Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle dans l'affaire dite "des écoutes"

Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle dans l'affaire dite "des écoutes" SARKOZY - L'ancien chef de l'Etat sera très probablement jugé devant le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des écoutes. Les déboires judiciaires s'enchaînent pour Nicolas Sarkozy.

L'essentiel

  • Nicolas Sarkozy sera très probablement jugé devant un tribunal correctionnel dans l'affaire dite des écoutes, révèle ce jeudi 29 mars Le Monde. L'ancien président de la République a en effet été renvoyé en correctionnelle pour "corruption active" et "trafic d'influence" à la Cour de cassation.
  • Dans une toute autre affaire, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens". Il est soupçonné d'avoir bénéficié illégalement de fonds provenant du régime de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne de 2007. Il encourt jusqu'à dix ans de prison sur ces chefs d'inculpation, mais rappelons que Nicolas Sarkozy est présumé innocent.

En direct

29/03/18 - 23:26 - Nicolas Sarkozy fait appel dans l'affaire des écoutes

FIN DU DIRECT - L'ancien chef de l'État a fait savoir par l'intermédiaire de son avocat qu'il contestait la décision des juges financiers et de son renvoi devant un tribunal correctionnel.

29/03/18 - 22:57 - De quoi est suspecté Nicolas Sarkozy dans l'affaire des écoutes ?

La justice a de forts soupçons sur le fait que Nicolas Sarkozy ait pu tenté d'obtenir des informations le concernant auprès d'un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Des informations couvertes par le secret. Si Nicolas Sarkozy est poursuivi pour "corruption", c'est parce qu'il est suspecté d'être intervenu en faveur de Gilbert Azibert pour qu'il obtienne, en échange des informations délivrées, un poste prestigieux à Monaco.

29/03/18 - 22:16 - Une situation "tout à fait particulière, incompréhensible et anormale" selon l'avocate de Nicolas Sarkozy

Toujours au micro de BFM TV, l'avocate de Nicolas Sarkozy, Me Jacqueline Laffont, a estimé que la situation était "tout à fait particulière, incompréhensible et anormale". Selon elle, la défense de l'ex-président avait "un élément nouveau important, avec une décision juridique à venir, très importante" et a finalement "eu la surprise que les juges n’attendent pas l’audience de la chambre de l’instruction". 

29/03/18 - 21:31 - "Nous contestons la façon dont la procédure se déroule", déclare une avocate de Nicolas Sarkozy

Interrogée par BFM TV ce jeudi soir, suite au renvoi de Nicolas Sarkozy en correctionnelle, Jacqueline Laffont, avocate de l'ex-président de la République est revenue sur la volonté des avocats de faire appel. "Nous contestons la façon dont la procédure se déroule", a-t-elle déclaré. Et de détailler : "Les juges d’instruction dans le dossier dit des écoutes ont décidé de renvoyer Nicolas Sarkozy devant un tribunal correctionnel alors même que nous, ses avocats, avions déposé une requête en annulation dans un délai fixé par la loi pour contester la régularité d’actes de la procédure. Nous le faisons sur des fondements très sérieux, notamment à la suite d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui change la jurisprudence concernant les écoutes téléphoniques qui sont interceptées entre un avocat et son client."

29/03/18 - 20:44 - Nicolas Sarkozy, "c'est mon ami", confie Gérald Darmanin

"Nicolas Sarkozy connaît le respect, l’affection, l’amitié que je lui porte, c’est un citoyen comme les autres, qui doit être comme tous les autres devant la justice", a également déclaré ce jeudi en début de soirée Gérald Darmanin, interrogé par Ruth Elkrief sur BFM TV, avant de s'attarder sur l'intervention de l'ancien président de la République sur le plateau de TF1, après sa récente garde à vue. "Subjugué" par "sa motivation et sa franchise", celui qui a déclaré parlé à l'ex-chef de l'État "de temps en temps", a conclut sa prise de parole en affirmant : "C'est mon ami". 

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En savoir plus

Depuis la fin de son mandat et la levée de son immunité présidentielle, Nicolas Sarkozy est cité dans plusieurs affaires. Avant sa garde à vue dans l'affaire du financement libyen le 20 mars 2018, l'ancien chef de l'Etat a déjà été placé une fois en garde à vue, été mis en examen trois fois, mais a aussi bénéficié d'un non-lieu dans ces différents dossiers, avec une constante : Nicolas Sarkozy n'a cessé de clamer son innocence et crié à l'acharnement de la justice contre lui. Voici ce qu'il faut savoir sur ces différentes affaires visant Nicolas Sarkozy.

L'affaire des écoutes

L'affaire des écoutes de l'Elysée éclate en 2014, quand la justice et la presse se penchent sur les relations de Nicolas Sarkozy avec son avocat Thierry Herzog. Nicolas Sarkozy est soupçonné, par l'intermédiaire de Maître Herzog, d'avoir tenté d'influencer le juge Gilbert Azibert et notamment de lui avoir demandé des informations en échange d'un soutien pour obtenir un poste à Monaco. Après avoir placé Nicolas Sarkozy sur écoutes dans le cadre de cette affaire, les juges ont découvert qu'il utilisait un second téléphone portable sous le pseudonyme de "Paul Bismuth". Placé en garde à vue le 1er juillet 2014 - une première pour un ancien chef de l'Etat -, Nicolas Sarkozy a finalement été mis en examen pour "corruption active", "trafic d'influence" et "recel de violation du secret professionnel" dans ce dossier. Nicolas Sarkozy a été renvoyé devant un tribunal correctionnel, a révélé Le Monde ce 29 mars : il sera donc jugé devant un tribunal. 

L'affaire du financement libyen

Il s'agit d'une affaire mettant en cause Nicolas Sarkozy pour le financement de sa campagne de 2007. L'ancien président de la République est soupçonné d'avoir reçu de manière occulte plusieurs millions d'euros du régime libyen, tenu d'une main de fer à l'époque par Mouammar Kadhafi. C'est Mediapart qui avait révélé le premier cette affaire avec un article publié en mai 2012 et reproduisant un document libyen faisant état de ce financement. Depuis, un intermédiaire, Ziad Takieddine, s'est exprimé face à la justice, mais aussi publiquement, en particulier en novembre 2016, en marge de la primaire chez les Républicains. Mis en examen dans cette affaire, Takieddine a affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide jusqu'à Paris entre fin 2006 et début 2007. Une somme qu'il dit avoir remise à Claude Guéant, un très proche de Nicolas Sarkozy, mis en examen lui aussi pour l'achat d'un appartement parisien avec des fonds douteux.

D'autres acteurs présumés se sont aussi exprimés sur ces soupçons de financement occulte de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Abdallah Senoussi, Choukri Ghanem et Bechir Saleh anciens dignitaires du régime libyen, ont eux aussi mentionné des versements d’argent. Selon Le Monde, qui a révélé le placement de Nicolas Sarkozy en garde à vue le 20 mars 2018, l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) aurait complété ces informations par de "nombreux témoignages" mais aussi de "nombreux documents saisis", en particulier lors d’une perquisition chez Alexandre Djouhri en Suisse, en 2015. Un autre de ces intermédiaires sulfureux gravitant autour de plusieurs personnalités politiques à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

L'affaire Bygmalion

Nicolas Sarkozy a été mis en examen en septembre 2017 pour "financement illégal de campagne électorale" dans ce qu'on appelle désormais l'affaire Bygmalion. Il est soupçonné d'avoir joué un rôle dans la mise en place d'un système de double facturation destiné à ne pas dépasser le plafond pour ses comptes de campagne de 2012, un plafond fixé légalement à 22,5 millions d'euros. Alors que le candidat accusait un retard dans les sondages face à François Hollande, ses équipes auraient demandé à la société d'événementiel Bymalion de facturer massivement des dépenses à l'UMP plutôt qu'à l'association pour le financement de la campagne du président sortant. Cette affaire implique plusieurs autres personnes, dont Bastien Millot, ancien dirigeant de la société Bygmalion et Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne et proche du président de l'UMP de l'époque  Jean-François Copé.

L'affaire des sondages de l'Elysée

L'association anti-corruption "Anticor" a déposé plainte en février 2010 contre l'ancien chef de l'Etat pour "violation du Code des marchés publics", "favoritisme" et pour avoir ainsi utilisé l'argent public à son compte pour la commande de sondages effectuée par l'Elysée. Au centre de cette affaire, la réalisation de 235 sondages pour l’Elysée entre 2007 et 2009, avec des marges importantes empochées par les bénéficiaires. Une enquête préliminaire a été ouverte à Paris fin 2012 pour déterminer si Nicolas Sarkozy aurait réalisé ses commandes de manière excessive, "partisane", et faisant fi des règles concernant les appels d'offre. L’ancien secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant et l’ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, ont été mis en examen en mai 2017, pour "détournement de fonds publics par négligence" dans cette affaire. L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Patrick Buisson et le sondeur Pierre Giacometti ont aussi été mis en examen en juillet 2015, pour "recel de favoritisme" et "détournement de fonds publics" pour les contrats dont ce dernier a bénéficié.

L'affaire Karachi

Les juges d'instruction se sont penchés sur l'éventuelle implication de Nicolas Sarkozy concernant le volet financier de l'affaire dite de Karachi. Cette affaire vise plus directement Edouard Balladur, mis en examen en mai 2017 par la Cour de justice de la République pour "complicité et recel d’abus de biens sociaux". L'ancien Premier ministre est soupçonné de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, en ayant profité de rétrocommissions dans le cadre de contrats d'armements, notamment la vente de trois sous-marins Agosta en 1994 au Pakistan. Le 8 mai 2002, un attentat commis à Karachi, au Pakistan, a tué quinze personne, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals travaillant à la construction d’un de ces sous-marins Agosta. Un attentat présenté comme une réponse à l’interruption des commissions, décidée par Jacques Chirac à son arrivée à l'Elysée. Nicolas Sarkozy était ministre du Budget et porte-parole de campagne d'Edouard Balladur à l'époque des faits présumés. Il est soupçonné d'avoir validé les contrats à l'époque contre l'avis de son administration. Il a été entendu comme témoin au printemps 2017 dans cette affaire.

L'affaire Bettencourt

Nicolas Sarkozy a également été soupçonné d'avoir bénéficié de sommes d'argent de la part de la milliardaire Liliane Bettencourt pour financer sa campagne de 2007. Sur ce volet de l'affaire Bettencourt, une affaire aux nombreuses ramifications, l'ancien président a été mis en examen par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil pour "abus de faiblesse" à l'égard de Liliane Bettencourt. Nicolas Sarkozy était aussi suspecté d'avoir exercé des pressions sur le magistrat Philippe Courroye, l'ancien procureur de Nanterre qui était chargé de l'affaire avant qu'elle ne soit transmise au juge Gentil. Il a finalement bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire dès 2013.

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