre les femmes portant la burqa et des "boîtes aux lettres", ou encore remporté un concours de "poèmes satiriques" sur le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan à l'aide d'une plaisanterie peu flatteuse sur ses chèvres.

Mais les frasques de Boris Johnson ne se limitent pas à sa carrière d'éditorialiste. Durant la campagne du référendum sur le Brexit, il s'est engagé dans la campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Alors maire de Londres, il a notamment mis en avant un argument financier, placardé sur ses bus de campagne : "Nous envoyons 350 millions de livres à l'UE chaque semaine, finançons plutôt notre NHS (le système de santé britannique, ndlr)". Un argument qui aurait beaucoup joué en faveur du Brexit, mais qui se révélera rapidement avoir été mensonger : la contribution du Royaume-Uni au budget de l'UE était en moyenne de 135 millions de livres par semaine entre 2010 et 2014.

L'ascension de Boris Johnson

Malgré ces excentricités, Boris Johnson connaît une carrière plutôt réussie en politique et ce avant même de devenir Premier ministre de son pays. Après son élection en tant que député de Henley, dans le centre de l'Angleterre, il siège pendant 7 ans à la chambre des communes. En 2008, il est élu pour quatre ans au poste de maire de Londres, puis réélu en 2012. Selon un sondage YouGov, il s'est révélé relativement populaire auprès des londoniens, quittant son mandat avec 52% d'opinions favorables. En 2015, il est réélu membre du Parlement, cette fois-ci dans une circonscription du "Greater London".

En 2016, il rejoint le gouvernement de la nouvelle Première ministre britannique Theresa May. Il est alors secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, et s'occupe de certains dossiers liés au Brexit et à ses conséquences. Il démissionne de ce poste en juillet 2018. En mai 2019, après la démission de Theresa May, il annonce se présenter à l'élection du nouveau chef pour le parti conservateur, et reçoit le soutien du président américain Donald Trump. Il remporte les différents tours du scrutin organisé au sein des "MPs", l'équivalent des députés britanniques, et remporte l'élection auprès des adhérents face à Jeremy Hunt. Désormais Premier ministre, Boris Johnson a 99 jours à compter de sa nomination pour mener à bien le Brexit.

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