Emmanuel Macron : impôts, retraites... A qui profiteront les annonces ?

Emmanuel Macron : impôts, retraites... A qui profiteront les annonces ? EMMANUEL MACRON - Lors de son discours ce jeudi soir, Emmanuel Macron a dit vouloir baisser les impôts, sans préciser à qui bénéficierait cette mesure. Des précisions ont été données par Gérald Darmanin.

L'essentiel

  • Ce jeudi à 18 heures, Emmanuel Macron a pris la parole lors d'un discours annonçant les mesures prises par le gouvernement suite au grand débat, organisé en réponse à la crise des gilets jaunes. Le chef de l'Etat a prononcé une allocution de près d'une heure, détaillant une grande liste de réformes, avant de répondre aux questions des journalistes.
  • Attendu au tournant sur le sujet, Emmanuel Macron est revenu sur la baisse d'impôts demandée et espérée par beaucoup de Français. Il a promis une baisse significative de l'impôt pour "ceux qui travaillent", restant ainsi assez vague mais précisant tout de même une suppression à venir de certaines niches fiscales. Ce vendredi matin, le ministre de l'Action et des comptes publics est venu préciser quelque peu cette grande annonce du chef de l'Etat, indiquant sur RTL que cette baisse interviendrait "dès le mois de janvier 2020" et qu'elle concernera "la classe moyenne". Selon M. Darmanin, il s'agirait d'une baisse à hauteur de 10% pour les contribuables, évoquant une mesure s'adressant "à ceux qui n'arrivent pas à la fin du mois, même en travaillant". Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a ajouté à ces précisions que 15 millions de foyers fiscaux devraient bénéficier des baisses d'impôt.
  • Découvrez ci-dessous la liste des mesures annoncées par Emmanuel Macron et suivez notre direct ci-dessous pour suivre les dernières infos.

En direct

23:35 - 71% des Français n'ont pas été rassurés par le discours d'Emmanuel Macron

FIN DU DIRECT - Selon un récent sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo, 76% des Français ont suivi directement ou indirectement le discours d'Emmenuel Macron ce jeudi 25 avril. Le média indique cependant que, si les mesures présentées par le chef de l'État ont été largement approuvées par les citoyens, 71% d'entre eux estiment ne pas être rassurés et jugent que le président n'a pas été convaincant lors de son allocution télévisée. 83% des Français interrogés sont cependant d'accord avec le minimum retraite de 1000 euros proposé par Emmanuel Macron et 73% approuvent la suspension de fermeture des écoles et des hôpitaux.

22:53 - Macron dit-il vrai sur les Français qui travaillent moins que leurs voisins ?

Lors de son discours d'hier, Emmanuel Macron a comparé le temps de travail des Français à celui de leurs voisins européens. "Quand je nous compare à nos voisins et aux autres pays de l'OCDE, on travaille moins rapporté à l'année", a assuré le chef de l'Etat. L'OCDE justement livre des données assez précises sur le sujet. En France en 2016, les personnes qui travaillent ont passé en moyenne 1 526 heures sur leur lieu de travail : c'est plus que l'Allemagne, mais moins que la Grande-Bretagne. Si l'on compare avec la moyenne de l'OCDE, elle est à 1 746 heures en 2017, plaçant l'Hexagone à la 8e position sur 36 des pays travaillant le moins. Un élément qui donnerait plutôt raison à Emmanuel Macron donc, mais franceinfo cite un rapport du Conseil national de productivité, plaçant la France en très bonne position du classement pour la productivité horaire du travail. Le Français passerait donc pas forcément beaucoup de temps au travail, mais il serait particulièrement efficace.

22:13 - Ce que l'on sait de la baisse d'impôt annoncée par Emmanuel Macron (2/2)

Comment pourrait être financé la décision d'Emmanuel Macron de réduire l'impôt sur le revenu ? Le président a estimé à  à environ cinq milliards d'euros la baisse de cet impôt, qui rapporte plus de 75 milliards par an à l'Etat. Parmi les solutions, "travailler plus", notamment "allonger la durée des cotisations et laisser le libre choix. [...] Cette option permet de dégager des économies pour réinvestir dans des baisses d'impôts" comme l'a expliqué le président. Mais aussi réduire les niches fiscales dont bénéficient les entreprises, ou réduire la dépense publique.

21:58 - Ce que l'on sait de la baisse d'impôt annoncée par Emmanuel Macron (1/2)

Parmi les mesures annoncées par le président de la République lors de sa conférence de presse le 25 avril, on trouve une baisse "significative" de l'impôt sur le revenu "pour ceux qui travaillent". Sur LCI, Bruno Le Maire, a dit vouloir proposer au chef de l'Etat une baisse d'impôt qui concernerait "15 millions de foyers fiscaux". Elle pourrait par exemple concerner les deux premières tranches de l'impôt sur le revenu, soit les revenus de 9 965 euros jusqu'à 73 779 euros par an. Cette baisse devrait être appliquée "dès le mois de janvier de l'année prochaine" selon Gérald Darmanin sur RTL.

21:12 - Pour Olivier Besancenot, les annonces d'Emmanuel Macron sont "une synthèse entre Hollande et Sarkozy"

Interviewé par BFM TV sur les mesures annoncées par Emmanuel Macron, le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a estimé que "ses promesses, ce sont des redites. On a l'impression que c'est une synthèse entre Hollande et Sarkozy réunis". Selon Olivier Besancenot, la priorité serait d'avoir "une démocratie qui fonctionne du bas vers le haut, et non du haut vers le bas". Et de conclure : "Je le dis et je le répète, la forme chez Monsieur Macron rejoint énormément le fond : on va nous prendre de haut en nous expliquant qu'on n'aurait pas compris. On a compris, on n'est simplement pas d'accord."

20:54 - Grand succès du discours de Macron en audiences

Si le discours d'Emmanuel Macron est un succès pour les uns et un échec pour les autres, il est indéniable que l'intervention du chef de l'Etat a trouvé son public et a été massivement suivi. Aux sept millions de téléspectateurs recensés sur TF1 et France 2 par Médiamétrie s'ajoutent les deux millions de personnes qui ont suivi les annonces de Macron via les chaînes d'information en continu, pour un total de neuf millions de téléspectateurs.

20:26 - Comment financer la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron ?

Invitée de BFM TV ce vendredi matin, Agnès Buzyn est revenue sur le moyen de financer la retraite minimum à 1000 euros souhaitée par Emmanuel Macron. "Il faut évidemment qu’on dégage des marges de manœuvre sur les retraites", a-t-elle expliqué, sachant qu'Emmanuel Macron a affirmé qu'il ne toucherait pas à l'âge du départ à la retraite, aujourd'hui fixé à 62 ans. "La question est de savoir si nous poussons un peu plus loin le nombre de trimestres cotisés",de manière à avoir droit au "taux plein", a indiqué la ministre de la Solidarité et de la Santé, ou si "nous mettons en place un système de surcote ou décote, pour permettre aux gens qui le souhaitent de travailler plus longtemps".

19:48 - Des précisions sur la retraite à 1 000 euros promise par Macron

Dans son discours de ce jeudi soir, Emmanuel Macron a bien évidemment abordé le sujet des retraites. Le chef de l'Etat a annoncé vouloir créer une "retraite minimale" à hauteur de 1 000 euros par mois. Agnès Buzyn est revenue sur cette mesure ce vendredi matin sur BFM TV. La ministre des Solidarités et de la Santé a dit espérer sa mise en application "dès 2020". La ministre a également abordé l'âge de départ à la retraite, assurant que "ceux qui voudront partir à 62 ans, partiront à 62 ans".

19:30 - Jean-Luc Mélenchon réagit aux annonces faites par Emmanuel Macron sur les impôts

Invité de BFM TV ce vendredi, Jean-Luc Mélenchon a réagi à de nombreuses annonces faites par Emmanuel Macron lors de son discours télévisé de jeudi. Il s'est notamment exprimé sur la question de la baisse des impôts, qui interviendra "dès 2020" selon Gérald Darmanin et concernera "15 millions" de foyers fiscaux, d'après Bruno Le Maire. Jean-Luc Mélenchon a notamment affirmé que "petit à petit, l'impôt sur le revenu va perdre de sens", ajoutant qu'il faut selon lui "faire 14 tranches pour lisser l'effort" et que "tout le monde donne quelque chose". 

18:49 - Les Français d'accord avec Emmanuel Macron pour renoncer aux suppressions de fonctionnaires

Toujours selon ce même sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo, même si Emmanuel Macron n'a pas réussi à rassurer les Français lors de son discours ce jeudi, ils sont tout de même 61% à saluer la décision du président de la République de renoncer aux 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires annoncées d’ici la fin de son mandat. 

17:20 - Gilets jaunes : Macron n'a "pas eu un mot pour les blessés".

Parmi les réactions des "figures" des gilets jaunes au discours d'Emmanuel Macron, il y a celle de Priscillia Ludosky. La manifestante, citée par l'AFP, a regretté que le chef de l'Etat n'ait "pas eu un mot pour les blessés", recensés par milliers depuis le début du mouvement, lors des manifestations. Mme Ludosky a également confirmé la tenue de prochaines manifestations malgré les mesures décidées par Emmanuel Macron.

16:56 - Jean-Christophe Lagarde veut redonner "une chance" à Emmanuel Macron

Jean-Christophe Lagarde, tête de liste UDI aux élections européennes, s'est dit sur Public Sénat prêt à redonner "une chance" à Emmanuel Macron au lendemain de sa conférence de presse le 25 avril. Il a néanmoins émis plusieurs réserves face aux annonces du président, notamment sur l'absence de suppression d'hôpitaux et d'écoles pendant la fin du quinquennat. "On est dans l'effet d'annonce" a-t-il conclu.

16:36 - Migration, espace Schengen : les souhaits d'Emmanuel Macron dans son allocution

Lors du discours tenu devant la presse jeudi 25 avril, le président Emmanuel Macron est revenu sur plusieurs problématiques migratoires. Il a plaidé pour une refonte de l'espace Schengen et des accords de Dublin, qualifiant la crise migratoire de "deuxième grand combat européen", avec le climat. "Quitte à ce que ce soit un Schengen avec moins d'Etats" a-t-il ajouté. Dans sa "lettre aux Français" publiée le 13 janvier, Emmanuel Macron avait déjà évoqué quelques orientations pour une politique européenne. Certaines ont été reprise par la liste de la majorité LREM/MoDem aux élections européennes.

16:14 - Pour Emmanuel Macron, France Ô n'était "pas indispensable"

Emmanuel Macron est revenu, dans sa conférence de presse de jeudi 25 avril, sur la fermeture annoncée de France Ô. Il a jugé que la chaîne publique du groupe France Télévisions consacrée aux Outre-Mer n'est "pas indispensable". Il a rappelé que chacun des territoires ultramarins dispose de sa chaîne de télévision. Il est même allé jusqu'à dire que l'existence de France Ô revenait à "justifier que nos Outre-mer, au fond, n’ont pas droit de cité au cœur de France Télévisions". En juillet 2018, l'annonce de la suppression de la chaîne à l'horizon 2020 avait suscité de vives critiques.

15:11 - Le Medef juge "totalement inacceptable" l'annonce de Macron de supprimer des niches fiscales

Le Medef s'est insurgé dans un communiqué, vendredi 26 avril dans un communiqué, de la décision d'Emmanuel Macron de supprimer des niches fiscales dont bénéficient les entreprises afin de financer certaine de ses annonces, et notamment la baisse de l'impôt sur le revenu. "Le financement de cette baisse par une suppression de crédits d'impôt (niches fiscales) des entreprises est totalement inacceptable et revient à augmenter les impôts au moment où les entreprises françaises connaissent le taux de prélèvements obligatoires le plus haut des pays de l'OCDE", a affirmé le Medef. Il a annoncé que les chefs d'entreprise seront "très vigilants à ce que les principales réductions d'impôts soient maintenues et en particulier le Crédit d'impôt recherche, vital pour l'économie du pays". Bruno Le Maire, ministre des finances, a annoncé sur LCI qu'il allait recevoir à Bercy des représentants des organisations patronales dès la semaine prochaine.

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Annonces d'Emmanuel Macron : la liste des mesures

Emmanuel Macron a annoncé une série de nouvelles mesures, ce jeudi 25 avril 2019, lors d'un discours suivi d'une conférence de presse à l'Elysée. Des mesures très nombreuses, portant sur plusieurs volets de l'action publique, allant des institutions à la laïcité et à la citoyenneté, en passant par des domaines plus concrets comme les services publics, l'éducation, la fiscalité, l'emploi, les retraites... Certaines de ces mesures confirment les fuites qui avaient suivi l'annulation de son premier discours, le 15 avril, après l'incendie de Notre-Dame. D'autres prennent clairement ces rumeurs à rebours. Voici la liste des mesures que nous avons relevées lors du discours du chef de l'Etat, qui a précédé un échange très long et dense avec les journalistes :

  • Pas d'instauration du vote obligatoire, ni de plus grande reconnaissance du vote blanc
  • Pas de RIC, mais le seuil pour un référendum d'initiative partagé sera abaissé à 1 million de signatures
  • Une réforme constitutionnelle et un nouveau "pacte territorial" avec les collectivités pour notamment renforcer les services publics
  • Une réforme du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avec l'intégration de citoyens tirés au sort (150 dès juin)
  • La fin des "grands corps de l'Etat" et de la "protection à vie" des hauts fonctionnaires
  • Une baisse significative de l'impôt sur le revenu "pour ceux qui travaillent", notamment via la suppression de certaines niches fiscales
  • Une évaluation par la Cour des comptes "des sommes qui échappent à l’impôt" pour lutter contre l'évasion fiscale
  • Pas de retour de l'ISF, mais sa réforme sera "évaluée en 2020"
  • L'objectif de ne pas dépasser 24 élèves par classe dans les écoles, de la grande section au CE1
  • La réindexation des retraites de moins de 2000 euros dès le 1er janvier 2020 et la fin de la sous-indexation des retraites à partir de 2021
  • Une réforme pour "un système de retraite juste, par points" présentée dès cet été
  • Une réforme de l'assurance chômage pour bâtir les droits et devoirs pour les entreprises et les demandeurs d’emploi
  • Une convention citoyenne sur le climat avec des "aides aux citoyens en matière de transport, de rénovation des logements"
  • Un système de prélèvement des pensions alimentaires qui ne sont pas versées aux parents seuls
  • Un statut pour aidants familiaux avec pour but de leur "construire des droits" pour la retraite notamment
  • Un travail avec les associations et un contrôle accru "des financements venant de l'étranger" pour la laïcité, sans toucher à la loi de 1905
  • Un débat annuel au Parlement sur la politique migratoire, une refondation de Schengen pour protéger l'asile et lutter contre les abus

Déjà un discours d'Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat a donc programmé ce jeudi 25 avril une conférence de presse, pour tirer le bilan du grand débat national lancé en janvier. Il faut rappeler qu'après l'annulation du dispositif prévu le 15 avril, à cause de l'incendie de Notre-Dame, Emmanuel Macron avait bel et bien pris la parole. Mais il s'agissait de s'exprimer sur la tragédie qui a touché l'édifice. Au cours de ce discours télévisé de six minutes, le président de la République a affirmé qu'il entendait reconstruire la cathédrale en "5 années". Voici son intervention du mardi 16 avril :

Macron et le grand débat

Les annonces qui ont fuité et les nouvelles qui ont été faites par le président de la République ce jeudi 25 avril s'inscrivent dans le processus initié en janvier, avec le lancement du grand débat national, pour répondre à la crise des gilets jaunes. Après 3 mois de consultations et de réunions publiques, Emmanuel Macron devait livrer les conclusions qu'il en a tirées, avec les réponses qu'il entend amener aux problèmes soulevés par les participants. Le président martèle qu'il a "entendu" les Français. Il avait lui-même assuré la communication de sa prise de parole, prévue initialement lundi 15 avril, sur Twitter.

La réponse de Macron aux gilets jaunes

La crise sociale qui s'est ouverte au mois de novembre a tout changé pour l'exécutif. Le président et le gouvernement ont dû chambouler l'agenda des réformes à cause du mouvement des gilets jaunes, et reporter certains chantiers majeurs, comme la réforme à venir des régimes de retraite. Emmanuel Macron est au pied du mur : il le sait, si la réponse qu'il apporte aux gilets jaunes et à leurs sympathisants à l'issue du grand débat ne parvient pas à insuffler un nouvel élan de confiance, alors il pourrait ne plus avoir les moyens de réformer le pays et poursuivre son quinquennat. En ce sens, la manière dont réagiront les gilets jaunes aux mesures du chef de l'Etat sera dès lors scrutée de près par les observateurs politiques : un regain d'ampleur de la contestation des gilets jaunes pourrait ouvrir une nouvelle crise majeure.

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