DIRECT. Remaniement : Jean Castex officiellement Premier ministre, et maintenant ?

Chargement de votre vidéo
"DIRECT. Remaniement : Jean Castex officiellement Premier ministre, et maintenant ?"

DIRECT. Remaniement : Jean Castex officiellement Premier ministre, et maintenant ? REMANIEMENT MINISTERIEL. Désormais officiellement Premier ministre, Jean Castex est désormais chargé de former un nouveau gouvernement. Les dernières infos...

L'essentiel
  • Jean Castex est devenu ce vendredi 3 septembre le 23e Premier ministre de la France, à l'occasion d'une passation de pouvoir en présence d'Edouard Philippe à Matignon. L'Elysée avait officialisé la nouvelle à la mi-journée, dans le cadre du remaniement.
  • Jean Castex, 55 ans, ex-LR et ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée sous Sarkozy, est désormais chargé de former un nouveau gouvernement, qui devrait être connu d'ici le début de la semaine prochaine. Plusieurs ministres de premier plan du gouvernement sortant sont menacés. Emmanuel Macron et son nouveau Premier ministre pourraient opter pour des recrutements chez les Républicains. Les noms de Nathalie Kosciusko-Morizet, de Benoist Apparu ou de Christophe Béchu ont déjà été cités avec plus ou moins de certitudes. A gauche aussi des transfuges sont possibles, comme Jérôme Guedj ou Mathieu Klein.
  • Suivez les dernières infos et les dernières tendances de ce remaniement.
Lire aussi
En direct

20:08 - Jean Castex donne sa première interview à TF1

Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, est arrivé au siège de TF1, comme le rapporte La Chaîne. Il a accordé sa première interview au 20 Heures d’Anne-Claire Coudray. Il a succédé à Édouard Philippe ce vendredi 3 juillet, à Matignon.

19:49 - Qui est Nicolas Revel ?

Nicolas Revel, suite au remaniement, prend les commandes du cabinet de Jean Castex, le nouveau Premier ministre. Diplômé de l’ENA, il fut notamment secrétaire général adjoint de l'Élysée de 2012 à 2014 sous la présidence de François Hollande. Il est directeur de l'Assurance maladie depuis 2014. 

19:30 - 1 145 jours à Matignon

L’ancien Premier ministre, Édouard Philippe, aura précisément passé 1 145 jours à Matignon, indique L’Info du Vrai. Une période durant laquelle il a dû gérer de nombreuses crises, et notamment celle du coronavirus. Sa popularité était en hausse, les Français estimant qu’il avait bien géré la situation.

19:10 - Pour Franck Louvrier, la nomination de Jean Castex est une "excellente nouvelle"

L'ancien conseiller de communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, estime que le nouveau Premier ministre Jean Castex saura réconcilier la haute administration et les élus locaux. "C'est une excellente nouvelle pour le pays. Au-delà du fait que ce soit un ami, je pense qu'il saura affronter les difficultés auxquelles la France fait face aujourd'hui et celles des semaines à venir", a notamment commenté Franck Louvrier à propos du remaniement.

18:52 - Des "styles" différents, mais des liens

Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, a évoqué le "style" d’Édouard Philippe, qui a quitté ses fonctions lors du remaniement, ce vendredi 3 juillet. "Nos styles sont différents, mais je voudrais me permettre de revendiquer avec Édouard Philippe une communauté de valeurs. Des valeurs démocratiques et républicaines", a notamment déclaré le Premier ministre.

18:35 - Jean Castex salue le travail d’Édouard Philippe

Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, a salué le travail effectué par Édouard Philippe lors de la passation liée au remaniement. "Cher Édouard, les trois années que vous avez passées à Matignon resteront sans nul doute marquées dans l'histoire de notre pays. Vous avez été le chef du gouvernement qui a dû affronter la plus grave crise sanitaire qui ait affecté l'Europe et le monde depuis des décennies", a-t-il notamment déclaré.

18:30 - Edouard Philippe quitte Matignon

Sous de nouveaux applaudissements et même quelques cris, Edouard Philippe quitte la cour de l'hôtel Matignon, après avoir salué bon nombre de personnes présentes.

18:28 - Édouard Philippe quitte Matignon

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a quitté l’Élysée, après le discours du nouveau Premier ministre Jean Castex.

18:25 - Jean Castex prend la parole

Alors qu'il a pris la parole suite aux applaudissements destinés à Edouard Philippe, Jean Castex s'est donné l'ambition de "réconcilier la France". "Le service de l'intérêt général doit prévaloir sur toute autre considération. Une nouvelle étape du quinquennat s'ouvre, elle est dictée par un contexte lui-même nouveau, pesant, difficile. La crise sanitaire n'est malheureusement pas terminée", a déclaré le nouveau Premier ministre.

18:19 - Édouard Philippe : "De belles rencontres, j’en ai eu beaucoup"

Lors de la cérémonie de passation, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe a notamment déclaré : "Être à Matignon, c'est avoir la chance de faire des rencontres avec des hommes et des femmes qui cherchent à faire avancer leurs convictions, leurs dossiers. De belles rencontres, j'en ai eu beaucoup pendant ces trois ans. Ils sont parfois élus, maires, comme vous l'êtes et je vais le redevenir ; ils sont parfois responsables syndicaux ; parfois simples citoyens : mille visages me viennent ainsi à l'esprit, à commencer par les forces politiques de la Nouvelle-Calédonie."

18:18 - Tonnerre d'applaudissements pour Philippe

"Soyez bon et comme on dit chez moi, bon vent !". C'est sur ces mots, adressés à son successeur Jean Castex, qu'Edouard Philippe a conclu son discours de sortie de Matignon, avant des applaudissements particulièrement nourris de l'assemblée présente dans la cours de l'hôtel de la rue de Varenne. Des applaudissements coupés... par Edouard Philippe lui-même. "Bon ça suffit maintenant", a-t-il lancé dans une autorité teintée d'ironie.

18:08 - La cérémonie de passation de pouvoir a débuté

Edouard Philippe et Jean Castex sont sortis sur le perron de Matignon pour s'exprimer aux micros. Edouard Philippe a évoqué "une charge assez lourde" confiée à Jean Castex. "Mais connaissant votre intelligence, votre sens politique comme votre rigueur intellectuelle, vous saurez prendre les bonnes décisions", a jugé le Premier ministre sortant.

17:53 - Enquête ouverte concernant Edouard Philippe

Le procureur général fait savoir à l'instant qu'une enquête judiciaire va être ouverte à l'encontre de Edouard Philippe pour sa gestion de la crise du Covid-19 lorsqu'il était Premier ministre. Olivier Véran et Agnès Buzyn, actuel et ancienne ministre de la Santé, sont également concernés.

17:44 - Aliot espère de Castex le TGV à Perpignan

Louis Aliot, tout nouveau maire de Perpignan, a félicité Jean Castex, élu comme lui des Pyrénées-Orientales, pour son accession au poste de Premier ministre. Le membre du Rassemblement national en a profité pour faire savoir son souhait de voir arriver le TGV dans la préfecture du département. éJ’adresse mes félicitations à Jean Castex pour sa nomination à Matignon. J’espère beaucoup sur sa mobilisation pour qu’enfin Perpignan accède au train à grande vitesse ainsi que sur une défense de notre ruralité qui est en grande souffrance", écrit Louis Aliot sur Twitter.

17:39 - François Molins au gouvernement ?

Le nom de François Molins, ancien procureur de la République, dont le travail et la gestion des moyens ont été très remarqué lors des attentats terroristes ces dernières années, pourrait prendre la tête du ministère de la Justice, selon des informations relayées par BFMTV.

17:32 - La passation de pouvoir va débuter

Jean Castex vient d'arriver à Matignon, accueilli par Edouard Philippe sur le perron de Matignon. Les deux hommes, accompagnés par Benoît Ribadeau-Dumas, le directeur de cabinet sortant, sont entrés dans la résidence du Premier ministre avant d'en ressortir d'ici quelques instants pour la cérémonie à proprement dite.

17:16 - Un grand ministère sous la houlette de Jean-Michel Blanquer ?

Challenges indiquait ce jeudi qu'Emmanuel Macron pourrait créer un grande ministère rassemblant l'Education nationale, la Culture, la Jeunesse, la Recherche et les Sports, qui serait confié à une valeur sûre, Jean-Michel Blanquer. Selon le magazine, Claire Chazal et Jean-Michel Jarre seraient bien "candidats" pour prendre la tête du portefeuille de la Culture.

17:03 - La passation de pouvoir se prépare

La garde républicaine a pris place dans la cour de l'hôtel de Matignon, rue de Varenne à Paris. La passation de pouvoir entre Jean Castex et Edouard Philippe va avoir lieu dès 17h30 et sera à suivre en direct.

16:43 - Pécresse "félicite" Jean Castex

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s'est montrée satisfaite, sur Twitter, de l'arrivée de Jean Castex comme chef du gouvernement. "Je félicite Jean Castex de sa nomination à Matignon alors que notre pays traverse une crise inédite économique & sociale mais aussi d’autorité. Souhaitons qu’elle traduise un virage politique d’Emmanuel Macron vers + de fermeté, de lutte contre les fractures & de décentralisation", écrit-elle.

16:30 - Passation de pouvoirs à 17h30

Franceinfo annonce que la passation de pouvoir entre Edouard Philippe, qui quitte son poste de Premier ministre, et Jean Castex, son successeur, va avoir lieu dans une heure tout juste, à 17h30. L'événement sera à suivre en direct ici-même.

16:23 - Marlène Schiappa veut "porter d'autres chantiers" au gouvernement

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes-hommes a déjà fait savoir, dans la presse il y a quelques semaines" qu'elle souhaitait en "faire davantage" pour son pays. Interrogée sur ses ambitions hier sur France Info, la ministre a réitéré ce qui ressemble à un appel au président de la République. "On a toujours envie de faire plus, de porter d'autres chantiers, d'autres dossiers. On a l'impression que le quinquennat touche à son fin, mais il reste encore au président de la République beaucoup de temps pour faire encore beaucoup de choses et transformer le pays", a-t-elle déclaré, ajoutant : "On est dans une période importante, le président de la République a appelé chacun à se réinventer et il n'est pas incohérent que chacun fasse des propositions. Je suis une parmi beaucoup d'autres".

16:08 - Quelques pistes pour le remaniement

Le remaniement est en marche depuis l'annonce de la nomination de Jean Castex à Matignon, qui doit désormais former un gouvernement. Laurence Tubiana (Ecologie), Frédéric Péchenard (Intérieur)... Voici quelques pistes évoquées par BFM TV.

15:53 - Le déplacement de Christophe Castaner dans le Gard annulé

Un indice de plus quant à un départ de Christophe Castaner du ministère de l'Intérieur ? Alors que son maintien est menacé, le déplacement du locataire de la place Beauvau dans le Gard, où il devait rencontrer les pompiers du département, a été annulé.

15:43 - Jean Castex, "quelqu'un qui est à l'écoute des gens"

Invité à réagir à la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre, le premier adjoint à la ville de Prades, dont le nouveau chef du gouvernement était maire jusque-là, a évoqué "quelqu'un qui est à l'écoute des gens". C'est un homme exceptionnel, qui n'est pas sectaire. Il sait faire le rassemblement", estime Ahmed Bekheira. Et d'ajouter : "Je suis ravi pour lui, parce que je sais que c'est l'homme de la situation".

15:35 - Une entrée de Jean-Louis Borloo au gouvernement évoquée

L'ancien ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy, passé tout près de devenir son Premier ministre à mi-mandat de l'ancien président, peut-il intégrer la nouvelle équipe Macron ? Si oui, à quel poste ? "Il s'agite de tous les côtés pour envoyer des signaux. Macron a besoin de figures, des personnalités qui incarnent de surcroît l'écologie. Jean-Louis remplit ces deux cases",a confié un proche de l'ancien ministre au Parisien. Une piste qui prend une certaine crédibilité si l'on considère qu'Elisabeth Borne est donnée partante du gouvernement.

LIRE PLUS
En savoir plus

Edouard Philippe retourne au Havre

Edouard Philippe a fait le choix de redevenir maire du Havre et donc de quitter Matignon selon les premières informations publiées dès ce vendredi matin par Le Monde, Le Figaro et même l'AFP. Réélu très largement dans la ville normande dimanche dernier, Edouard Philippe a plusieurs fois laissé entendre qu'il voulait revenir à la gestion municipale. L'élection du maire du Havre par le Conseil municipal étant programmée ce samedi 4 juillet, il fallait pour Emmanuel Macron et son Premier ministre trancher la question assez rapidement.

Jean-Castex Premier ministre

C'est Jean Castex, celui qui avait été nommé "Monsieur déconfinement" du gouvernement pendant la crise sanitaire, qui va donc succéder à Edouard Philippe. Haut-fonctionnaire et maire de la ville de Prades, dans les Pyrénées-Orientales (réélu dès le premier tour des municipales de 2020 avec plus de 75% des voix), il était aussi président de l'Agence nationale du sport et délégué interministériel aux Jeux Olympiques de 2024 avant la tempête du coronavirus, qui va le rapprocher encore un peu plus du gouvernement. Jean Castex avait aussi été présenté par Edouard Philippe lui-même lors de sa nomination comme "un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et qui est redoutable d'efficacité". Cet ancien conseiller à la Cour des comptes, passé par Sciences-Po Paris et par l'ENA, a en effet été directeur de la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (DHOS) au ministère de la Santé et des solidarités de 2005 à 2006. Il a ensuite travaillé pour Xavier Bertrand, en tant que directeur de cabinet – d'abord au ministère de la Santé, puis à celui du Travail. Jean Castex a aussi travaillé au plus près de Nicolas Sarkozy, comme conseiller aux affaires sociales, puis comme secrétaire général adjoint de l'Elysée jusqu'en 2012. C'est d'ailleurs Nicolas Sarkozy qui aurait le premier soufflé son nom à Emmanuel Macron en 2018. Jean Castex était alors pressenti pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur. Le destin en aura décidé autrement.

Emmanuel Macron n'a donc pas fait le choix d'une femme à Matignon, comme le laissait entendre la rumeur jusqu'ici. "Je choisirai le Premier ministre le plus compétent, le plus capable possible, avec le souhait et la volonté que ce soit aussi une femme", avait-il pourtant indiqué le 8 mars 2017. Selon Le Canard enchaîné et L'Opinion, la ministre des Armées Florence Parly tenait la corde pour ce remaniement. La ministre bénéficiait selon plusieurs médias d'un soutien de poids : celui des députés LREM. Le nom de Laurence Tubiana était aussi mis en avant. Cette universitaire, qui a orchestré en 2015 la Cop21, aurait pu incarner le virage écologique du quinquennat, avec l'immense avantage de n'être pas marquée politiquement. L'Obs avait aussi récemment cité le nom de Marisol Touraine et l'AFP évoquait Valérie Pécresse, la présidente de l'Île-de-France. Toutes ces hypothèses auront donc finalement été écartées.

Qui sont les nouveaux ministres potentiels ?

Il faut sans doute compter sur quelques nominations surprises à l'occasion de ce remaniement. Selon les confidences d'une "source au sein de l'exécutif" au Monde, "le président souhaite un élargissement de son assise politique", ce qui laisse entendre qu'il est prêt à confier des portefeuilles à des personnalités issues d'autres rangs que LREM. Auprès du Journal du Dimanche, le président du groupe macroniste du Sénat, François Patriat, estime qu'Emmanuel Macron aura besoin pour les deux prochaines années de "personnes qui inspirent confiance". Le sénateur évoque l'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve et l'ancienne ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet. L'option d'un retour de Manuel Valls semble quant à elle farfelue, même si l'ancien Premier ministre ne tarît jamais d'éloges envers l’actuel chef de l'Etat ou du chef du gouvernement.

De nouveaux ministres venus de la droite ?

Le Monde, qui s'appuie aussi sur des commentaires de proches du président, indique que le chef de l'Etat veut dans la nouvelle équipe ministérielle des élus locaux, comme des maires populaires et qui affichent un bon bilan, comme Benoist Apparu, maire de Châlons-en-Champagne ou Christophe Béchu, maire d'Angers. Les noms de Christian Estrosi et de Jean-Luc Moudenc ont aussi circulé ces dernières semaines. 

Mais Emmanuel Macron pourrait aller jusqu'à "chasser" des députés de droite, soit Macron-compatibles, soit susceptibles de travailler avec Edouard Philippe si celui-ci restait en place. L'élu de l'Ain Damien Abad et celui de l'Yonne Guillaume Larrivé sont cités. Ce dernier, qui incarne depuis quelques années une ligne identitaire et sécuritaire au sein de LR, semble intéressé. "Pendant la crise, j'ai essayé d'être un député libre et responsable. J'ai voté en conscience ce qui me paraissait nécessaire. Cela m'a amené à approuver les choix d'Édouard Philippe", a même fait savoir le député à L'Yonne Républicaine.

De tels débauchages, en tout cas, créeront de remous au sein d'un parti encore un reconstruction et qui se cherchent encore des cadres. "La base fondamentale de la vie politique c'est de pouvoir se regarder dans une glace le matin (...), j'imagine que chacun y est attaché", a rappelé sur Public Sénat le député Aurélien Pradier, de plus en plus en vue. Selon lui, les membres de son parti ont "une opposition franche avec l'idée qu'Emmanuel Macron se fait de la société, et on ne renie pas ses convictions pour un gyrophare sur la voiture et un titre de ministre".

De nouveaux ministres venus de LREM ?

Chez LREM, peu de parlementaires semblent en revanche en mesure d'endosser le costume de ministre, comme le président du groupe de la majorité à l'Assemblée Gilles Le Gendre l'avait maladroitement souligné dans un courrier adressé à l'Elysée et qui a fuité dans Marianne au printemps. La députée LREM de Paris Olivia Grégoire et celle des Yvelines Aurore Bergé présentent toutes les deux l'avantage d'être des macronistes de la première heure, incarnant encore une forme de renouvellement du personnel politique. Leur recrutement aurait en outre l'avantage de jouer en faveur de la parité, qui n'est toujours pas chose aisée lors d'un remaniement en 2020.

De nouveaux ministres venus de la gauche ?

A gauche, le casting semble encore plus difficile. Le nom de Jérôme Guedj, ancien député socialiste de l'Essonne, proche du ministre de la Santé Olivier Véran, est pour l'instant évoqué. Depuis les municipales, celui de Mathieu Klein, homme de gauche jugé "Macron-compatible" et élu maire de Nancy, revient lui aussi quand il s'agit de spéculer sur ce remaniement. Ce dernier avait refusé un maroquin en 2018 pour "privilégier ses mandats locaux".

Restent les personnalités de la société civile ou n'ayant pas (encore) été mises sous les projecteurs de l'arène politique. Jean Castex, haut-fonctionnaire et élu local, qui s'est illustré en tant que "Monsieur déconfinement" ces derniers mois, est de ceux-là. Grand connaisseur des rouages du système de santé, il est aussi présenté comme un expert de la sécurité, susceptible de succéder à Christophe Castaner à l'Intérieur. Il avait d'ailleurs déjà été cité au moment du départ de Gérard Collomb avec fracas de la place Beauvau en 2018. Clément Beaune, conseiller Europe d'Emmanuel Macron, pourrait lui aussi sortir des coulisses pour entrer sur le devant de la scène.

Qui sont les ministres sur le départ ?

La machine à spéculations est déjà bien lancée et la presse relaie depuis quelques jours des rumeurs sur les membres du gouvernement que l'on dit sur la sellette. Pour le Journal du Dimanche, quatre ministres de premier plan pourraient être écartées, à commencer par la garde des Sceaux, Nicolle Belloubet. Interrogée sur France Inter ce mardi 30 juin, elle a semblé s'être fait une raison. "lI y a toujours plus et mieux à faire et en ce sens on voudrait que les choses ne s'arrêtent jamais", a-t-elle déclaré avant d'ajouter : "Je connais parfaitement nos institutions, je connais parfaitement l'article 8 de notre Constitution, et évidemment c'est le choix du président de la République et du Premier ministre".

D'autres membres du gouvernement sont donnés en bout de course : la ministre de l'Ecologie, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Ce dernier apparaît de plus de plus affaibli, et pourrait payer sa gestion très critiquée des manifestations de colère contre les violences policières. Le même journal assure que Franck Riester est très affaibli et qu'il est probable que Sibeth Ndiaye quitte son poste de porte-parole pour de nouvelles fonctions. Frédérique Vidal à l'Enseignement supérieur et Annick Girardin à l'Outre-mer seraient aussi sur le départ.

Qui sont les ministres sûrs de rester ?

Certains ministres font à l'inverse figure d'indéboulonnables bras droits, comme Bruno Le Maire (Economie), qui s'est d'ores et déjà positionné pour Matignon avec de nombreuses interventions en marge de la crise provoquée par le coronavirus. Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Olivier Véran (Santé) ou Jean-Michel Blanquer (Education) bénéficieraient eux aussi d'une position privilégiée, même si ce dernier a été très critiqué lors de la reprise de l'école après le confinement . Il est probable qu'Emmanuel Macron les confirme à leurs postes ou les garde dans la nouvelle équipe. Gérarld Darmanin et Marlène Schiappa, qui ont récemment fait savoir par voie de presse qu'ils espéraient en faire encore davantage au sein du gouvernement, pourraient être promus.

Quel est le rôle d'Emmanuel Macron lors du remaniement ?

Le premier gouvernement d'Emmanuel Macron, le gouvernement Philippe 1, a été nommé le 17 mai 2017. L'annonce du nouveau gouvernement ne se fait pas à Matignon. Même si le chef du gouvernement est bien le Premier ministre, ce dernier n'a officiellement qu'un pouvoir de proposition lors des remaniements. C'est sur la décision du chef de l'Etat Emmanuel Macron que les nominations doivent avoir lieu. Selon la constitution, c'est bien en effet le président qui nomme le gouvernement, "sur proposition" de son Premier ministre. C'est donc sur le perron du palais présidentiel que le secrétaire général de l'Elysée prend traditionnellement la parole et donne officiellement la liste des ministres qui composent le nouveau gouvernement. Le plus souvent ces derniers mois, les remaniements ont néanmoins eu lieu par le biais de communiqués de l'Elysée.

Remaniement du gouvernement : chronologie

Plusieurs membres de l'équipe ministérielle ont été remplacés au fil des mois par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, donnant lieu à des remaniements, parfois importants, souvent techniques, mais chacun après une crise significative au sommet de l'Etat. Dès le début du quinquennat, les Modem François Bayrou et Marielle de Sarnez, mais aussi le fidèle macroniste (devenu depuis président de l'Assemblée) Richard Ferrand sont obligés de quitter le gouvernement, visés par des enquêtes de la justice. Les deux premiers sont soupçonnés pour de présumés emplois fictifs au Parlement européen, le troisième pour l'affaire dite des "Mutuelles de Bretagne".

Remaniement ministériel du 21 juin 2017. Après les législatives, il est de coutume que le gouvernement présente sa démission. Celle qui a suivi les législatives de juin 2017 sera déjà l'occasion de faire des "ajustements". Le 21 juin, le garde des Sceaux et ministre d'Etat François Bayrou est remplacé par Nicole Belloubet, tandis que Marielle de Sarnez, chargée des Affaires européennes, cède sa place à Nathalie Loiseau. La ministre des Armées, Modem elle aussi, Sylvie Goulard, est remplacée par Florence Parly. Richard Ferrand, éphémère ministre de la Cohésion des Territoires, cède sa place à Jacques Mézard. Ce dernier, qui était déjà au gouvernement, sera remplacé à l'Agriculture par Stéphane Travert un autre petit nouveau dans ce gouvernement Philippe 2.

Remaniement ministériel du 24 novembre 2017. Christophe Castaner, jusqu'ici ministre des Relations avec le Parlement et Porte-parole du gouvernement, quitte cette seconde fonction. Il vient en effet d'être élu délégué général de la République en Marche, le partir présidentiel. Il sera remplacé au porte-parolat par Benjamin Griveaux, qui était auparavant secrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire à Bercy. Delphine Gény-Stephann entre ainsi au gouvernement, auprès du ministre de l'Economie. L'ancien socialiste Olivier Dussopt profite aussi de ce mini-remaniement pour devenir secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Remaniement ministériel du 4 septembre 2018. Le 28 août 2018, à quelques jours de la rentrée, Nicolas Hulot annonce sur France Inter sa démission du gouvernement. Peu écouté dans son ministère de Transition, victime d'arbitrages défavorables et "malheureux" ou "mal à l'aise" dit-on dans ses fonctions, l'ancien animateur de TF1 quitte le navire par surprise envoyant un cinglant signal d'alarme pour la planète. C'est le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, ancien membre d'EELV qu'il avait quitté en 2016, qui est nommé ministre de l'Environnement. Ce remaniement ministériel, petit par la taille, mais lourd politiquement, voit également Laura Flessel, démissionner, par surprise elle aussi. L'ancienne escrimeuse est remplacée par une ancienne nageuse, Roxana Maracineanu, au ministère des Sports.

Remaniement ministériel du 16 octobre 2018. C'est une autre démission surprise qui est à l'origine du remaniement d'octobre 2018. Cette fois, c'est rien de moins que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, premier des soutiens politiques d'Emmanuel Macron, qui claque la porte le 3 octobre. Echaudé par l'affaire Benalla qui a pourri l'été de l'exécutif, Gérard Collomb avait indiqué sa volonté d'être candidat aux municipales à Lyon, la ville qu'il a dirigée pendant des années, avant d'entrer au gouvernement. Ministre d'Etat, premier dans l'ordre protocolaire après Edouard Philippe, Gérard Collomb va dès lors insister pour quitter le gouvernement, malgré le refus officiel et catégorique de l'Elysée. Un camouflet pour Emmanuel Macron. Après un long intérim d'Edouard Philippe et une période de flottement, il est finalement remplacé à Place Beauvau par Christophe Castaner.Ce remaniement modifie un peu plus profondément le gouvernement avec l'arrivée de Franck Riester au ministère de la Culture en remplacement de Françoise Nyssen, de Didier Guillaume à l'Agriculture à la place de Stéphane Travert, de Jacqueline Gourault à la Cohésion des territoires en remplacement de Jacques Mézard. Delphine Gény-Stephann, elle, quitte d'éjà ce nouveau gouvernement. D'autres ajustements auront lieu dont les nominations de nouveaux secrétaires d'Etat : Gabriel Attal à l'Education, Laurent Nuñez à l'Intérieur, Christelle Dubos aux Solidarités et à la Santé, Agnès Pannier-Runacher à l'Economie et Emmanuelle Wargon à l'Ecologie.

Remaniement ministériel du 31 mars 2019. Après la démission de Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes, partie conduire la liste LREM pour les élections du Parlement européen, Emmanuel Macron a souhaité opérer une clarification dans son gouvernement, se séparant du Porte-parole Benjamin Griveau, mais aussi de son homologue au Numérique Mounir Mahjoubi, tous les deux candidats pour les municipales à Paris. Pour le porte-parolat du gouvernement, c'est Sibeth Ndiaye, la conseillère presse et communication du chef de l'Etat, qui a été choisie. Fidèle de la première heure, elle a commencé à travailler pour Emmanuel Macron lorsqu'il était à Bercy. Pour le secrétariat d'Etat en charge du numérique, c'est Cédric O qui été désigné. Ce trentenaire fait lui-aussi partie du premier cercle macroniste, il avait jusqu'ici la charge de conseiller le président sur les questions économiques. Enfin, la député LREM Amélie de Montchalin a été nommée au poste de ministres des Affaires européennes. L'élue de l'Essonne était appréciée de l'exécutif, notamment pour son profil de bonne élève, sérieuse, appliquée, qui a démontré une vraie maîtrise des dossiers sur lesquels elle s'investit.

Plusieurs ajustements ont été effectués dans le gouvernement depuis. En juillet 2019, visé par une polémique sur l'utilisation de ses indemnités de mandat quand il était président de l'Assemblée, François de Rugy démissionne et le portefeuille de la Transition écologique est confié à Elisabeth Borne en plus des Transports. Le 3 septembre 2019, Jean-Paul Delevoye, qui a planché pendant des mois sur la réforme des retraites, est nommé "Haut commissaire" à ladite réforme, en tant que membre à part entière du gouvernement. Il démissionnera en décembre de la même année, accusé de conflit d'intérêt en plein examen du texte et en plein mouvement de grève contre cette réforme. C'est Laurent Pietraszewski, ancien responsable des ressources humaines dans le groupe Auchan et élu député LREM, qui prendra la suite. A la même période, Jean-Baptiste Djebbari est nommé secrétaire d'Etat aux Transports auprès de la ministre de la Transition. Cet ancien député LREM de la Haute-Vienne avait auparavant été rapporteur du projet de loi sur la réforme de la SNCF. Dernier ajustement en date : la nomination d'Olivier Véran, ancien député de l'Isère, au ministère de la Santé. Il y remplace depuis le 16 février Agnès Buzyn, partie en campagne à Paris après l'affaire Griveaux.

Liste des ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement Philippe

  • Ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur : Christophe Castaner
  • Ministre de la Transition écologique et solidaire, ministre des Transports : Elisabeth Borne
  • Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Nicole Belloubet
  • Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères : Jean-Yves Le Drian
  • Ministre des Armées : Florence Parly
  • Ministre des Territoires : Jacqueline Gourault
  • Ministre des Solidarités et de la Santé : Olivier Véran
  • Ministre de l'Economie et des Finances : Bruno Le Maire
  • Ministre de la Culture : Franck Riester
  • Ministre du Travail : Muriel Pénicaud
  • Ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse : Jean-Michel Blanquer
  • Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation : Didier Guillaume
  • Ministre de l'Action et des Comptes publics : Gérald Darmanin
  • Ministre des Outre-mer : Annick Girardin
  • Ministre des Sports : Roxana Maracineanu
  • Ministres sous tutelle :
  • Ministre chargé des Relations avec le Parlement : Marc Fesneau
  • Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation : Frédérique Vidal
  • Ministre chargée des Affaires européennes : Amélie de Montchalin
  • Ministre en charge des Collectivités : Sébastien Lecornu
  • Ministre en charge de la Ville et du Logement : Julien Denormandie
  • Haut-commissaire à la réforme des retraites : Laurent Pietraszewski
  • Les secrétaires d'Etat
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur : Laurent Nuñez
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Numérique : Cédric O
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances : Agnès Pannier-Runacher
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique : Emmanuelle Wargon
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique : Brune Poirson
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique, chargé des Transports : Jean-Baptiste Djebbari
  • Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé : Christelle Dubos
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education : Gabriel Attal
  • Secrétaire d'Etat auprès du ministre l'Europe et des Affaires étrangères : Jean-Baptiste Lemoyne
  • Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes : Marlène Schiappa
  • Secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées : Sophie Cluzel
  • Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées : Geneviève Darrieussecq
  • Secrétaire d'Etat chargé de la Protection de l'Enfance : Adrien Taquet
  • Secrétaire d'Etat, porte-parole : Sibeth Ndiaye