Audrey Azoulay : François Hollande a-t-il fait pression sur l'Unesco ?

Audrey Azoulay : François Hollande a-t-il fait pression sur l'Unesco ? AUDREY AZOULAY - L'ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay a été élue ce vendredi soir directrice générale de l'Unesco. Un poste qui était promis à un pays arabe. Mais François Hollande serait passé par là...

[Mis à jour le 13 octobre 2017 à 19h41] C'est fait : Audrey Azoulay a été élue ce vendredi soir directrice générale de l'Unesco. L'ancienne ministre de la Culture en France succède à la bulgare Irina Bokova à la tête de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture. L'organisme, créée en 1945 suite aux dégâts et aux massacres de la Seconde guerre mondiale, sera donc dirigé par une Française, alors que l'usage en aurait voulu autrement. La direction aurait du échoir à un pays arabe, sans compter que, traditionnellement, le pays qui accueille le siège d'une institution internationale ne peut avoir l'un de ses citoyens à sa tête (le siège de l'Unesco est à Paris, dans le 7e arrondissement).

Le CV d'Audrey Azoulay a certes de sérieux atouts. Ministre de la Culture, titulaire à des postes à haute responsabilité dans les médias et le cinéma pendant 14 ans, en passant par ses multiples diplômes (Sciences Po, ENA, Université Paris-Dauphine...), son profil semble idéal. Mais pourtant, sa candidature, remise in-extremis avant la date butoir du 15 mars dernier, aurait été poussée par François Hollande, alors président de la République française. "C'est une candidature de dernière minute qui a été imposée par l'Élysée", a confié au journal Le Figaro un diplomate d'un pays européen à Paris. "Et ce, alors même que beaucoup de mises en garde ont été faites contre une telle candidature qui va soulever des passions à l'Unesco", complète ce diplomate.

Audrey Azoulay et François Hollande, une vieille histoire

Les très bonnes relations qu'entretiennent Azoulay et Hollande ne datent pas d'hier. Leur rencontre remonte à 2014 à lors d'un voyage présidentiel au Mexique et le chef d'Etat est vite séduit. "C'est une fille bien, il faut lui trouver un poste", aurait confié le président à l'issue de sa visite, selon l'Express. Quelques mois plus tard, cette "fille bien" sera nommée conseillère chargée de la culture et de la communication à l'Élysée et en 2016, ministre de la Culture. Lors de la campagne présidentielle 2017, Audrey Azoulay ne se rallie à aucun candidat et François Hollande aurait donc suggéré, voire imposé, sa candidature à l'Unesco pour lui éviter de rester sur le carreau. Autrement dit, de se voir dépourvue de tout poste au sein du nouveau gouvernement.

La candidature d'Audrey Azoulay, si elle a séduit François Hollande, a été très mal vue par les pays arabes, avec qui l'Unesco aurait pris des engagements moraux pour qu'un candidat de cette partie du monde soit détenteur de ce poste pour la première fois. Joëlle Garriaud-Maylam, représentante du Sénat à la commission nationale française de l'Unesco, auteure de ces révélations, avait ajouté dans un communiqué qu'"il est en effet de tradition que le pays qui a le privilège d'héberger le site d'une institution internationale, n'en brigue pas pour lui-même le poste de président ou de directeur général". Outre la candidature polémique de l'ancienne ministre française, cette élection a lieu dans un contexte particulier, au lendemain du retrait des Etats-Unis et d'Israël pour des raisons communes. Pour succéder à la Bulgare Irina Bokova, en poste depuis 2009, Audrey Azoulay fait face vendredi soir au Qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari. 

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