François de Rugy : son domicile tagué, il réagit (et Mediapart aussi)

François de Rugy : son domicile tagué, il réagit (et Mediapart aussi) Le logement que loue François de Rugy dans la banlieue de Nantes a été pris pour cible et tagué. L'ex-ministre a ciblé la responsabilité de Mediapart dans cet acte de vandalisme.

"On commence par jeter quelqu'un en pâture en expliquant qu'il " profite d'un logement social " (mensonge dénoncé par Ouest-France, L'Obs, Le Parisien). On se retrouve à faire de tous les habitants d'un immeuble les victimes d'une vindicte personnelle". Voilà le message publié sur Twitter jeudi 18 juillet, par François de Rugy, après avoir découvert que les murs de son immeuble nantais avait été tagués. Sur la façade, les mots "De Rugy, escroc, on te fera payer" ont été inscrits. Une menace rédigée en lettres rouge, en capitales, à laquelle a été associée le dessin d'une faucille et d'un marteau. Et pour cause, ce geste a été revendiqué par le "Parti communiste maoïste" (sans lien avec le Parti communiste français) qui, fier de son initiative, a envoyé une lettre d'explication au journal "Presse Océan".

"Les parasites comme De Rugy qui se goinfrent de homard, vivent dans le luxe et profitent de logements sociaux grâce à l'argent volé aux travailleurs doivent être dénoncés et combattus", peut-on lire dans le courrier envoyé à nos confrères du journal local. François de Rugy n'est pas le seul à avoir réagi. Le journaliste Fabrice Arfi, qui a porté les révélations de Médiapart sur le ministre démissionnaire, a également commenté l'acte de vandalisme. Sur Twitter, il a dénoncé le geste des militants par ces mots : "Mais quelle incommensurable bêtise..."

François de Rugy a officiellement démissionné mardi. Mercredi, il assuré la passation de pouvoir, sobrement. Dans son discours, peu ou pas de référence aux accusations dont il a fait l'objet, lors de sa présidence à l'Assemblée nationale, mais plutôt de l'amertume et de l'émotion, manifestement pas feintes. Privilégier "l'intérêt collectif à l'intérêt personnel", voilà pourquoi François de Rugy a quitté le ministère de la Transition écologique. Selon lui, il y a eu une "erreur regrettée", mais "payée au prix le plus élevé et le plus cruel". Un peu plus tôt dans la journée, le Conseil des ministres avait lieu, comme tous les mercredis à l'Elysée, mais cette fois, sans François de Rugy, pour la première fois depuis dix mois.

François de Rugy "est psychologiquement fragile"

Malgré son absence, l'ombre du ministre démissionnaire planait encore sur le salon des Ambassadeurs. "Il est parti, il a démissionné pour préparer sa défense. Il faut l'accompagner, lui donner des signes de solidarité et le remercier pour tout ce qu'il a fait", a soutenu devant ses ministres Emmanuel Macron, cité par Le Parisien.

Le quotidien assure que l'assemblée présente a immédiatement fait le lien avec l'allusion à Pierre Bérégovoy, qui s'était suicidé un mois après avoir quitté Matignon, le 1er mai 1993. "Comment ne pas penser aux mots de François Mitterrand en hommage à Pierre Bérégovoy", avait twitté Rugy mardi dernier, accompagnant son tweet du discours de Mitterrand lors des obsèques du défunt, le président de l'époque regrettant un homme "livré aux chiens".

Voilà le parallèle posé et il n'en fallait pas plus pour voir grandir l'inquiétude chez Emmanuel Macron. "Le type est psychologiquement fragile, visiblement, et le président est très inquiet", rapporte un membre du gouvernement, également cité par Le Parisien. Un autre se laisse aller à un rapprochement plus ou moins opportun, chacun jugera, avec Isabelle Balkany, qui a tenté de mettre fin à ses jours le 1er mai dernier, douze jours avant son procès pour fraude fiscale. "On n'a pas oublié qu'avant sa tentative de suicide, Isabelle Balkany avait posté un message sur Facebook. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête des gens", s'inquiète ce ministre. "Les attaques et le lynchage médiatique dont ma famille fait l'objet me conduisent aujourd'hui à prendre le recul nécessaire", écrivait ce mardi François de Rugy dans un message Facebook, donc, auquel son ex-collègue fait référence.

"J'en ai rien à foutre de Rugy. Il nous plombe tous !"

Mais revenons à ce fameux tweet. La référence à Bérégovoy n'a pas vraiment ému, laissant plutôt place à un certain malaise chez quelques personnalités politiques, y compris chez les proches de l'ancien Premier ministre français. Le neveu de Pierre Bérégovoy, Jean-Michel Bérégovoy, a même qualifié le tweet de Rugy de "ridicule". "Quand François de Rugy démissionne dans ces conditions, il doit être abasourdi. Mais je ne pense pas qu'il faille en permanence prendre des repères dans l'histoire qui ne sont pas comparables", a-t-il tenu à rectifier dans une interview accordée à franceinfo, souhaitant malgré tout à l'ancien ministre écolo de se "reconstruire" et de "remettre les pieds sur Terre".

Au gouvernement, le départ de François de Rugy - ou plutôt la polémique à laquelle il est lié - semble avoir été mal vécu, après une séquence assez calme pour l'exécutif. D'ailleurs, le message de soutien prononcé par Emmanuel Macron lors du Conseil des ministres pourrait ne pas trouver d'écho. "C'est un gros orage qui s'abat", s'est agacé un ministre en off, cité par Paris Match. Un autre charge violemment son ancien collègue. "Franchement, j'en ai rien à foutre de Rugy. Il nous plombe tous !", fustige ce membre du gouvernement.

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