Jean-Luc Mélenchon : programme, sondages... Le 2e tour inaccessible ?

Jean-Luc Mélenchon : programme, sondages... Le 2e tour inaccessible ? MELENCHON. Le candidat de la France Insoumise espère créer une dynamique sur son projet et rejette l'idée d'une union de la gauche. Les sondages, qui le donnent devant les autres candidats à gauche, pourraient pousser les électeurs au vote utile en sa faveur.

L'essentiel
  • Jean-Luc Mélenchon l'a dit et répété : si rassemblement de la gauche il doit y avoir, alors ce sera derrière son programme et derrière lui. Le candidat de la France Insoumise considère qu'une union entre appareils politiques - LFI, PS, EELV, PCF - ne peut être qu'artificielle et estime qu'il est le seul à proposer un projet "populaire" et cohérent.
  • Cette posture fait fi d'un élément empirique pourtant indiscutable : plus il y aura de candidats de gauche sur la ligne de départ, plus les voix seront dispersées. Si le rassemblement à gauche n'est pas arithmétique, il sera difficile pour Jean-Luc Mélenchon d'accéder au second tour avec la concurrence de trois ou quatre autres projets à gauche. 
  • Les sondages placent Jean-Luc Mélenchon entre 9 et 13% des intentions de vote, selon les méthodologies employées. Mais une constante se dégage depuis plusieurs semaines : il est en tête parmi tous les candidat de gauche. Le leader de la France Insoumise pourrait donc bénéficier d'un effet "vote utile" de la part des électeurs de gauche désireux d'éviter un second tour entre Emmanuel Macron et un candidat de droite ou de droite radicale.
  • Toutes les actualités principales de la campagne présidentielle, ainsi que les derniers sondages, sont à retrouver dans notre article dédié au scrutin national.
Dernières actualités

10% d'intentions de vote pour Jean-Luc Mélenchon

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Chronique de campagne du 28 janvier. 15h36. Le dernier sondage, réalisé par BVA et publié vendredi 28 janvier, crédite Jean-Luc Mélenchon de 10% des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle 2022. Bien qu'il s'agirait là du meilleur score de la gauche, le candidat serait loin de rivaliser avec la droite et Emmanuel Macron pour accéder au second tour.

Le représentant de la France Insoumise, qui souhaite réitérer sa bonne campagne de 2017 est encore loin des premières places : il ne semble pas encore en mesure de se faire une place pour le second tour de l'élection à la magistrature suprême. Jean-Luc Mélenchon compte tout de même s'imposer comme la personnalité de gauche en mesure de porter une dynamique, et cela passe par la mesure de l'opinion sur ses propositions.

Les sondages devraient finir par changer la donne à gauche, alors qu'aucun candidat déclaré - Anne Hidalgo pour le Parti socialiste, Yannick Jadot pour Europe Ecologie-Les Verts, Arnaud Montebourg qui a fondé son mouvement et Fabien Roussel, candidat du PCF - ne souhaite renoncer à la course à l'Elysée. Dans l'état actuel des choses, c'est à droite que semble s'opérer le match pour une qualification de second tour à l'élection présidentielle.

Chez Hanouna, un débat sous tension avec Zemmour et un policier syndicaliste

Chez Hanouna, un débat sous tension avec Zemmour et un policier syndicaliste - Jean-Luc Mélenchon ©

Chronique de campagne du 28 janvier. 15h07. Le match retour était attendu, il n'a pas déçu. Jeudi 27 janvier 2022, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois débattu avec Eric Zemmour, en direct, cette fois sur le plateau de C8 dans l'émission de Cyril Hanouna, "Face à Baba". La confrontation entre les deux candidats à l'élection présidentielle était particulièrement attendue. Elle s'est déroulée dans un contexte houleux, les deux protagonistes n'étant d'accord sur aucun point et s’invectivant tour à tour, Jean-Luc Mélenchon n’hésitant pas à qualifier son adversaire de « chien » devant un Cyril Hanouna loin de réguler les échanges.

"Créolisation" contre "grand remplacement"

Il a évidemment été question d'immigration. Si sur son sujet de prédilection, Eric Zemmour veut expulser à tour de bras et contraindre de façon drastique la vie des immigrés en France, tout en opérant un tour de vis pour l'entrée dans l'Hexagone, Jean-Luc Mélenchon a défendu une vision toute autre. "La première des choses c’est une politique qui s’occupe réellement de faire en sorte que les gens n’aient pas besoin de partir. Mais une fois qu’ils sont là, je refuse de les maltraiter, il faut traiter les gens humainement", a-t-il expliqué, lui le partisan d'une facilitation d'accès à la nationalité française et du regroupement familial. Avec un insoumis vantant la « créolisation » de la France quand son opposant d’extrême-droite s’inquiète d’un « grand remplacement », les débats se sont envenimés, la cacophonie prenant le pas sur les opinions. "A la niche ! Aaaaah, la paix, le chien !", finit par lâcher Mélenchon à l'endroit de Zemmour. "Vous ne me parlez pas comme ça", rétorque ce dernier.

L'insoumis et le fondateur de Reconquête ont également longuement échangé sur les retraites, le premier nommé défendant un arrêt du travail à 60 ans, tandis que le second a exposé son plan pour pousser l'âge à 64 ans. Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour ont aussi ferraillé sur les origines de la France, le leader LFI faisant référence à Philippe IV Le Bel - "Ici, c'est le roi qui commande, ce n'est pas l'église"-, en réponse à son contradicteur défendant que "c'est l'église catholique qui unifie le pays".

"Vous obéirez" lance Mélenchon aux policiers

Interrogé par Charles Consigny, soutien de Valérie Pécresse, sur son programme économique, Raquel Garrido, députée LFI, Eugénie Bastié sur le changement de sexe auquel il ne s’oppose pas ou encore par la fille de Cédric Chouviat, une médecin urgentiste et un économiste, Jean-Luc Mélenchon a surtout eu un échange particulièrement tendu concernant la police avec Yannick Landurain, policier de la Bac 93 et délégué syndical. Le candidat LFI a affirmé sans sourciller : "tous les policiers qui ont des comportements raciste ou autres seront expulsés. Il faut arrêter avec les gens qui se comportent comme vous personnellement, qui avait blessé un jeune de 16 ans avec un couteau".

Une affirmation en référence à un contrôle d’identité ayant eu lieu samedi 22 juin 2019 à Vaujours (Seine-Saint-Denis) qui aurait dégénéra, au cours duquel le policier aurait planté un ciseau dans le cou d’un jeune qu’il contrôlait. Une version contestée par le mis en cause. « Si je suis élu, les gens comme vous ne continueront pas à exercer dans la police. Vous obéirez comme les autres, vous ne ferez pas la loi. Vous ne m'impressionnez pas ! » a lancé Jean-Luc Mélenchon, annonçant vouloir interdire les tirs de flashball, du plaquage ventral et de l'étranglement. Un échange virulent venu conclure une émission de près de 3h30 ayant rassemblé en moyenne

En savoir plus

Quand Jean-Luc Mélenchon s'est-il déclaré candidat à la présidentielle ?

Invité au JT de 20h de TF1 le dimanche 8 novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé sa candidature, soumise alors à une investiture populaire d'au moins 150 000 signatures en sa faveur, ce qu'il a obtenu assez facilement. "Aujourd'hui, seuls 500 élus le peuvent. Je soutiens l'idée que les citoyens puissent investir un candidat" avait-il justifié. Il lui reste à obtenir les parrainages de 500 élus locaux.

Quels sont les résultats des sondages pour Jean-Luc Mélenchon ?

Le grand nombre de candidats de gauche engagés dans la course à l'élection présidentielle empêche Jean-Luc Mélenchon de percer dans les sondages. Tous les baromètres s'accordent tout de même à dire que l'Insoumis est le candidat de gauche recueillant le plus d'intentions de vote avec des scores compris entre 9 et 11%. Retrouvez ici les derniers sondages cumulés par le média Contexte.

Quel est le programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle ?

Candidat depuis plusieurs mois, Jean-Luc Mélenchon est déjà en campagne. Sur son site de campagne, vous pouvez retrouver l'ensemble des propositions formulées jusque-là. Ce programme a été "co-écrit par des milliers de citoyens, il a été choisi par 7 millions d'électeurs en 2017 et a été actualisée pour tenir compte de 3 années de mobilisations sociales et de travail parlementaire" explique le site.

  • Le candidat LFI indique vouloir mettre le "social" au coeur de sa campagne. "Nous avons des lois d'urgence sécuritaire, des lois d'urgence sanitaire : il est temps d'avoir une loi d'urgence sociale", a-t-il insisté dans un entretien accordé au JDD le 11 septembre. Cette loi d'urgence sociale comporte "le blocage des prix sur les produits de première nécessité, l'augmentation du smic à 1 400 euros net et le report du remboursement des prêts garantis par l'État."
  • Sur la réforme des retraites, le candidat de La France Insoumise (LFI) a détaillé quelles méthodes qu'il pourrait mettre en place afin de financer le versement d'une pension à taux plein (au moins équivalente au Smic) à tout salarié ayant cotisé pendant 40 ans. Le candidat a proposé trois solutions sur BFM Business le 4 novembre. "On n'a qu'à mettre le salaire des femmes au niveau de celui des hommes et les cotisations sociales payeront la différence", a-t-il d'abord expliqué. En alternative, il propose de créer "un million d'emplois en plus" : "S'il y a un million d'emplois de plus, on finance la retraite à 60 ans en 40 annuités", a-t-il notamment souligné. Troisième piste : "Une surcotisation de deux points sur tous les salaires au-delà de 3.400 euros". Le candidat LFI a également justifié dans quelle mesure cet aspect de son programme était fondamental : "Vous savez comme moi que travailler trop longtemps nuit à la santé et que nuire à la santé augmente la détresse dans la vie personnelle, augmente la maladie, augmente le chômage des seniors qui coûte aujourd'hui 3 milliards. Autrement dit, ce que vous n'avez pas payé en retraite, vous le payez en chômage, la belle affaire".
  • Sur le pass sanitaire et vaccinal, Jean-Luc Mélenchon s'est positionné comme un fervent opposant. "Nous nous opposons au pass sanitaire parce qu'il est attentatoire à la liberté dans le monde du travail, dans la société, dans les rapports humains" avait-il lancé fin août. Lors de son interview au JDD, le député est revenu sur son rejet du pass : "Faire croire que ses titulaires ne présentent plus de danger pour les autres, c'est faux ! Mais le pass sanitaire crée une société de contrôle généralisé. Fichage généralisé, contrôles intempestifs absurdes, etc. Je l'ai dit sur tous les tons et j'ai voté contre".
  • L'Insoumis défend la souveraineté nationale et, en matière de politique européenne, il souhaite la "rétablir, à partir de deux clauses essentielles : la non-régression sociale, écologique et démocratique, et l’alignement sur les normes les mieux-disantes". Il explique vouloir "utiliser la clause opt-out (désengagement, en français, NDLR) quand les traités sont contraires aux engagements du programme". 

La campagne de Jean-Luc Mélenchon sur Twitter

Biographie courte de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon débute en politique en militant activement au sein de syndicats étudiants puis en 1977, en adhérant au Parti socialiste. En 1983, il s'investit dans la politique locale, élu conseiller municipal de Massy puis conseiller général de l'Essonne. Sénateur de l'Essonne en 1986, il sera réélu dans ses fonctions jusqu'en 2010. En 1989, il exerce la fonction d'adjoint au maire de la ville de Massy. Vice-président du conseil général de l'Essonne en 1998, il est nommé ministre délégué à l'Enseignement professionnel deux ans plus tard. De 2009 à 2017, Jean-Luc Mélenchon est député européen de la circonscription Sud-Ouest et coprésident du bureau national du Parti de gauche. Depuis juin 2017, il est élu à l'Assemblée national, député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône et président du groupe LFI.

Figure de la gauche du PS pendant des années, Jean-Luc Mélenchon claque la porte du parti en 2008, après le délétère congrès de Reims. Fondateur, président puis coprésident du bureau national du Parti de gauche dès 2000, il se fait élire député européen dans la circonscription Sud-Ouest la même année. Il tente un temps de rassembler autour de lui le Parti communiste sous l'appellation "Front de gauche", qui lui permettra d'être candidat à la présidentielle de 2012, mais il termine quatrième à l'issue du premier tour, totalisant 11,10% des voix, derrière François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Après son échec, il ne parvient pas à être élu député lors des élections législatives. Jean-Luc Mélenchon attend les nouvelles élections européennes pour être enfin victorieux. Il est en effet réélu le 25 mai 2014 au Parlement européen.

L'échec progressif de son rapprochement avec le PCF amène Jean-Luc Mélenchon à lancer, en 2016, le mouvement La France insoumise (LFI) dont il est la principale incarnation désormais. Lors de l'élections présidentielle de 2017, il fait un score record, avec plus de 19% de votants. Fort de ces nouveaux soutiens, Jean-Luc Mélenchon obtient la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône lors des élections législatives suivantes. Jusqu'à sa troisième candidature à la présidentielle de 2022, il présidait le groupe LFI à l'Assemblée nationale.

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