Jean-Marie Le Pen : au seuil de la mort ? Ce que l'on sait après sa sortie de l'hôpital

Jean-Marie Le Pen : au seuil de la mort ? Ce que l'on sait après sa sortie de l'hôpital Jean-Marie Le Pen "agonisant" ? Il n'en serait rien. Le fondateur du Front national serait même sorti de l'hôpital ce vendredi. Les propos attribués à son avocat, lors de son procès, auraient été mal rapportés.

[Mis à jour le 5 octobre 2018 à 19h28] "Convalescent, Jean-Marie Le Pen a quitté l'hôpital et rejoint son domicile des Hauts-de-Seine", a indiqué ce vendredi 5 octobre son conseiller, Lorrain de Saint Affrique, dans un communiqué. Ce dernier a par ailleurs fait savoir, comme le rapporte RTL, qu'à l'agenda de Jean-Marie-Le Pen sont d'ores et déjà inscrits "plusieurs engagements qui avaient dû être différés, et la dernière main au tome 2 de ses mémoires". Pour rappel, Jean-Marie Le Pen était hospitalisé depuis le 25 septembre dernier pour une "fièvre persistante". Hospitalisation qui l'a empêché mercredi 3 octobre de se rendre à son procès, à Paris. 

Le co-fondateur du Front national devait y être jugé pour des propos visant les homosexuels, dont le policier tué dans l'attentat des Champs-Élysées en 2017, Xavier Jugelé. Jean-Marie Le Pen a finalement été représenté à l'audience par son seul avocat. C'est là que ce dernier aurait parlé de l'état de santé de son client, qui motivait son absence. Selon un journaliste de France Culture, les propos qu'il aurait tenus auraient été particulièrement alarmistes. Jean-Marie Le Pen serait "agonisant sur son lit d'hôpital", a ainsi annoncé le reporter. Et d'ajouter : "Ses jours sont comptés".

Les nouvelles rassurantes de sa fille Marine Le Pen

Après cette annonce, plusieurs journalistes politiques ont contacté l'entourage du "menhir", alertés par ce tweet. "Jean-Marie Le Pen n'est pas du tout agonisant", ont alors assuré les proches de Jean-Marie Le Pen auprès de L'Obs. L'entourage du patriarche frontiste a catégoriquement démenti "la teneur du propos introduction de l'avocat de Jean-Marie Le Pen dans le cadre de son procès ce mercredi à Paris". France Info a même confirmé que Jean-Marie Le Pen devait "toujours quitter l'hôpital vendredi". Le proche conseiller du fondateur du FN, Lorrain de Saint-Afrique, présent au tribunal, a, lui, fait savoir à une journaliste de BFM TV qu'il s'agissait d'une "interprétation délirante d'un propos d'audience mal compris". Mais trop tard, la presse people, dont Closer, avait déjà mis en ligne des articles annonçant que "selon son avocat", Jean-Marie Le Pen était "agonisant". 

C'est finalement sa fille, Marine Le Pen, qui a définitivement mis fin aux rumeurs mercredi soir. Invitée sur le plateau de Punchline sur Cnews, la présidente du Rassemblement national a confié que si son père était encore hospitalisé, "les rumeurs qui courent sur lui sont tout à fait excessives". Et Marine Le Pen d'assurer : "Je rassure ceux qui nous écoutent, il est aujourd'hui sur le point de rentrer chez lui." Également questionnée par Laurence Ferrari sur ce qu'elle répondrait à ceux qui "se réjouissaient de sa mort prochaine", Marine Le Pen n'a pas mâché ses mots. "Qu'est-ce que vous voulez que je réponde à des gens qui se réjouissent de la mort de quelqu'un, y compris si c'est un adversaire politique ? Ça en dit plus long sur eux que ça en dit sur celui à qui ils souhaitent la mort", a-t-elle lancé.

Pour quoi Jean-Marie Le Pen devait-il être jugé ce mercredi ?

Jean-Marie Le Pen est poursuivi par le parquet de Paris pour provocation à la haine ou à la violence et injure publique envers les homosexuels. Plusieurs propos, tenus à différentes reprises, lui sont notamment reprochés. "Je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse… interdites, mais tout de même, dans l'exaltation de l'homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l'enfance et la jeunesse", avait notamment lâché celui qui est un habitué des poursuites judiciaires dans une vidéo postée sur son blog en mars 2016. Les propos tenus par le père de Marine Le Pen en commentaire des obsèques du policier tué dans l'attentat sur les Champs-Élysées, Xavier Jugelé, sont également dans le viseur de la justice. "Je pense que cette particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie​, qui gagnerait d'ailleurs à plus de discrétion", avait alors estimé Jean-Marie Le Pen. 

En tout, ce sont trois séries de propos qui sont mis en avant par l'accusation. En décembre 2016, Jean-Marie Le Pen avait également confié au Figaro qui l'interrogeait au sujet de la représentation des homosexuels au sein du parti du Front national que selon lui, "les homosexuels, c'est comme le sel dans la soupe : s'il n'y en a pas assez c'est un peu fade, s'il y en a trop c'est imbuvable". À noter que ce mercredi, le parquet de Paris a requis 8 000 euros d'amende à l'encontre de Jean-Marie Le Pen. Une amende transformable en emprisonnement en cas de non-paiement. Le jugement est prévu pour le 28 novembre prochain.

Jean-Marie Le Pen affaibli ?

Jean-Marie Le Pen a dû quitter son domicile, mardi 25 septembre, à cause de son état de santé, trop précaire pour qu'il puisse rester dans sa demeure de la région parisienne. L'ancien président du FN, affaibli, a suivi les conseils de ses médecins. "L'entourage médical de Jean-Marie Le Pen a estimé nécessaire une hospitalisation afin de prévenir toute complication", a indiqué son cabinet dans un court communiqué. Son conseiller spécial, Lorrain de Saint Affrique, avait fait savoir à l'AFP que les jours du "Menhir" n'étaient pas en danger. Au contraire, même : si l'on en croit cet intime, Jean-Marie Le Pen "est d'humeur positive". Au Parisien, il ajoutait même que le nonagénaire avait alors "une bonne voix, tonitruante, comme à son habitude".

Reste que l'état de santé de Jean-Marie Le Pen ne lui permet pas d'être aussi libre de ses mouvements qu'il le souhaiterait. Depuis quelques mois, il multiplie les passages à l'hôpital. Il y était resté plusieurs semaines au mois de juin dernier, pour une attaque bactérienne aux poumons qui l'avait considérablement fatigué. L'ancien leader de l'extrême droite avait dû fêter ses 90 ans sur son lit d'hôpital. En avril, quelques semaines auparavant, Jean-Marie Le Pen avait dû être hospitalisé plusieurs jours pour une grippe mal soignée.

Le cabinet de Jean-Marie Le Pen a fait savoir que le patriarche de la famille Le Pen était contraint de "reporter la plupart de ses engagements dans les prochains jours". Une semaine auparavant, il était apparu alerte, bien que manifestement épuisé, dans son "carnet de bord", dans lequel il commente les grands faits d'actualité. Parlant d'une voix claire, mais plus lente qu'à l'accoutumée, il évoquait avec une satisfaction non dissimulée l'approche des élections européennes : "Tout va être positif pour le Rassemblement national, c'est la raison pour laquelle je lui prévois un très grand succès", disait-il.

Loin de penser à la mort, Le Pen a des projets

Jean-Marie Le Pen, dont la santé n'est pas au beau fixe, n'en oublie pas ses projets personnels, loin désormais de la scène publique. Mi-juillet, Au Figaro, ses proches s'accordaient à dire que le quintuple candidat à l'élection présidentielle avait fait le deuil de son rôle d'acteur de la vie politique. "Tant qu'il lui restera un souffle, il dira ce qu'il pense et continuera d'être un esprit libre. Mais l'aspect politicien, c'est du passé", admettait Carl Lang, son ancien bras droit. Une "mort politique" que Jean-Marie Le Pen a du mal à concéder, lui que la mort, la vraie, n'effraie pas apparemment.

"Je n'ai que 90 ans. La question importe peu pour ces choses-là. Quand on aime, on a toujours 20 ans. Je n'ai d'ailleurs jamais pensé à mon âge jusqu'à mes 90 ans", lâchait-il au quotidien. Et d'ajouter, convaincu : "Je ne me sens pas différent sur le plan de la pensée, de la connaissance, peut-être même de la capacité d'expression, que les années précédentes". Jean-Marie Le Pen, qui manifestait alors une vigueur nouvelle, indiquait avoir un agenda rempli pour la fin de l'année. Le second tome de ses mémoires est attendu après le succès du premier et il assure que l'ouvrage sera dans les librairies dans quelques mois. Le fondateur du Front national compte également créer une fondation, regroupant les archives de son parti. Une idée approuvée par Marine Le Pen, avec qui les relations se sont apaisées.

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