Marine Le Pen : quel est son programme ? Sondages et dernières actus

Marine Le Pen : quel est son programme ? Sondages et dernières actus LE PEN. Marine Le Pen estime que la candidature d'Eric Zemmour a pour seul but de l'empêcher d'accéder au second tour de l'élection présidentielle. Elle tente d'instaurer le duel avec Emmanuel Macron mais les sondages la donnent au coude-à-coude avec Valérie Pécresse.

L'essentiel
  • Arrivée au second tour face à Emmanuel Macron en 2017, Marine Le Pen est repartie en campagne dans l'optique de défier à nouveau le chef de l'Etat dans cette présidentielle 2022. Son échec lors du débat de second tour en 2017 ne l'a pas refroidie. La candidate du RN entend s'afficher comme la véritable alternative au président sortant en instaurant un clivage entre le "mondialisme" qu'incarne Emmanuel Macron à ses yeux et le "souverainisme" dont elle veut porter l'étendard.
  • La campagne de Marine Le Pen se heurte à la présence d'un concurrent, Eric Zemmour dans cette présidentielle 2022, mais aussi la percée de Valérie Pécresse. Les nombreux sondages la donnent au coude-à-coude avec la candidate de droite avec 16 à 18% des intentions de vote.
  • La baromètre annuel Kantar Public pour Franceinfo et Le Monde sur l'image du Rassemblement national, publié le 17 janvier indique que 50% des sondés estiment que la candidate du RN est "un danger pour la démocratie".
  • Si l'ancienne présidente du Rassemblement national a assoupli son discours sur certaines thématiques, elle a affirmé sa volonté d'inscrire "la priorité nationale" dans la Constitution, qu'elle souhaite mettre en oeuvre dans divers domaines tels que l'emploi, l'octroi d'allocations ou la prise en charge médicale.
  • Toutes les actualités principales de la campagne présidentielle, ainsi que les derniers sondages, sont à retrouver dans notre article dédié au scrutin national.
Dernières actus

Marine Le Pen devancée par Valérie Pécresse selon le dernier sondage

Si vous ne voyez pas l'image, cliquez ici

Chronique de campagne du 24 janvier. 13h22. Le dernier sondage, réalisé par OpinionWay et publié lundi 24 janvier 2022, crédite Marine Le Pen de 16% des intentions de vote. Un score qui la placerait en troisième position derrière Valérie Pécresse. Au second tour, elle ne parviendrait pas à battre Emmanuel Macron (43%).

La candidature d'Eric Zemmour n'apparaît plus comme la seule véritable menace pour la leader de la droite nationaliste. En effet, si Eric Zemmour attire sur lui une bonne partie de l'électorat traditionnel de l'extrême droite (des sondages l'ont même placé au second tour), le profil de Valérie Pécresse semble également séduire certains électeurs frontistes. Pour Marine Le Pen, cette campagne présidentielle consiste donc à contenir la dynamique autour d'Eric Zemmour, plus radical qu'elle sur les sujets d'identité et d'immigration, mais aussi l'entrée en campagne de Valérie Pécresse. En dépit des petites phrases de son entourage à l'encontre du polémiste, la candidate du RN est fragilisée et n'apparaît plus forcément comme la mieux placée derrière le chef de l'Etat pour accéder au second tour de cette élection. Si la tendance venait à se confirmer, cela constituerait un revers politique majeur pour elle.

"Chez ceux qui croient en la France, de droite de gauche, je n'ai pas d'adversaires"

"Chez ceux qui croient en la France, de droite de gauche, je n'ai pas d'adversaires" - Marine Le Pen ©Alain ROBERT/SIPA

Chronique de campagne du 24 janvier 12h35. C'est une bataille à couteaux tirés que se livrent Marine Le Pen et Eric Zemmour, quoi que selon la candidate du Rassemblement national c'est davantage le polémiste qui enchaîne les attaques et les piques. "Il ne vous a pas échappé que l'intégralité des attaques [d'Eric Zemmour] sont effectuées contre moi, a fait remarquer Marine Le Pen sur le plateau de Dimanche en politique le 23 janvier. J'en ai conclu que le rôle d'Eric Zemmour est de m'empêcher d'être au second tour et non pas d'être au second tour lui-même." La candidate regrette ce comportement et le "juge durement" puisqu'il fait, selon elle, barrage à "une politique nationale, de souveraineté, de fermeté" dont la France a "vraiment besoin". Si elle le regrette, elle ne le craint pas pour autant.

Malgré ces oppositions et contrairement à d'autres candidats, Marine Le Pen rappellent faire face à des "concurrents" et non à des "adversaires". Aussi, par là elle ne ferme aucune porte pour trouver des soutiens supplémentaires au second tour, pas même avec Eric Zemmour. "Je n'ai jamais eu vraiment de ponts avec Eric Zemmour. [...] Mais rien n'est coupé dans un second tour". La député du Pas-de-Calais, prétend ne plus faire cas des clivages gauche-droite en politique : "Il n'y a pas de droite, de gauche, tout ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est ceux qui croient en la France et ceux qui n'y croient pas." La candidate précise d'ailleurs qu'elle place le polémiste d'extrême-droite dans le camp de ceux qui croient en la France "même si [elle est] en désaccord profond avec beaucoup de ses propositions". La précision a toute son importance, puisque la candidate admet que "chez ceux qui croient en la France, et il y en a qui sont de droite et qui sont de gauche, je n'ai pas d'adversaires".

Jordan Bardella soutient que "Marine Le Pen peut gagner" en réponse à Jérôme Rivière

Jordan Bardella soutient que "Marine Le Pen peut gagner" en réponse à Jérôme Rivière - Marine Le Pen ©Alain ROBERT/SIPA

Chronique de campagne du 21 janvier. 12h38. Marine Le Pen accuse coup sur coup le départ de certains de ces collaborateurs qui préfèrent apporter leur soutien à Eric Zemmour. Jérôme Rivière et Damien Rieu ont déjà changé de camp et des proches du polémistes promettent "un autre ralliement dès la semaine prochaine". Le président du groupe RN au Parlement européen, Jérôme Rivière, a accompagné son départ d'une déclaration. "Marine Le Pen n’est pas en situation de gagner l’élection présidentielle". La députée du Pas-de-Calais n'a pas relevé et s'est contentée d'expliquer les raisons qui ont poussé son ex-collaborateur a rallier la concurrence : l'orgueil. Jordan Bardella a été plus explicite sur LCI, vendredi matin et a souligné que "Jérôme Rivière souhaitait des responsabilités qu'il n'a pas eues au sein du Rassemblement national".

C'est aussi le président par intérim du Rassemblement national qui s'est positionné en défense et a insisté sur les capacités de la candidate du RN à passer au second tour contre Valérie Pécresse et Eric Zemmour. "Marine Le Pen est la seule candidate du camp national qui, d'abord, peut accéder au second tour, ce qui n'est pas le cas d'Éric Zemmour, en chute libre dans les sondages et peut surtout battre Emmanuel Macron", a-t-il assuré sur LCI. Et d'ajouter, en réponse à Jérôme Rivière : "Dans toutes les intentions de vote, dans tous les sondages qui sont faits, avec la précaution qu'il faut évidemment avoir dessus, Marine Le Pen est quasiment donnée à égalité avec Emmanuel Macron. On est sur des 55/45, ce qui fait, avec les marges d'erreur, qu'on est sur des intentions de vote très proches. Marine Le Pen peut gagner". Jordan Bardella enjoint d'ailleurs au nouveau soutien d'Eric Zemmour à "rendre le mandat qui lui a été confié par les électeurs du RN" ajoutant qu'il s'agit de "la moindre des corrections".

Marine Le Pen expose trois axes pour "redresser l'hôpital"

Marine Le Pen expose trois axes pour "redresser l'hôpital" - Marine Le Pen ©Alain ROBERT/SIPA

Chronique de campagne du 20 janvier. 11h23. Marine Le Pen es attendue à Fréjus cet après-midi pour développer son programme en matière de santé. Les propositions de la candidate sont très attendues après deux ans d'épidémies qui ont révélé les difficultés grandissantes du milieu hospitalier, d'autant plus que l'ex-président du Rassemblement national a plusieurs fois critiqué la gestion sanitaire du gouvernement. En guise de préambule, Marine Le Pen a déclaré sur France Bleu Provence : "L'hôpital va très mal depuis bien avant la crise sanitaire. La crise sanitaire a été un révélateur de l'effondrement de ce qui était le meilleur système de santé du monde". Elle accuse le gouvernement actuel et ceux qui l'ont précédé d'avoir "abandonné" l'hôpital. Après les critiques, Marine Le Pen présente avec assurance les trois axes sur lesquelles elle compte agir pour "redresser l'ensemble de l'hôpital".

La refonte de la "gouvernance hospitalière" est le premier objectif évoqué. "Il faut que les médecins retrouvent leur place à la tête des hôpitaux" soutient la candidate qui prône "une gouvernance bicéphale avec un administratif mais également un médecin qui s'occupe de l'ensemble de la politique de soin". Elle promet de s'attaquer au chantier de la "revalorisation et du recrutement du personnel", un point sensible sur lequel le personnel du monde médical attire souvent l'attention des politiques avec notamment les salaires des infirmières bien inférieurs en comparaison des rémunérations appliqués dans d'autres pays européens. Le dernier axe d'action qu'envisage la candidate pour les hôpitaux est un moratoire sur la fermeture des lits, "en vingt on a fermé 100 000 lits, dont 7 500 en 2020 en pleine crise sanitaire", indique la candidate. "Il faut arrêter la suppression des lits et il faut en rouvrir parce que la population ne cesse d'augmenter, que l'âge de la population augmente et que le nombre de maladies chroniques augmente. Il faut que le système de santé soit adapté à l'ensemble de ces constats". En abordant le sujet de la santé, Marine Le Pen ne peut pas échapper aux question liées à l'épidémie de Covid-19 et au pass vaccinal, auquel elle est fermement opposée. Elle a d'ailleurs affirmé que si elle est élue, elle abrogerait la loi sur le dit pass : "J'ai voté contre le passe vaccinal, j'avais voté contre le passe sanitaire. Je considère qu'il s'agit là encore une fois d'atteinte inconsidérée et surtout disproportionnée aux libertés des Français au regard des buts qui sont poursuivis."

"Le front républicain n'existe plus" pas plus que le plafond de verre selon Le Pen

"Le front républicain n'existe plus" pas plus que le plafond de verre selon Le Pen - Marine Le Pen ©NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Chronique de campagne du 19 janvier. 13h07. C'est la troisième fois que Marine Le Pen se lance dans la course à la présentielle après deux échecs, au premier tour en 2012 et au second tour face à Emmanuel Macron en 2017. Pourtant, sur France Inter, la candidate assure n'avoir "jamais su ce que c'était le plafond de verre" et refuse d'admettre qu'elle s'y est confrontée lors des précédentes élections présidentielles. "Le plafond de verre voudrait dire que structurellement on ne pourrait pas gagner. Ce n'est pas vrai. Il y a juste une évolution du taux d'adhésion que l'on peut susciter. Il n'y a pas de raison structurelle pour nous empêcher de gagner", préfère-t-elle considérer. En revanche elle envisage une autre définition au fameux "plafond de verre" : le front républicain. Même dans cette hypothèse, le candidate du RN trouve une réponse : "Je crois (que le front républicain) n'existe plus aujourd'hui en France." Et d'ajouter : J'ai fait 33% au second tour en 2017, je suis aujourd'hui donnée entre 45 et 47% au second tour. Maintenant, j'ai un concurrent, et quand on a un concurrent, il y a par définition un risque de division des voix." Ce dernier concurrent n'est autre qu'Eric Zemmour.

Inscrire "la supériorité" de la souveraineté nationale sur l'UE

Inscrire "la supériorité" de la souveraineté nationale sur l'UE - Marine Le Pen ©NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Chronique de campagne du 19 janvier. 10h12. Marine Le Pen est une candidate clivante avec des positions franches mais sa politique et son projet concernant l'Europe ne sont plus ceux exposés pendant la campagne présidentielle de 2017. Aujourd'hui, l'ancienne présidente du Rassemblement national ne parle plus d'une sortie de l'Europe et se veut plus consensuelle : "On est pas du tout obligés de sortir de l'Union européenne, comme la Pologne, la Hongrie. On peut y rester en remettant l'UE à sa place". Ceci étant dit l'idée de fond de retrouver une souveraineté nationale est toujours présente et se place d'ailleurs comme fil conducteur de la politique européenne de Marine Le Pen. "Je considère que l’Union européenne est une structure supranationale qui est illégitime", a notamment indiqué la candidate dans la matinale de France Inter. Une déclaration qui donne le ton et après laquelle la candidate a exprimé son volonté d'inscrire "la supériorité du droit constitutionnel sur le droit européen" si elle est élu en avril 2022.

Plus facile à dire qu'à faire ? La supériorité du droit européen est un principe fondamental de l'Union européenne, il est même inscrit dans le traité de Lisbonne, ratifié par la France en  2007. L'ambition de Marine Le Pen et surtout sa réalisation placerait la France en porte à faux. Les pays pris en exemple par Marine Le Pen payent notamment les frais de leur non-respect du droit européen et subissent les sanctions de la Commission européenne. Comment la situation pourrait-elle être différente pour la France ?

Depuis hier, la candidate du Rassemblement national met l'accent pour défendre sa politique européenne, hier lors d'une conférence de presse et ce matin dans les médias. Et ce n'est pas un choix anodin, Marine Le Pen martèle ses ambitions européennes au moment où Emmanuel Macron doit s'exprimer devant le Parlement européen et détailler ses attentes de la présidence française du l'union européenne.

Marine Le Pen présente sa "vision nationale" de l'Europe

Marine Le Pen présente sa "vision nationale" de l'Europe - Marine Le Pen ©Jeremias Gonzalez/AP/SIPA

Chronique de campagne du 18 janvier. 12h16. L'Europe est le thème du jour pour Marine Le Pen. La candidate a donné une conférence de presse en fin de matinée pour présenter son projet en matière de politique européenne et le moins que l'on puisse dire est que son positionnement face à l'Europe a évolué. Celle qui évoquait une sortie de l'Union européenne par le passé n'est plus aussi radicale, mais elle souhaite tout de même que l'Europe soit mise au profit des souverainetés nationales. Marine Le Pen estime qu'Emmanuel Macron et l'Union européenne plus généralement "a été le bras armé de l'Allemagne" et a "affaiblit la France". Elle oppose donc son projet et sa "vision nationale" au projet mené par le président de la République durant son mandat.

La candidaté qui assure être "toujours aux côtés des dirigeants qui défendent la souveraineté et la liberté de leurs pays" ambitionne donc de transformer l'Union européenne en une "alliance européenne des Nations" avec un "nouveau printemps européen". L'objectif est tout simplement de "remettre l'idée européenne au service de la France" là où jusqu'à présent aux yeux de la candidate l'Union européenne est responsable de "la destruction de notre identité" et d'avoir "gommé tout ce qui pouvait rappeler nos racines, nos us et coutumes et notre identité". 

Une exonération d'impôt pour retenir les jeunes en France

Une exonération d'impôt pour retenir les jeunes en France - Marine Le Pen ©Alain ROBERT/SIPa

Chronique de campagne du 17 janvier. 16h47. C'est au compte goutte que Marine Le Pen présente le différents volets de son programme pour l'élection présidentielle. Alors que l'intégralité des mesures qu'elles envisagent pour l'outre-mer, le tourisme et l'immigration, c'est une idée concernant les jeunes qu'elle évoque sur son Twitter ce 17 janvier. En quelques mots, la candidate traduit sa volonté de convaincre les jeunes actifs à rester et à faire rayonner le territoire français et sa méthode consiste à "exonérer d’impôt sur le revenu tous les jeunes de moins de 30 ans". La députée du Pas-de-Calais propose aussi "une prime pour les étudiants qui [cumulent études et travail], conditionnée à la validation de leurs semestres". L'objectif derrière ces mesures est de "créer un choc d'attractivité et retenir nos forces vives" alors que "80% des jeunes Français veulent partir à l’étranger" selon Marine Le Pen. Une information dont elle ne partage pas les sources, c'est Ouest-France qui précise que le chiffre provient d'une étude menée par l'institut OpinionWays en 2018 et dans laquelle on peut lire que "75 % des 18-30 ans rêvent de partir à l'étranger pour une période longue (plus de trois mois)".

La Louvre en colère après la diffusion de la vidéo de campagne de Marine Le Pen

La Louvre en colère après la diffusion de la vidéo de campagne de Marine Le Pen - Marine Le Pen ©Marine Le Pen / Twitter

Chronique de campagne du 17 janvier. 12h20. Un discours devant la pyramide de Louvre. C'est la mise en scène qu'ont choisi Marine Le Pen et ses équipes pour la vidéo de campagne publiée samedi 15 janvier. Hélas, le scénario n'est pas du goût du musée du Louvre qui a décrié la vidéo, dès sa diffusion, dans les lignes du Parisien expliquant qu'aucune autorisation n'a été délivrée par l'établissement pour utiliser l'image du musée. "Nous appartenons à l’ensemble des Français. Nous ne pouvons pas être l’identité d’un parti, d’une revendication. Or, dans son clip, Marine Le Pen revendique l’image du Louvre pour elle" poursuit une source interne du Louvre au quotidien. De l'autre côté, le Rassemblement national ne semble pas inquiet mais plutôt agacé par la réaction du musée. "Ils râlent pour la forme. Ils ne veulent pas d’emmerdes avec le pouvoir", explique-t-on dans les rangs. Et le directeur adjoint de la campagne, Jean-Philippe Tanguy, d'ajouter : "Nous n’avons pas reçu de demande de retrait. Nous avons un désaccord avec la direction -nommée par le gouvernement pour rappel- sur ce qui relève du 'droit d’usage qui appartient à tous’. Visiblement, ce droit est différent entre Emmanuel Macron en 2017 et Marine Le Pen en 2022." Il faut dire que le choix du Louvre pour le tournage de la vidéo n'est pas innocent. C'est sur l'esplanade du musée qu'Emmanuel Macron célébrait son élection en 2017 et c'est là que Marine Le Pen explique vouloir "fermer la parenthèse d'un macronisme toxique".

Opportunisme, courage, sécurité, l'image politique contrastée de Marine Le Pen

Opportunisme, courage, sécurité, l'image politique contrastée de Marine Le Pen - Marine Le Pen ©Jeremias Gonzalez/AP/SIPA

Chronique de campagne du 17 janvier. 10h03. Première invité de l'émission "Partie de campagne" du JT de TF, dimanche 16 janvier, Marine Le Pen a été confrontée aux résultats du sondage Ifop-Fiducial pour LCI/TF1 sur son image politique. Le moins qu'on puisse dire est que la candidate du Rassemblement national divise avec un portrait tout en contraste. 55% des Français sondés se disent "inquiets" par certaines propositions de la candidate et dans le même temps ils sont autant a estimé que la sécurité sera assurée et la France défendue sur la scène internationale si Marine Le Pen est élue. Toutefois ils ne sont que 46% à trouver que la candidate "maîtrise ses dossiers" et 41% à voir en elle un chef d'Etat. Quand à son image politique, la représentante de l'extrême-droite a aussi eu droit à la liste des qualificatifs qui reviennent le plus dans la bouche des Français pour la décrire, des termes comme "opportuniste", "dynamique", "courageuse" et "dotée d'une autorité naturelle" reviennent en tête. Si le premier adjectif ne plait pas à la candidate, les autres semblent plutôt lui convenir.

Marine Le Pen reste la candidate d'un parti qui se traine une lourde réputation mais elle n'est plus la seule à l'extrême-droite de l'échiquier politique. L'arrivée d'Eric Zemmour peut toutefois la servir, puisque les idées et les discours de l'ancien journaliste permettent de policer l'image politique de Marine Le Pen. Le baromètre annuel Kantar Public pour Le Monde et Franceinfo en témoigne, dans lequel 50% des sondés estiment que la candidate du RN est "un danger pour la démocratie" contre 62% pour Eric Zemmour.

La promesse de six EPR si elle est élue

La promesse de six EPR si elle est élue - Marine Le Pen ©Jeremias Gonzalez/AP/SIPA

Chronique de campagne du 14 janvier. 15h44. C'est une journée placée sous le signe de l'énergie pour Marine Le Pen. La candidate souhaite "débarrasser la France des éoliennes" mais ce n'est pas le tout de vouloir stopper les projets qui ne correspondent à ses idées, aussi elle explique miser davantage sur les réacteurs nucléaires à eau pressurisée de troisième génération (EPR). En reprenant les déclarations faite par la députée du Pas-de-Calais, en marge de son déplacement en Bretagne, dans l'ordre, on comprend qu'en matière d'énergie son projet présidentiel est d'abord de mettre en suspend l'installation d'éoliennes : "On arrête tout ce qui est en construction actuellement et on arrête les subventions pour ces projets." A la place de l'éolien, l'accent serait remis sur le nucléaire. D'ailleurs à ce sujet, la candidate à l'élection présidentielle ne manque pas de lancer une pique à Emmanuel Macron. "Il faut lancer le chantier de six EPR tout de suite. Après, nous analyserons au fur et à mesure des besoins. Moi, je ne suis pas comme Emmanuel Macron, je ne ferme pas la centrale nucléaire de Fessenheim avant d’avoir réussi à lancer celle de Flamanville. Parce que là, on crée les conditions d’un problème d’approvisionnement".

Dans les Côtes-d'Armor, Marine Le Pen réaffirme son opposition à l'éolien

Dans les Côtes-d'Armor, Marine Le Pen réaffirme son opposition à l'éolien - Marine Le Pen ©Jeremias Gonzalez/AP/SIPA

Chronique de campagne du 14 janvier. 11h55. Marine Le Pen ne porte pas les éoliennes dans son coeur et elle le fait savoir ce vendredi lors de son déplacement dans les Côtes-d'Armor. Depuis le cap d'Erquy, à deux pas du parc éolien de la baie de Saint-Brieuc, la candidate décrit les infrastructures telle "une absurdité écologique, économique et stratégique". Son opposition au projet de développement de l'éolien n'est pas un secret mais voilà que la lutte contre cette énergie devient un argument de sa campagne présidentielle. "On va arrêter ça et puis on réfléchira à la mise en œuvre du chantier de démantèlement de ces horreurs qui nous coûtent une fortune", fustige-t-elle.

Les éoliennes ont été vivement critiqués lors des derniers rendez-vous politiques, notamment pendant les élections régionales. Le Rassemblement national se liguait déjà contre la prolifération des équipements et utilisait le coût d'installation et le rendement énergétique faible des éoliennes comme argument. Aujourd'hui, la député du Pas-de-Calais ajoute à cette liste la cause des pêcheurs puisque selon elle "ces derniers sont sacrifiés sur l'autel de la prétendue transition énergétique." Avec ces déclarations la candidate cherche à toucher un électorat plus vaste : "L'installation de 62 éoliennes de 210 mètres de haut est une absurdité économique et écologique qui a été décidée sans aucune consultation des pêcheurs." Le message est clair qu'il soit en mer ou terrestre, l'éolien ou "la plus grande escroquerie du siècle" doit disparaître pour Marine Le Pen. 

Le rassemblement des parrainages et du financement, les "galères" de Marine Le Pen

Le rassemblement des parrainages et du financement, les "galères" de Marine Le Pen - Marine Le Pen ©Alain ROBERT/SIPA

Chronique de campagne du 13 janvier. 17h27. Déjà ralentie dans les sondages par les candidatures de Valérie Pécresse et d'Eric Zemmour, Marine Le Pen doit faire face à une autre difficulté lors de sa campagne présidentielle : la récolte des 500 parrainages requis. L'ex-présidente du Rassemblement national n'a pas fait de détour, "nous galérons" a-t-elle déclaré avec agacement face à Jean-Jacques Bourdin mercredi 12 janvier, "comme beaucoup de candidats nous galérons car le système est totalement grippé". Selon la candidate c'est la question de l'anonymat des parrainages qui est au coeur du problème. "Plutôt que de rendre les parrainages anonymes, ce qui ne changerait rien sur le plan démocratique, mais éviter que certains utilisent les parrainages pour faire pression les uns sur les autres, les gouvernements successifs laissent filer" fustigeait-elle.

Si Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour font face aux mêmes difficultés sur le plan des parrainages, la candidate d'extrême-droite doit également composer avec des capacités de financement au plus bas. Là aussi, la faute repose selon elle sur le gouvernement : "Le gouvernement a rétréci considérablement les capacités de financement donc on est obligés de financer uniquement par des banques européennes". Et les banques semblent frileuses pour accorder des prêts au parti de Marine Le Pen. Il faut dire que le RN est déjà très endetté, il est notamment toujours en train de rembourser l'emprunt russe de 9 millions d'euros qui avait servi à financer la campagne de 2017.

Robert Ménard soutient la candidate RN mais souhaite un rapprochement Le Pen-Zemmour


Chronique de campagne du 7 janvier.
Personne n'aurait misé sur le fait que Marine Le Pen et Robert Ménard fasse preuve d'une entente cordiale. Et pourtant, ce vendredi le maire de Béziers qui n'a jamais mâché ses mots et a plus d'une fois vivement critiqué la candidate du Rassemblement national vient de lui apporter son parrainage. Les deux politiques se sont retrouvés dans la ville de Robert Ménard et il n'était pas question d'ignorer les frasques qui les ont opposés par le passé, ni même les désaccords qui les séparent encore. Au contraire, ces positions divergentes sont mises en avant tels un argument politique. "On n’est pas obligés d’être d’accord sur tout pour travailler ensemble. [...] Marine [Le Pen] fait une campagne très différente de 2017, elle a pris une dimension différente, elle incarne mieux la fonction présidentielle", a déclaré l'édile lors d'une conférence de presse. Quant à la député du Pas-de-Calais elle en profité pour vanter son profil de prétendante à la présidence : "Etre capable de passer au-dessus de soi-même pour mettre en place les conditions du rassemblement [...] On peut travailler ensemble quand on a des désaccords". Et d'ajouter : "Mon but, ce n’est pas de chercher des clones, c’est de convaincre au-delà".

Robert Ménard qui n'a jamais adhéré au RN a revu sa copie sur Marine Le Pen et le justifie : "Quand tu tiens des propos qui ne sont pas réalistes, que tu as une attitude sectaire, tu te dis : «Au fond, ce parti, il n’a pas envie de gagner.» Et là, je la vois plus ouverte aux autres, plus raisonnable." Mais s'il apporte son soutien à la candidate d'extrême droite, il n'a pas manqué de rappeler son souhaite de voir Marine Le Pen et Eric Zemmour se rallier en février pour faire front commun derrière la personnalité la mieux placée dans les sondages.

Marine Le Pen : où en est sa campagne ?

Marine Le Pen : où en est sa campagne ? - Marine Le Pen ©

Chronique de campagne du 23 décembre. 16h57. Elle était promise depuis quatre ans à un nouveau duel face à Emmanuel Macron, que personne ne semblait en mesure de venir bousculer. Mais les certitudes ont volé en éclats. La campagne de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2022 apparaît bien plus complexe que prévue. Car depuis septembre, Eric Zemmour est apparu comme le poil à gratter de la candidate du Rassemblement national, s'imposant sur les thèmes sécuritaires et immigrationnistes. Conséquence, des électeurs délaissent la finaliste du dernier scrutin national au profit du polémiste. La donne s'est d'autant plus compliquée que, si Eric Zemmour est en baisse dans les sondages, Valérie Pécresse apparaît désormais comme la véritable menace. En effet, la présidente du RN est talonnée dans les intentions de vote par la représentante de la droite et sa présence au second tour est plus que jamais incertaine, n'étant créditée que de 16% des suffrages en moyenne selon les derniers sondages. 

Si en aparté, Marine Le Pen reconnaît qu'Eric Zemmmour l'affaiblit, elle n'en reste pas moins déterminée à mener campagne et travailler son projet présidentiel pour rassurer ses électeurs potentiels après le débat raté de 2017. Estimant par ailleurs que l'entreprise de dédiabolisation du parti menée depuis plusieurs années sera récompensée face aux écarts commis par le polémiste, la candidate frontiste semble davantage préparer le second tour en interne. Encore faut-il pouvoir y accéder.

LIRE PLUS
En savoir plus

Quand Marine Le Pen s'est-elle déclarée candidate à l'élection présidentielle ?

C'est à Fréjus, dans le Var, que Marine Le Pen a annoncé le 12 septembre 2021 se porter candidate pour l'élection présidentielle. Après ses deux premières tentatives en 2012 et 2017, la représentante du Rassemblement national entame une nouvelle campagne dont le ton a été donné dès le coup d'envoi avec un discours offensif : "Il n'y aura que deux alternatives, soit la dissolution de la France par déconstruction et submersion soit un sursaut salutaire qui fera rentrer la France dans le troisième millénaire autour de l'idée de nation". Pendant la campagne, Jordan Bardella assure la présidence du RN par intérim.

Quel est le programme de Marine Le Pen pour la présidentielle ?

Marine Le Pen a promis de "remettre la France en ordre en assurant la protection des Français". Plusieurs axes sont déjà mis en avant dans son programme.

  • La candidate RN souhaite inscrire la préférence nationale dans la Constitution. Concrètement, cela consiste à réserver des avantages aux personnes ayant la nationalité française par rapport aux étrangers. Pour appliquer cette mesure, Marine Le Pen compte mettre en place un référendum. Sa loi serait également "constitutionnelle sur l'immigration". "En réalité le problème principal, c'est le problème de l'immigration. C'est sur ce sujet de l'immigration que les jurisprudences abusives, bien souvent d'ailleurs plus que les textes internationaux, ont privé les Français, les pouvoirs publics, de la possibilité d'agir", explique-t-elle. 
  • Parmi les mesures capitales de son programme, la retraite à 60 ans divise. Pourtant, la candidate à la présidentielle ne veut pas lâcher le morceau. "Je maintiens et je maintiendrai" a-t-elle lancé à Fréjus le 12 septembre. Sur Europe 1, elle a également insisté sur "la condition des quarante annuités. Il est naturel d'imaginer que celui qui a porté des pierres toute sa vie ou qui est plâtrier a plus besoin de partir à la retraite à 60 ans qu'un avocat ou un comptable". Selon le cabinet de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, le coût d'une telle réforme s'élèverait à 40 milliards d'euros par an. Pour y parvenir, la députée mise sur la création d'emplois, la lutte contre la fraude sociale et l'arrêt de l'immigration.
  • La jeunesse est également un enjeu important dans son programme. Elle met notamment en avant un triptyque "protéger, projeter, transmettre." Elle souhaite favoriser l'entrepreneuriat des jeunes (l'exonération "totale" d'impôt sur cinq ans), leur formation (un chèque formation pour les entreprises) ou encore des "prêts publics plafonnés à taux zéro" à destination des "jeunes familles" dont le "capital restant dû (sera) effacé dès le troisième enfant". Pour le volet "transmettre", Marine Le Pen a annoncé une "évolution de la fiscalité sur les donations et successions".
  • La présidence de l'Union européenne d'Emmanuel Macron a imposé le sujet de la politique européenne dans les campagnes présidentielles. Marine Le Pen a présenté son projet en conférence de presse le 18 janvier. Si elle ne souhaite plus quitter l'Union européenne comme en 2017, elle défend une "Europe des nations et entend "remettre l'UE à sa place" soit un cran en dessus de la souveraineté nationale. La candidate explique dans son programme vouloir instaurer la supériorité du droit constitutionnel sur le droit européen.

Quels sont les résultats des sondages pour Marine Le Pen ?

Marine Le Pen était très régulièrement présentée comme l'alternative numéro 1 à Emmanuel Macron. Mais depuis l'arrivée dans le jeu d'Eric Zemmour et la présence de Valérie Pécresse, sa présence au second tour est remise en cause, la candidate étant donnée autour de 16%. Si elle venait à accéder au deuxième tour, Marine Le Pen serait battue par le président sortant avec autour de 45% des intentions de vote.

La campagne de Marine Le Pen sur Twitter

Biographie de Marine Le Pen

La fille de Jean-Marie Le Pen, née dans une famille de trois enfants, trois filles, conserve encore quelques secrets et des blessures dans sa biographie, qui resurgissent de temps à autre au détour d'interviews et de confidences. Elle a par exemple connu dès on plus jeune âge le goût du combat politique, mais aussi ses conséquences, comme quand un attentat a désintégré la maison familiale, en 1976, obligeant les Le Pen à déménager et à se protéger. Une expérience qui l'a amenée jusqu'à aujourd'hui à protéger sa vie privée, ses maris, son ex-compagnon Louis Aliot, ou encore ses enfants, tenus à l'écart des médias.

De cette prise de conscience, Marine Le Pen a tiré un autre enseignement, politique cette fois : la fille de Jean-Marie Le Pen, qui a monté les échelons au sein du parti de son père pendant des années, a pris conscience du "plafond de verre" qui le réduisait aux seconds rôles et de la nécessaire dédiabolisation du FN dès 2002. Elle s'est employée dès lors à faire oublier les outrances et les dérapages, la ligne pétainiste et parfois révisionniste du mouvement pour lui offrir un nouveau visage. Et cette "dédiabolisation", entamée dès 2011 pour tenter de rendre respectable le premier parti d'extrême droite de France, l'a forcée à quelques compromis avec les Gala, Paris Match et autres Karine Le Marchand lors de la dernière campagne pour l'élection suprême. La patronne frontiste a en outre voulu personnaliser son parti à l'extrême n'hésitant pas à jouer de temps à autres la carte du portrait plus intime, quitte à lever un peu le voile sur sa vie et ses états d'âme.

La présidente du FN doit tout à son père en politique. C'est dans son sillage qu'elle s'est faite connaître, qu'elle a tissé ses réseaux et qu'elle a appris. Dès l'âge de 13 ans, elle assistait Jean-Marie Le Pen dans une campagne électorale. Mais Marine Le Pen a aussi eu une jeunesse difficile, confrontée aux animosités que suscitait son père, Jean-Marie Le Pen homme de scandales et de controverses. Lorsqu'elle avait 8 ans, l'appartement dans lequel elle vivait avec sa famille, Villa Poirier, dans le XVe arrondissement de Paris, a été la cible d'une attaque à la bombe, qui détruisit une grande partie de l'habitation. Elle restera très marquée par cet événement, et évoque parfois dans les médias cet instant où son lit d'enfant s'est retrouvé "plein de verre". Elle fera sa scolarité au lycée Florent-Schmitt de Saint-Cloud pour étudier ensuite le droit et devenir avocate.

La suite, étonnante, est notamment racontée par les journalistes David Doucet et Mathieu Dejean, auteurs de "La politique malgré elle, la jeunesse cachée de Marine Le Pen" (édition La Tengo), sorti en 2016. Leur enquête dans le passé de Marine Le Pen confirme que ses études furent peu brillantes, que la future prétendante à l'Elysée avait un goût immodéré pour la fête, qu'elle a défendu en tant qu'avocate des sans-papiers (notamment un Algérien, Nour-Eddine Hamidi) et qu'elle n'envisageait absolument pas de carrière politique. Pour lui succéder, Jean-Marie Le Pen pensait avant tout à son aînée, Marie-Caroline, jusqu'à ce que celle-ci rejoigne le félon Bruno Mégret, lors de la scission de 1998. C'est à cause de cette trahison, mais aussi parce que sa carrière d'avocate piétinait que Marine Le Pen se résoudra à travailler au FN. D'abord comme petite main.

Qui sont les membres de la famille de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen et de Pierrette Le Pen. Elle a deux soeurs plus âgées qu'elle, Marie-Caroline et Yann Le Pen. Ses deux parents se séparent alors qu'elle est âgé de 17 ans. Elle se mariera en 1997 au dirigeant d'entreprise Franck Chauffroy, avec qui elle aura 3 enfants : d'abord une fille, Jehanne, née en 1998, puis un garçon et une fille, jumeaux, Louis et Mathilde, nés seulement un an plus tard. L'année suivante, en 2000, elle divorce et se remarie en 2002 avec l'ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, Eric Iorio. Après un nouveau divorce en 2006, elle se met en couple à partir de 2009 avec Louis Aliot, alors secrétaire général du FN, qui deviendra en 2011 vice-président du parti. Le couple a annoncé sa séparation le 11 septembre 2019.

Avec ses parents, Marine Le Pen a toujours eu une relation compliquée. Le Front national l'a démenti à l'époque, mais Marine Le Pen a par exemple claqué la porte du parti début 2005. Membre du bureau exécutif tentant de lisser l'image du FN depuis la cinglante défaite de 2002, elle était alors scandalisée par les propos de Jean-Marie Le Pen qui, interviewé par l'hebdomadaire français d'extrême-droite Rivarol en janvier, relativisait l'occupation allemande. Jean-Marie Le Pen avait plus précisément qualifié l'occupation ennemie de "pas si inhumaine", provoquant un véritable tollé. Fâchée, Marine Le Pen aurait même quitté pendant quelques jours la villa de Saint-Cloud avec ses enfants, où elle vivait alors en voisinage avec son père (elle vit aujourd'hui hors de Montretout, à la Selle-Saint-Cloud). 

Avec sa mère, les relations ont été tout aussi complexes pendant quinze ans. Pierrette Lalanne, la première femme de Jean-Marie Le Pen, a provoqué le scandale dans les années 1980 en posant en soubrette dans Playboy, alors que son mari s'apprêtait à briguer la présidence de la République. Le couple était alors en instance de divorce et la provocation faisait office de vengeance. Pierrette le Pen a quitté le domicile familial quand Marine Le Pen, avait 16 ans. "Elle est partie du jour au lendemain. Ma sœur est venue me chercher au collège et m'a dit 'maman est partie'", raconte la présidente du FN. Pendant quinze ans, Pierrette n'a plus donné de nouvelles directes. "Je me suis retrouvée avec mon père avec qui je n'avais pas des relations du quotidien", continue Marine Le Pen. Quinze ans plus tard, leur mère s'étant rapprochée de Marie-Caroline, l'aînée, ce fut le temps des retrouvailles, à propos desquelles la chef de file des frontistes dit : "Vous ne voyez pas votre mère pendant 15 ans. Vous la revoyez et c'est comme si vous l'aviez vue hier". Si Marine Le Pen avoue n'avoir jamais eu de réelle explication sur cette interminable absence, elle dit aujourd'hui entretenir "une super relation" avec sa mère. Voir aussi : La famille Le Pen en images.

La famille Le Pen au grand complet en 1984 à Montretout. © CHANCE/SIPA

Qui est le compagnon de Marine Le Pen ?

Jusqu'en septembre 2019, Marine Le Pen était en couple avec Louis Aliot, figure du FN puis du RN. Les deux cadres frontistes avaient officialisé leur relation en 2010. C'est Louis Aliot qui a annoncé leur rupture le 11 septembre 2019. Ce Toulousain, âgé de 48 ans, fut d'abord chiraquien, avant d'adhérer au Front national en 1988. Il se fera élire conseiller régional de Midi-Pyrénées dix ans plus tard puis sera nommé coordinateur de campagne de Jean-Marie Le Pen en 2001. Louis Aliot deviendra ensuite l'assistant parlementaire européen du patriarche en 2004.

Louis Aliot a aussi été rémunéré comme assistant parlementaire de Marine Le Pen entre 2011 et 2013. Selon le Canard Enchaîné, il touchait alors 5000 euros brut pour un mi-temps. L'Organisme antifraude de l'Union européenne (Olaf) avait, en 2013, épinglé Marine Le Pen pour cette collaboration. La dirigeante du RN avait alors argué du fait que sa relation avec Louis Aliot ne pouvait être qualifiée de "relation stable", puisqu'elle n'était ni mariée ni pacsée. Louis Aliot a été député européen entre 2014 et 2017, année qui le voit entrer à l'Assemblée nationale aux côtés de Marine Le Pen. Il est aussi conseiller municipal de Perpignan depuis 2014.

Qui sont les enfants de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est la maman de Jehanne, prénom orthographié comme l'était "Jeanne d'Arc" dans les temps anciens, née en 1998, ainsi que des jumeaux Louis et Mathilde, nés en 1999. Plusieurs passages leur sont consacrés dans l'autobiographie de Marine Le Pen, "A contre flots", publiée en 2006. Mais difficile d'en savoir plus sur eux tant Marine Le Pen a toujours veillé à maintenir le plus grand secret sur sa progéniture. Et même quand une information fuite, il est tout aussi difficile d'en dire plus dans la presse : Marine Le Pen n'hésite pas à saisir les tribunaux quand, par exemple, on dévoile le nom de famille de ses enfants.

Il faut dire que, fille de Jean-Marie Le Pen, elle a plusieurs fois été témoin de la haine que peut susciter sa famille... Et manque rarement de le rappeler. Marine Le Pen a levé un petit coin du voile lors de la dernière campagne présidentielle, indiquant que son fils Louis était "une baraque" passionné par le rugby. "Mon fils joue assez bien et régulièrement, c'est une baraque !", avait-elle ainsi lâché sur France Bleu en avril. "Ma fille était capi­taine de l'équipe qu'elle a constituée dans son inter­nat", avait-elle ajouté.

En octobre 2018, l'AFP et BFMTV ont rapporté qu'une fille de Marine Le Pen et un de ses cousins avaient été violemment agressés, à Nanterre. Il était question d'une "bagarre" lors de laquelle les deux jeunes membres de la famille Le Pen ont été "frappés au visage", sans qu'on connaisse pour autant la cause exacte de l'altercation. La fille de Marine Le Pen, dont le prénom n'a pas été cité, a "reçu des coups de poing" et "a été transportée par les pompiers à l'hôpital". "Tirée par les cheveux, mise au sol et rouée de coups", elle a subi une de fracture du nez. Les hommes à l'origine des coups, deux individus de 32 et 47 ans, ont été condamnés en février 2019 à 15 mois de prison assortis de 7 mois de sursis simple pour agression aggravée.

Quelles sont les idées de Marine Le Pen ?

Si Marine Le Pen a longtemps milité et fait campagne pour son père, elle a nettement infléchi la ligne politique du Front national depuis qu'elle a pris la tête du parti. Certains lui ont reproché d'avoir fait bien trop de place aux idées défendues par l'ancien chevènementiste Florian Philippot, un temps pressenti pour devenir un pilier, si ce n'est le Premier ministre du gouvernement de Marine Le Pen, mais démissionnaire du FN à la rentrée 2017, au cours d'un règlement de comptes sanglant. D'aucuns jugent que la ligne économique s'est bien trop éloignée du franc libéralisme revendiqué autrefois par son père, dans les années 1980.

Reste que la matrice idéologique du RN est toujours articulée sur quelques fondamentaux : la priorité nationale en matière d'emploi et d'aides sociales, la restriction à l'extrême de l'immigration, une vision de la Nation très identitaire, fondée sur une vision idéalisée et traditionaliste de la France, la dénonciation de l'Union européenne et des institutions de la République. La question de la sortie de l'euro a, elle, fait l'objet d'un grand débat interne au FN dans l'entre-deux tours de la dernière présidentielle. En janvier 2019 Marine Le Pen a finalement tranché, déclarant que l'euro est "un boulet", mais qu'en sortir n'est "plus une priorité". Revoir le programme de Marine le Pen pour l'élection de 2017

Election présidentielle