Manifestation contre l'islamophobie à Paris : comment s'est déroulée la marche controversée du 10 novembre

Manifestation contre l'islamophobie à Paris : comment s'est déroulée la marche controversée du 10 novembre La manifestation contre l'islamophobie s'est déroulée dimanche 10 novembre 2019 à Paris. La classe politique s'est largement divisée sur cette marche controversée. 13 500 personnes ont défilé pour dénoncer la haine contre les musulmans, selon le cabinet Occurrence.

L'essentiel

Une marche contre l'islamophobie s'est déroulée ce dimanche 10 novembre 2019, à Paris. 13 500 personnes ont défilé dans les rues, selon le décompte du cabinet Occurrence. Dans un climat de fortes tensions après le récent débat sur le port du voile en France, la manifestation a fait polémique. Depuis plusieurs jours, des débats ont émergé sur l'appel à manifester en lui-même, qui pointe des "lois liberticides" de l'État français contre les musulmans. Des organisations à l'origine de cette marche contre l'islamophobie sont aussi pointées du doigt, à l'instar du Collectif contre l'islamophobie en France, accusé par certains d'entretenir des liens avec les Frères musulmans. La manifestation contre l'islamophobie a commencé à la gare du Nord à Paris à 13 heures et s'est terminée place de la Nation autour de 17 heures. 

En direct

18:13 - Des rassemblements contre l'islamophobie dans d'autres villes

FIN DU DIRECT - Paris n'a pas été la seule ville où s'est déroulée la manifestation du 10 novembre contre l'islamophobie. À Marseille, des personnes se sont également rassemblées et des discours ont été prononcés. À Toulouse, entre 300 et 400 manifestants se sont mobilisés selon France Bleu Occitanie. 

17:15 - La manifestation a rassemblé 13 500 personnes selon le décompte du cabinet Occurrence 

13 500 manifestants ont marché pour dénoncer la haine contre les musulmans ce dimanche à Paris selon les chiffres du cabinet Occurrence pour plusieurs médias. 

17:00 - Entre 40 000 et 50 000 manifestants selon certains organisateurs 

Madjid Messaoudene, élu de Saint-Denis et l'un des initiateurs de la manifestation évoque le chiffre de 40 000 à 50 000 personnes. La préfecture n'a pas donné de chiffre pour l'instant. 

16:51 - "Un moment historique", pour l'ancien président du CCIF

"C'est un moment historique pour nous (...) Il ne s'agit pas d'interdire la critique des religions ou le blasphème, mais de démontrer qu'aujourd'hui dans la société française il y a des discours et des actes qui visent nos concitoyens musulmans en raison de leur appartenance religieuse", déclare Marwan Muhammad, l'ancien directeur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) à Franceinfo. 

16:45 - Le cortège arrive place de la Nation

En fin d'après-midi, le cortège de la manifestation contre l'islamophobie arrive à son point final, la place de la Nation, dans le XIIe arrondissement parisien. Plusieurs participants évoquent sur Twitter "des milliers de personnes". 

16:19 - Quelles personnalités politiques marchent contre l'islamophobie à Paris ?

Dans le cortège, plusieurs responsables politiques de gauche ont défilé avec les manifestants contre l'islamophobie. Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon était présent, ainsi que les députés de Seine Saint-Denis, Clémentine Autain et Éric Coquerel. Ian Brossat du Parti communiste a également défilé lors de la marche, accompagné de la maire d'Aubervilliers Meriem Derkaoui. Esther Benbassa (EELV) battait également le pavé. Le NPA et Lutte ouvrière étaient représentés par Olivier Besancenot et Nathalie Arthaud. 

15:57 - Le gilet jaune Jérôme Rodrigues défile avec les manifestants contre l'islamophobie

La figure des gilets jaunes Jérôme Rodrigues a marché contre l'islamophobie ce dimanche. Il a appelé les manifestants à prendre part au mouvement des gilets jaunes et à marcher avec lui dès la semaine prochaine. Jérôme Rodrigues a exprimé la volonté d'une "convergence humaine et citoyenne". 

15:24 - "Laïcité, on t'aime, tu dois nous protéger", les slogans de la manifestation contre l'islamophobie

Les manifestants contre l'islamophobie défilent toujours dans Paris ce dimanche après-midi. Sur les pancartes, on peut lire : "Français & musulmans, fiers de nos deux identités", "Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant. Liberté, égalité, fraternité", "Mon vêtement, mon culte, mon choix, ma liberté", "Halte à tous les racismes". Sur Twitter, on rapporte ces slogans scandés lors de la marche : "C'est pas les musulmans qui posent problème c'est les Islamophobes qui ont la haine", "laïcité on t'aime, tu dois nous protéger". 

14:34 - Une militante apparaît seins nus dans le cortège de la manifestation

Une femme est apparue seins nus dans la marche contre l'islamophobie de ce dimanche. Elle a brandi une pancarte indiquant "Le blasphème est un droit républicain". Sur son torse, était écrit : "Ne bradons pas la laïcité". Les Femen ont précisé qu'il s'agissait de l'"initiative libre d’une activiste", tout en se désolidarisant de cette manifestation. 

14:07 - Une manifestation contre l'islamophobie prévue à Toulouse

Au-delà de la marche qui se déroule à Paris ce dimanche, une manifestation est prévue également à Toulouse. Le cortège doit partir vers 15 heures de la station de métro Jean Jaurès. 

13:58 - L'humoriste Yassine Belattar en tête de cortège

La marche contre l'islamophobie a commencé et les manifestants déambulent dans Paris. En tête de cortège, on retrouve notamment l'humoriste Yassine Belattar, auteur d'une lettre ouverte au président de la République suite à la polémique du port du voile par une accompagnante de sortie scolaire. 

13:23 - Les manifestants se rassemblent à la gare du Nord

À la mi-journée, les manifestants commencent à se rassembler autour de la gare du Nord à Paris avec des pancartes indiquant "STOP à l'islamophobie" ou encore "Vivre ensemble c'est urgent". La marche doit rejoindre la place de la Nation. 

12:33 - La manifestation contre l'islamophobie "utilise un terme à des fins politiques", selon Aurore Bergé

La députée En Marche des Yvelines affirme qu'elle participerait volontiers à une manifestation contre le racisme "sous toutes ses formes". "Mais dénoncer le racisme, ce n'est pas accepter que l'on puisse avoir aujourd'hui une marche qui clairement à la fois attaque l'Etat considérant qu'il y aurait un racisme d'Etat (...) et qui utilise un terme dont on sait bien qu'il est utilisé à des fins politiques (...) Parler d'islamophobie, c'est interdire de critiquer une religion", explique Aurore Bergé sur BFMTV. 

12:16 - Pour Jean-Luc Mélenchon, il faut "considérer qu'il y a des comportements qui s'apparentent à la phobie"

Lors d'une conférence de presse avant la manifestation contre l'islamophobie, Jean-Luc Mélenchon a précisé sa pensée sur le terme controversé d'"islamophobie". "Nous on n'utilise pas le mot parce qu'on a toujours craint que ça soit une manière de dire qu'on limite le droit à la critique d'une religion (...) Quand on en est rendu au fait que des personnes tirent sur des personnes âgées à la porte d'une mosquée, on est bien obligés de considérer qu'il y a des comportements qui s'apparentent à la phobie, c'est à dire à une attitude mentale totalement incontrôlée." Le président du groupe de La France insoumise indique par ailleurs qu'il préfère utiliser le terme de "haine contre les musulmans". 

12:01 - Jean-Luc Mélenchon s'exprime avant la manifestation contre l'islamophobie

"La France a une longue histoire de guerres de religions. Elles ont donné lieu à des persécutions contre les juifs et contre les protestants. À chaque génération, il faut être vigilant et venir en soutien à ceux qui sont menacés", a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse. Le chef de file de La France insoumise a confirmé sa présence à la manifestation contre l'islamophobie. "Imagine-t-on la situation où, après un attentat contre une mosquée, nous n'aurions eu aucun acte collectif ? La France est notre bien commun. Nous ne la laissons pas aux tris des meurtriers. Cela ne se négocie pas", a expliqué le député des Bouches-du-Rhône. 

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La manifestation contre l'islamophobie à Paris a eu lieu ce dimanche 10 novembre à partir de 13 heures. La marche est partie de la gare du Nord, au cœur de la capitale, selon l'appel initié le 1er novembre dernier dans les pages de Libération par Madjid Messaoudene (élu de Saint-Denis), la Plateforme L.e.s. Musulmans; Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA); le Comité Adama; le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF); l’Union communiste libertaire (UCL); l’Union nationale des étudiants de France (Unef) et Taha Bouhafs (journaliste).

Pourquoi la manifestation contre l'islamophobie a fait polémique ?

La tribune appelant à la mobilisation contre l'islamophobie du dimanche 10 novembre a été publiée dans Libération le 1er novembre et signée par une cinquantaine de personnalités. Plusieurs élus de gauche comptaient parmi les signataires. Pourtant, à quelques jours de la manifestation, une polémique s'est installée sur sa légitimité. L'une des raisons derrière cette polémique, c'est la présence du Collectif contre l'islamophobie en France, soupçonné de liens avec les Frères musulmans, dans la liste des organisateurs de la manifestation. Jawad Bachare, président du CCIF réfute tout lien avec l'organisation qui promeut l'islam politique. "Nous avons un site internet, un manifeste, nous sommes totalement transparents. Nous travaillons avec la Ligue des droits de l'homme, avec SOS Racisme ou l'Union juive française avec pour seul et même combat celui de faire reculer le racisme en France", a déclaré le président de l'association. Pour ce qui est de la polémique autour du contenu de la tribune de la manifestation contre l'islamophobie, il est mentionné des "projets ou des lois liberticides" à l'égard des musulmans en France. Des termes qui laissent entendre que la République et le principe de laïcité discrimineraient les musulmans à travers la loi. Plusieurs personnalités politiques ont affirmé leur opposition à cette formulation.

Marine Le Pen s'est également exprimée sur cette manifestation contre l'islamophobie, samedi 9 novembre. La présidente du Rassemblement national a affirmé qu'il s'agissait d'une "manifestation organisée par les islamistes". "Tous ceux qui vont se rendre à cette manifestation seront main dans la main avec les islamistes, c'est-à-dire ceux qui développent dans notre pays une idéologie totalitaire qui vise à combattre les lois de la République française", a déclaré Marine Le Pen à la presse. Jean-Luc Mélenchon a répondu à ces attaques. "Madame Le Pen tourne le dos à la France, car elle n'a pas compris qu'il s'agissait d'une marche d'unité républicaine des Français", a lancé le chef de file de La France insoumise.

Qui a participé à la marche contre l'islamophobie ?

La gauche s'est divisée ces derniers jours sur sa participation ou non à cette marche contre l'islamophobie. Certains responsables politiques ont confirmé leur soutien à la manifestation, d'autres ont préféré prendre de la distance. Au sein d'EELV, Esther Benbassa, sénatrice de Paris était présente, contrairement à l''eurodéputé Yannick Jadot, qui avait signé la tribune dans Libération dans un premier temps avant de rétropédaler, car il n'était pas en accord avec "l'ensemble du texte". Le secrétaire national d'EELV David Cormand n'a pas non plus défilé lors de la manifestation malgré une signature "assumée", car il avait pris d'autres engagements. 

Du côté de la France insoumise, Éric Coquerel et Clémentine Autain, signataires de l'appel à manifester, étaient présents. Ce n'est pas le cas d'autres figures de La France insoumise comme François Ruffin. "Je n'irai pas dimanche, je joue au foot", a-t-il précisé. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon s'est également rendu à la marche. "À chaque génération, il faut être vigilant et venir en soutien à ceux qui sont menacés", a déclaré le député des Bouches-du-Rhône, lors d'une conférence de presse avant la manifestation. 

Dans un communiqué publié vendredi 8 novembre, le PCF a appellé à manifester pour s'"opposer massivement au racisme anti-musulman, à l'antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse". Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris et Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, ont répondu à l'appel contre l'islamophobie, sans le secrétaire national du parti Fabien Roussel. Olivier Besancenot du NPA et Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière ont également participé à la marche. Le PS avait annoncé quant à lui mercredi qu'il se désolidarisait de cet événement. "Nous ne voulons pas nous associer à certains des initiateurs de l'appel", a précisé le parti dans un communiqué. 

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