Mélenchon sur la journaliste à l'accent du sud : "Je croyais qu'elle se moquait de moi"

Mélenchon sur la journaliste à l'accent du sud : "Je croyais qu'elle se moquait de moi" MELENCHON - Le leader de La France Insoumise a tenu une longue conférence de presse, ce vendredi 19 octobre, pour faire le point sur tout ce qui lui est reproché. Il est notamment revenu sur la manière dont il a répondu à une journaliste de France 3.

L'essentiel

Drôle de séquence pour Jean-Luc Mélenchon. Depuis mardi et la houleuse perquisition menée chez lui puis au siège de son parti, le député n'en démord pas : il a été victime d'une opération de police politique et a toujours été dans son bon droit. Le leader de La France Insoumise a tenu une conférence de presse d'une quarantaine de minutes, pour revenir sur toutes les étapes de cette semaine très singulière pour lui. Il maintient qu'un coup de force a été organisé contre son parti avec une vagues de perquisitions "disproportionnées" dans les enquêtes qui ciblent La France Insoumise. Il s'est aussi emporté contre France Info, qui a enquêté sur les factures de l'entreprise de Sophia Chikirou, prestataire du parti lors de la campagne de 2017, considérant que les chiffres avancés étaient faux ou mal interprétés. Enfin, Jean-Luc Mélenchon a eu un mot pour la journaliste de France 3 dont il a moqué l'accent. "Je croyais qu'elle se moquait de moi, comme je suis député de Marseille", a-t-il dit devant les journalistes.

Rappelons qu'après les images de la perquisition diffusées par le magazine Quotidien, sur TMC mardi et mercredi, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Jean-Luc Mélenchon a depuis été entendu jeudi, à l'Office central de la lutte contre la corruption (OCLCIFF), lors d'une audition libre. Suivez sur cette page les derniers développements de cette actualité.

En direct

19/10/18 - 17:10 - Jean-Luc Mélenchon s'exprime sur la journaliste raillée hier à l'Assemblée

Le leader de la France Insoumise, durant sa conférence de presse, s'est rapidement expliqué sur la réaction qu'il a eu lorsqu'une journaliste de France 3 l'a interrogé au Palais Bourbon mardi. "J’en profite pour dire à quel point je suis désolé de cette histoire avec je ne sais quelle journaliste, je croyais qu’elle se moquait de moi en prenant un accent marseillais alors que je suis élu de Marseille. Je lui ai répondu en imitant l’accent, mais j’ignorais qu’elle l’était elle-même et que c’était son accent", s'est-t-il justifié. "Qu'esseuh-que ça veut direuh", avait sèchement répondu Jean-Luc Mélenchon, refusant de lui répondre. "C'est quoi votre question madame, je ne comprends pas !", avait-il lâché dans les couloirs de l'Assemblée (voir plus bas).

19/10/18 - 16:54 - Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse : "Nous n'avons peur de personne"

Jean-Luc Mélenchon s'est dit "fatigué" aujourd'hui, mais compte bien organiser une "contre-offensive" politique et médiatique. Il s'est adressé d'abord aux journalistes en formulant cette mise en garde, à propos de l'enquête de France Info sur ses comptes de campagne : "Tout ceux qui titrent sur le fait que nous avons fait de la surfacturation s'exposent à des poursuites judiciaires, qui auront lieu. Nous nous défendrons implacablement sur tous les terrains, contre tout le monde", a-t-il dit.

En savoir plus

Jean-Luc Mélenchon se moque de l'accent d'une journaliste

La première réaction, sur BFMTV, a été d'affirmer qu'il ne regrettait "rien". "J'ai le droit de me fâcher, je suis un Méditerranéen, je bouge beaucoup des bras. Ce n'est pas la peine de faire un fromage", disait-il hier matin face à Jean-Jacques Bourdin. Sauf que désormais, les explications et les justifications de Jean-Luc Mélenchon sur son coup de colère laissent de plus en plus sceptiques. Non, Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul responsable politique à subir une perquisition chez lui ou au siège de son parti. Oui, il avait moqué les déboires judiciaires de Marine Le Pen et de François Fillon durant la campagne présidentielle, fustigeant à l'époque leur attitude face à la police et à la justice.

C'est d'ailleurs sur ce point que qu'un journaliste de France 3 a voulu l'interroger hier, à l'Assemblée nationale.  "Qu'esseuh-que ça veut direuh", lui a répondu le député des Bouches-du-Rhône, moquant son accent du Sud. "C'est quoi votre question madame, je ne comprends pas". Et d'enchaîner : "Vous dites n'importe quoi. Quelqu'un a-t-il une question formulée en français et à peu près compréhensible ? Parce que moi, votre niveau me dépasse. Je ne vous comprends pas".

Mélenchon en colère : les images diffusées par Quotidien

La première séquence dans laquelle on découvre Jean-Luc Mélenchon dans une colère noire, face aux forces de l'ordre venus perquisitionner les locaux de la France Insoumise, à Paris, est surréaliste. La scène a été filmée par quelques journalistes de l'émission Quotidien de la chaîne TMC. Le leader de LFI, qui avait déjà assez mal vécu la perquisition effectuée chez lui le matin, s'est emporté face aux policiers. "On n'est pas des voyous, on n'est pas des bandits", crie-t-il devant l'homme qui tient la porte. "Au nom de quoi vous m'empêchez d'entrer dans mon local ? Au nom de quoi ?", s'agace-t-il avant de tenter d'enfoncer la porte.

Une fois entré avec plusieurs élus et cadres de son parti dans les locaux, Jean-Luc Mélenchon semble dépassé par la tournure que prennent les événements. Bousculades, invectives... Un policier agrippe un militant, qui tombe. Ce qui provoque la colère du député Alexis Corbière. "Vous êtes violent ! Je l'ai signalé ! Hé, je suis député moi monsieur !" "Vous vous calmez ! Vous baissez d'un ton !", lui rétorque l'agent. "Pas avec vous", s'emporte le député La France Insoumise, qui ajoute dans un cri étouffé : "On ne touche pas aux camarades !" Quelques minutes plus tard, Jean-Luc Mélenchon rencontre le procureur, dans une ambiance houleuse. "Vous ne pouvez pas discuter avec moi dans un local que vous avez envahi !", s'emporte le président de groupe à l'Assemblée.

Quotidien a diffusé de nouvelles images de la perquisition mercredi soir, quelques heures après l'annonce de l'ouverture d'une enquête. On découvre de nouvelles scènes. Le leader de la France Insoumise a notamment sous-entendu que plusieurs policiers présents durant la perquisition étaient des sympathisants de Marine Le Pen.

Rappelons que la perquisition a été menée dans le cadre de deux enquêtes préliminaires visant le parti de Jean-Luc Mélenchon. La justice s'interroge sur d'éventuelles irrégularités dans les comptes de campagne de La France Insoumise et sur l'utilisation de l'argent transmis au parti par l'Union européenne pour rémunérer les eurodéputés du parti, des soupçons portant sur des rétributions non autorisées potentiellement faites avec cet argent.

Le Premier ministre condamne l'attitude de Jean-Luc Mélenchon

A l'Assemblée nationale ce mercredi 17 octobre, le Premier ministre a pris le temps d'intervenir devant les députés, pour commenter la vidéo diffusée par Quotidien. "J'ai vu des images dont je dois dire qu'elles m'ont choqué. [...] Je peux comprendre que, peut-être, dans le feu de l'action, les mots dépassent la pensée. [...] Mais monsieur le député, les images que j'ai vu étaient d'une très grande violence, à l'égard de policiers qui exerçaient leurs missions, à l'égard d'une procédure qui ne relève pas du gouvernement", a fustigé Edouard Philippe.

Le syndicat de policiers Alliance s'est dit "scandalisé" auprès de l'AFP de l'attitude de Jean-Luc Mélenchon. "Il est inacceptable de voir un homme politique de premier plan vociférer à la face de représentants de l'État, policiers, gradés, gardiens de la paix et représentants de la justice", a estimé l'organisation à l'agende de presse. SGP Police-FO a publié un communiqué interpellant l'ancien candidat à la présidentielle. "Non, Monsieur Mélenchon, les policiers ne sont pas des policiers politisés, mais obéissent à des lois et exécutent leurs missions avec abnégation et déontologie. Non, Monsieur Mélenchon, les policiers ne sont pas des cowboys et exécutent les ordres qui leur sont donnés dans le respect des règles républicaine", peut-on lire.

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