Elisabeth Borne : la vraie raison pour laquelle elle quitte Renaissance, déçue par Gabriel Attal

Elisabeth Borne : la vraie raison pour laquelle elle quitte Renaissance, déçue par Gabriel Attal Elisabeth Borne annonce se retirer de la direction de Renaissance, le parti dirigé par Gabriel Attal. Elle précise vouloir se consacrer à la structure qu'elle vient de créer, Bâtissons ensemble.

Elisabeth Borne claque la porte de Renaissance. L'ex-Première ministre annonce ce mercredi 6 mai au micro de France Inter se retirer de la direction du parti dirigé depuis fin 2024 par Gabriel Attal. La députée du Calvados démissionne donc de la présidence du Conseil national du parti fondé par Emmanuel Macron, d'abord nommé "En Marche". En raison de son attachement au parti, elle indique néanmoins rester "simple adhérente".

"J'ai décidé de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée", Bâtissons ensemble, précise la parlementaire de 65 ans. "Un espace qui a vocation à rassembler au-delà des partis pour faire émerger des propositions concrètes", dit-elle. Pour justifier son choix, Elisabeth Borne affirme qu'elle ne se "retrouve pas complètement" dans la ligne portée par Gabriel Attal. "Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne qui n'est pas forcément débattue au sein de Renaissance", assène l'ancienne locataire de Matignon ce mercredi, sans pour autant vouloir "ouvrir des critiques sur Gabriel Attal".

Quid de ses divergences profondes avec le plus jeune Premier ministre de la Ve République ? "Je suis convaincue que nous pouvons protéger notre pays dans le respect du droit international" et "je ne supporte pas quand on met en cause le Conseil constitutionnel, je dis ce à quoi je crois", conclut-elle, sans se montrer plus précise à l'égard du secrétaire général de Renaissance.

Le fonctionnement de Renaissance remis en cause en interne

Lundi 4 mai, le bureau exécutif de Renaissance a justement "validé" un rapport recommandant la candidature de son dirigeant pour le prochain scrutin national, indique Le Parisien. Mais en interne, certaines critiques émergent à l'égard de Gabriel Attal, ambitieux pour son avenir et qui pourrait se présenter à l'élection présidentielle 2027. Certains opposants dénoncent un "manque de démocratie". "C'est un parti bonapartiste", estime le député Guillaume Gouffier Valente. "Ce n'est pas un parti mais un fan-club", ajoute l'ancien élu macroniste de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau, des propos rapportés par le quotidien francilien. "Pour une primaire, il faut être deux", a répondu Gabriel Attal.

Les divergences entre Elisabeth Borne et Gabriel Attal ne datent cependant pas d'hier. "Renaissance, ce n'est pas un parti, c'est l'agence de com de Gabriel Attal", avait-elle notamment déclaré à La Tribune Dimanche au mois de janvier. Cette dernière s'est également montrée relativement sceptique sur certaines mesures annoncées par Renaissance comme l'interdiction du port du voile pour les mineures de moins de quinze ans. Enfin, elle n'était pas présente lundi soir au bureau exécutif qui a examiné les propositions de désignation du candidat du parti Renaissance à l'élection présidentielle, actant une certaine rupture.