Marine Le Pen : sa candidature empêchée juste avant la présidentielle 2027 ?
- Marine Le Pen sera candidate à l'élection présidentielle 2027, et ce malgré sa condamnation en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. Condamnée à 15 mois d'inéligibilité ferme, qu'elle a déjà purgé, et un an de prison ferme aménageable sous bracelet électronique, Marine Le Pen a annoncé se pourvoir en cassation et être donc libre pour mener une campagne. "J’avais indiqué que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation [...] et que le pourvoi suspend les effets de l’arrêt, je ferai campagne sans bracelet électronique", a-t-elle déclaré le 7 juillet sur TF1.
- Marine Le Pen pourra être candidate sans entrave a confirmé la justice. La Cour de cassation a rappelé l'effet suspensif d'un pourvoi auprès d'elle en cas de condamnation sans exécution provisoire. Si la cheffe de file du RN avait fait les frais d'une telle mesure en première instance, aucune exécution provisoire n'a été prononcée en appel.
- La candidature de Marine Le Pen à la présidentielle 2027 est encore soumise à la décision de la Cour de cassation. L'instance avait promis de rendre un avis d'ici janvier 2027 avant d'être saisie, notamment en cas de condamnation de Marine Le Pen. Elle a réaffirmé sa volonté de trancher rapidement la question et a fixé l'échéance "au plus tard [à] début avril 2027". L'objectif est même de rendre une décision "avant le scrutin présidentiel" prévu les 18 avril et 2 mai a renchéri Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation sur France Inter le jeudi 9 juillet.
- Si la Cour de cassation rejette le pourvoi de Marine Le Pen, la candidate devra purger sa peine et porter un bracelet électronique dans un délai de quatre mois. Mais en cas de victoire à la présidentielle, la cheffe de file bénéficiera de l'immunité et n'honorera sa condamnation qu'à l'issue de son mandat.
17:01 - Des soutiens du RN déçus par la candidature de Le Pen à la place de Bardella
Le RN s'était préparé toutes les éventualités avant le verdict du procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires et avait autant présenté Marine Le Pen que Jordan Bardella comme des candidats potentiels. Résultat, c'est Marine Le Pen qui portera les couleurs du parti. Si 26% des électeurs du RN estiment que c'est la meilleure candidate selon un sondage Elabe pour BFMTV publié le 8 juillet, 36% admettent être déçus car ils auraient préféré voir Jordan Bardella se présenter. 38% n'expriment pas de préférences entre les deux personnalités.
16:16 - La condamnation de Marine Le Pen, un point faible pour la campagne présidentielle ?
Si Marine Le Pen est candidate à l'élection présidentielle et peut, selon la procureure de la cour d'appel de Paris et le procureur général près la Cour de cassation, de nouveau bénéficier de la présomption d'innocence, ses adversaires et ses opposants ne manqueront pas de rappeler ses deux premières condamnations dans la même affaire durant la campagne. Pourtant, un proche de Marine Le Pen a estimé auprès de Politico que ni Edouard Philippe, ni Jean-Luc Mélenchon, deux des plus gros poissons de la course à l'Elysée, n'attaqueront la cheffe de file du RN sur le sujet. Notamment parce que le premier est visé par une information judiciaire concernant des faits de détournements de fonds publics et que le second a été condamné en 2019 pour rébellion et provocation après la séquence "La République, c’est moi".
15:02 - Marine Le Pen peut-elle vraiment porter un bracelet électronique avant la présidentielle ?
Marine Le Pen est assurée de ne pas porter de bracelet électronique jusqu'à ce que la Cour de cassation rende sa décision, soit pas avant janvier et peut-être pas du tout avant l'élection présidentielle. Mais si l'instance rejette le pourvoi en cassation entre janvier et avril, la candidate du RN devra porter un bracelet électronique pour la fin de la campagne. Du moins théoriquement, car en cas de rejet, les juges d'application des peines ont quatre mois pour fixer les modalités de la peine. Pour éviter d'être accusés d'ingérence dans l'élection, les juges pourraient repousser la convocation de Marine Le Pen jusqu'au dernier moment. Quant à la candidate, elle pourrait user de stratégie pour éviter de porter le bracelet jusqu'au scrutin, notamment en évoquant l'article 720-1 du code pénal qui permet la suspension ou le fractionnement des condamnations à moins de deux ans de prison pour un "motif d'ordre médical, familial, professionnel ou social".
Le port d'un bracelet électronique n'est "pas compatible" avec une campagne présidentielle. Marine Le Pen a fait savoir dès février 2026 qu'elle ne ferait pas campagne en étant entravée, et a répété le 1er juillet sur LCI que pour être "candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements". "S'il s'agit de m'autoriser à être candidate, mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ça ne sera pas possible", a-t-elle ajouté évoquant le scénario d'une condamnation à une peine de prison sans inéligibilité.
Seule une peine de prison incluant six mois fermes, obligatoirement aménagée avec un port du bracelet électronique, permettrait grâce au jeu des remises de peine d'être libre de ses mouvements dans le courant de l'automne. Soit suffisamment longtemps pour mener une campagne présidentielle durant les six mois précédant le scrutin.