Jean Imbert accusé de violences conjugales : le cuisinier placé sous le statut de témoin assisté, une mise en examen écartée ?
Certaines accusations concernant le cuisinier Jean Imbert ont donné lieu à une enquête pour violences conjugales. Le chef cuisinier a été placé en garde à vue ce lundi 3 août à Paris, selon les informations de BFMTV. Il est visé par au moins trois plaintes déposées par des ex-compagnes pour violences conjugales, dont l'ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld.
Le média rapporte, ce mercredi 5 août, que le gagnant de Top Chef n'est pas ressorti libre après ses 36 heures de garde à vue. En effet, Jean Imbert a été transféré du commissariat du 16e arrondissement au dépôt tribunal judiciaire de Paris, où il a passé la nuit. Le cuisinier star a été présenté à un juge d'instruction pendant plus de trois heures "afin d'envisager sa mise en examen".
A l'issue de cette audition, Jean Imbert a finalement été placé sous le statut de témoin assisté, selon les informations de BFMTV. Autrement dit, des indices rendent sa participation vraisemblable pour sa mise en cause dans l'enquête mais ils sont insuffisants pour une mise en examen. Toutefois, le juge peut engager une mise en examen, plus tard, s'il estime que des indices graves ou concordants apparaissent contre le prévenu au cours de l'enquête.
Pour rappel, le parquet de Versailles a indiqué avoir lancé des investigations après la plainte déposée par l'ancienne actrice Lila Salet pour des faits que la victime situe en 2012-2013. Cette ancienne compagne du cuisinier gagnant de Top Chef avait déposé plainte pour violences et séquestration. Le dossier a depuis été transféré au parquet de Paris le 29 août 2025. Cinq autres femmes ont témoigné dans la presse, évoquant des violences physiques et psychologiques présumées. Alexandra Rosenfeld, qui a porté plainte en mars dernier, affirme notamment que Jean Imbert lui aurait fracturé le nez en 2013 lors du tournage d'une émission sur M6.
De son côté, le chef cuisinier conteste ces accusations. Ses avocates, Me Jacqueline Laffont et Me Julie Beneditti, ont indiqué à BFMTV qu'il s'était rendu à son audition avec "de nombreux documents" et des "éléments matériels solides" pour étayer sa version des faits.
Une première plainte pour violences
Une première plainte pour violences conjugales vise Jean Imbert. La plaignante explique avoir rencontré le chef cuisinier en 2010, alors qu'elle avait 19 ans et lui 29 ans. Elle est alors serveuse dans le restaurant que Jean Imbert tient à Paris. "Il avait dix ans de plus que moi, je l'admirais", raconte l'ancienne étudiante en droit au sujet de Jean Imbert qui n'était pas encore célèbre à l'époque. Les débuts de la relation sont heureux, jusqu'aux premières disputes : "Il me rabaissait. Ses mots étaient durs", témoigne le trentenaire. Elle affirme que ces altercations débordent rapidement et que Jean Imbert la jette hors de l'appartement pour la nuit à plusieurs reprises. Les violences physiques arrivent, selon son témoignages, plus tard. "Pour le provoquer, car il m'interdisait de fumer, j'ai allumé une cigarette. Il me l'a prise des mains et l'a écrasée sur mon épaule, à trois reprises", relate l'ancienne conjointe qui évoque aussi une scène durant laquelle Jean Imbert l'aurait griffée au visage avec des photos à l'appui.
La jeune femme, à l'origine de l'inscription de Jean Imbert à Top Chef, raconte aussi ne pas avoir été mentionnée dans les remerciements du cuisinier après sa victoire et lui en avoir fait le reproche et évoque la scène qui se serait passée en suivant : "Il s'est levé et m'a mis une grosse claque au niveau de l'oreille". raconte-t-elle. Le couple se sépare quelques mois plus tard et ne se contacte plus pendant 10 ans.
C'est Jean Imbert qui aurait reprise contact avec elle en février 2025 après les premières accusations de violences selon elle. "Paniqué", le chef cuisinier aurait demandé à la plaignante "d'écrire un texte attestant qu'il n'avait jamais été violent avec [elle], il m'a fait de la peine, j'ai fini par accepter", explique-t-elle. Un acte qu'elle dit regretter après la publication des témoignages de quatre femmes, dont Lila Salet et Alexandra Rosenfeld (sous un faux nom) dans le magazine ELLE : "En lisant, je réalise que je me suis menti, que j'aurais pu tenir exactement les mêmes propos que ces femmes. Je suis dévastée" confie-t-elle. Elle ajoute que c'est la prise de parole à visage découvert de l'ancienne Miss France 2006, le 19 août, qui l'a poussée à témoigner à son tour.
La plainte déposée par Lila Salet
L'une des plaintes visant Jean Imbert a été déposée par l'ancienne actrice devenue cheffe d'entreprise Lila Salet. Elle fait mention d'une "relation marquée par des disputes et des pressions psychologiques constantes", selon le magazine ELLE qui a pu consulter le document. Avant sa plainte, Lila Salet avait témoigné auprès du magazine disant que Jean Imbert aurait fracassé sa porte à coups de pied et de poing et aurait ensuite plongé son appartement dans le noir. "Il était d’une violence absolue dans ses mots, dans sa manière de me maîtriser", déclarait-t-elle en mai dernier sur ses réseaux sociaux affirmant avoir reçu des "immenses baffes" de la part du cuisinier.
L'ancienne actrice avait déjà déposé plainte une première fois après sa rupture avec le cuisinier, avant de se rétracter rapidement, expliquant avoir eu peur de nuire à la carrière du gagnant de Top Chef. Elle a finalement décidé de reprendre la parole après les témoignages de plusieurs femmes, dont celui d'Alexandra Rosenfeld, qui a révélé être l'une des personnes accusant Jean Imbert de violences dans une publication sur Instagram.
"Je croyais que le problème c'était moi"
Alexandra Rosenfeld a déposé plainte en février 2026 contre son ancien compagnon Jean Imbert, selon les informations de France TV. L'ancienne Miss France 2006 accuse le chef étoilé de violences physiques et psychologiques commises durant leur relation entre 2013 et 2014. Après avoir témoigné anonymement dans le magazine ELLE, puis publiquement sur Instagram en août 2025, elle est devenue la troisième femme à saisir la justice dans ce dossier.
Dans un témoignage poignant, elle raconte comment elle en est arrivée à parler : "J'ai d'abord refusé de parler parce que j'avais dépassé tout ça. Mais je savais qu'elles (les autres femmes qui ont pris la parole, NDLR) risquaient de ne pas être crues. Après une grande réflexion j'ai dit oui, pas contre lui, pas par vengeance, mais pour elles.
Selon Complément d'enquête, les faits dénoncés par Alexandra Rosenfeld se seraient notamment produits le 13 octobre 2013 lors du tournage de l'émission "Recettes de fous" sur M6, qu'elle coanimait avec Jean Imbert. Elle affirme avoir reçu un coup de tête après une dispute liée à un message reçu du père de sa fille. Une radiographie réalisée le lendemain aurait mis en évidence "une fracture des os propres du nez" consécutive à un "traumatisme par choc direct", selon les documents consultés par l'émission. Une maquilleuse présente sur le tournage a également affirmé avoir constaté un visage gonflé et une blessure au niveau du nez.
Un témoignage remis en cause par Jean Imbert
Au total, cinq femmes ont témoigné des violences conjugales, psychologiques et physiques qu'elles affirment avoir subies de la part de Jean Imbert dans une enquête du magazine ELLE datant du mois d'avril. Parmi elles, certaines ont également déposé plainte. Comme l'explique le journal Le Parisien, les quatre témoins ont décrit une sorte de schéma répétitif dans le cycle des violences : elles parlent de faits de dénigrement avec une volonté de contrôle et de jalousie excessive, n'hésitant pas à parler "d'emprise".
Le cuisinier devenu célèbre après sa participation dans Top Chef, dément les faits qui lui sont reprochés par les accusatrices, notamment par l'actrice Lila Salet. Il dénonce "des récits biaisés et tronqués". Les avocates de Jean Imbert assurent disposer de "plusieurs éléments matériels" remettant en cause les accusations de l'ancienne actrice. Alors que l'ex-compagne du cuisinier parle de violences durant un week-end à Florence en 2013, les avocates disent pouvoir prouver qu'à la période donnée Lila Salet publiait très régulièrement des photos de promenades et qualifiait le séjour de "Dolce Vita". Elle ajoutent détenir des éléments qui "contredisent objectivement le récit proposé douze ans et demi plus tard par la plaignante".
Jean Imbert dément aussi le récit d'Alexandra Rosenfeld. Le cuisinier aurait des "témoignages et de nombreux messages" de celle qui a été élue Miss France en 2006 faisant "état des violences physiques qu'elle-même exerçait" sur lui, selon ses avocates. Des éléments qui traduiraient selon les conseils "la violence verbale, les insultes répétées et le dénigrement dont [le cuisinier] était l'objet – sans jamais y répondre avec la moindre agressivité".