Révélations de Mediapart sur Bardella : 60 % des Français jugent ces écrits antisémites graves
- Selon Mediapart, Jordan Bardella aurait tenu des propos antisémites à 17 ou 18 ans, alors qu'il était jeune militant du Front national. Le média dit avoir mené une "enquête de plusieurs mois" basée sur des dizaines de conversations écrites et des témoignages, qu'il affirme avoir "pu authentifier de manière indépendante".
- Dans ces échanges, l'auteur aurait développé notamment des clichés sur une prétendue "domination juive" des banques et de la politique. Mediapart affirme également que Bardella y faisait l'éloge de certaines analyses d'Alain Soral et du "contrat d'idées" de Dieudonné. Il aurait selon Mediapart regardé "des kilomètres de vidéos d'Alain Soral", jugeant ses analystes "justes".
- Jeudi 1er octobre, Mediapart a publié une vidéo de neuf minutes détaillant son enquête et l'authentification des messages. Selon le média, sa source a demandé à Meta une copie de la conversation Messenger. L'extraction a ensuite été authentifiée par un huissier, permettant notamment de dater les échanges et de vérifier qu'ils n'avaient pas été modifiés depuis 2013..
- Plusieurs éléments biographiques présents dans les conversations correspondraient à Jordan Bardella, affirme Mediapart : sa mère née en Italie, son échec au concours de Sciences Po faute de moyens pour financer une prépa ou encore son engagement auprès d'Alfaccueil pour aider des étrangers à apprendre le français. Des éléments confirmés dans son autobiographie publiée en 2024. Mediapart dit également avoir recueilli des mails échangés par des militants de la section de Seine-Saint-Denis du FN, que Bardella a dirigée à partir de 2014. Ces documents témoigneraient, selon le média, de l'environnement antisémite et conspirationniste dans lequel évoluait alors le futur patron du RN.
- Jordan Bardella a réagi sur X à ces nouvelles révélations de Mediapart. Des "pseudo-preuves" qui "n'en sont pas", estime le patron du RN qui annonce déposer une nouvelle plainte contre Mediapart, cette fois-ci pour "faux et usage de faux". Une première plainte pour diffamation a déjà été déposée.
- Les Français sont partagés sur les conséquences à en tirer. Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost, 60 % jugent ces propos graves, mais seuls 38 % estiment que le président du RN devrait démissionner. 45 % considèrent également que Marine Le Pen ne devrait pas prendre ses distances avec lui.
13:19 - 60% des Français jugent "graves" les propos antisémites attribués à Jordan Bardella selon un sondage
Selon une enquête YouGov pour le Huffpost publiée ce samedi 3 octobre, 60% des Français interrogés jugent "graves" les propos antisémites attribués à Jordan Bardella dans une enquête de Mediapart. Mais 47% estiment que ces révélations ne doivent pas conduire le président du RN à démissionner, contre 38% qui pensent le contraire.
02/10/26 - 23:09 - Après l'affaire avec Mediapart, l'avenir politique de Jordan Bardella compromis ?
FIN DU DIRECT - Dans la tourmente, Jordan Bardella doit-il craindre pour son avenir politique, lui que Marine Le Pen pense déjà mettre à Matignon en cas de victoire à la présidentielle 2027 ? Interrogé par Le Figaro, un expert confie ne pas voir "comment il y échapperait". De son côté, un fin connaisseur du binôme Bardella-Le Pen remarque que "tout cela ne tient que parce que Marine Le Pen a confiance en Jordan Bardella".
02/10/26 - 22:03 - "Le problème, ce ne sera pas les sondages ni la pression extérieure", mais "l'interne"
Dans les colonnes du Figaro, un cadre du Rassemblement national analyse les répercussions de l'affaire Mediapart pour Jordan Bardella. "Le problème, ce ne sera pas les sondages, qui ont très peu de chance de bouger défavorablement ni la pression extérieure comme les attaques de Philippe ou de Tondelier, et surtout pas celle venant de Mediapart ; le vrai sujet, c’est l’interne", estime-t-il. Tandis qu'un autre cadre juge que Jordan Bardella est devenu le "maillon faible" de la campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle 2027, un élu du Rassemblement national renchérit au Figaro : "Il fait la tête au lendemain du 7 juillet, il fait toujours la tête à la rentrée, son conseiller spécial se fait éjecter, il y a le conflit latent avec Marion Maréchal, et maintenant cela…"
02/10/26 - 21:08 - Bardella accusé d'antisémitisme, "ce n'est pas une surprise", estime François Hollande
Interrogé par ICI Azur, l'ex-président de la République, François Hollande, a réagi pour la toute première fois aux accusations d'antisémitisme contre Jordan Bardella. Pour celui qui a "connu Jean-Marie Le Pen" et pu voir ce qu’était le Front national "à sa naissance, mais aussi dans les années 80, 90 et 2000", le parti a "toujours été imprégné" des thèses antisémites. Pour François Hollande, l'accusation de Mediapart contre Bardella "n'est pas une surprise".
02/10/26 - 20:06 - Les sociétés des journalistes dénoncent les "menaces de mort" du RN contre Mediapart
Après les déclarations de Marine Le Pen, qui a recommandé aux journalistes de Mediapart de porter "un costard en Kevlar", comprendre en matière dont sont faits les gilets pare-balles, les sociétés des journalistes (SDJ) de quelque 40 rédactions dénoncent aujourd'hui les "menaces de mort" du Rassemblement national contre le site d'investigation. Parmi les cosignataires, on compte notamment franceinfo, Le Figaro, Le Monde, Libération, BFMTV, l'Agence France-Presse ou encore Arte et M6.
02/10/26 - 19:07 - La stratégie de défense de Bardella analysée
Jordan Bardella nie en bloc les accusations. Il dénonce "une manipulation ou un faux grossier". Selon Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l’université Paris Panthéon Assas, auprès de 20 Minutes, le président du RN a mis en place une stratégie "extrêmement risquée". "Je pense qu’on peut parler de trumpisme au sens où il semble appliquer la stratégie de Roy Cohn, celui qui a lancé et conseillé Trump en politique, qui a théorisé de toujours nier ses fautes éventuelles et de contre-attaquer immédiatement", a-t-il comparé. Un autre aspect mis en avant par l'expert est l’intimidation judiciaire : "Regardez, je vais en justice, je n’ai peur de rien".
02/10/26 - 14:55 - Bruno Retailleau dénonce des "propos absolument affligeants"
Les réactions dans la classe politique continuent. Lors de son déplacement en Haute-Savoie ce vendredi, Bruno Retailleau a dénoncé "des propos absolument affligeants et accablants". "Si c'est vrai, c'est extrêmement grave", a ajouté le candidat à la présidentielle.
02/10/26 - 13:30 - "Evidemment, Jordan Bardella peut continuer à dire que la terre est plate", commente un journaliste Mediapart
Fabrice Arfi, co-responsable du pole Enquêtes à Mediapart, est revenu sur france info sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. "On est à 100% de certitude sur ce qu'on a écrit", a-t-il avancé ajoutant que le président du RN pouvait continuer à démentir : "Là nous démontrons de manière scientifique (...) Evidemment, Jordan Bardella peut continuer à dire que la terre est plate...". "Je remarque juste qu'il a choisi la voie procédurale, une plainte avec constitution de partie civile pour saisir un juge d'instruction, qui lui assure un procès dans 2-3 ans", a-t-il ajouté.
02/10/26 - 12:30 - Gérald Darmanin accuse Jordan Bardella de mentir "éhontément"
Après les révélations de Médiapart sur Jordan Bardella, les réactions s'enchainent. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé sur RTL ce vendredi matin que le président du RN "ment éhontément" quand il dément être l'auteur des messages antisémites. Il a ajouté qu'il est "assez évident" qu'un militant du FN "de 17-18 ans qui aime Alain Soral (…) ait été antisémite". "Sa stratégie qui consiste à mentir aux Français pose un doute énorme sur sa capacité à être en responsabilités politiques", a-t-il commenté. Le ministre interpelle aussi Marine Le Pen qui doit selon lui s'exprimer pour dire si elle "nommera toujours M. Bardella premier ministre" en cas d’accession à l’Elysée.
02/10/26 - 08:16 - "Il est quasiment établi" que Jordan Bardella a tenu des propos "scandaleusement antisémites" affirme Philippe
Après la publication du nouvel article de Mediapart, Édouard Philippe a estimé qu'"il est quasiment établi" que Jordan Bardella a tenu des propos "scandaleusement antisémites". Et l'ex-Premier ministre et candidat à la présidentielle 2027 d'ajouter, comme le relaie Le Figaro : "Il appartiendra à lui et à la formation politique dont il fait partie d’en tirer les conséquences."
01/10/26 - 23:32 - Les candidats à la primaire du PS estiment que Jordan Bardella s'est "disqualifié"
FIN DU DIRECT - À l'occasion du deuxième débat de la primaire PS et Place publique, les cinq candidats ont été invités à réagir à l'affaire Bardella-Mediapart. Pour Olivier Faure, Jordan Bardella est "totalement disqualifié". "J’espère que les électeurs qui pouvaient être tentés éventuellement par ce vote du Rassemblement national, auront les yeux dessillés", a déclaré Emmanuel Maurel. "Il y a eu la tentation, dans une partie des élites, de croire à cette banalisation [de l’extrême droite ndlr.]. Nous ne nous y résoudrons jamais", a affirmé Raphaël Glucksmann. "La dédiabolisation sur l’ADN d’un parti créé dans les conditions qu’on sait, avec Alain Soral dans le paysage, avec Frédéric Chatillon, tout ça ne doit duper personne", a renchéri Jérôme Guedj, quand Ségolène Royal a tout simplement appelé à la démission de Jordan Bardella. "Et donc la vraie question aujourd’hui, est-ce qu’il peut rester député européen ? Est-ce qu’il peut rester député européen ? À mon avis, c’est complètement incompatible."
01/10/26 - 21:31 - Des mails rassemblés par Mediapart
Mediapart explique aussi ce soir dans sa vidéo pédagogique avoir rassemblé de nombreux mails. Il s'agit de courriels échangés par les militants de la section de Seine-Saint-Denis du FN, dont Jordan Bardella avait pris la tête en 2014. Selon Mediapart, ces documents permettent un coup de projecteur sur l'environnement antisémite et conspirationniste dans lequel le patron du RN baignait à l'époque.
01/10/26 - 20:47 - Jordan Bardella porte plainte pour faux et usage de faux
Comme promis en cas de "preuves" révélées par Mediapart, Jordan Bardella annonce ce soir avoir chargé son avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux. Une première plainte a déjà été déposée pour diffamation contre le site d'investigation.
01/10/26 - 20:18 - Jordan Bardella réagit aux "pseudo-preuves de Mediapart"
Dans un post publié sur X, Jordan Bardella a rapidement réagi aux nouvelles révélations de Mediapart. Dénonçant les "pseudo-preuves de Mediapart", il dénonce "des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles [qu'il n'a] évidemment jamais tenus", assure-t-il. "Ces 'preuves' n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal", assure Jordan Bardella, pour qui "la prétendue 'investigation' s'effondre déjà".
01/10/26 - 19:43 - Une conversation qui n'a subi aucune modification depuis 2013
Alors que de nos jours chacun a la possibilité de corriger, voire de modifier, une conversation numérique après coup, Mediapart révèle que l'extraction de la conversation a permis de dater les échanges, mais aussi "d'attester du fait que cette conversation n'a pas été modifiée a posteriori". Cela a également permis de "confirmer que l'interlocuteur de la conversation est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella".
C'est une petite bombe dans cette campagne présidentielle 2027 qui tarde à se lancer. Selon Mediapart, Jordan Bardella aurait tenu des propos antisémites alors qu'il avait 17 ou 18 ans, lorsqu'il était un jeune militant du Front national. Mediapart dit avoir mené une "enquête de plusieurs mois reposant sur des dizaines de conversations écrites issues d'une base documentaire plus large agrémentée de témoignages", que le média dit avoir "pu authentifier de manière indépendante".
Qu'aurait donc écrit Jordan Bardella dans ces conversations, selon Mediapart ? Le média lui attribue ces phrases, écrites dans des correspondances en 2013 : "Toutes les banques sont détenues par des Juifs." Et d'aller plus loin dans le cliché raciste : "Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL [Bernard Henri-Lévy – ndlr] ou [Jacques] Attali. Et c'est ce qu'ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sur Jérusalem comme capitale".
Mediapart attribue aussi d'autres propos très problématiques et complotistes au patron du RN, alors adolescent : "Les plus importants [ministères] reviennent à des personnes pour qui Israël et l'intérêt bancaire priment sur les intérêts Français ", en parlant de Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls.
Jordan Bardella conteste et dément les accusations
À l'époque de ces écrits supposés, Jordan Bardella est alors un militant actif du FN. Mediapart rappelle qu'il dirigera l'antenne du parti en Seine-Saint-Denis dès 2014 avant d'être élu conseiller régional en 2015.
Jordan Bardella, contacté par le journal, a totalement démenti. Il a aussi publié un communiqué public pour "contester formellement les accusations portées à son endroit", assurant que le média lui prête "des propos délirants et antisémites". "Il s'agit évidemment de faux grossiers. Au moment où la victoire de nos idées n'a jamais été aussi proche, une certaine presse militante est prête à monter des opérations de barbouzerie, pour déstabiliser la campagne présidentielle et attenter à mon honneur", a-t-il ajouté.
Lundi soir, sur le plateau de CNews, Jordan Bardella a dénoncé "quelque chose de très organisé", voire carrément une "opération de barbouzerie, de déstabilisation d’envergure". Il a également annoncé avoir "déposé une plainte en diffamation" contre Mediapart, assurant que si le site d'investigation venait à publier des preuves ou des documents censés prouver ses accusations, il sera "poursuivi pour faux". Et d'insister : "J’entends bien utiliser la justice pour me protéger mon honneur et démontrer ma totale probité." Selon Jordan Bardella, Mediapart pourrait bien proposer un "feuilleton" sur cette affaire, avec un deuxième épisode publié dès "demain", mardi 29 septembre.
Le Crif a réagi aux accusations visant Jordan Bardella
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a réagi auprès de l'AFP, dont Le Monde se fait l'écho. "C’est une illustration des limites de la dédiabolisation du Rassemblement national", a estimé le président du Crif, Yonathan Arfi. Pour lui, si les contenus sont bien "authentiques", cela ne paraît pas concevable que "les responsables du parti n’aient pas été au courant". Qui plus est, l'absence de toute réaction du RN à l'époque "doit interroger autant que les propos et le parcours de Jordan Bardella".
"Pour moi, on ne peut pas prétendre lutter contre l’antisémitisme d’un côté et continuer à être le refuge des identitaires de tous genres", poursuit Yonathan Arfi, "et notamment de ceux qui développent des rhétoriques antisémites".