Macron : un mea culpa et des mises en garde [Interview intégrale]

Macron : un mea culpa et des mises en garde [Interview intégrale] MACRON - Le président a passé la nuit sur le Charles de Gaulle. Emmanuel Macron s'est exprimé depuis le porte-avions, reconnaissant ne pas avoir "réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants".

[Mis à jour le 15 novembre à 14h24] C'était une première. Pour la première fois, un président a passé la nuit sur le Charles de Gaulle, ce porte-avions qui fait la fierté de la marine nationale depuis sa mise en service en 1991. Une décision motivée par le fait que le navire vient de subir une rénovation majeure alors qu'il entame sa deuxième vie. Pour le président, c'était donc l'occasion de passer quelques temps au large des côtes, loin de la polémique sur Pétain et le temps de reprendre un peu d'air avant la fronde des gilets jaunes. Une parenthèse ponctuée d'une intervention en direct dans le 20 heures de TF1, lors de laquelle Emmanuel Macron a abordé les sujets qui fâchent - les impôts, le 17 novembre, Trump... -, mais qui a également vu le président assumer une forme de mea culpa.

Emmanuel Macron sur le Charles de Gaulle © Blondet Eliot-POOLSIPA

"Je n'ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants. Ce divorce, on le voit dans toutes les démocraties occidentales, et il m'inquiète", a reconnu le chef de l'Etat. Jusqu'à évoquer un changement de cap ? Peut-être pas, mais en tout cas, les éléments de langage vont vers le changement. Emmanuel Macron souhaite "gouverner différemment", "aller au plus près du terrain", "décider différemment, pas tout à Paris". Dans cette optique, les yeux dans la caméra et dans ceux des Français, celui qui a endossé le temps d'une nuit le costume de chef des armée a appelé à "la mobilisation de toute la nation".

Sur TF1, le président s'est voulu affable et plus souple qu'à l'accoutumée. "J'entends la colère et c'est un droit fondamental de pouvoir l'exprimer", a-t-il envoyé à l'adresse, évidemment, des gilets jaunes, qu'il faut "respecter" selon lui. Mais Emmanuel Macron ne s'est pas privé pour hausser le ton, dénonçant "beaucoup de gens, beaucoup de partis politiques qui veulent récupérer ce mouvement". "J'ai du mal à comprendre les gens qui me disent 'il faut augmenter le smic et les dotations et qui appellent à aller manifester'. (...) Bonjour tristesse et salut la cohérence !".

Emmanuel Macron sur le Charles de Gaulle © Blondet Eliot-POOLSIPA

Et puis évidemment, tout le monde attendait une réaction d'Emmanuel Macron après la série de tweets de Donald Trump, mettant à mal la diplomatie franco-américaine. Gilles Bouleau n'a pas manqué d'évoquer le sujet et a voulu savoir si ces attaques étaient "déplaisant[e]s, inélégant[e]s". "Vous avez tout dit", lui a alors répondu Macron, droit dans ses bottes. "A chaque grand moment de notre histoire, nous avons été des alliés et entre alliés on se doit le respect", a-t-il ajouté fermement, assurant ne pas vouloir répondre à ces tweets.

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